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Les éditoriaux de Jacques Cheminade

Bâtisseurs et possesseurs

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par Jacques Cheminade


Au moment même où l’Europe exige un Nouveau Bretton Woods avant la fin de l’année, au moment même où Nicolas Sarkozy aurait téléphoné à Georges Bush pour lui dire : « Si tu n’organises pas ce sommet, tu sortiras à poil », la même Europe et le même Nicolas Sarkozy prennent des initiatives diamétralement opposées à celles que devraient inspirer les principes du vrai Nouveau Bretton Woods. L’Union européenne (UE) et les Etats européens, qui ont mis en œuvre un plan de renflouement des établissements financiers s’élevant à environ 1800 milliards de dollars, excluent tout plan de relance économique pour lutter contre le chômage. En même temps, les vingt-sept chefs d’Etat de l’UE adoptent un Pacte européen sur l’immigration et l’asile, fondé sur une logique de pillage des cerveaux et de refoulement de « l’immigration irrégulière », tout en exigeant par ailleurs le démantèlement des industries naissantes des pays d’émigration. Nous sommes en pleine contradiction, comme dans ces moments où les entomologistes étudient le passage du stade larvaire à un stade supérieur d’organisation du vivant.

Qu’est-ce qui retient donc les uns et les autres dans le système inférieur ? Le poids de ceux qui en tiennent les clefs, l’oligarchie de banquiers et de spéculateurs. En Grande-Bretagne, contrôlé par son conseiller financier Alan Greenspan et les banquiers de la City, Gordon Brown repousse toute régulation sérieuse des hedge funds, des paradis fiscaux et des produits financiers dérivés. Il n’admet que les règles qui, croit-il, peuvent assurer la survie du vice ! Aux Etats-Unis, les voyous financiers de Goldman Sachs tiennent la place. Henry Paulson, entre deux regards sur sa collection de serpents et d’araignées vénéneuses, a confié la gestion des 700 milliards de dollars de son fonds de renflouement des banques à Neel Kashkari, un autre ancien de Goldman, et tous deux entourent républicains et démocrates de leurs amis. Ainsi se constitue l’axe de la City de Londres et de Wall Street.

Mais qu’en est-il de la France ? Nous avons des « suckers », que l’on peut traduire par suceurs de roue. Voilà qu’à la tête de la Société française de refinancement de l’économie on retrouve Michel Camdessus, l’homme qui, lorsqu’il dirigeait le Fonds monétaire international, transportait dans ses poches une petite note récapitulant les principes financiers de la grande maison qui l’avait accueilli. Les banquiers d’affaires s’enrichissent encore aujourd’hui en conseillant les Etats pour qu’ils sauvent… les banques. Sauf des cas limite d’incompétence, comme celui d’un Charles Milhaud, président du directoire des Caisses d’épargne, qui blâme ses traders du crime de spéculation qu’il a lui-même encouragé. Plus malin, Michel Pébereau, qui s’était érigé en chantre de l’austérité pendant la campagne présidentielle de 2007, est devenu le deus ex machina du système.

En moins de temps qu’il n’en faut pour visiter Londres, l’on vient de trouver 4000 milliards de dollars pour les établissements financiers dans le monde, alors qu’il n’y a pas d’argent pour les grands projets, l’industrie, la recherche, les salariés et les pauvres. Le Nouveau Bretton Woods est donc bien un enjeu de civilisation : qui émet l’argent, pour quoi faire, pour qui et comment. Le futur des bâtisseurs contre le présent des possesseurs.

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