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Les analyses de Jacques Cheminade

Bercy brade l’UMTS, Messier et Bouygues pavoisent

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« C’est une décision courageuse, sage, pragmatique, réaliste et favorable à l’économie », se félicitait le PDG de Vivendi, Jean-Marie Messier. « On s’attendait à une baisse, mais on a été franchement supris par son ampleur », avouait Etienne Fouques, directeur du développement des réseaux chez Alcatel, « l’entreprise sans usines ». « Je salue un échéancier correspondant à l’environnement actuel », s’exclamait Michel Bon, patron de France-Télécom, tandis que BNP-Paribas voyait en Bouygues « le principal gagnant du coup de force ». Les titres impliqués dans la téléphonie mobile de la troisième génération (UMTS) s’envolaient les 17 et 18 octobre à la Bourse de Paris.

Que s’est-il passé depuis notre dernière livraison, dans laquelle nous rapportions l’affrontement entre rogue Messier, qui ne voulait plus tenir ses engagements, et notre ministère des Finances ? Eh bien, Bercy a fait volte-face et bradé le prix des licences : celui-ci a chuté de 4,9 milliards d’euros (32,5 milliards de francs) à 619 millions d’euros (4 milliards de francs) ! Si bien que le premier chèque de 619 millions d’euros libellé il y a trois semaines par Vivendi-Universal et France-Télécom au profit du Trésor public, qui devait être suivi de sept autres, sera leur seul paiement au titre du droit d’entrée ! L’Etat a divisé par huit le prix de la licence.

Certes, les titulaires de cette licence devront verser à l’Etat un pourcentage de leur chiffre d’affaires au titre de l’UMTS. Mais d’une part, ce pourcentage sera limité à 1 ou 2% au maximum, d’autre part, les versements - vu le retard de la technologie - ne commenceront pas avant 2004 et, de plus, la durée des licences, pendant laquelle les opérateurs pourront en tirer bénéfice, sera allongée de quinze à vingt ans ! Bercy a d’ailleurs bien promis qu’« il ne s’agit pas de retrouver les 4,9 milliards d’euros (32,5 milliards de francs) » - c’est-à-dire de se rattraper par rapport à un ticket d’entrée bon marché.

Toute cette affaire est parfaitement scandaleuse. Le gouvernement de gauche fait ainsi un cadeau à des spéculateurs industriels (car il s’agit bien de cela), alors que jamais il ne songerait à modifier en cours de route les conditions d’un contrat de travail passé par un salarié qui se serait trompé dans ses estimations d’emploi !

Ce qui a été fait en France est bien pire que dans les autres pays de notre continent : 619 millions d’euros (4 milliards de francs), c’est moitié moins que la moyenne des pays européens ! L’Allemagne et la Grande-Bretagne, qui ont engrangé à elles seules plus de 70% des recettes de licences en Europe, ne pensent pas restituer aux opérateurs les sommes encaissées.

Maintenant, France-Télécom et Vivendi-Universal étant installés à très bon compte, d’autres pourront suivre au même prix : le gouvernement projette de lancer dès le début décembre un nouvel appel d’offres de façon à attribuer les deux licences laissées vacantes. Bouygues se pourlèche déjà les babines. En effet, plus petit qu’Orange (France-Télécom) et SFR (Vivendi-Universal), il paiera des redevances moins élevées sur le chiffre d’affaires. « En se fondant sur l’hypothèse d’une taxe de 2% sur le chiffre d’affaires de l’UMTS, le gain s’élève à 2,55 milliards d’euros pour Bouygues Télécom », calcule un analyste parisien.

Pourquoi un tel cadeau ? Pourquoi un tel scandale ?

Tout d’abord, parce que le gouvernement voulait reconstruire un nouveau dispositif d’ensemble, avec quatre licenciés, et que le prix à payer pour convaincre de nouveaux opérateurs, et d’abord Bouygues, était une réduction drastique du ticket d’entrée.

Ensuite, parce que le ministre des Finances est de plus en plus inquiet de la situation de France-Télécom, endetté et malmené en Bourse, et que pour l’aider, il fallait aussi arroser les autres. France-Télécom économisera dans l’affaire plus de 1,8 milliards d’euros d’ici à la fin 2002.

Enfin, parce que cette « industrie de pointe et à terme créatrice d’emplois » est aussi celle qui contrôle une grande partie de l’audiovisuel (Bouygues, TF1, et Vivendi-Universal, Canal +), et qu’il aurait été inopportun de la contrarier en période pré-électorale.

Bref, la saga de l’UMTS montre bien où se situe le pouvoir, dans le système actuel. Ce n’est certainement pas au niveau de l’Etat ni au service de l’intérêt général. C’est pourquoi il faut changer de système car, de toutes façons, quoi qu’on y fasse, la baudruche des télécoms et de l’audiovisuel de la « nouvelle génération » se dégonflera avec la crise.

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