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Les analyses de Jacques Cheminade

Ce que François Rabelais pense de la dette
avec les points de vue de Panurge et de Pantagruel dans le Tiers Livre

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Ce texte fait parti d’un ensemble conçu comme tel :


Comment Panurge loue les debteurs et emprunteurs (chapitre 3)

« Mais (demanda Pantagruel) quand serez-vous hors de debtes ?

– Es calendes grecques, respondit Panurge, lorsque tout le monde sera content et que serez héritier de vous-mesmes. Dieu me guarde d’en estre hors. Plus lors ne trouverois qui un denier me prestast. Qui au soir ne laisse levain, jà ne fera au matin lever paste. Doibvez tousjours à quelqu’un. Par icelluy sera continuellement Dieu prié vous donner bonne, longue et heureuse vie, craignant sa debte perdre ; tousjours bien de vous dira en toutes compaignies, tousjours nouveaulx créditeurs vous acquestera, affin que par eulx vous faciez versure, et de terre d’aultruy remplissez son fossé. Quand jadis en Gaulle, par l’institution des druydes, les serfz, varletz et appariteurs estoient tous vifs bruslez aux funérailles et exèques de leurs maistres et seigneurs, n’avoient-ilz belle paour que leurs maistres et seigneurs mourussent, car ensemble force leurs estoit mourir ? Ne prioient-ilz continuellement leur grand dieu Mercure, avecques Dis, le père aux escuz, longuement en santé les conserver ? N’estoient-ils soingneux de bien les traicter et servir ? Car ensemble povoient-ils vivre, au moins, jusques à la mort. Croyez qu’en plus fervente dévotion vos créditeurs priront Dieu que vivez, craindront que mourez, d’autant que plus ayment la manche que le braz et la denare que la vie. Tesmoings les usuriers de Landerousse, qui naguères se pendirent, voyans les bleds et vins ravaller en pris et bon temps retourner. »

(...)

– Et faict quoiy ? Debtes. O chose rare et antiquaire ! Debtes, diz-je, excédentes le nombre des syllabes résultantes au couplement de toutes les consonantes avecques les vocales, jadis projecté et compté par le noble Xénocrates. A la numérosité des créditeurs si vous estimez la perfection des debteurs, vous ne errerez en Arithmétique pratique. »

(...)

« De cestuy monde rien ne prestant ne sera qu’une chienerie, que une brigue plus anomale que celle du Recteur de Paris, qu’une diablerie plus confuse que celle des jeuz de Doué. Entre les humains l’un ne saulvera l’autre ; il aura beau crier : "A l’aide ! Au feu ! Au meurtre !" personne ne ira à secours. Pourquoy ? Il n’avoit rien presté, on ne luy debvoit rien. Personne n’a intérest en sa conflagration, en son naufrage, en sa ruine, en sa mort. Aussi bien ne prestoit-il rien. Aussi bien n’eust-il par après rien presté. »

Comment Pantagruel déteste les debteurs et emprunteurs

Pantagruel :

« Et suys d’opinion que ne erroient les Perses, estimans le second vice estre mentir, le premier estre debvoir. Car debtes et mensonges sont ordinairement ensemble ralliez.

« Je ne veulx pourtant inférer que jamais ne faille debvoir, jamais ne faille prester. Il n’est si riche qui quelques foys ne doibve. Il n’est si paouvre, de qui quelques foys on ne puisse emprunter.

« L’occasion sera telle que l’a dict Platon en ses Loix, quand il ordonne qu’on ne laisse chés soy les voysins puiser eau, si premièrement ilz n’avoient en leurs propres pastifz foussoié et bêché jusques à trouver celle espèce de terre qu’on nomme céramite (c’est terre à potier), et là n’eussent rencontré source ou dégout d’eaux. Car icelle terre par sa substance, qui est grasse, forte, lize et dense, retient l’humidité et n’en est facilement faict escours ne exhalation.

« Ainsi est-ce grande vergouigne, tousjours, en tous lieux, d’un chascun emprunter, plus toust que travailler et guaingner. Lors seulement devroit-on (scelon mon jugement) prester, quand la personne travaillant n’a peu par son labeur faire guain, ou quand elle est soubdainement tombée en perte inopinée de ses biens. »


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