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Cheminade discute l’Afrique de demain à la Courneuve

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19 novembre 2007 (Nouvelle Solidarité) - Vendredi et samedi dernier, Jacques Cheminade était invité par l’Association des ressortissants de la boucle du Niger à la mairie de la Courneuve, en banlieue parisienne, afin d’intervenir sur deux sujets : d’une part les dernières lois concernant l’immigration, d’autre part les relations Nord / Sud.

Le vendredi, dans un groupe restreint d’une vingtaine de personnes, animé par Marianne Bureau de l’association GIADE, Arboncana Maïga, président de l’Association des ressortissants de la Boucle du Niger et sa collaboratrice Mme Mariam Thiam, Cheminade analysa les dispositions des lois Sarkozy de 2003, 2006 et 2007, en dégageant leurs aspects xénophobes. Il souligna que le concept "d’immigration choisie" signifie en fait piller les cerveaux formés en Afrique et bloquer la venue de tous les autres, multipliant les entraves au regroupement familial et à l’accès à la nationalité. La "carte bleue" européenne aggrave ce triage. Le Conseil constitutionnel a certes rejeté le comptage ethnique et limité fortement l’application des tests ADN, mais sans exclure l’application de ces derniers. Ainsi, un principe inacceptable se trouve posé, dans une République où c’est la "loi du sang" qui définit la nationalité. Le fait que le décret du 11 mai 2007, pris en application de la loi de 2006, oblige depuis le 1er octobre les agents de l’ANPE et des Assedic à transmettre "systématiquement" aux préfectures les copies des titres de séjour et de travail des demandeurs d’emploi étrangers pour vérification fait craindre de dangereux dérapages à venir si un changement global d’orientation n’est pas pris.

Le samedi après-midi, à la salle des mariages de la mairie et devant plus de 40 personnes, Monsieur Cheminade dénonça les Accords de partenariat économiques (APE) entre l’Union Européenne (UE) et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, prévus en 2000 par les accords de Cotonou. Ces APE prévoient, suivant la règle établie par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qu’à partir de 2008 les accords commerciaux doivent comprendre une suppression réciproque des droits de douane. Ce qui revient à détruire les producteurs industriels et agricoles africains. Cette "ouverture" condamnerait l’Afrique à demeurer un comptoir d’exportations, alors que l’enjeu majeur est aujourd’hui plus que jamais l’industrialisation du continent africain. Cette approche économiquement criminelle de l’UE, souligna Cheminade, reflète le contexte plus général des relations Nord-Sud actuelles : le rétablissement d’un colonialisme financier. La Commission de Bruxelles va encore plus loin que ne le veut l’OMC, faut-il ajouter, en intégrant dans les APE le commerce des services, les règles d’investissement et les marchés publics. Ceci vient s’ajouter aux "conditions’ du FMI, exigeant des coupes claires dans les budgets sociaux et dans les politiques de développement des Etats pour qu’ils remboursent leurs dettes.

M. Cheminade montra comment tous les dirigeants des pays du Sud qui se sont opposés à ce processus d’enchaînement financier ont été soit éliminés politiquement, comme le président mexicain José Lopez Portillo, soit assassinés, comme le burkinabais Thomas Sankara, après son intervention du 29 juillet 1987 au congrès de l’Organisation de l’unité africaine pour constituer un front contre le paiement d’une dette illégitime. Aujourd’hui, conclut Cheminade, nous sommes véritablement plongés au coeur de ces ténèbres dont parlait Joseph Conrad, mais c’est en ces moments de terrible injustice que les hommes se révoltent et que les situations changent. Le Niger combat pour obtenir un juste prix pour son uranium, et les pays d’Amérique centrale et du Sud vont se réunir à Buenos-Aires, le 9 décembre, pour fonder une Banque du Sud pour l’équipement de la région, à l’opposé de la démarche monétariste destructrice du FMI. C’est donc sur une note d’espoir que se termina la réunion, avec l’engagement de lutter pour une juste cause de La Courneuve à l’Afrique, contre les injustices des lois sur l’immigration et l’oppression financière des pays du Nord envers le Sud.
Il apparut ainsi que ces deux sujets peuvent difficilement être appréhendés séparément. En effet, la dégradation des conditions de l’immigration va de pair avec la dégradation de la nature des relations existant entre le Nord et le Sud.

A vrai dire, le système libéral financier qui régit actuellement l’économie mondiale est la source commune de ces deux maux. Et c’est ce système erroné et destructeur qu’il s’agit de combattre si nous voulons parler à nouveau, à la fois d’immigration et de co-développement.
Dès l’ouverture du débat, Jacques Cheminade amena la nécessité de sortir de la vision destructrice au sein de laquelle les étrangers, et en particulier les africains, sont insidieusement enfermés. Cette vision réduite d’eux-mêmes, fortement induite par ces lois de plus en plus restrictives et dures qui touchent l’immigration, les conduit à ne plus se considérer qu’en tant que personnes rejetées, ou pire, en tant qu’êtres inférieurs. La scandaleuse falsification de l’histoire africaine par les occidentaux et l’époque coloniale gardent un impact profond et durable sur les mentalités. Ainsi, bien souvent, avant même d’exister, il faut se défendre pour pouvoir exister.

Le point de vue politique et économique soulevé par Jacques Cheminade permit d’élever le débat au-delà de ces écueils.
Sur les traces de Cheikh Anta Diop, grand scientifique sénégalais, la communauté africaine doit redécouvrir sa vraie histoire, se resituer dans la dynamique civilisatrice dont le berceau est l’Afrique et être désormais actrice de l’histoire.
Cela demande de rompre avec ces préjugés paralysants d’infériorité, de même que les Occidentaux doivent rompre avec ces mondes de fantaisie électronique ou cet univers personnel minimaliste de la "vie privée" qui les coupent de la réalité.
Ces deux manières différentes de maintenir les gens dans une sorte d’aveuglement face à des politiques qui réduisent leurs corps et leurs esprits à un nouveau servage, paralysent le combat commun à mener.

Devenir politique signifie comprendre comment, au Nord comme au Sud, le système de libre-échange internationalisé détruit toute à la fois, liberté et civilisation. De même qu’en Europe ou aux USA, le principe castrateur de simple rentabilité financière détruit l’industrie, en Afrique, des institutions comme le FMI ou l’OMC sont devenus les outils de la ruine d’une agriculture encore traditionnelle ou de germes d’industrie. Par exemple, au Mali, les exploitants du coton ne peuvent soutenir la concurrence des exploitants américains largement subventionnés par l’état. Autre exemple, sur les marchés maliens, les poulets européens forts des avantages fournis par la PAC et d’un libre-échange imposé sont moins chers que les poulets locaux.
Ainsi, cela définit ce pourquoi nous nous battons : Evitant à tout prix de tomber dans les pièges d’impuissance tendus par des idéologies réductrices comme la xénophobie ou les lois sans pitié d’une jungle économique, nous devons ramener l’idée de développement mutuel en politique comme nous devons ramener l’idée de l’avantage d’autrui dans les consciences, celle qui par le traité de Westphalie fonda les rapports de paix entre Etats-nations.

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