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Les Editoriaux de Jacques Cheminade

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Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade-le-sursaut.org.


Le G20 qui va se tenir à Londres le 2 avril aurait pu être un moment d’espoir. Il exhibera l’incompétence des uns et l’obstination criminelle des autres. Tous les chefs d’Etat et les experts qui s’y rendront ont en effet un point commun : ils viennent de l’intérieur du système, ils ont fait carrière en son sein et leurs ordinateurs comme leurs raisonnements prennent en compte l’expérience limitée de l’après-guerre et reflètent l’idéologie monétariste des universités qui les ont formatés. Aveugles face à une dislocation générale, ils ne voient dans la crise actuelle qu’une crise financière cyclique. Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz a exprimé toute sa compétence d’âne savant en déclarant pompeusement : « Nous n’avons pas de système économique de rechange ». Lui et ses semblables méritent qu’on leur lance : c’est justement le système, imbéciles !

Car deux ans après l’éclatement de la crise, ceux-là mêmes qui ont fait naufrager le vaisseau prétendent le sauver avec les mêmes outils : effets de levier, fonds d’investissement, fonds spéculatifs, créances manipulées, montages obscurs et la feuille de vigne d’une régulation verbale et verbeuse pour cacher le tout. Toujours avec la complicité des Etats, qui aujourd’hui font émettre de la monnaie à leurs banques centrales pour acheter leurs propres bons du Trésor et avaler les effets toxiques des établissements financiers. On appelle cela monétarisation de la dette ou, comme Christine Lagarde, « des mesures un petit peu alternatives et non conventionnelles ». Déjà la combine est éventée : le 25 mars, la Banque d’Angleterre n’est pas parvenue à placer un emprunt à taux fixe sur 40 ans. Signe que la confiance s’effondre. Une telle fuite en avant ne peut en effet qu’aboutir au chaos tant que les créances illégitimes ne seront pas annulées ou gelées, et l’économie physique remise en état de fonctionner.

Cependant, aux mots banqueroute organisée ou faillite ordonnée, tous les naufrageurs se coalisent pour sauver ce qui ne peut l’être. Tant pis, à leurs yeux, si la pyramide de cartes de crédit va s’effondrer, tant pis si les PME trinquent, tant pis pour les Continental, les Heuliez, les 3M, les intérimaires, les sous-traitants et les équipementiers de Renault et Peugeot, bientôt tant pis pour les Michelin.

On ne peut éprouver qu’une terrible colère devant tant d’hypocrisie et de corruption.

D’autant plus que le plan final est bien le « fascisme universel » dont parle le néo-conservateur américain Michael Ledeen. Ecoutons Jacques Attali, qui expose les choses plus crûment que les Pascal Lamy, les Dominique Strauss-Kahn ou les Nicolas Baverez : « Il faut réfléchir à un gouvernement mondial, bien évidemment démocratique (sic)… Dans les années 1930, un certain nombre de personnes avaient compris la nécessité de changer de système monétaire et le besoin d’un marché commun pour éviter la guerre qui s’annonçait. On a préféré faire la guerre et les réformes après. Je crains que la même erreur se reproduise. On fera d’abord les guerres – et il y aura 300 millions de morts – puis les réformes et un gouvernement mondial. »

La messe est dite. Le choix serait entre « gouvernance mondiale », avec ou sans guerre, mais toujours au service de l’Empire de la City et de Wall Street. Il est temps de rejeter la règle de ce sinistre jeu.

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