Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 8 décembre - Référendum en Italie : une nouvelle claque pour l’UE Lire Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire
Accueil Orientation stratégique Analyses
Les analyses de Jacques Cheminade

Conférence des 17, 18 et 19 janvier à l’Unesco : non au choc des civilisations !

visites
1206
commentaire

« Le choc des civilisations n’aura pas lieu » : c’est en vertu de cet engagement qu’un Forum Euro-Méditerranée Science, Développement et Paix aura lieu à Paris, au siège de l’Unesco, les 17, 18 et 19 janvier 2004, sous le haut patronage de M. Jacques Chirac. Nous approuvons totalement cette initiative, d’autant plus que le discours précédemment prononcé sur ce thème, et dans la même enceinte, par notre Président de la République se situait à un niveau de réflexion inhabituellement élevé. Cependant, l’ardente obligation et l’urgence de passer à l’acte, par delà les réflexions et les discours, nous inspire un certain nombre de réactions.

Tout d’abord, dire non au choc des civilisations signifie que l’on s’oppose résolument à ceux qui entendent le provoquer. Or, la nature d’un certain nombre d’intervenants à cette conférence nous permet de douter fortement de cet engagement. En particulier, Laurent Murawiec - désormais connu sous le nom de « faucon frenchie » - n’est autre que l’ami des Richard Perle et des Paul Wolfowitz qui promeuvent la guerre préemptive, le recours aux mini bombes nucléaires et... le choc des civilisations. Dans un article qui vient d’être publié par Le Figaro des 3-4 janvier, M. Murawiec, au nom d’une « attaque contre les tyrannies » ;, se livre à un éloge dithyrambique du président Bush, qui aurait remporté trois victoires probantes en Afghanistan, en Irak et en obtenant « la reddition nucléaire de la Libye ». Le plus inquiétant est qu’il ajoute : « On ne s’arrêtera pas là », parlant sans doute au nom de ses protecteurs militaro-financiers. Inviter Laurent Murawiec à un débat sur le choc des civilisations reviendrait donc à inviter un Paul Wolfowitz à une rencontre sur l’aide aux plus démunis, ou le fantôme de Benito Mussolini à une réunion sur l’interdiction de l’huile de ricin ! Ce serait inviter à sa table le vice-président américain Dick Cheney, au lieu de se battre, comme nous le faisons ici, pour obtenir sa destitution. Par delà le cas sans intérêt, sinon à titre symbolique, du collabo Murawiec, les organisateurs de cette conférence devraient mettre les points sur les i avant d’ouvrir les débats : si une politique de défense nationale fondée sur une défense stratégique est légitime, toute politique de guerre préemptive au nom du droit du plus fort est inadmissible. L’on retombe sans cela au niveau d’Athénagoras de Syracuse, qui, en 415 avant J.-C., écrivait, tout comme les faucons fascistes d’aujourd’hui : « Il est nécessaire de frapper d’avance, de prévenir et de punir ses ennemis déjà pour ce qu’il veulent, sans en avoir encore les moyens (...) car ce n’est pas seulement contre leurs actes qu’il est nécessaire de se prémunir, mais d’avance contre leurs intentions. » C’est avec de telles perspectives que la civilisation grecque s’effondra.

Nous irons donc porter la contradiction à M. Murawiec et à ses semblables, au nom de la paix par le développement mutuel entre les peuples et du dialogue des cultures et des civilisations. Le débat ne doit pas être à fleurets mouchetés, mais cause contre cause : d’un côté, celle de l’humanité et de la justice pour tous, de l’autre, celle d’une oligarchie impérialiste qui veut se donner, au nom de la force, le droit d’imposer sa loi, son injustice et sa servitude.

Cela nous amène précisément au second point. Eviter le choc des civilisations signifie rétablir les conditions d’un dialogue des civilisations et des cultures, pour éviter que des « guerres de religion » ;, ou des aventures impériales menées au nom de la « démocratie » ;, ne soient une arme pour empêcher la prise de conscience générale en faveur d’un monde plus juste.

Cela suppose de mener un combat sans complaisance contre le libéralisme sauvage - celui de MM. Perle, Wolfowitz et Murawiec - en mobilisant contre lui ce que christianisme, judaïsme, islam et humanisme laïc ont de commun, l’idée de solidarité par le développement mutuel. Jean-Paul II, dans Centesimus annus, soulignant que « le progrès des pauvres est une grande chance pour la croissance morale, culturelle et même économique de toute l’humanité », le prophète Mohammed affirmant dans son hadith : « Il n’a pas foi en moi, celui qui s’endort repu tandis que son voisin, à ses côtés, a le ventre vide. » Emmanuel Lévinas nous disant que le mot « je » signifie : « Me voici répondant de tout et de tous, du sort de la veuve, de l’orphelin, de l’étranger et du pauvre » et Jean Jaurès forgeant son humanisme laïc, dans Le socialisme et la vie, sur l’idée que « tout individu humain a droit à l’entière croissance (...) le droit d’exiger de l’humanité tout ce qui peut seconder son essor », définissent un tronc commun dans lequel il nous est donné de puiser en cette aube du XXIème siècle.

Pour incarner ce message, le dialogue des civilisations doit avoir pour horizon un nouvel ordre économique et monétaire mondial - un nouveau Bretton Woods - reposant sur l’abolition des changes flottants, la mise en règlement judiciaire des agents financiers spéculatifs et l’émission de crédits d’Etat ou entre Etats à long terme et faible taux d’intérêt, susceptibles de relancer les infrastructures de base nécessaires au bien-être de chacun et à une croissance partagée. Il s’agit ici de volonté politique, c’est-à-dire de mettre en place un monde plus juste pour éviter d’aller tout droit dans le mur avec l’ancien. L’identité de chacun doit ainsi changer : le développement économique engendré en commun doit remplacer les rapports de force, et une conception de l’homme fondée sur le bien commun et le service des générations à naître doit se substituer à l’idée fausse et destructrice suivant laquelle le conflit serait un état naturel de notre espèce. La loi de la jungle libérale débouche aujourd’hui sur une politique de domination par d’autres moyens, militaires et policiers, un irrationalisme pseudo-spiritualiste côtoyant une pseudo-science réduisant l’homme à un instrument.

Dire non au choc des civilisations revient à dire sans compromissions que l’être humain n’est pas une bête car il est capable, par les découvertes de son esprit, de développer l’univers où il se trouve, d’accroître sa capacité d’accueil et de redéfinir toujours un meilleur vouloir vivre en commun.

Le mouvement de jeunes que Lyndon LaRouche a formé dans le monde est fondé sur ces principes et se bat en leur nom ; lorsque vous les verrez parmi vous, vous rencontrerez des êtres humains en état de recherche pour aider le bien commun à s’accomplir. Laisser aller les choses comme elles vont, même assaisonnées de beaux discours, ou bien créer des révoltes sans horizon ni perspective, revient au contraire à tolérer que notre époque soit livrée à un nouvel empire romain, avec son pain, son cirque et ses jeux de mort.

Contactez-nous !

Don rapide