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Les éditoriaux de Jacques Cheminade

Croissance fictive

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En cette fin d’année 1999, tous les indices économiques français sont au vert. Notre croissance atteint 4% en rythme annuel ; la consommation des ménages augmente toujours, suivie par les investissements des entreprises (respectivement +0,9% et +2,4% au troisième trimestre) et bientôt, par la reconstitution des stocks. L’indice officiel du chômage est en baisse. Lionel Jospin annonce que le plein emploi pourra être retrouvé en 2010.

Dans ces conditions, le moral apparent des Français s’améliore : l’indicateur des ménages de l’INSEE est, au 30 novembre, pour la première fois positif depuis sa création en 1987 et « l’indicateur d’humeur » de Jérôme Jaffré (SOFRES) atteint 52,5, pratiquement son plus haut niveau depuis sa création à la fin des années 70.

Il s’agit cependant d’une croissance fictive, inégalitaire par nature et vulnérable au mouvement de capitaux étrangers.

Tout d’abord, les chiffres du chômage sont truqués. Celui-ci ne baisse que dans une catégorie, celle qui recense les demandeurs d’emplois « immédiatement disponibles » et à la recherche d’un « emploi à durée indéterminée à plein temps ». Il monte dans les autres catégories (270 000 personnes supplémentaires depuis décembre 1997) et, surtout, le sous-emploi total (chômage plus traitement social du chômage) reste au-dessus de 20% de la population active. Pour les jeunes, le pouvoir n’offre que des stages bidons, emplois-placards, misère morale et, au mieux, des CDD ou de l’assistanat dans le service public. Les pauvres continuent à s’appauvrir en travaillant, les riches à s’enrichir en spéculant. Ensuite, la « croissance » est tirée par les secteurs à retour rapide sur investissements : automobile, téléphones portables, produits informatiques... L’économie ne se développe pas en profondeur : les secteurs de la machine-outil, des machines agricoles et de l’infrastructure de base continuent à régresser.

Enfin, le financement de cette croissance fictive est assuré par des capitaux étrangers spéculatifs, auxquels la France a été livrée. En effet, depuis - notamment - la circulaire Sarkozy de 1993, les « non-résidents » bénéficient d’un régime fiscal extrêmement favorable ; ils échappent à l’impôt tant en matière de dividendes que de gains en capital sur actions. Les fonds anglo-américains viennent donc sur la Bourse française et s’emparent des entreprises : entre 40 et 50% des grandes sociétés constituant le CAC-40 sont entre les mains de non-résidents. La France est ainsi devenue un pays financièrement occupé (en Allemagne, ces intérêts étrangers ne représentent que 10 % du capital des grandes sociétés, et 16% en Grande-Bretagne).

MM. Balladur, Juppé et Jospin, en privatisant à tour de rôle, ont donc acheté de la croissance fictive et inégalitaire en nous soumettant à un contrôle étranger. C’est d’autant plus grave que ces fonds étrangers ne sont pas là pour faire de la philanthropie ; ils se retireront, comme ils l’on fait en Asie ou au Mexique, dès qu’ils n’obtiendront plus un retour sur investissements supérieur à 15% par an. Nous sommes donc sous le coup de leur chantage et nous subirons de plein fouet le krach qui va inéluctablement frapper Wall Street.

En clair, depuis le découplage entre l’or et le dollar, en 1971, et l’adoption par Bruxelles, en 1974, d’une politique de libre-échange mondialiste, c’est-à-dire de pillage, les conditions ont été créées, quels que soient les indices apparents, pour une augmentation constante du sous-emploi et une occupation étrangère de la France.Ici, en l’an 2000, nous continuerons à nous battre contre la racine du mal, en définissant un autre horizon et un projet mobilisateur, sans gloser sur les apparences.

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