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Les écrits de Lyndon LaRouche

De Milken et Enron à Perugia : des événements extrêmes

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par Lyndon LaRouche

(Ce document a été écrit le 15 novembre 2007)

Un fil historique commun, bien spécifique, relie certains événements récents survenus dans les centres financiers de New York et de Londres au massacre du lycée Jokela et à la mort atroce d’une jeune Anglaise à Perugia, en Italie. Comme l’a noté un juge de Perugia, ces trois épisodes, comme d’autres de même nature, ont en commun qu’ils sont motivés par l’envie ostensiblement incontrôlable de vivre une expérience existentialiste extrême, du moins pour certains des participants. On peut dire que ces expériences ont, dans leur ensemble, un aspect dionysiaque, exprimant certaines caractéristiques particulièrement inquiétantes du « nouvel âge des ténèbres » qui nous menace. Ces trois exemples, et bien d’autres événements extrêmes du même type, comme les phénomènes MySpace de Rupert Murdoch et Facebook de Microsoft, ou encore les jeux vidéo de massacre, sont des signes révélateurs de cette époque perverse et funeste.

Il semblerait que les terrifiantes Erinyes de la Corinthe d’Ibykus soient descendues sur ce monde perverti.1

Le moment est venu d’évoquer l’étrange expérience que j’ai vécue il y a des années, alors que ma femme et moi étions assis sur une colline herbeuse surplombant, sur l’autre rive de l’Arno, les rues de Florence. Soudain, je me rendis compte que je me trouvais approximativement au même endroit où se tenait, d’après sa description, Boccace [Giovanni Boccaccio], l’auteur du Décameron, tandis qu’il observait des scènes présentées comme typiques de l’époque ayant mené à l’abîme du nouvel âge des ténèbres du XIVème siècle, tel qu’il fut vécu à Florence.2

On devrait d’ailleurs informer le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, entre autres, qu’il s’agit là d’une leçon qu’il aurait dû apprendre.

L’objet de cette étude porte sur un ensemble de trois actes récents qui, comme je le montrerai, sont l’expression typique d’une forme de folie de masse ; ces actes contemporains concordent, dans leurs effets, avec cet âge des ténèbres dans lequel se situait le sujet réel du Décameron de Boccace.

  1. Tout d’abord, nous avons la folie incarnée par l’échec lamentable de Henry Paulson : sa réaction tragiquement impuissante face à la peur, comme un lapin effrayé - peur de ce qui n’est autre que le déferlement d’une crise débouchant sur l’effondrement général de notre système monétaro-financier mondial. (Au lieu de prendre des mesures sérieuses pour faire face au plus grand krach financier de tous les temps et à la chute libre du dollar, le secrétaire américain au Trésor (ministre des Finances) Henry Paulson a décidé d’ouvrir tout grand les vannes monétaires et de lancer divers « plans de liquidités », condamnés d’avance, pour sauver les financiers et les spéculateurs). Cette crise est déjà comparable, par ses implications, au début du nouvel âge des ténèbres dans l’Europe du XIVème siècle.
    Il faut se garder de traiter le cas de Paulson comme s’il s’agissait simplement de l’expression d’un accès de folie personnelle ; il reflète au contraire une folie collective à l’échelle de masse, partagée par la majorité de cette classe politique. Telle l’ivraie balayée par le vent, Paulson est pris dans le tourbillon d’une déraison hautement tragique, qui est l’expression spécifique et le produit d’une forme dynamique de phénomène social de masse. Ainsi, à la différence d’un comportement individuel assimilable à celui de tout autre individu, nous avons affaire à une folie collective répandue parmi toute une classe politique et ses relais dans la vie sociale et politique.
  2. Le deuxième cas à considérer ici est relatif à MySpace et Facebook, avec la mise en scène de ce qui se présente, d’après l’enquête, comme le meurtre à Perugia de Meredith Kercher, une étudiante anglaise de 21 ans. Ce n’est pas la culpabilité ou l’innocence relative de l’un quelconque des acteurs de cet événement horrible qui est l’objet de notre étude. Comme dans d’autres cas similaires, nous nous intéressons ici aux circonstances dans lesquelles l’événement s’est produit et a été commenté. C’est le potentiel (c’est-à-dire la menace) de la dynamique exprimée par les faits qui est crucial.
  3. Le troisième cas porte sur une autre tuerie, le sinistre massacre du lycée Jokela, à une soixantaine de kilomètres au nord d’Helsinki, capitale de la Finlande. La fusillade fut perpétrée par un élève de ce lycée, âgé de 18 ans, qui était drogué aux jeux vidéo de massacre. Tout comme dans le cas similaire d’un autre fanatique des jeux vidéo à Blacksburg, le 16 avril 2007 à l’Université technique de Virginie, nous assistons une fois de plus à la rage homicide d’un individu en proie à une forme de folie, causée par l’accoutumance induite à ce genre de jeux. Dans ces deux cas, le tueur s’est finalement donné la mort. Les détails essentiels de ces deux drames ont été largement relatés dans la presse internationale, avec suffisamment de vraisemblance. Toutefois, l’attitude de la presse est elle-même partie intégrante du schéma de ces événements. Consciemment ou non, cette presse contribue à la tragédie globale, tant pour ce pour ce qu’elle fait que pour ce qu’elle devrait faire, mais ne fait pas.

Avant de revenir sur les aberrations du secrétaire Henry Paulson, penchons-nous brièvement sur le cas de ces deux jeunes au comportement délirant.

Le dénominateur commun aux faits présentés est l’idéologie qui relie MySpace, Facebook et les jeux de tir, illustrée par Microsoft, propriétaire de Facebook. Dans tout effort compétent pour comprendre les trois cas identifiés ci-dessus, nous devons toujours rechercher la dynamique qui les subsume tous, de façon systémique, selon une dynamique appropriée.

Pour saisir le sens des interrelations entre ces phénomènes, nous devons considérer trois points. Premièrement, la forme d’organisation sociale qui fournit le cadre dans lequel ces développements se produisent. Deuxièmement, la méthode par laquelle on induit ce genre d’effets spécifiques. Troisièmement, les effets provoqués par ces facteurs lorsqu’ils se produisent dans les conditions sociales et physico-économiques générales actuelles.

Pour illustrer ce point, notons que dans deux cas, les liens sont évidents entre, d’un côté, MySpace de Rupert Murdoch et Facebook de Microsoft, et de l’autre, les jeux vidéo pour tuer. Dans les trois cas, l’aspect commun est, tout d’abord, la méthode de comportement sophiste de groupe.

Ce comportement est étroitement lié, presque génétiquement, à la sociologie définie par le rôle dominant dans la société actuelle de la tradition propre aux « baby boomers » (« col blanc, classe moyenne »). Deuxièmement, ce sont des exemples de comportement radicalement existentialiste, organisé au mépris de l’existence d’un monde réel, comme le comportement insulaire décrit dans le roman de 1954 de William Golding, Le Seigneur des mouches.3

Les différents évènements de cet ensemble comportent un troisième aspect exemplaire, à savoir les conséquences évidentes de la folie fatale de Paulson.

Par exemple, on ne peut nier sérieusement que le type de massacre récemment commis à Blacksburg soit la conséquence de la promotion des jeux vidéo pour tuer. Il se trouve que ces jeux constituent, depuis le changement de millénaire, une source massive de revenus pour de puissants intérêts financiers et politiques, comme ceux de la Silicon Valley ; mais, en outre, le développement et la promotion de ces jeux est un sous-produit du vaste empire d’investissements consentis par les establishments militaro-industriels et afférents, qui défendent virulemment la « révolution dans les affaires militaires », chère au vice-président Dick Cheney et à des intérêts financiers proches de George Shultz et d’un Felix Rohatyn que connaît bien Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre parlementaire américaine.

Aussi, du fait qu’il y a de puissants intérêts à l’origine des phénomènes entraînant les effets constatés, pratiquement rien n’a été fait, en réalité, pour réduire l’incidence grandissante de massacres comme ceux de Blacksburg et du lycée Jokela. Généralement, la presse cède à l’intimidation, mentant par omission en passant sous silence les faits connus, et notre classe politique, comme au Congrès américain, est tout aussi corrompue, sinon plus, que la presse sur ce point.

Ceci nous ramène aux trois propositions que j’ai esquissées ci-dessus. Considérons maintenant le comportement de Paulson de ce point de vue. On ne peut certes pas le qualifier de jeune adulte, mais il est impliqué dans le même genre de jeu fou en termes d’effets de masse interdépendants.

Dans son rôle, il incarne une forme puérile de jeu politique dans le domaine des affaires monétaires4, un jeu trop souvent pratiqué aujourd’hui par des adultes qui devraient être mieux avertis. L’aspect le plus important : il se joue en dehors des règles de cause à effet s’appliquant à l’univers réel. Cette forme de folie de masse s’applique parfaitement au rôle tenu en 1998 par Myron Scholes dans le pari fou du fonds spéculatif LTCM : ce mode de prévision prend ses racines dans une forme, réductionniste à l’extrême, de dogme et de pratique monétaristes qui constituent, en soi, un système de croyances étranger au monde physique réel et dont les implications sociologiques sont intrinsèquement existentialistes.

Considérons maintenant la caractéristique commune à ces trois cas : chacun d’eux, et les trois combinés, représentent une forme spécifique et commune de folie collective qui ressemble à celle des hordes de Flagellants du Nouvel âge des ténèbres européen, au XIVème siècle. Sans une compréhension du facteur axiomatique de folie de masse déterminant ces trois phases successives du processus, on ne pourra identifier ni résoudre la menace ainsi posée à la civilisation.

Des zombies du cyberespace

Cette partie du rapport s’ouvrira sur le rôle de Henry Paulson. Ce qui caractérise la communauté financière transatlantique anglo-américaine, dont les méthodes sont entrées au ministère en la personne de Paulson, se retrouve dans tous les facteurs responsables de la faillite générale des systèmes financiers américain et autres. C’est cette influence qui sous-tend à la fois la folie méthodologique du système financier international depuis 1987 et les caractéristiques sociologiques (y compris la manie du jeu) des asiles d’aliénés du cyberespace, tels MySpace, Facebook et les jeux vidéo criminogènes.

Comme la bulle de Weimar de 1923, née des conditions imposées en vertu du traité de Versailles, toute économie mondiale dominée par un tel système monétaro-financier est intrinsèquement auto-condamnée. Tant que l’usager du système croit qu’il a vraiment intérêt à en maintenir la continuité, une certaine stabilité sociale, quoique fragile, peut être maintenue, du moins provisoirement, même si le système touche à sa fin. Souvent, le recours à la dénégation afin d’esquiver la réalité, comme Paulson s’entête à le faire, a pour effet d’engendrer une catastrophe qu’on aurait pu éviter en acceptant la vérité.

Pendant un temps, la génération adulte plus âgée s’est accrochée aux avantages relatifs (actuellement en repli) réservés aux 20 % des familles se trouvant en haut de l’échelle sociale, mais la majorité des adultes plus jeunes et des adolescents, enfermés dans un système qui ne leur offre aucune perspective crédible pour l’avenir, s’en sont de plus en plus écartés. Depuis dix mois environ, toutes les générations tendent à refléter, d’une manière ou d’une autre, les effets politiques et moraux d’une démoralisation très largement répandue, les jeunes générations (surtout les adolescents) plus intensément encore.

Ce n’est pas un accident si les tendances actuelles de la génération des moins de 35 ans reflètent son expérience des changements intervenus depuis le printemps 2000 - c’est-à-dire à peu près au moment de l’éclatement de la bulle de l’an 2000, soutenue par le gouvernement américain, alors qu’Al Gore se présentait à la présidence et peu avant que le joujou de Dick Cheney, George W. Bush Jr., ne prenne ses fonctions de président des Etats-Unis. Après l’éclatement de la bulle, les investissements dans l’informatique et autres s’orientèrent dans une nouvelle direction : l’accélération de la production et la commercialisation de technologies relatives à l’informatique, définies en vue de la « révolution dans les affaires militaires », dans un nouveau marché prometteur de jeux de guerre pour adolescents et jeunes adultes.

Nous voici sept ans plus tard. Pekka-Eric Auvinen, le tueur finlandais du cyberespace fonctionnellement lié à YouTube, avait 18 ans, Amanda Knox, son petit ami italien et Meredith Kercher, tous adeptes de Facebook, en avaient entre 20 et 23. Quant à Henry Paulson, un ancien de la Maison Blanche sous Richard Nixon, porteur de la même idéologie mathématique en matière financière que les utilisateurs relativement experts de jeux vidéo violents, il est secrétaire au Trésor des Etats-Unis d’Amérique.

Dans ces conditions, l’absence de résistance significative visible face à cette dégradation continue des affaires de la société encourage des impulsions fortes vers ce qu’on appelle couramment l’ »aliénation ». Ainsi, la réélection du président George Bush en 2004 était démoralisante. L’aggravation de cette démoralisation due à l’inaction des dirigeants du Congrès des Etats-Unis, depuis février 2006 et plus encore courant 2007, a engendré des « conditions pré-révolutionnaires » marquées, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes. Cette fuite dans la rage exprimée par les jeux vidéo de massacre et la fuite dans le cyberespace pour échapper à la vie réelle ont ainsi tendance à converger, avec pour résultat « des zombies dans le cyberespace ».

En ce qui concerne le comportement du secrétaire au Trésor Paulson, ajoutons qu’il partage certains traits liés, pour ainsi dire « génétiquement », aux caractéristiques cruciales, assez reconnaissables, d’un fanatique kamikaze d’Asie du sud-ouest. Nous devrions aussi admettre que les adolescents et jeunes adultes attirés hors de la réalité par MySpace, Facebook et les jeux vidéo de tir, manifestent leur soumission à un état mental pathologique similaire à celui des kamikazes d’Asie du Sud-Ouest.5

Psychologiquement, les habitants du cyberespace, que ce soit à travers MySpace, Facebook ou les jeux de massacre sur ordinateur, se laissent peu à peu déplacer vers une résidence commune dans l’équivalent moderne d’un rassemblement de Nuremberg, comme devrait nous le rappeler le cas de ces gangs de guerriers néo-nazis et de leurs opposants « antifascistes » en Allemagne aujourd’hui. Cette tendance vers un phénomène de masse fasciste pourrait être renversée, mais pas tant que le genre de folie reflétée chez Henry Paulson aura droit de cité.

Considérez tout cela comme une question de dynamique.

La dynamique humaine

Maintenant, nous devons mettre brièvement l’accent sur des questions scientifiques tout à fait pertinentes.

Pensez à la différence entre la classe des marsupiaux et celle des mammifères. Comparez la variété des espèces dans une région de la planète où les marsupiaux dominèrent, et dans une autre où les mammifères ont supplanté en grande partie les marsupiaux. Pensez à une zone dominée par des marsupiaux, en termes dynamiques plutôt que mécanistes. Considérez le créneau occupé par chaque espèce de marsupial comme une catégorie de postulant qualifié pour le rôle qui revient à cette espèce. Considérez de la même façon les mammifères, autres que l’homme.

D’une certaine manière, l’existence de l’homme change les principes d’ordonnancement entre mammifères, étant donné que l’homme change volontairement son potentiel de densité démographique relative, ce qu’aucun autre mammifère ne peut réaliser. Toujours est-il que l’homme, en dépit de son corps animal, n’est pas essentiellement mammifère ; l’homme change son environnement, ainsi que la nature de son comportement, ce qu’aucun autre animal ne peut faire. Cette différence, comme l’académicien V.I. Vernadski l’a définie dans la science physique, ce sont les pouvoirs créateurs développables de l’individu humain, qui n’existent chez aucune forme inférieure de vie.

Vernadski définit cette différence en termes scientifiques, faisant de l’humanité un membre de l’espace-phase nommé Noosphère, alors que les autres mammifères appartiennent à l’espace-phase connu comme la Biosphère. La distinction réside dans les pouvoirs spécifiquement créateurs de l’esprit humain, qui sont absents de toute forme de vie inférieure. Les changements dans la culture et dans les pratiques sociales qui entraînent l’augmentation, ou la diminution, du potentiel de densité démographique relative d’une société, agissent comme un tout, comme une dynamique unificatrice du processus social et économique physique, tout comme les espèces de marsupiaux ou de mammifères interagissent, entre et parmi elles, de manière dynamique.

L’homme, partie intégrante de la Noosphère, est défini par les pouvoirs souverains de l’esprit humain individuel qui génèrent les facteurs du changement, telles les « découvertes » et autres. Ces découvertes ne sont pas le fruit du hasard, mais se limitent aux découvertes de principes physiques universels, telle la découverte originale, exclusive, de Kepler, du principe de gravitation.

C’est le fruit de ces pouvoirs, jamais présents chez un animal, qui a permis à l’espèce humaine d’atteindre un niveau démographique d’environ 6,5 milliards d’individus.

Les fluctuations de potentiel de densité démographique relative sont implicitement déterminées, avant tout, par l’intensité avec laquelle les membres d’une société génèrent de telles découvertes de principe, uniquement humaines, et les appliquent. Ainsi, pour toute nation ou partie de la société, le maintien d’un niveau donné de densité démographique relative potentielle dépend du rôle déterminant, subsumant tout le reste, de ces pouvoirs créateurs. Il ne s’agit pas du pouvoir de découvrir une quelconque astuce mécanique, mais de découvertes de principes physiques universels comparables à celle de la gravitation par Kepler ou du principe de l’infinitésimal, découverte originale et propre à Leibniz, pressentie par Kepler dans le cadre de sa découverte originale non seulement de l’effet, mais également du principe, de la gravitation.6

Puisque l’activité humaine semble forcément consommer les ressources jusqu’alors considérées comme essentielles au maintien d’une qualité et d’un niveau d’existence humaine donnés, liés à une certaine espérance de vie, ce n’est que grâce au progrès des idées, correspondant à des découvertes de principes physiques universels, que l’homme est en mesure de maintenir un niveau donné de peuplement (densité démographique relative potentielle) pour ainsi dire indéfiniment, ou d’améliorer ce potentiel de densité démographique relative.

La société doit non seulement maintenir la découverte continuelle de principes physiques fondamentaux, mais aussi, pour jouir du fruit de ces découvertes, les employer au bénéfice de l’humanité. Un rôle exemplaire revient aux principes physiques universels appliqués à la pratique de la société, qui permettent l’accroissement du potentiel de densité démographique relative de l’espèce humaine. Le pourcentage de la population totale impliqué dans ce genre d’emploi déterminera la manière dont le potentiel de densité démographique relative augmente ou diminue. Son accroissement ou son recul sous l’influence de courants pervers appelés « malthusiens », sont déterminants pour l’amélioration de la condition humaine ; en outre, renverser le progrès à forte intensité capitalistique relative, qui s’appuie sur le progrès scientifique, a un effet destructeur sur la santé mentale tant de chaque individu que de la société dans son ensemble.

Parmi la population américaine, la génération des 14-35 ans vit les effets d’une profonde régression du potentiel de densité démographique relative (par tête et par kilomètre carré), par rapport au niveau existant le jour où le président John Kennedy fut assassiné. Ainsi, au moment même où l’homme mettait le pied sur la Lune, les Etats-Unis avaient déjà commencé à perdre une partie de la science et de la technologie qui avaient permis cet exploit !

Bienque quelques gros malinscroients’être puissamment enrichis grâce à l’évolution de l’économie physique ces quarante dernières années, le potentiel de densité démographique relative réellement disponible aux Etats-Unis, en Europe occidentale et centrale, ne cesse de s’effondrer à un rythme croissant depuis environ 1967-1968.

Comme le montre la tendance au déclin qui affecte l’économie américaine depuis le changement de paradigme culturel de 1968-1971, le mauvais choix semanifeste d’abord sous forme d’une baisse du potentiel de densité démographique relative. Le déclin engendré par cette baisse ne se reflétera dans les statistiques qu’au cours des décennies suivantes, comme on le voit aujourd’hui aux Etats-Unis et dans d’autres nations.Aussi, les institutions et les populations réagissent trop tard, faut d’avoir reconnu à temps la folie intrinsèque dans ce qu’ils considèrent dans l’immédiat comme un heureux changement politique. Ce constat est essentiel pour comprendre l’incompétence inhérente à la grande majorité des prévisionnistes américains, privés ou gouvernementaux, de ces quarante dernières années.

Ainsi, l’effondrement du potentiel physique de densité démographique relative des Etats-Unis, en termes de marges nettes de production physique, va en s’accélérant depuis la prise de fonctions calamiteuse du président Richard M. Nixon [en 1969]. En même temps, le potentiel mental relatif correspondant de la population américaine, s’est lui aussi dramatiquement effondré. Pire encore, la population est aujourd’hui moins apte à réfléchir sérieusement et, partant, beaucoup moins cultivée qu’à l’époque de l’assassinat du président Kennedy.

Cette décadence relativement temporaire, ou plus durable, d’une culture nationale, est courante dans l’histoire, considérée sur de longues périodes. Elle s’accompagne, invariablement, d’un accroissement de la laideur de l’âme du membre type de la société, comme Dante Alighieri le soulignait dans La divine comédie ou Boccace dans son Décameron.

La combinaison de la Première Guerre mondiale et de la montée du fascisme allemand, avec des effets similaires dans d’autres pays, illustre ce genre de période de déclin, à laquelle l’initiative du président Franklin Roosevelt permit à l’humanité d’échapper pour un certain temps. Aujourd’hui, je le répète, nous vivons au moins la quatrième décennie d’un déclin économique et moral intrinsèque de la culture transatlantique, qui va en s’accélérant.

Ce déclin n’a pas créé, de façon mécanique, la terrible décadence qui transparaît dans les « événements extrêmes », objet de cette étude ; mais il favorisa les préconditions propices à une démoralisation et une décadence morales et intellectuelles abominables.

Révolution permanente, guerre permanente

On devrait reconnaître aisément ce lien en examinant de près les multiples indices d’un retrait de la réalité sociale en faveur de l’ »espace virtuel ». C’est une tendance à la dépendance qui va de MySpace et Facebook (« génétiquement » liés) au maelström meurtrier des jeux vidéos de tir.

Dans ma conception de l’anomie, qui diffère à certains égards notables de celle de Durkheim et d’autres, la cause de cette absence s’exprime dans le domaine des expressions plus ou moins schizophrènes du nominalisme ontologique, de même que la schizophrénie s’exprime dans certaines utilisations formelles de la langue, comme l’ont reconnu les spécialistes. Je pense à des cas où l’on utilise certaines expressions comme si elles étaient, ontologiquement, des « formules magiques », où l’objet du terme, ou de l’expression, ne correspond pas au rôle réel des interactions entre l’homme et le monde réel ; c’est plutôt un jeu sans correspondance systématique avec la vie réelle, dont on suppose qu’il fonctionne grâce aux pouvoirs magiques (schizophrènes) de symboles.

La manie du jeu d’argent est une expression très révélatrice de ce genre de folie de masse. Aujourd’hui, on ne traite généralement pas les systèmes financiers européens et américains comme des économies nationales, mais comme des systèmes de jeu lunatiques, répondant à la « magie du marché ». Cette conception est un aspect dominant de la folie collective touchant la majorité de notre population, indépendamment de leur niveau de revenus. La tendance à mesurer la richesse en termes de jeu est la principale raison pour laquelle notre population a accepté les changements aberrants de politique économique et autre, adoptés depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Nixon.

Certaines formes extrêmes de réductionnisme (le « symbolisme » comme substitut de la réalité) sont typiques de ce comportement mental pathétique. L’« idéologie » caractéristique de MySpace et Facebook, ou de certains jeux vidéo, exprime le même type de schizophrénie relative : on fuit une expérience répugnante de la réalité, tel un Rumpelstiltskin enragé [le lutin du conte des frères Grimm] qui, furieux face à la futilité des rêves impossibles qu’on appelle contes de fée pour enfants, finit par se déchirer en deux (suicide !).

Toutefois, l’approche économique statistique de la « théorie de l’information », chère au professeur Norbert Wiener et à John von Neumann, deux disciples de Bertrand Russell, ou plus généralement la méthodologie des adeptes du mystique Ernst Mach, partagent les mêmes traits pro-schizophrènes formellement mathématiques.7 En témoigne l’introduction de l’approche radicalement nominaliste de Wiener et von Neumann dans les processus économiques. On retrouve le même type de pathologie à l’origine du système monétaro-financier mondial, actuellement en plein krach.

Ainsi, le grand acteur financier emblématique de la mondialisation subit actuellement les mêmes symptômes sociologiques d’aliénation que ceux décrits par le sociologue français Emile Durkheim et ses disciples. Sur ce thème, il est utile de considérer l’étude sur les jeux d’enfants réalisée par les disciples franco-suisses de Durkheim.

A moins de changer de comportement, nous sommes tout près de voir se produire, dans les Amériques et en Europe occidentale et centrale, le même phénomène de suicide couplé à des agressions terroristes, que nous qualifions d’abject lorsqu’il se produit en Asie du Sud-Ouest - utilisé comme arme de guerre, méthode de combat dans une guerre civile et méthode de « terrorisme » assorti de suicide (comme à Blacksburg et Jokela). Ce sera aussi notre sort, aux Etats-Unis ou ailleurs, si nous n’effectuons pas dès maintenant, au-delà de simples palliatifs, les changements systémiques nécessaires dans notre propre politique sociale.

En ce sens, la tendance dominante de la politique économique nationale et internationale, enseignée et appliquée depuis la présidence de Richard Nixon, met aujourd’hui en lumière la destruction d’une économie autrefois basée sur la croissance de la production physique nette par tête et par kilomètre carré, comme le veut le système américain traditionnel. Nous devons désormais rejeter fermement toute idée que la valeur symbolique associée à la richesse monétaire et financière nominale soit la mesure de toute valeur morale et physique.

Ce que reflètent les trois exemples de déchéance que j’ai présentés n’est pas un phénomène spontané. C’est la corrélation d’un processus complexe, s’étalant sur plus d’un siècle, de changement pathologique touchant les tendances de la politique militaire anglo-américaine en particulier. Les effets de ce changement étaient déjà implicitement contenus il y a des décennies (avant même l’engagement insensé des Etats-Unis en Indochine) dans la réaction de certaines forces face à la menace, en 1945-46, de voir les Anglo-Américains utiliser la bombe nucléaire comme arme de guerre.

Le résultat le plus remarquable en est la récente « révolution dans les affaires militaires », une forme de dégénérescence morale promue par George Shultz, le vice-président Dick Cheney et Felix Rohatyn, du Middlebury College. Cette stratégie est comparable, par certains aspects, à une approche bien particulière de ce que la pratique militaire et stratégique traditionnelle de l’Union soviétique appelait la « guerre asymétrique ». Cette doctrine, qui se retrouve, avec plus d’emphase, dans plusieurs œuvres de Samuel P. Huntington, notamment The Soldier and the State [Le soldat et l’état] et le Clash of Civilisations [Le choc des civilisations], est aussi à l’origine des mesures politiques que le soutien de George Shultz et Felix Rohatyn au général Pinochet au Chili a facilitées, à travers les méthodes de type nazi appliquées dans le cône sud des Amériques à l’époque de la présidence Nixon.

Cette pratique est aujourd’hui monnaie courante en Asie du Sud-Ouest, sous l’actuel vice-président et ancien ministre de la Défense Dick Cheney. Là, les sujets soumis à la tyrannie de l’administration Bush, au Congrès américain par exemple, ont accepté de perpétuer le jeu funeste global que représente la politique plus que stupide menée par l’administration Bush-Cheney, depuis qu’elle a utilisé les attentats du 11 septembre comme prétexte pour déchaîner cette vague de déraison qui domine depuis lors le gouvernement, la plupart des membres du Congrès et la presse.

Russell dans le rôle de grand Inquisiteur

Pour comprendre les folles politiques du Premier ministre britannique Tony Blair et du gouvernement Bush-Cheney durant la période 2001-2007, nous devons en examiner les racines dans la formulation des objectifs géopolitiques à long terme de l’empire britannique au cours du XXème siècle, notamment parmi les cercles britanniques liés à HG Wells, Aleister Crowley (un adepte du culte de Lucifer) et Bertrand Russell.

C’est précisément le reflet de cette idéologie que nous rencontrons dans les phénomènes MySpace, Facebook et des jeux de massacre sur ordinateur. L’anomie qui caractérise MySpace, Facebook et ce type de jeu est celle qui s’exprime dans l’existence de son oeuf fraîchement éclos mais déjà puant. Arrivé à maturité, le spécimen sera incomparablement plus sinistre, si nous le laissons se développer en tant que force sociale.

Cette mentalité criminelle manifestée aujourd’hui par Shultz, Rohatyn, etc., est remarquablement exprimée dans The Shape of Things to Come [La forme que prendront les évènements], de HG Wells. (Pour une discussion sur cet ouvrage, voir Nouvelle Solidarité n° 22 du 14 décembre 2007, Noosphère contre Blogosphère, de Matthew Ogden.)

On retrouve le même modèle politique chez Bertrand Russell, l’homme qui contribua à façonner la politique ayant abouti au bombardement atomique d’Hiroshima et de Nagasaki, bombardement absurde du point de vue militaire. Russell prônait ouvertement une « guerre nucléaire préventive » contre l’Union soviétique, pas plus tard qu’en septembre 1946. De toutes les figures littéralement sataniques de son siècle, il fut pour le moins la plus odieusement influente, et sans doute le personnage le plus maléfique du XXème siècle. Mais tout comme Satan se fait finalement prendre par sa propre stupidité, Russell était aussi niais et incompétent sur le plan scientifique, trop confiant qu’il était que l’Union soviétique ne parviendrait pas à développer à temps sa propre capacité nucléaire.8

Ce qu’exprimaient Wells, Crowley et Russell était le produit d’une pratique courante dans l’empire britannique depuis 1763, illustrée par les armées privées de la Compagnie britannique des Indes orientales et de ses successeurs, en Inde comme en Asie occidentale et centrale. Voilà le précédent des opérations-jeux menées jusqu’ici, par exemple avec la prolongation des intentions et pratiques du traité Sykes-Picot, évidente dans la tentative renouvelée, orchestrée à Londres (avec le soutien de la présidente de la Chambre Nancy Pelosi) d’utiliser des éléments kurdes sous son contrôle pour faire exploser toute la région.

Le cas de Russell est d’une pertinence critique et clinique pour étudier les caractéristiques communes des trois cas de folie tragique présentés au début de ce dossier : la réaction de Paulson à l’effondrement du système monétaro-financier mondial actuel, le meurtre de Perugia et la fusillade au lycée de Jokela.

Paulson : la démence en tant que politique économique

Considérons les jeunes adultes et les adolescents qui se laissent attirer dans l’« espace virtuel alternatif » irréel - calqué sur Le Seigneur des mouches - de MySpace et Facebook, et dans les habitudes mentales de tueur fou inculquées par les jeux de tir informatisés. Les victimes de ces illusions ont fui la réalité en foule, comme les lemmings de la légende. Elles désertent toujours plus le monde réel pour s’engouffrer dans un état d’esprit émotionnel incontestablement infantile, prompt au jugement catégorique, relevant de l’appartenance émotionnelle à un monde synthétique non-existant, comme celui de La guerre des étoiles, du Seigneur des anneaux, de Harry Potter, etc. Ce que nous voyons chez les victimes de ces sectes peut à juste titre être qualifié de « schizophrénie de masse en tant que phénomène social ».

Les dupes de ce culte dionysiaque moderne sont la masse conditionnée des disciples de Friedrich Nietzsche et de ses adeptes nazis, dans un monde culturel contemporain quelque peu différent.

La tendance induite par ces habitudes illusoires de masse, comme dans le cas des sectes néonazies et de leurs homologues « antifascistes » en Allemagne aujourd’hui, correspond à l’état d’esprit d’une horde habile, mais complètement démente, de singes rhésus fanatiquement agressifs, ou encore d’un babouin ou d’un chimpanzé adulte mâle, encore plus habile et dangereux, dont le comportement sexuel ressemble à celui dont on a fait état à Perugia.

L’« habileté » dont témoignent ces singes, ou des créatures humaines virtuellement schizophrènes, leur permet peut-être de développer des compétences techniques avancées dans la manipulation de symboles, mais ils semblent avoir perdu toute qualité de compréhension cognitive des relations - en réalité dynamiques - de cause à effet dans le monde réel.

C’est à un produit spécifique de cette sociopathologie de groupe que nous avons affaire avec les pseudo-économistes orientés sur les symboles, tel l’économiste Myron Scholes, connu pour la faillite du fonds LTCM. Le fait est que Scholes et certains de ses collègues semblent n’avoir rien appris de l’expérience catastrophique qu’ils ont orchestrée grâce aux méthodes de prévisions utilisées dans ce qui allait devenir l’affaire LTCM, en 1998. Dans les modèles de prévision plus récents, ils ont poussé plus loin encore leurs « modèles mathématiques », si bien que les pratiques des hedge funds et autres fléaux similaires convergent toutes vers des versions mathématiques encore plus « perfectionnées » de la démence à l’origine de la crise de 1998.

Maintenant, élargissons le tableau pour y inclure l’adhésion du secrétaire Paulson aux illusions psychopathologiques d’un groupe financier fortement influencé par les mêmes caractéristiques sociopathes sous-jacentes. Aujourd’hui, les actifs nominaux représentent des engagements devenus plus féroces que le babouin défendant ses fruits sur le baobab ; on exige le paiement intégral de revenus qui n’ont jamais été gagnés dans un univers d’actifs réel, et d’en tirer le plus possible.

Cet esprit détraqué a simplement calculé qu’il avait fait des profits, alors qu’il n’y a eu aucun gain, si ce n’est sous la forme purement symbolique, sans contenu, de titres financiers qui sont en fait, d’après la loi constitutionnelle américaine, des faux. Ces « gains » illusoires pourraient être présentés ainsi : « Mon comptable vous dira que vous pouvez inscrire dans votre bilan le montant écrit sur mon chèque, à condition de ne jamais l’encaisser. »

Puis vient le jour où les spéculateurs réclament le paiement de ces chèques : rien ne va plus !

Récemment, tout le système monétaro-financier mondial est entré dans un cycle d’effondrement en chaîne, déclenché par la mutation contagieuse de la fraude instiguée par Michael Milken, avant octobre 1987. L’aboutissement en est une orgie frénétique pour tenter d’encaisser, à la faveur d’une compétition féroce, l’équivalent de chèques frauduleusement émis. Chez les singes de ce zoo financier, les adultes mâles sont devenus fous à lier.

Nous vivons dans un monde où l’on a l’impression que « presque tous les riches le font ».

L’effet systémique de ce type d’habituation est un état d’esprit moralement et intellectuellement malade, rappelant la mentalité criminalisée qui poussa l’Athènes de Périclès à se lancer dans la guerre du Péloponnèse. Athènes n’a jamais regagné, à ce jour, ce qu’elle avait perdu à cause de cette folie. Mais fort heureusement, le bénéfice de la grandeur de Solon d’Athènes nous a été transmis, sous forme du legs des pythagoriciens et d’autres cercles proches de Platon.
C’est un avantage que nous devons utiliser résolument.

Notes


1. Friedrich Schiller, Les grues d’Ibykus.

2. Cette oeuvre de Boccace doit être comprise comme un écho familier de la Commedia de Dante Alighieri, une expression de ce que j’ai désigné comme la force de la tragédie (The Mask of Nancy Pelosi : The Force of Tragedy, EIR, Vol. 34, No. 44, Nov. 9, 2007). Dans la Florence de Boccace, les lecteurs contemporains l’auraient lue ainsi.

3. BBB : le type sociologique du baby boomer britannique. Bien que le syndrome du baby boomer soit une forme d’existentialisme dionysiaque ayant vu le jour aux Etats-Unis, il y fut introduit par des cercles européens proches du brigadier John Rawlings Rees, chef des opérations britanniques de guerre psychologique après la Première Guerre mondiale, à l’aide de la clinique Tavistock de Londres.

4. Par exemple, le jeu de société Monopoly.

5. Voir Peter Popham, "Murder in Perugia : Dangerous Games of the Facebook Generation," The Independent (London, U.K.), Nov. 11, 2007.

6. Ce rôle de la créativité humaine, dont l’exemple typique est la découverte originale unique à Kepler du principe de la gravitation solaire, représente une qualité d’action dans l’univers qui est inconnue des réductionnistes comme les disciples anciens et modernes d’Euclide, ou de l’empiriste moderne. Le réductionniste philosophique a recours à la description de l’effet d’un principe, sous forme de formules mathématiques, plutôt qu’à la cognition de l’acte de découverte lui-même.

7. Norbert Wiener, Cybernetics (New York : John Wiley, 1948) et The Human Use of Human Beings ; Cybernetics and Society (Boston : Houghton Mifflin, 1954) ; ou John von Neumann, The Computer and the Brain, (New Haven : Yale University Press, 1958), avec Oskar Morgenstern, The Theory of Games & Economic Behavior, 3rd edition (Princeton, N.J. : Princeton University Press, 1953). Wiener et von Neumann furent tous deux expulsés, à des époques différentes, de l’université de Göttingen pour cause d’incompétence persistante et, pour ce qui est de von Neumann, également au motif plus grave de plagiat.

8. Le secret de la mise au point d’un arsenal nucléaire soviétique, bien plus rapidement que les co-penseurs anglo-américains de Russell ne l’avaient estimé faisable, résidait dans sa capacité scientifique, incarnée par l’un des plus grands polymathes du XXème siècle, l’académicien V.I. Vernadski. Toutefois, comme l’admit Bertrand Russell, il n’a jamais regretté sa campagne en faveur d’attaques « nucléaires préventives » contre l’Union soviétique, afin de l’obliger, comme il le disait lui-même, à se soumettre à un gouvernement mondial, ou en d’autres termes plus actuels, à la « mondialisation ».

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