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Des solutions sociales nouvelles

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Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que sur son site de campagne www.cheminade2012.fr.


A la séance du Parlement du 8 février 1893, sur l’affaire de Panama, Jean Jaurès dénonçait une « décomposition sociale » fomentée par la « puissance de l’argent ». Face « à un Etat nouveau, l’Etat financier, qui a surgi dans l’Etat démocratique », il appelait à « des solutions sociales nouvelles ». C’est ce que j’ai moi-même mis en cause en 2006, en lançant ma campagne présidentielle contre « les puissances de chantage du fascisme financier ». C’est aussi le sens du mouvement de masse contre la « réforme » des retraites, soutenu par 69 % des Français.

Deux choses sont essentielles. La première est que cette « réforme » n’est qu’un premier pas vers une austérité sociale bien pire. La seconde est que, faute de perspective politique réelle fournie par les partis, le mouvement deviendra vulnérable aux provocations du pouvoir.

Le rapport de la commission Attali 2 prouve notre premier point. Il propose un traitement social de choc traçant « un chemin pour trois présidents de la République d’aujourd’hui à 2020 ». L’ancien sherpa de François Mitterrand entend mettre fin à la prise en charge à 100 % des malades chroniques (cancers, diabète ou toute autre affection de longue durée actuellement couverte). Il veut élargir le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite aux collectivités locales et à la Sécurité sociale et geler jusqu’en 2013 le point d’indice de leurs salaires. Il prône la mise sous condition de ressources des allocations familiales (remettant en cause le principe d’universalité), le déremboursement de certains médicaments et une hausse de la TVA frappant tous les consommateurs. Ce programme a été accueilli avec satisfaction par Nicolas Sarkozy le 15 octobre. C’est celui des Brüning et des Laval des années trente et de l’administration Obama aujourd’hui : on frappe le peuple et on renfloue les établissements financiers.

Dans les hôpitaux publics, on ne remplace pas les emplois vacants et on « optimise » le codage des actes, augmentant ainsi la facture adressée à la Sécurité sociale, à l’avantage des assurances privées. Abandonnée par la Caisse des dépôts, la Sécu se trouve livrée aux marchés financiers. La Commission et les ministres des Finances de l’Union européenne auront un droit de regard sur les budgets nationaux avant leur adoption par les Parlements de leurs pays. Et ce sont, en France, les cabinets d’avocats et non les hauts fonctionnaires qui examineront les instructions qui précisent l’application des lois. Même notre armée se privatise : le ministère de la Défense fait appel à des entreprises privées pour stocker et distribuer ses uniformes et l’Elysée a commandé une étude sur la sous-traitance du « marché de la guerre », en faveur de sociétés militaires privées.

Face à ce véritable changement de régime, M. de Villepin plaide pour le compromis, son ami Bruno Le Maire espère Matignon, les socialistes s’efforcent de blanchir le libéralisme de Dominique Strauss-Kahn et les centristes nagent dans la rigueur. Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly et Olivier Besancenot défendent la justice sociale mais en prônant un environnementalisme suicidaire qui n’en donne pas les moyens. De l’autre côté, Marine Le Pen découvre la loi du 3 janvier 1973 et vilipende l’euro, tout en espérant pour demain, en France comme ailleurs en Europe, un mariage entre la droite et l’extrême-droite béni par son père et assorti de maroquins ministériels et de xénophobie partagée.

Il est bien temps de revenir à Jaurès et à la dimension mondiale du défi pour arrêter cette machine infernale.

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