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Les écrits de Lyndon LaRouche

Discussion avec la Société péruvienne des ingénieurs

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LaRouche discute, au cours d’une vidéo-conférence, de la crise mondiale avec des ingénieurs péruviens

Nous nous trouvons dans la phase de désintégration du système monétaire et financier mondial existant. Rien ne peut le sauver sous sa forme présente. Il pourra peut-être durer, clopin-clopant, une année encore mais, dans le fond, ce système est fini et ne peut être préservé avec les institutions actuelles.

En raison de cette crise, cette période de l’histoire est aussi dangereuse à d’autres égards. Nous avons une menace de guerres s’étendant progressivement au monde entier, notamment depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis - qui représentent en gros une opération interne, même si, bien sûr, des éléments venant d’autres parties du monde ont pu y participer. Et nous n’en avons pas encore vu la fin. Personne n’a identifié les terroristes - les vrais - ils sont donc prêts à frapper à nouveau.

Ceci n’est pas rare en période de grande crise financière et économique. Considérons la période 1932-33, lorsque la crise mondiale avait pour épicentre l’Allemagne (_). Il y avait alors, à l’intérieur même de l’Allemagne, une tentative d’arrêter Hitler, dirigée par le chancelier Kurt von Schleicher. A ce moment-là, certains banquiers de Londres — l’ancien dirigeant de la Banque d’Angleterre, Montagu Norman, en tête — ainsi que certains groupes new-yorkais (dont les intérêts Harriman, comprenant le grand-père de George W. Bush, Prescott Bush), ont conspiré avec Schacht et les intérêts bancaires de von Schröder et von Papen, en vue de renverser le gouvernement von Schleicher, ce qui fut fait le 28 janvier 1933. Deux jours plus tard, à l’instigation de banquiers américains, de Norman et de Schacht, Hitler prenait le pouvoir en Allemagne, en tant que chancelier. Mais ce n’était pas encore un pouvoir total.

Un mois plus tard, le Parlement allemand, le Reichstag, était incendié au cours de ce qu’on appellerait aujourd’hui un attentat terroriste. Aussitôt, le Parti nazi prit des mesures pour établir des lois d’urgence puis, par le biais du Parlement, fit adopter de nouvelles lois étendant l’état d’urgence. Moins d’un mois après, Schacht prenait la direction de la Reichsbank et le contrôle de la campagne de réarmement de l’Allemagne, devant mener à la Deuxième Guerre mondiale.

Nous nous trouvons actuellement dans une telle période de crise : coups d’Etat, renversements de gouvernements, révolutions, violence, terrorisme, ce sont les caractéristiques d’une période d’effondrement financier. Parce qu’il s’agit d’une époque d’hommes désespérés. Ceux qui dominaient le monde avec le système financier actuel voient que ce dernier est condamné. Ils sont désespérés et déterminés à maintenir leur pouvoir coûte que coûte. Ils ne se soucient pas de l’avenir, mais sont préoccupés par ce qu’ils pensent être leur style de vie, leur pouvoir, leur position de domination dans les affaires mondiales. Il y a donc lutte entre les intérêts financiers qui refusent de regarder la réalité en face, parce qu’ils ne le veulent pas, et les intérêts des Etats-nations souverains et leurs peuples. C’est une période dangereuse.

Réformer le système monétaire

Pour ma part, je m’efforce d’accomplir plusieurs choses. Tout d’abord, de rassembler des forces qui, en tant que forces politiques, mettront fin à ce danger. Deuxièmement, il faut procéder à une réforme du système financier et monétaire, immédiatement. Cela implique sa mise en redressement judiciaire. La plupart d’entre vous connaissent sans doute bien les procédures appliquées à une entreprise en faillite. Or, dans la période à venir, beaucoup de gouvernements dans le monde vont se trouver en faillite, en Amérique du Sud et ailleurs. C’est inévitable. Les dettes dépassant toutes les capacités imaginables de remboursement, certains gouvernements vont donc se trouver en banqueroute. Mais ceci va même au-delà d’une faillite gouvernementale - c’est tout le système financier mondial qui est en banqueroute, tout le système du FMI. Par conséquent, il nous faut un concert de puissances politiques ayant l’autorité de mettre l’ensemble du système monétaire et financier mondial en redressement judiciaire.

Dans ce cas, les principes ne sont pas très différents de ceux d’une grande entreprise. Il y a certaines entreprises dont on veut à tout prix empêcher l’effondrement, parce qu’elles sont très importantes pour le pays. On s’arrangera donc pour qu’elles continuent de tourner et de remplir cette fonction essentielle pour la vie nationale. Quand il s’agit de la faillite d’une nation, ce principe a un poids encore plus grand. On ne peut pas mettre une nation en faillite, on ne peut pas la fermer pour banqueroute. Ce serait meurtrier.

Les institutions essentielles de la nation doivent continuer à fonctionner. Il faut maintenir un niveau élevé d’emploi et lancer un programme de reprise. On ne peut pas liquider un pays, ni décider qui va survivre et qui va périr.

Mais la majorité de la dette ne sera pas remboursée. Et ce sera justice, parce que la plupart de ces dettes n’ont pas été contractées honnêtement. En vertu du système établi en 1971, après l’effondrement du système de Bretton Woods, les pays d’Amérique centrale et du sud, par exemple, ont déjà remboursé beaucoup plus que le montant de la dette qu’ils avaient contractée initialement. Et pourtant, leur dette actuelle est bien plus grosse qu’en 1971 ! (_)

De plus, la spéculation internationale et les produits dérivés représentent encore davantage de dettes. Il y a des centaines de milliers de milliards de dollars de dettes - reconnues ou cachées — qui ne seront jamais remboursables avec un PIB mondial total équivalent à 4200 milliards de dollars. C’est impossible ! Et encore, ce PIB est en diminution, parce que la production et l’emploi s’effondrent de jour en jour.

Nous devons donc mettre l’ensemble du système financier en redressement judiciaire, annuler certaines catégories de dettes et en geler d’autres, c’est-à-dire suspendre le versement des intérêts. Cependant, les banques doivent rester ouvertes parce qu’elles fournissent un service essentiel, le gouvernement doit continuer de fonctionner, les retraites doivent être payées, l’économie doit se développer.

Nous avons fait quelque chose de similaire aux Etats-Unis, à l’époque de Franklin Roosevelt et après, qui peut servir de précédent. A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, nous avons bâti un système monétaire — le système de Bretton Woods — qui marchait, du moins dans les parties du monde où il était en vigueur. L’économie mondiale était en pleine croissance, les revenus augmentaient, les conditions de vie se sont améliorées. En dépit de tous les défauts de ce système, il fonctionnait. Nous pouvons revenir à ce genre de modèle et construire un nouveau système financier.

Un nouveau programme de croissance

Mais nous avons aussi besoin d’autre chose. Nous avons besoin d’un programme de croissance. (_) Nous devons créer de grosses quantités de crédit public, un peu partout dans le monde, qui auront pour effet d’augmenter l’emploi. C’est-à-dire que l’Etat utilisera son autorité souveraine pour générer du crédit qui servira alors à créer des emplois dans des secteurs essentiels. Il sera en grande partie utilisé dans l’infrastructure, mais aussi, dans la mesure du possible, pour rouvrir des industries totalement ou partiellement fermées. Parce que le niveau de production de richesse ne doit pas baisser. Au contraire, la production de richesses réelles doit augmenter, par tous les moyens possibles. Il faudra le gérer, bien sûr, mais la production et l’emploi doivent être en accroissement. Les méthodes d’austérité fiscale sont suicidaires, il faut les abolir. On ne va plus saigner l’économie réelle afin de rembourser la dette. Cela ne peut pas marcher, on détruira la civilisation si on essaie de le faire.

Il existe une catégorie de projets qui est disponible pour tous les gouvernements — l’infrastructure économique de base. On a toujours besoin de systèmes de gestion de l’eau et des égouts, de réseaux de transports, de soins médicaux, etc. Tous les gouvernements disposent de projets bien définis qui devraient être réalisés.

Au Pérou par exemple, le développement des ressources en eau représente un grand potentiel pour l’avenir du pays. Des projets peuvent être lancés immédiatement, comme nous le faisions dans le passé, aux Etats-Unis, avec le corps des ingénieurs militaire et civil. Nous avons construit des infrastructures à grande échelle et les gens ont trouvé un emploi utile, avec un salaire décent. Ils ont acheté des biens pour leur famille, nos communes ont prospéré, l’économie s’est développée.

Mais nous avons encore besoin de deux choses. D’abord, il y a pour l’Eurasie un programme que mes collaborateurs et moi-même appellent le Pont terrestre eurasiatique. Il est en passe d’être adopté en Eurasie, dans la mesure où la Russie, la Chine et d’autres pays sont en train de se mettre d’accord pour coopérer à de grands projets de développement, notamment des systèmes de transport ferroviaire moderne comme les trains à lévitation magnétique, adoptés par la Chine. L’idée consiste à créer, de l’Atlantique au Pacifique, un système de communications et de développement nous permettant d’introduire la croissance dans des régions d’Asie centrale qui sont riches en ressources naturelles mais peu développées.

Cela voudrait dire que les pays producteurs de biens d’équipement de haute technicité, comme le Japon ou l’Europe, trouveraient dans cet arrangement un marché pour écouler de plus en plus de biens. La Chine, par exemple, représente un grand marché, à condition de lui fournir les types d’aide adéquats pour un vaste développement interne. Cette région représente la plus forte concentration de population du monde C’est donc une immense opportunité.

Nous proposons aussi que les Américains participent non seulement au marché eurasiatique et à celui qui se développera en Afrique, mais que l’on construise un pont, un pont-tunnel, allant de Sibérie en Alaska. Cette liaison s’étendra jusqu’à l’Amérique centrale et du Sud, jusqu’à la Terre de feu, reliant ainsi l’Eurasie aux Amériques.

En Amérique du Sud, il y a de larges zones qui ne sont pas développées, faute d’infrastructure, et qui possèdent de vastes ressources. Nous devons saisir l’occasion de développer ces régions, avec leurs ressources, pour en faire un grand marché de l’investissement.

La science au profit de l’économie

En outre, nous avons besoin de programmes tirés par la recherche scientifique dans le monde entier. Nous devons nous fixer de nouveaux objectifs scientifiques, créer de nouvelles technologies, des formes d’énergie plus denses. Nos universités doivent fournir les cadres pour ces projets et les gens qualifiés pour les utiliser, ainsi que les scientifiques pour faire la recherche nécessaire. De cette façon, nous pouvons créer un nouveau type d’économie nationale, pas vraiment nouveau, mais qui représente une amélioration qualitative.

Si vous considérez l’histoire de l’humanité, en particulier de la civilisation européenne moderne, vous voyez qu’elle se base sur une qualité qui distingue absolument l’homme de toutes les formes de vie animale. L’homme est la seule créature capable de découvrir un principe physique universel, de reproduire cette découverte dans l’esprit d’autres personnes et d’utiliser ces principes pour augmenter le pouvoir de l’homme sur la nature. L’homme peut ainsi accroître les pouvoirs productifs du travail, améliorer les caractéristiques démographiques de la population, augmenter le potentiel de densité démographique, élever le niveau de vie et conquérir des zones qui étaient auparavant inaccessibles.

Pourquoi ne tirons-nous pas la leçon de l’histoire moderne et ne l’utilisons-nous pas pour réformer nos économies ? Cela impliquerait que nos universités et nos systèmes d’éducation deviennent des institutions s’appuyant sur la science, où les étudiants fassent revivre les anciennes découvertes, où les recherches sur de nouveaux principes aillent de pair avec des programmes d’ingénierie pour les tester et les transformer en nouvelles technologies, ce qui créerait un lien entre l’économie productive et nos centres universitaires. Nous voulons créer une économie dans laquelle le pourcentage de la force de travail active dans la recherche et l’ingénierie augmente, où le pourcentage de la population capable d’assimiler les nouvelles technologies dans l’industrie augmente.

Voilà les mesures qui peuvent nous sortir du pétrin actuel. Il nous manque, essentiellement, la volonté politique de comprendre la nécessité de les mettre en oeuvre. Que les nations s’accordent pour dire qu’elles vont mettre le système en redressement judiciaire. Créons des masses de crédit public afin d’augmenter le nombre d’emplois, surtout l’emploi productif, à l’échelle mondiale et dans chaque pays, afin de maintenir la stabilité sociale et le bien-être populaire. Et, au-delà, nous allons lancer de grands projets d’infrastructure, d’ampleur transcontinentale, pour unir les continents et les peuples dans la coopération.

Nous devons mobiliser la population autour du thème de l’éducation, de l’éducation scientifique, pour que les Etats souverains développent leur population et créent des économies tirées par la science, afin d’améliorer la qualité de l’emploi et d’instaurer le type de monde que nous essayons de réaliser depuis la Renaissance.

Nous sommes arrivés à un point où l’humanité se trouve devant le plus grave danger qu’elle ait jamais connu. Si nous ne faisons rien pour résoudre ces problèmes, toute la civilisation risque de plonger dans un nouvel âge des ténèbres. Nous sommes vulnérables, nous n’avons plus les ressources pour survivre à une dépression. Le taux de mortalité qui résulterait de la continuation de l’effondrement en cours constituerait un nouvel âge des ténèbres.

Mais à force de regarder en face ce danger de guerres, de bouleversements majeurs, de chaos, peut-être en viendrons-nous à reconnaître que nous ne pouvons plus nous comporter comme des enfants. Nous devons devenir adultes. Nous ne pouvons plus penser, de manière étroite, à notre petit confort, à nos intérêts personnels. Nous devons réfléchir à ce que nous faisons pour l’humanité future, pour nos enfants, nos petits-enfants, qui sont menacés par la crise actuelle.

Nous vieillissons. Un jour, nous mourrons. Qu’allons-nous laisser à ceux qui viendront après nous ? Allons-nous leur léguer un nouvel âge de ténèbres ou serons-nous les géants qui aurons permis de préserver et de ranimer la civilisation et qui, au cours de notre vie, aurons fait quelque chose dont nous pouvons être fiers, à la fois vis-à-vis de nos prédécesseurs et de ceux qui nous succéderont.

Nous devons utiliser cette grande crise et la peur qu’elle provoque chez beaucoup pour devenir adulte, pour grandir au-delà de toute étroitesse d’esprit afin d’imaginer des solutions et de consacrer notre vie à tenter de les réaliser, afin que, lorsque nous mourrons, nous puissions dire « nous avons vécu, et c’était bien ».

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