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Les analyses de Jacques Cheminade

Fièvre aphteuse : abattons le thatchérisme !

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L’épizootie de fièvre aphteuse qui sévit en Grande-Bretagne - plus de trois cents foyers d’infection recensés - et qui s’étend à toute l’Europe - à ce jour, un foyer recensé en France et une vingtaine d’exploitations suspectes - n’est ni une fatalité cyclique ni un effet du « productivisme agricole ». C’est la conséquence d’une politique qui a fait et fait encore passer l’impératif de rentabilité financière immédiate avant les priorités de santé humaine et animale. Pour résumer brutalement la réalité, ce ne sont pas d’abord les animaux malades de la fièvre aphteuse que l’on devrait éradiquer, mais le thatchérisme britannique, blairisé ou pas.

Après avoir répondu rapidement à quelques questions fondamentales que peuvent se poser nos lecteurs, nous examinerons ici les conditions d’apparition et d’extension de l’épizootie, les moyens qui ont été utilisés pour la combattre - en nous penchant particulièrement sur la question de la vaccination - et le danger réel que masque le débat sur la fièvre aphteuse : la probabilité que l’on ait importé du Royaume Uni des moutons contaminés par l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Enfin, nous examinerons le type de mesures qui devraient être prises pour dédommager les éleveurs et toutes les victimes des mesures, légitimes ou pas, prises pour combattre la fièvre aphteuse.

Quelques questions fondamentales

Première question : que faut-il craindre de la fièvre aphteuse ? Au niveau de l’homme, rien. Elle provoque, au pire et très rarement, une infection bénigne. Même la viande du bétail malade n’est pas dangereuse. Au niveau des animaux, ceux sensibles au virus (les « onguligrades », c’est-à-dire les bovins, chèvres, moutons, porcs, sangliers, cervidés et tous ceux ayant le sabot fendu) contractent le plus souvent une maladie sans gravité. La quasi-totalité - à l’exception des plus jeunes - guérissent après quelques semaines. Dans un passé pas très lointain, la fièvre aphteuse n’était pas considérée comme un drame, et on vivait avec.

Il est donc clair que, contrairement à l’ESB, la fièvre aphteuse n’est pas une menace pour la santé publique. Le problème est strictement celui d’une rentabilité économique à tout prix : les bêtes touchées maigrissent et produisent moins de lait (manque à gagner pouvant atteindre 40% pendant les poussées de fièvre).

Deuxième question : pourquoi, dès lors, avoir appliqué une politique de la « terre brûlée » en Europe, et pourquoi la Grande-Bretagne, qui a fait preuve d’une extrême tolérance vis-à-vis du fléau de l’ESB, a-t-elle appliqué une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la fièvre aphteuse ? La réponse est simple : les autorités britanniques se préoccupent fort peu de la santé humaine et guère plus de celle des animaux ; ce sont les intérêts financiers de l’agro-business qui les ont, ici, poussées à agir !

Troisième question : existe-t-il un vaccin et, si oui, pourquoi ne vaccine-t-on pas ? Nous répondrons plus loin à cette question de manière plus complète. Il faut cependant tout de suite savoir que la vaccination était pratiquée, en Europe continentale et en particulier en France avant 1991. Après, les autorités de Bruxelles - de leur propre aveu, « au vu d’études coûts-bénéfices » et sur la pression de responsables britanniques - ont pris la décision d’arrêter les vaccinations. Pour deux raisons : le coût à court terme des vaccins et le fait que les anticorps produits par une vaccination empêchent de distinguer une bête malade d’une autre vaccinée. Or les pays consommateurs n’acceptent d’acheter que de la viande saine issue d’animaux sains. C’est pour conserver ces marchés que l’Union européenne (UE) a décidé de ne plus vacciner ! Cela était valable pour 1991 comme pour aujourd’hui. Yves Leforban, secrétaire de la Commission européenne de lutte contre la fièvre aphteuse à la FAO le dit brutalement : « Quant au retour à la vaccination préventive telle qu’elle était pratiquée avant 1991, c’est totalement exclu. L’UE ne pourrait se permettre d’adopter une telle politique alors qu’elle fait preuve d’un dynamisme commercial certain vers les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande. (...) Vacciner, ce serait s’exclure de ces marchés internationaux. » En clair, ce que fait l’UE est dicté par la loi du marché de ce que Lyndon LaRouche appelle le « British American Commonwealth » (BAC).

Quatrième question : l’élevage industriel est-il en cause ? Non, car il suppose une maîtrise sanitaire que les élevages traditionnels n’avaient pas. Les élevages industriels performants sont équipés pour établir une barrière sanitaire dans l’espace et dans le temps. Pour pénétrer dans un atelier porcin, le visiteur doit prendre une douche, revêtir une tenue spéciale et reprendre une douche en partant.

Pourtant, dira-t-on, si l’épizootie s’est transmise si rapidement en Grande-Bretagne c’est en raison de la circulation des espèces (transport de la viande et des animaux vers les lieux de consommation ou les abattoirs) propres à un élevage industriel. Certes, mais l’alternative serait un retour au « local » avec des échanges très limités - c’est-à-dire une baisse généralisée de la qualité et de la composition alimentaire. Plus encore, ce qui est arrivé en Grande-Bretagne n’est pas dû au « productivisme de l’agriculture industrielle » mais aux conditions du « libéralisme thatchérien » : rentabilité immédiate et à tout prix, au détriment des structures sanitaires et du revenu même des agriculteurs, très souvent réduit à 20 000 ou 25 000 francs par an ! Pas de quoi appeler un vétérinaire privé qui risquerait de vous mettre en quarantaine...

Le cas de la fièvre aphteuse est clair : l’épizootie est très probablement partie d’une ferme poubelle du Northumberland, où un agriculteur appauvri, en contradiction avec la loi européenne qui interdit l’usage des restes de restauration humaine pour l’alimentation du bétail, a nourri ses porcs avec les restes de plateaux-repas d’une compagnie aérienne dont la viande provenait d’un élevage oriental infecté par la fièvre aphteuse. Seconde faute, il n’a pas chauffé suffisamment ces « eaux grasses » et le virus a survécu à la cuisson. Les porcs ainsi infectés ont été envoyés dans un abattoir de l’Essex, à 500 kilomètres au Sud, et c’est là qu’un contrôle vétérinaire a détecté la « souche orientale » du virus. Le problème n’est donc pas « l’agriculture industrielle », et la solution, un retour au localisme avec des accents écolo-féodaux. C’est de rétablir la priorité d’un contrôle sanitaire étatique et de ne pas laisser se créer une situation dans laquelle les agriculteurs doivent faire n’importe quoi pour survivre. C’est d’avoir des exploitations industrielles propres et performantes, non des fermes poubelles ; d’assurer des conditions de vie normales et décentes pour les agriculteurs, non de les réduire à un quasi-servage au profit des marchés !

Les conditions d’extension de l’épizootie

La gravité et l’extension rapide de l’épizootie sont dues soit à la défaillance des services vétérinaires britanniques, soit au cynisme des autorités, soit sans doute à une combinaison des deux. L’on peut dire, de ce point de vue, qu’ici, comme sur les marchés financiers, le thatchérisme a infesté l’Europe.

Normalement, le premier cas aurait dû être rapidement détecté, puis quelques autres apparaître progressivement autour du foyer initial. Or cette fois-ci, dans les trois premiers jours de l’annonce par les services anglais, la fièvre est apparue aux quatre coins du territoire britannique et chez différentes espèces animales.

Il paraît donc très probable qu’au moins quinze jours se soient écoulés entre le moment où la fièvre aphteuse a pénétré en Grande-Bretagne et celui où les autorités l’ont annoncé officiellement, le 19 février. Le fait que les premiers cas aient été diagnostiqués à l’abattoir - en bout de chaîne - renforce l’hypothèse d’une présence antérieure du virus.

Retard voulu ou non détection ? L’attitude antérieure des autorités britanniques, qui n’ont pas hésité à exporter sur le continent européen des farines de viandes contaminées par l’ESB, nous fait pencher pour l’hypothèse du cynisme. La priorité au financier est devenue, en effet, leur « réflexe conditionné ». Or, annoncer au début février une épidémie de fièvre aphteuse aurait rendu les moutons britanniques invendables pour les fêtes de l’Aïd-el-kébir en Europe. « Si les moutons abattus en France ou en Allemagne étaient restés sur le territoire britannique, le dédommagement aurait été à la charge de sa Gracieuse Majesté... Maintenant, ce sont les pays importateurs et l’Union européenne qui paieront la note », comme le souligne un remarquable article du Nouvel Observateur.

L’autre aspect douteux est l’attitude de la Commission de Bruxelles restée, sous l’influence de ses fonctionnaires britanniques, curieusement inerte. Elle s’est contentée de suspendre, le 21 février, toutes les exportations britanniques de bétail, de viande et de produits laitiers. Mais aucune garantie n’a été exigée de Londres. La Commission n’a envoyé sur place aucun des 92 inspecteurs de l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de l’UE, installé à Dublin ! Pourtant, il y a un an, l’OAV avait publié un rapport dénonçant la carence des services vétérinaires britanniques et le suivi tout à fait insuffisant de la filière porcine en Grande-Bretagne ! Un mot pour conclure ceci : aujourd’hui, par rapport à la fin des années 80, la moitié des antennes régionales du ministère de l’Agriculture britannique ont été fermées, alors que se développait l’ESB et que les conditions d’apparition d’autres maladies étaient créées par l’appauvrissement des agriculteurs (le revenu des fermiers anglais est passé de 60 milliards de francs en 1995 à tout juste 18 milliards l’année dernière).

Le thatchérisme et sa déréglementation tous azimuts apparaît ainsi avec toutes ses conséquences criminelles vis-à-vis de l’Europe, et en particulier vis-à-vis de la France et de la population britannique elle-même. Le mal était prévisible, et il s’est produit. Aujourd’hui, la manière dont on le traite est presque aussi absurde que le mal lui-même.

Les moyens utilisés pour combattre l’épizootie et la question de la vaccination

Le choix qui a été fait est celui d’abattre systématiquement tous les animaux suspects et d’isoler les exploitations. Rappelons-le, pour des raisons financières et non sanitaires !

L’on peut, compte tenu du choix désastreux de ne pas vacciner qui a été fait en 1991, considérer que c’est, dans l’immédiat et suivant les contraintes du marché, l’unique solution possible. Il fallait donc le faire, mais en préparant sans plus attendre les fondements d’une autre politique qui soit, elle, rationnelle et dans l’intérêt général.

Celle-ci devrait être basée sur trois priorités :

  1. Revacciner. Il s’agit, tout de suite et avec tous les moyens disponibles (vaccins protégeant contre la souche asiatique FMDV ), de vacciner tout autour des zones suspectes. Cette vaccination « en anneau » autour des foyers doit permettre de contenir, autant que faire se peut, la dissémination du virus. Comme le dit Rémi Gellé, vice-président du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral : « Au bout de quelques mois, les animaux pourraient être envoyés normalement à l’abattoir et remis dans le circuit de distribution, en prenant toutes les précautions sanitaires nécessaires. Cela nous permettrait d’éviter le traumatisme de la destruction massive du cheptel. On ne va pas abattre des millions d’animaux ! »
  2. Relancer rapidement une production industrielle de doses vaccinales. Après avoir utilisé tout ce qu’on a - impératif d’urgence - dans la course contre le virus, il s’agit dans un deuxième temps de revenir à une prophylaxie plus continue même si elle est plus contraignante. La vaccination généralisée est devenue, lorsque les moyens en seront réunis, une nécessité, compte tenu de l’extension qu’on a laissé prendre à l’épizootie, et pour empêcher qu’à l’avenir, une telle situation se reproduise.
  3. Mettre au point des traceurs dans les vaccins. Ceux-ci permettront de différencier les animaux vaccinés - les animaux « renforcés » - de ceux infectés. Dès lors, les consommateurs « de bonne foi » bénéficieront de formules d’assurance-qualité et ceux « de mauvaise foi », qui agissent par volonté de protectionnisme (comme trop souvent les intérêts financiers américains), seront mis devant leurs responsabilités.

En bref, le coût d’une absurde politique de la terre brûlée qui serait appliquée à toute l’Europe serait bien plus considérable que celui de la vaccination, même augmenté du prix de recherches nouvelles. Une « agriculture industrielle » est nécessaire, mais incompatible avec le thatchérisme. Elle exige une orientation de la société au service de l’homme, et non de la spéculation et du gain rapide.

Le « mouton fou »

En fait, le réel risque sanitaire, que masque tout le bruit fait autour de la fièvre aphteuse, est celui du « mouton fou ». Il y a actuellement en France des dizaines de milliers d’ovins d’origine britannique - dont environ 20 000 ont d’ores et déjà été localisés, abattus et incinérés en raison de la fièvre aphteuse - dont certains pourraient être porteurs de l’ESB.

En effet, la contamination du cheptel ovin britannique par l’ESB est une réelle probabilité. Il ne s’agit pas ici de la « tremblante du mouton », peu dangereuse pour l’homme, mais de la « tremblante de la vache folle » (ESB) transmise au mouton. Selon la BSE Inquiry (la commission d’enquête britannique sur l’ESB), on savait dès fin 1990 qu’en laboratoire, des moutons résistants à la temblante « classique » peuvent être infectés par l’ESB, par voie orale. Et si l’on trouvait effectivement de l’ESB chez le mouton, l’agent pathogène - contrairement au cas de la vache - serait présent pratiquement dans tout son organisme, ce qui en ferait un « matériau à risque » bien plus grand.

D’ores et déjà, certains éleveurs français redoutent que les Britanniques se débarrassent de leurs moutons indésirables autant, sinon plus, en raison de l’ESB que de la fièvre aphteuse, comme ils l’ont fait de leurs farines et de leurs vieilles vaches contaminées. D’ores et déjà, un troupeau de moutons a été abattu aux Etats-Unis, certaines bêtes étant suspectées d’être contaminées par l’ESB.

En tout état de cause, la seule méthode permettant aujourd’hui de distinguer entre les deux pathologies - fléau de l’ESB et tremblante « classique » du mouton - consiste à infecter des souris avec des tissus provenant de la bête malade. Mais ce procédé, mis au point en Ecosse, demande beaucoup de temps - de six mois à un an ! En France, une équipe du CEA cherche actuellement à mettre au point un test beaucoup plus rapide.

L’avenir passe par le soutien à ces recherches, même si le prix en est relativement élevé, et par une surveillance épidémiologiques encore plus efficace. Il s’agit d’une politique de puissance publique, avec un objectif à moyen et long terme, à l’opposé du thatchérisme prédateur.

Le coût pour les éleveurs et l’économie nationale

La cascade d’embargos sur nos produits (notamment laitiers) et bétails dus à la fièvre aphteuse entraînerait, s’ils étaient maintenus, une perte sèche de 3,1 milliards de francs par mois. L’activité de nos abattoirs aurait déjà diminué de 30 à 40%, et les marchands de bestiaux évoquent une baisse de 50%.

Six choses sont ici à souligner :

  1. L’Union européenne et ses pays membres ne peuvent se dérober. L’UE doit bel et bien assurer l’indemnisation de 60% des coûts. Si un tel effort n’est pas fait, nous assisterons à la fin de la politique agricole commune et de l’Europe. Certes, il y aura nécessairement une explosion des budgets de l’UE, mais nécessité fait loi.
  2. Les indemnisations doivent correspondre à la perte réelle des éleveurs. Pour les ovins, le calcul peut être simple : une somme forfaitaire par bête abattue. Pour un troupeau perdu de bovins, le calcul est plus complexe : l’indemnisation doit tenir compte de la valeur totale du cheptel, en considérant, par exemple, ses composantes génétiques.
  3. Les petits éleveurs sont les plus pénalisés, car les abattoirs préfèrent envoyer leurs véhicules pour de gros lots. Il faut donc moduler l’indemnisation en leur faveur.
  4. Les manques à gagner concernant éventuellement le tourisme et les transports de produits alimentaires, si l’épizootie atteignait chez nous un niveau comparable au niveau britannique, devraient être également indemnisés.
  5. La viande des bêtes abattues, qui n’est pas nocive, en tous cas pas davantage que celle consommée dans la plupart des pays du tiers monde, ne doit pas être systématiquement brûlée. Elle peut éventuellement être utilisée au titre de l’aide alimentaire, notamment en faveur des pays les plus pauvres déjà contaminés de manière endémique, à titre exceptionnel et bien entendu avec leur accord. Mieux vaut consommer une viande sans risque que de souffrir de faim, de malnutrition ou de carences alimentaires. Ce qui ne doit en aucun cas être fait pour l’ESB - et qui est pourtant encore fait - peut être envisagé par rapport à la fièvre aphteuse, domaine dans lequel le risque alimentaire humain est nul. Le tout est de prévoir une transparence et une traçabilité suffisantes.
  6. Une politique d’aide à l’éradication et à la vaccination dans les pays du tiers-monde atteints doit être immédiatement mise en place, dans leur intérêt et le nôtre. L’on ne peut prétendre combattre le virus en Europe et, par exemple, laisser la Turquie être une « voie royale » de contamination.

Conclusion

Les éléments de l’« autre politique » que nous avons esquissée, indispensable en termes de santé publique, ne sont pas applicables dans le cadre du système financier et monétaire actuel. Car c’est, en fait, la crise de celui-ci qui, en établissant partout la priorité du court terme, est la cause de la crise de santé animale actuelle (chauffage insuffisant des farines et transmission de l’ESB, pauvreté intolérable des fermiers anglais et éclosion de la fièvre aphteuse...). Tout se tient.

« Ceux qui pensent, comme le dit Jacques Delors, qu’il existe une alternative à une politique alliant productivité, qualité et précaution, sont de doux rêveurs ou des démagogues ». Cependant, pour le bien-être de l’homme et dans l’intérêt général, il faut éradiquer le thatchérisme et situer la politique sanitaire et agricole française, européenne et mondiale dans le cadre d’un nouvel ordre économique et monétaire international, celui d’un nouveau Bretton Woods rétablissant la priorité du travail, de la production, de l’éducation et de la santé publique.

Dans ce contexte, deux points doivent être très clairs :

  1. Il faut que les autres pays européens disent franchement aux autorités britanniques que, soit elles rejettent la logique thatchérienne, « sociale » ou pas, soit leur pays s’expose à être expulsé de l’Europe. Un réel projet européen, digne de ce nom, est en effet incompatible avec les mœurs économiques, financières et sociales actuelles de la caste dominante anglaise.
  2. Il faut que les Etats-Unis se rallient à une politique financière et sanitaire nouvelle, sans hypocrisie ni arrière-pensées. L’Europe doit avoir, ici aussi, le courage de peser de tout son poids vis-à-vis de l’administration Bush.

Faute de manifester sur ces deux points un sursaut de caractère, les pays européens, et en particulier la France, s’exposeraient, eux, à réduire l’Europe à un symbole nocif.

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