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Editoriaux de Jacques Cheminade

Grande dépression au-dessus de la France

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par Jacques Cheminade

Les banquiers français et les inspecteurs des finances proches de la majorité et de son opposition officielle assuraient il y a encore quelques mois « qu’il n’y avait rien à craindre ». Ils clament aujourd’hui qu’il y aura tout au plus quelques mois de récession. Jamais, au grand jamais une grande dépression. Une fois de plus, ils se trompent.

Pourquoi ? Parce qu’ils ont fait toute leur carrière dans les allées du néolibéralisme et qu’ils ignorent ce qu’est l’économie réelle. Extrapolant à partir de séries statistiques, ils sont incapables de concevoir un changement de phase ou de système.

Pourtant, tous les signes de rupture sont là. L’hyperinflation, du type de celle de l’Allemagne de Weimar, est inévitable si la politique de toutes les banques centrales ne change pas. En effet, déverser des liquidités sur un casino financier ne peut aboutir qu’à créer une suspicion généralisée sur la valeur des jetons, donc à pousser chacun à se défendre en faisant monter les prix. On le voit déjà avec les « dépenses contraintes » (alimentation, logement, santé, transports…). Depuis 1978, à salaire égal, le pouvoir d’achat a baissé des deux tiers et depuis l’an 2000, merci l’euro, de plus de 30%.

Le système financier français est bel et bien atteint. En euros, crédits plus contrepartie, le montant total des risques encourus par nos établissements vis-à-vis de Lehman Brothers est de 405 millions pour BNP Paribas, 270 pour le Crédit agricole, 479 pour la Société générale, 2280 pour Dexia, 376 pour Natixis et au moins 300 pour Axa. Près de 70% des dérivés de crédit vendus par l’assureur américain AIG ont été souscrits par des établissements européens. Parmi les plus exposés se trouvent BNP Paribas et la Société générale. Quant à Casa (Crédit agricole), les errements de sa filiale américaine Calyon lui coûtent 6,5 milliards d’euros. Qu’est ce que cela signifie pour chacun d’entre nous et pour l’économie française ? Moins de crédit, plus cher et donc moins de consommation et de services. D’ores et déjà, les ventes d’automobiles et de carburant s’effondrent, les mises en chantier reculent dans l’immobilier, depuis trois mois l’économie détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée, l’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier est au plus bas et 58% des Français estiment que la politique du gouvernement ne changera rien à la situation alors que 26% pensent qu’elle l’aggravera.

Ceux qui nous gouvernent ont-ils appris quelque chose ? Non. Lehman Brothers était la banque-conseil de la fusion GDF-Suez, choisie par l’Etat français, et, côté opposition, Didier Migaud pense que « l’euro est une construction politique dont la gauche peut être fière ». On vous dit : si le pire se produisait et que votre banque fasse faillite, les dépôts sont garantis jusqu’à 70 000 euros. Peut-être, mais le plafond du fonds de garantie est de 1,7 milliard, largement assez par grand calme, mais lorsque souffle Ike ou Katrina ? Nos collectivités locales, atteintes de plein fouet par la crise des subprimes après qu’on leur ait promis une protection absolue, peuvent témoigner que le nuage du Tchernobyl financier ne s’arrête pas aux frontières de la France et qu’il porte en lui les germes d’une grande dépression sociale. L’arrêter dépend de notre courage politique.

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