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Les Editoriaux de Jacques Cheminade

Hyènes

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Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade-le-sursaut.org.


Les Français n’ont jamais été aussi pessimistes. Même un homme pondéré comme Jean-Paul Delevoye reconnaît qu’on « a construit une société de classes, de statuts, de privilèges, dans laquelle on favorise des clientèles politiques et non pas une mobilisation collective pour réussir » . On assiste, à l’échelle de la France, de l’Europe et du monde, à quelque chose qui évoque davantage un bal des vampires ou une ruée de hyènes qu’un effort d’hommes politiques de bonne volonté.

Christophe Barbier, dans L’Express du 12 mai, s’écrie qu’un « putsch légitime [sic] est donc nécessaire » pour sauver l’euro et « ressusciter les rêves brisés de la Constitution européenne de 2005 » . Alain Minc, dans Le Point du 13 mai, estime que « leur faire croire [aux peuples européens] qu’ils doivent être consultés à chaque grande étape de la construction européenne est non seulement démagogique, mais criminel » . Et Jacques Attali, dans Le Nouvel Observateur , de surenchérir : avec « une gouvernance européenne, (…) si un pays ne suivait pas la trajectoire convenue, c’est la Commission qui prendrait les commandes. De manière automatique » . Couronnant ce carnage de l’idée même de souveraineté nationale et de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, Pierre Lellouche, « notre » secrétaire d’Etat aux affaires européennes, estime avec cynisme que l’Union « a de facto modifié le Traité de Lisbonne », car créer un fonds d’urgence de 750 milliards de dollars « est expressément interdit dans les traités par la célèbre clause de non-renflouement » .

Ils veulent maîtriser une situation qui leur échappe en sauvant les établissements financiers coupables et en faisant payer les victimes, c’est-à-dire les peuples et les entreprises productrices. D’où leur appel à un putsch, car au sein d’une République, une telle injustice ne serait jamais acceptée.

Ils s’affolent en appelant le loup au secours alors qu’une à une tombent leurs fausses certitudes. L’euro s’est effondré vis-à-vis de l’or de 44,40 % depuis un an, plus vite encore que les autres grandes monnaies (moins 38,20 % pour la livre anglaise, moins 32,30 % pour le dollar américain et même moins 11,9 % pour la plus solide, le dollar australien). L’agence Fitch dégrade à son tour l’Espagne, la bulle des matières premières menace d’être pire que celle de l’immobilier américain et le 27 mai, 35 banques ont dû demander à la Banque centrale européenne des prêts à trois mois et à 1 %, alors qu’elles ne se prêtent plus entre elles. M. Trichet a avalé deux fois son chapeau en acceptant de prendre en garantie toutes sortes d’obligations pourries, privées ou publiques !

L’Expansion , dans son numéro de juin, nous communique brutalement le plan de nos « élites » : « L’heure des comptes a maintenant sonné (…) Dans l’Hexagone, une cure d’austérité au moins deux fois plus sévère que celle qui a suivi le tournant de la rigueur opéré par la gauche en 1983 se profile. Cette fois-ci, ce sont presque exclusivement les ménages qui devront mettre la main au portefeuille (…) Cela ne sera sans doute pas suffisant. » Claude Askolovitch, dans Le Journal du dimanche du 30 mai, confirme : « Encore quelques semaines et la France aura acté le premier vrai recul social de son histoire… »

Il est grand temps de réagir, en sortant d’un système euro devenu fou pour imposer un Glass-Steagall et un Nouveau Bretton Woods. Jouer la marche funèbre des oligarchies synarchistes, de la City et de Wall Street est la seule musique qui puisse arrêter la meute marchant vers le chaos.

Voir les 2 commentaires

  • poc • 03/06/2010 - 11:00

    Seuls les banquiers centraux ne changent pas d’avis. Les technocrates, eux, diront qu’ils ne faisaient qu’obéir aux ordres... Pour faire l’économie d’un nouveau Nuremberg, battons-nous pour une commission Pecora globale.

    Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est que la lettre - morte - de leur souveraineté. L’esprit en est celui de la Résistance. Face à l’intolérable, il nous rappelle notre devoir de disposer de nous-mêmes. Non par réflexe, conditionné ou non, mais par raison.

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  • petite souris • 03/06/2010 - 09:53

    Alain Minc, dans Le Point du 13 mai, estime que : "leur faire croire [aux peuples européens] qu’ils doivent être consultés à chaque grande étape de la construction européenne est non seulement démagogique, mais criminel".

    C’est clair : la démocratie est criminelle, le suffrage universel, une démagogie qui insulte l’intelligence de nos "élites" .

    J’hallucine grave ! Cet homme et ceux qui pensent de même sont dangereux pour le peuple...

    Alain Minc n’est qu’un conseiller, s’il veut agir, qu’il se présente devant le peuple...ou qu’il se taise à jamais !

    Mais il n’est qu’un conseiller et l’on sait que les conseilleurs ne sont pas les payeurs ....

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