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Editoriaux de Jacques Cheminade

Hypocrisie

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par Jacques Cheminade

Avant de partir pour la conférence du G20 à Washington, Nicolas Sarkozy a prévenu : « C’est très clair. Si je n’obtiens pas de résultats concrets, je m’en vais. Je quitte Washington et je rentre chez moi ». Le représentant du Journal du Dimanche, le très complaisant Claude Askolovitch, titrait après le sommet : « Sarkozy en maître du monde ». En entendant une telle fanfare, on aurait cru à une grande victoire de la régulation et du Nouveau Bretton Woods. Las ! le lundi matin, en examinant le texte du communiqué final, on pouvait s’apercevoir que la montagne avait accouché d’une vilaine souris.

L’on ne peut en blâmer notre Président, qui a dépensé plus que tout autre beaucoup d’énergie pour obtenir des résultats. Cependant, affirmer en avoir obtenu alors que rien ne permet de le dire est une très grave faute. Et qualifier d’« historique » la réunion de Washington, en prétendant que « nous avons des engagements, des moyens, une méthode et un calendrier, donc une obligation de résultats », relève d’un Dr Coué qui aurait trop fréquenté Mr Brown.

En effet, il semble que Nicolas Sarkozy ne comprenne pas très bien ce que représentent les intérêts qui opèrent sous l’abri de la City de Londres et s’efforcent de ruiner de l’extérieur en s’y opposant, ou de l’intérieur en la dénaturant, toute tentative cohérente de régulation risquant de limiter leur pouvoir. Il a en tous cas confié l’organisation du prochain sommet au Royaume-Uni. De plus, il accepterait apparemment de parrainer, avec l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, une conférence sur le « nouveau capitalisme » qui se tiendra les 8 et 9 janvier prochains à Paris, organisée par Eric Besson. Etranges fréquentations pour qui prétend que « le capitalisme financier, c’est fini ».

C’est dans les milieux financiers opérant en France que réside le problème. Un exemple ? L’un des principaux conseillers financiers de Nicolas Sarkozy est Michel Pébereau, qui dirige la BNP Paribas. Or l’on entend MM. Sarkozy et Fillon dénoncer les paradis fiscaux et les fonds spéculatifs. Eh bien, la même BNP Paribas possède 50% de Fauchier Partners, une entreprise de gestion de hedge funds basée à Londres, et propose à ses meilleurs clients des « placements alternatifs » via sa filiale Paribas Asset Management. Mieux encore, la banque, présente sur le « paradis » de Jersey depuis 2002, vient d’acquérir RBS, une joint venture de la Royal Bank of Scotland et de la Bank of New York spécialisée dans la gestion de titres de toute sorte. Ne soyons pas injustes envers les intérêts de MM. Pébereau et Baudoin Prot, qui finance depuis 2005 le Centre for Hedge Fund Research and Education de la London Business School. La Société générale, le Crédit agricole et Natixis font de même, ces deux dernières partageant une filiale commune, Caceis, huitième administrateur de hedge funds aux Etats-Unis.

Alors, nous devons, de toute urgence, balayer devant notre porte. En nous rappelant que Daniel Lebègue, ex-patron de la Caisse des dépôts et consignations, affirme comme nous que « Londres est le principal centre offshore européen », sans oublier la mouvance de Jersey, Guernesey, l’île de Man, les îles Vierges, les îles Caïmans, Gibraltar et autres Bahamas. Fermer les yeux et prétendre refonder le capitalisme relève bien de l’hypocrisie.

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