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Les Editoriaux de Jacques Cheminade

Inondation

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Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade-le-sursaut.org.


Plus de cinquante morts lors de la tempête qui a ravagé la côte atlantique : Nicolas Sarkozy y voit « un drame inacceptable et incompréhensible », les médias crient haro sur les maires. Or le Président de la République lui-même a affirmé le 21 avril 2009 : « Il faut rendre constructibles les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l’environnement et aux risques. » C’est exactement le même refus de penser que pour la crise financière : on a fait comme si le risque exceptionnel ne pouvait jamais se produire et on a abandonné l’impératif de service public. Et on a surtout voulu faire du profit à court terme en laissant construire 100 000 logements en zone inondable entre 1999 et 2006. La réalité s’est vengée de la cupidité humaine sur des victimes innocentes.

Si l’on prend toute l’économie de notre pays, l’on constate la même négligence coupable. Quelques chiffres sont révélateurs. La contribution du secteur industriel à la richesse nationale est passée de 24 à 14 % entre 1980 et 2007, avec une baisse de 36 % de ses effectifs, selon la direction du Trésor. En même temps, faute de produire, nous nous sommes endettés auprès du système bancaire jusqu’à dépasser 80 % du produit intérieur brut cette année. Pire encore, parmi les pays industrialisés, nous sommes celui dont la part des obligations d’Etat détenues par les non-résidents, mesurant notre dépendance extérieure, est la plus élevée : 67,3 %, contre 6 % au Japon, 46 % en Espagne et 58,5 % en Italie. Face à cette situation, Nicolas Sarkozy ne propose qu’une série de mesures sans grand dessein. Alors qu’au quatrième trimestre 2009, le taux officiel de chômage a repassé la barre des 10 % et le taux réel de non emploi et de précarité dépasse les 20 %. L’on trouve donc ici la même impuissance que vis-à-vis des inondations : manque de moyens et de volonté politique.

Pourquoi ? Parce qu’on a abandonné le gouvernail aux intérêts financiers qui exercent le monopole sur le financement de notre dette publique ! Le recours massif à l’argent public pour renflouer les banquiers ou les assureurs faillis a été un pas de plus dans la prédation, déjà depuis longtemps à l’œuvre en matière de services publics, de sécurité sociale et de droit du travail. L’Europe est devenue la courroie de transmission de cette prédation, depuis l’entrée du Royaume-Uni et son élargissement.

Le défi n’est donc pas de rafistoler un ordre dont la raison d’être même est le pillage financier, mais d’en bâtir un nouveau, servant la production et le travail.

Aujourd’hui, au vu et au su de tous, le système de la City et de Wall Street s’effondre, la situation financière du Royaume-Uni et des Etats-Unis est, chiffres en mains, pire que celle de la Grèce et de l’Argentine. Même Hillary Clinton l’a dit à Buenos-Aires ! Il faut donc arrêter de s’adapter à l’inadmissible avec des trémolos hypocrites. Les uns parlent d’une monnaie mondiale, les autres d’une Agence européenne de la dette ou d’un fonds européen de sauvetage bancaire. Edouard Balladur et Yves Leterme, Premier ministre belge, proposent le contrôle des budgets des Etats membres de l’Union européenne par des institutions communautaires. Tous veulent imposer la loi d’experts dévoués à l’Empire financier. Il est temps de leur dire qu’avec la bannière d’une faillite ordonnée pour les spéculateurs et de grands projets pour l’industrie, l’agriculture et l’équipement de l’homme et de la nature, le peuple doit de nouveau rentrer en scène comme à la fin du Fidelio de Beethoven, en refusant de continuer à être la victime innocente.

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