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Les écrits de Lyndon LaRouche

Johannes Kepler et le défi posé au Parti démocrate - La nouvelle politique

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Résumé de quelques changements décisifs survenus récemment dans la dynamique socio-politique internationale.

par Lyndon LaRouche, le 26 novembre 2006

La direction nationale du Parti démocrate est encore troublée par le raz-de-marée inattendu qui lui a apporté la victoire dans les élections de mi-mandat à la Chambre des représentants américaine.[1] C’est la leçon la plus importante qu’elle doit retenir, dans l’intérêt du parti mais aussi de notre République.

La leçon est la suivante : dans certaines circonstances, ce que l’on considère comme une innovation tactique peut aussi revêtir une importance stratégique en cas de conflit. Cela se vérifie à la guerre ou - comme l’illustre, dans le principe, la contribution d’une poignée de jeunes adultes, déployés de manière à assurer une marge de victoire décisive - dans un conflit politique tel que les campagnes électorales de mi-mandat. En l’occurrence, il s’agit du rôle historiquement significatif de l’approche stratégique des tactiques du LPAC [2] adoptée par le Mouvement des jeunes larouchistes (LYM) durant ces élections.

Cet exemple nous fournit une bonne occasion d’étudier comment appliquer cette méthode à la nécessité de contrer la menace stratégique globale actuelle - à savoir la menace de l’effondrement imminent, tant physique que monétaro-financier, non seulement de l’économie américaine, mais de tous les systèmes économiques physiques du monde.

Ce cas illustre le sens qu’il convient d’attribuer au terme « nouvelle politique ».

En analysant rétrospectivement leur victoire au Sénat et le raz-de-marée à la Chambre des représentants, certains cercles démocrates restent stupéfaits par le bilan. Ils se demandent encore comment une petite élite de jeunes adultes, membres de mon mouvement de jeunesse au sein du LPAC, a pu faire pencher la balance dans un nombre suffisant de scrutins déterminants pour déclencher une ruée aux urnes chez les électeurs de 18 à 35 ans.

La réponse à cette question est élémentaire, comme je le montrerai dans ce rapport. Mais comme toutes les découvertes de principe authentiquement élémentaires et valides, le processus permettant d’accéder à la vérité essentielle d’une question de principe n’est jamais vraiment simple. Comme l’a montré l’interprétation, en fin de compte réussie, d’une grande œuvre chorale contrapuntique de Jean-Sébastien Bach, la simplicité de la vérité n’apparaît qu’après avoir enfin découvert la réalité sensible du principe véritable.

A maintes reprises, tant aux Etats-Unis qu’à l’étranger, j’ai qualifié la méthode par laquelle ceci fut orchestré d’« effet de masse », déclenché par les actions bien articulées d’une poignée de jeunes adultes. C’est ce principe d’« effet de masse » que j’ai souligné lors d’une réunion de jeunes adultes à Berlin le 3 novembre dernier, quelques jours avant les élections américaines. A ce moment-là, nous avions déjà commencé à mettre en œuvre cette méthode dans le cadre de la campagne électorale.

Pour tenter de définir l’« effet de masse », il est révélateur de comparer la mobilisation intervenue dans les deux à trois semaines précédant le vote, parmi la tranche d’âge 18 à 35 ans, à l’absence d’élan comparable face au programme de l’organisation officielle du Parti démocrate.

Cet emploi du terme « effet de masse » est interchangeable avec le terme scientifique de « dynamique », introduit dans la science européenne par Gottfried Leibniz, qui le reprit explicitement du dynamis de la Grèce classique, tel que ce terme fut utilisé par les pythagoriciens, Platon, etc. Cet usage est radicalement opposé à la notion de mécanique, pour autant qu’on l’associe à la méthode scientifiquement incompétente de Descartes. Il est contraire à la méthode mécaniste-statistique si populaire actuellement, en dépit de ses piètres résultats ; on en voit un reflet dans les méthodes intrinsèquement incompétentes fréquemment utilisées dans la pratique de prévision économique couramment acceptée aujourd’hui. [3]

Au regard de l’imminence d’un effondrement financier mondial, le moment est venu d’introduire dans la vie politique un nouveau facteur tactique, d’importance stratégique, en quelque sorte un retour au style politique du président Franklin Roosevelt. Dans l’histoire, les principes réapparaissent, mais jamais exactement sous la même forme que lors de grands changements antérieurs. Le trait essentiel de la situation mondiale, et aussi américaine, c’est que nous sommes déjà aux prises avec une crise globale, une crise économique et sociale stratégique, comparable à celle des années 1930, mais plus menaçante encore. Certaines différences doivent néanmoins être prises en compte et je le ferai ici en temps utile.

Jugée à l’aune de l’économie physique, la politique de tous les grands partis d’Europe occidentale et centrale et des Etats-Unis, par exemple, s’est soldée par un échec total, pour ce qui est de leur influence sur le cours de l’histoire politique transatlantique depuis le milieu des années 1960. La vieille politique d’hier, le style politique habituel, s’est avéré catastrophique lorsqu’on l’applique aux réalités des crises actuelles. La mobilisation des électeurs de 18 à 35 ans, dans les dernières semaines de la récente campagne, est un exemple patent de ce que doit être la politique appropriée, la nouvelle politique. Ainsi, une nouvelle politique, s’appuyant sur la dynamique, est désormais indispensable, comme le montre le rôle pionnier des brigades de jeunes du LPAC.

Je m’explique.

1. Comportement humain contre comportement statistique

La différence entre les caractéristiques dynamiques de l’élan constaté chez les 18-35 ans et celles d’autres groupes qui se sont inscrits pour les démocrates au cours des dernières semaines de la campagne électorale, repose sur un fait fondamental, mais peu reconnu, de la sociologie humaine. Les résultats statistiques expriment ce fait, sans pour autant l’expliquer.

Le défaut qu’on peut considérer comme la cause fondamentale de cette différence est une conception populaire pervertie de la nature de l’individu et de la société, une erreur de conception qui est endémique à une manière mécaniste d’appréhender l’humanité, celle que l’on rencontre aujourd’hui, par exemple, dans les habituels dogmes sociologiques et afférents. Bien que le mot « créativité » soit très souvent évoqué, la réalité ontologique du processus de créativité chez l’individu n’est presque jamais identifiée dans les définitions habituelles de ce terme. La question pratique, ici en jeu, est la suivante : bien que la créativité humaine, convenablement définie, s’exprime par une forme souveraine, expérimentalement connaissable, de comportement individuel, elle fournit aussi l’« énergie » qualitative, dans le sens ontologique de « force motrice », pour tous les grands changements positifs dans le développement des processus sociaux en tant que tels.

D’habitude, ces manifestations du potentiel créateur inné de l’individu (sauf lorsqu’elles sont le produit d’un comportement individuel) prennent la forme d’actions dont la signification historique réside dans des processus sociaux de masse. L’histoire moderne nous offre des exemples, telle la Révolution américaine qui se développa de 1763 à 1789, de cet élan se manifestant principalement sous forme d’un mouvement de masse chez les jeunes adultes de 18 à 35 ans. De là, il peut s’étendre pour influencer plus largement le processus social, comme le montre l’effet déclenché par mes jeunes collaborateurs au cours de la campagne électorale de mi-mandat, qui fut un succès.

Les principes ainsi exprimés reflètent la distinction essentielle entre l’être humain et l’animal.

La lecture habituelle des enseignements fondamentaux de la tradition hébraïque, du christianisme et de l’islam conçoit la distinction entre l’homme ou la femme et les formes de vie inférieures, conformément à la définition présentée dans la Genèse, 1 :26-30. Cette définition est en accord avec les preuves historiques de la distinction absolue entre les caractéristiques de l’humanité et celles de toute autre forme de vie. Ce qui différencie le comportement de l’individu humain de celui des bêtes est la qualité de créativité individuelle associée à la génération de la découverte d’un principe physique universel, ou d’un principe comparable dans un mode classique de composition artistique.

En l’espèce, à travers le rôle joué par les jeunes dans certaines courses décisives de mi-mandat, c’est la manière dont la créativité individuelle s’amplifie comme processus social organisé, qui a fourni le facteur décisif du résultat net du processus électoral. Voilà la leçon à apprendre.

Dans la science moderne, la meilleure réflexion sur la créativité réside dans la découverte faite par l’académicien russe V.I. Vernadski, qui formula la distinction rigoureuse entre processus vivants et non vivants - la biosphère -, et celle entre l’homme et la bête - la noosphère. Les pouvoirs créateurs de l’homme, typiquement incarnés par la découverte de principes physiques universels, ne s’expriment que dans le comportement de l’individu humain - ils n’interviennent pas dans le potentiel de densité démographique relative d’aucune autre espèce vivante, dans les limites imposées par leur comportement.

L’expression de ce potentiel de l’esprit individuel, sous forme d’un effet de masse cohérent, constitue la considération stratégique décisive pour comprendre les grandes avancées de la lutte pour la dignité et le progrès humains au cours de la période facilement accessible de l’histoire européenne depuis 3000 ans. Pour pouvoir aujourd’hui faire face aux terribles crises mondiales qui se profilent, nous devons porter toute notre attention à la manière dont les poussées révolutionnaires, associés à ces effets de masse, définissent les tournants décisifs de l’histoire.

Ce potentiel créateur s’exprime à un certain degré, ici ou là, chez quelques adolescents ou jeunes adultes, mais l’effet cumulatif de l’éducation courante des jeunes - auxquels on inculque malheureusement des méthodes de penser mécanistes, et non créatrices - tend à abrutir les facultés mentales créatrices chez la majorité d’entre eux.

Ainsi, le conditionnement imposé à la génération du baby-boom, du moins parmi les 20 % des ménages les plus aisés, durant la période 1945-1956 et après, altéra profondément et considérablement l’usage des pouvoirs cognitifs chez ses victimes. Par conséquent, parmi cette tranche de 20 %, plombée par le sophisme, ils sont moins nombreux à exprimer le même niveau de développement de leurs pouvoirs créateurs que parmi la même tranche d’âge au cours des deux générations précédentes.

Néanmoins, ce potentiel peut être encouragé chez les jeunes, notamment les jeunes adultes, comme en attestent ma propre expérience ainsi que l’étude de ce facteur dans l’histoire. Fort heureusement, dans un contexte historique inhabituel, comme le décrit Percy Shelley dans la conclusion de sa Défense de la poésie, pendant certaines périodes de l’histoire des cultures, telles la Renaissance du milieu du XVème siècle centrée en Italie ou la période classique en Allemagne et ailleurs de 1750 à 1789, on assiste à de véritables explosions de l’influence de la créativité artistique et scientifique classique à une échelle de masse. [4] Cet essai de Shelley reflète l’influence de la vague d’optimisme culturel, associée au rayonnement de la collaboration entre Moses Mendelssohn et Gotthold Lessing, qui avait marqué la période précédant 1789.

Il s’ensuit de cette rétrospective historique qu’il est effectivement possible de favoriser l’émergence de périodes durant lesquelles les considérations passionnées sur l’homme et la nature sont accrues - autrement dit, une Renaissance. Les principaux aspects exceptionnels de la récente victoire du Parti démocrate que j’évoque ici en sont l’illustration.

La façon dont le LYM a catalysé la mobilisation des jeunes Américains de 18 à 35 ans en tant qu’électeurs, consista à employer la méthode dynamique d’organisage créateur, autour d’idées, tant et si bien qu’une poignée relative de la population a pu provoquer un effet de masse, semblable au principe identifié par Shelley - le principe de Renaissance - au sein d’importants groupes locaux dans cette tranche d’âge. Ces idées, mises ainsi en circulation de manière dynamique, ont mené à la simple décision d’aller voter selon sa conscience.

Ce qui s’est passé dans les dernières semaines de cette campagne représente un développement entièrement légitime, bien qu’inhabituel pour ces dernières décennies. D’une part, on peut favoriser délibérément de tels exploits à l’avenir et, d’autre part, eux seuls permettent d’imposer les changements radicaux de politique gouvernementale, indispensables pour faire face aux crises culturelles et monétaro-financières globales qui s’abattent sur nous.

Deux sources pour la dynamique

La science européenne moderne est essentiellement redevable à deux courants de pensée bien connus, l’un ancien et l’autre moderne. Le premier est associé notamment aux pythagoriciens et à Platon, le second à l’influence exemplaire d’une personnalité du XVème siècle, le cardinal Nicolas de Cues, fondateur des formes systémiques de science expérimentale moderne. On en voit les fruits dans les travaux de ses disciples, Léonard de Vinci, Johannes Kepler, Pierre de Fermat, Gottfried Leibniz et les cercles de Carl F. Gauss et Bernhard Riemann, sur lequel Vernadski s’appuya pour développer ses propres méthodes dynamiques, en opposition aux méthodes mécanistes-statistiques de type cartésien, qui sont incompétentes.

La tendance opposée, totalement irrationnelle, relevée dans la culture européenne moderne, et qui tend hélas à se répandre, remonte à l’influence du dogme de la « nouvelle Venise » propagé par Paolo Sarpi, connu lui-même comme le maître de son laquais Galileo Galilei. Sarpi est l’auteur d’un dogme réductionniste moderne appelé empirisme, d’où dérivent les formes brutes de matérialisme moderne, ainsi que le positivisme et l’existentialisme. Cette doctrine, qui inspire également les enseignements les plus populaires en matière de sociologie, rejette les aspects de la science ancienne et moderne reflétée dans les travaux de Cues, Léonard, Kepler, etc., mais en même temps, ironiquement, elle diffère des pires aspects de la culture européenne médiévale, dans la mesure où elle autorise un certain progrès technologique limité, tout en interdisant l’étude des processus permettant de générer effectivement des principes physiques universels, expérimentalement vérifiables, par exemple à l’aide des méthodes de Brunelleschi, Cues, Léonard, Kepler, Fermat, Leibniz, Gauss et Riemann.

Malheureusement, la majorité des cours de sociologie, science politique et prévision économique dispensés aujourd’hui par les universités, se basent sur les idéologies réductionnistes dérivées de l’empirisme de Paolo Sarpi.

Pour illustrer un point pertinent de la récente victoire démocrate, prenons la définition dynamique des processus vivants développée par Vernadski dans les années 1930. Bien que les processus vivants et non vivants présentent la même gamme de matériel atomique, la manière dont il est organisé est totalement différente entre les deux. Les processus vivants et leurs produits appartiennent au domaine de la biosphère, un domaine bien distinct de celui des processus non vivants en tant que tels. [5]

De même, la manière dont les processus non vivants et vivants sont organisés dans l’histoire spécifiquement humaine présente des caractéristiques qui n’existent ni dans le domaine non vivant, ni dans la biosphère ; ils sont propres à la noosphère définie par Vernadski. En outre, le domaine de l’histoire humaine est d’un ordre de développement anti-entropique supérieur au domaine non vivant ou à la biosphère. [6]

Le monde est entré récemment dans une nouvelle phase de l’histoire, notamment de l’histoire européenne moderne : le développement de la science et de la technologie, ainsi que leurs applications favorisant la croissance et la longévité des populations, ont créé une situation dans laquelle la conduite d’une guerre prolongée, en tant que moyen politique, n’est plus une option viable pour tout gouvernement sensé. Cette situation met aussi l’humanité devant l’obligation d’exploiter à fond la fission nucléaire comme moyen indispensable d’assurer à moindre coût, par exemple, la production à grande échelle d’énergie et le dessalement, devenu urgent, de l’eau de mer. Nous allons également devoir utiliser largement la fusion thermonucléaire, non seulement comme source énergétique, mais en tant qu’instrument de gestion des ressources naturelles, au sens large, de la planète entière. [7]

A mesure que cessent de fonctionner les vieilles habitudes acquises par les gouvernements au cours des dernières décennies et qu’apparaissent de nouveaux défis, la politique doit s’écarter des habitudes liées au déclin culturel et économique de la société transatlantique, en cours depuis une quarantaine d’années. Le temps est venu d’instaurer une nouvelle politique, remettant en honneur le rôle des modes de créativité, dans la science comme dans l’art classique, et ce changement doit reposer sur le développement des potentiels créateurs, individuels et coordonnés, de notre population de jeunes adultes.

2. La vieille politique

La « vieille politique », forme de croyance encore pratiquée aujourd’hui, même aux Etats-Unis, se basait sur la pratique des ennemis olympiens du Prométhée de la fable, comme le décrit le dramaturge Eschyle dans Prométhée enchaîné. Prométhée fut condamné à la torture perpétuelle par Zeus, le « Satan » de ce drame, pour ainsi dire, pour avoir appris aux mortels humains l’usage du feu - ou, dirions-nous aujourd’hui, de la fission nucléaire comme source énergétique.

La tradition consistant à maintenir la population dans un état d’abrutissement relativement bestial, parquée comme du bétail, a scellé le sort de la majorité de l’humanité au cours de l’histoire ancienne, médiévale et même moderne. Les esclavagistes espagnols, portugais, hollandais, britanniques et français incarnèrent - jusqu’à ce que le président Abraham Lincoln n’abolisse l’esclavage, promu par la monarchie espagnole avec l’appui de la Grande-Bretagne - un exemple relativement extrême de la politique d’un Zeus satanique, tel que le dépeint Eschyle. Dans la Confédération des Etats du Sud, soutenue par Londres, l’alphabétisation des esclaves était passible de la peine de mort.

La fin de la promotion européenne de l’esclavage en Afrique et dans les Amériques - un tournant fondamental inauguré par la victoire du président Lincoln contre le projet impérial de lord Palmerston, qui soutenait la Confédération esclavagiste et l’empereur pro-nazi Maximilien au Mexique - ne libéra pas forcément l’humanité de l’esclavage implicite imposé par la décadence culturelle. Cette décadence se manifeste chez le populiste qui substitue ses propres désirs bestiaux aux pouvoirs créateurs de la raison devant servir à améliorer la condition humaine.

Pour accomplir ces nécessaires changements de condition, il faut changer la manière de penser des gens afin de favoriser le développement des pouvoirs créateurs associés aux plus hautes expressions d’une révolution dans les idées scientifiques et artistiques, tout au long de l’histoire. Le vieux Satan, le Zeus de l’Olympe décrit dans le Prométhée enchaîné d’Eschyle, a continué à régner sur la plus grande partie de l’opinion populaire et autre. Les hommes sont gouvernés par des tyrans parce qu’ils refusent de se gouverner de la seule manière convenable, c’est-à-dire en abandonnant un populisme ancré dans l’asservissement pour se faire les représentants de ce que j’appelle ici la nouvelle politique.

L’empirisme de Paolo Sarpi et celui de ses disciples - Galilée, sir Francis Bacon, Thomas Hobbes, John Locke, Descartes, de Moivre, D’Alembert, Leonhard Euler, Lagrange, Laplace, Cauchy, etc. - interdit de connaître les véritables principes physiques universels. De même, leur protagoniste Voltaire chercha à transformer la science physique et l’art en une production de déchets, une musique d’âmes mortes comme celle de Rameau et Fuchs. Les canons des empiristes, aujourd’hui comme hier, consentent à contre-cœur un petit peu de fertilité intellectuelle, à condition que les méthodes séminales de reproduction intellectuelle soient non seulement dissimulées, mais aussi déniées.

Dans la société européenne moderne, l’interdiction par les empiristes et leurs « Lumières » d’accéder à la méthode de découverte de principes physiques universels et de principes artistiques classiques, a abouti à promouvoir diverses formes d’éloges « populistes » aux prétendues vertus découlant de l’ignorance populaire des principes légitimes de découverte en science physique et composition artistique classique. La « science populaire » et les « divertissements populaires » d’aujourd’hui reflètent souvent, dans leur idéologie, le culte de l’ignorance populaire promu, entre autres, par les libéraux : on ignore ainsi les principes qui expriment la distinction fonctionnelle entre êtres humains et formes de vie inférieures.

L’implantation en Europe du Congrès pour la Liberté de la Culture (CLC) par des forces américaines, après la disparition de Franklin Roosevelt, et certaines expressions de cette campagne pro-satanique, comme les existentialistes dans la mouvance de Heidegger, Adorno, Horkheimer, Arendt, etc., et la promotion de Berthold Brecht, illustrent bien la manière dont les Etats-Unis adoptèrent la tradition de l’Europe libérale anglo-hollandaise et propagèrent un genre de néoténie culturelle. [8]

Cet abrutissement, reflété dans le rôle quasi satanique du CLC en Europe et dans un programme parallèle de même inspiration visant la population américaine, fut orchestré par des courants anglophiles aux Etats-Unis, en complicité avec des partenaires libéraux anglo-hollandais, afin de raviver le legs oligarchique dans la « vieille Europe ». Cette nouvelle expression de sophisme, comme dans l’Athènes de Périclès, qui signa sa propre perte, se base sur la prétendue immuabilité des traditions derrière lesquelles se cachent les influences oligarchiques, prêtes à accaparer à nouveau la nation, au nom de cette tradition. Pour ce faire, il faut réactiver les « maladies infantiles » culturelles de l’humanité, en particulier celles que recèlent les sols contaminés de la « vieille Europe ».

La notion de « vieille Europe »

La nation qui allait devenir les Etats-Unis, avec sa Déclaration d’indépendance et sa Constitution fédérale anti-empiristes, est une création d’Européens, que la prudence amena à bâtir cette authentique république, forte des meilleures traditions et idées d’Europe, à une distance suffisamment éloignée de la « vieille Europe » et de ses traditions oligarchiques pourries et fermement ancrées.

L’impulsion principale de ce processus de colonisation des Amériques provenait de la « Renaissance d’or », la naissance de la civilisation moderne dans le cadre du grand Concile oecuménique de Florence. La mise en œuvre du dessein adopté lors de ce Concile fut entravée par la chute de Constantinople et le déclenchement par l’Espagne de guerres de religion en Europe, avec le retour de l’Inquisition médiévale. Ces revers déterminèrent ces pionniers Européens à quitter les rivages troubles de la Méditerranée en quête d’un endroit où réaliser les principes incarnés par le Concile de Florence.

La première proposition en ce sens émanait du cardinal Nicolas de Cues, qui fut aussi le père de la science européenne moderne.

Face aux conséquences de la chute de Constantinople, Cues propose ainsi d’aller explorer au-delà des océans, afin de bâtir des liens en vue d’un ordre mondial futur entre peuples. Cette idée de Cues (mort en 1464) sera portée à l’attention d’un capitaine génois au service du Portugal, Christophe Colomb. Sa correspondance avec un associé de Cues, le scientifique italien Paolo dal Pozzo Toscanelli, aux alentours de 1480, lui permit d’approfondir ses connaissances des travaux du cardinal et lui fournit une aide scientifique cruciale pour préparer la redécouverte du continent sur l’autre rive de l’Atlantique, exploit que réalisera ce maître navigateur.

Cependant, l’influence des travaux de Cues s’étendait et ses idées préparaient l’émergence de la civilisation européenne moderne sur les ruines laissées par l’alliance ultramontaine, auparavant dominante, entre Croisés normands et oligarchie financière vénitienne. Parmi les plus importantes, Cues définit l’Etat-nation souverain moderne (Concordantia Catholica), la science physique expérimentale moderne (De Docta Ignorantia) et le principe oecuménique de paix entre religions (De Pace Fidei, qui allait servir de précédent au cardinal Mazarin pour la formulation du Traité de Westphalie, en 1648). Ces développements, renforcés par la nouvelle forme de société établie par Louis XI en France et Henry VII en Angleterre, préparèrent le terrain aux Winthrop et Mather dans la colonie de la Baie du Massachusetts - projet faisant écho à l’Utopie de sir Thomas More - qui tenteront d’établir de nouvelles Républiques dans les Amériques, en y semant les meilleures idées et traditions d’Europe sous la forme nouvelle de sociétés républicaines, implantées à une distance géographique stratégiquement prudente.

Ces événements du XVème siècle définissent le concept de « vieille Europe », une espèce systémiquement différente de la société européenne moderne. Ce fut le réveil de certains rejetons du système ultramontain médiéval, telle la combinaison du système féodal et de l’oligarchie financière vénitienne, qui ancra la malédiction de la « vieille Europe » dans la nouvelle, y créant un conflit interne.

La crise de la culture européenne moderne

Les travaux du grand François Rabelais et leur écho chez Miguel Cervantes, qui ridiculisa la décadence morale et intellectuelle de l’Espagne habsbourgeoise, sont des références exemplaires qui nous aident à mieux cerner l’issue conflictuelle de la guerre culturelle opposant la Renaissance du XVème siècle à la mentalité de nouvel âge des ténèbres. Cette mentalité fut relancée depuis l’Espagne par le Grand inquisiteur Tomas de Torquemada, en 1492, l’année même du premier voyage de Christophe Colomb aux Amériques.

Le comte Joseph de Maistre, un Savoyard proche de Londres, définit les politiques anti-Renaissance qui servent aujourd’hui encore d’étalon pour l’opposition perverse à la « Renaissance d’or » du XVème siècle en Europe. Cet étalon s’appuie sur le précédent du retour radical, à partir de 1492, à l’alliance ultramontaine médiévale entre oligarques financiers vénitiens et chevalerie normande, qui mit en œuvre la persécution sauvage des Juifs et renoua avec cette guerre contre l’islam que furent les Croisades. Toute la période allant de l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492 à l’adoption des Traités de Westphalie en 1648 représente un tournant ; depuis, la civilisation européenne, dont l’influence mondiale est désormais implicite, reste divisée entre forces de la civilisation moderne et legs vénéto-normand barbare.

Pour comprendre l’importance du rôle de Torquemada, il est essentiel d’étudier les écrits et l’impact du franc-maçon martiniste Joseph de Maistre, qui s’appuya sur les politiques sataniques de Torquemada comme précédent juridique pour les multiples exécutions de la Terreur jacobine. C’est de Maistre lui-même qui façonna la nouvelle personnalité du général Bonaparte, transformant Napoléon en un monstre qui allait devenir précurseur et modèle pour la personnalité publique d’Adolf Hitler, dont la politique antisémite, entre autres, remonte directement au Grand Inquisiteur Torquemada, en passant par la Terreur jacobine et Napoléon. Cette tradition s’exprime aujourd’hui à travers l’internationale fasciste sous sa forme active : non seulement les escadrons fascistes synarchistes d’Amérique centrale et du Sud, liées à Pinochet, mais également des réseaux de droite associés à la famille de William F. Buckley, Jr.

Telle fut la principale division des tendances politiques, de l’Europe occidentale et centrale aux Amériques, et au-delà. Depuis l’époque du Grand Inquisiteur Torquemada, c’est cette division qui domine en Europe. Ce mal, qui a poursuivi les colons européens au-delà de l’Atlantique, reste la principale force maléfique dans le monde aujourd’hui, de pair avec les intérêts de l’oligarchie financière de style vénitien.

Christophe Colomb n’apporta pas ce mal avec lui aux Amériques, mais lui et Torquemada représentent plutôt le conflit entre les forces du bien et du mal dans l’Espagne de l’époque. Le conflit persistant qui plongea l’Europe dans un bain de sang entre 1492 et 1648 est la clé pour comprendre le seul véritable océan qui sépare la fondation de la République constitutionnelle des Etats-Unis et la peste des traditions oligarchiques qui n’ont toujours pas été éliminées, comme source de corruption morale, surtout en Europe occidentale et centrale.

Il était donc inévitable que des complications apparaissent dans ce qui allait devenir les Etats-Unis.

Le traité de Paris de février 1763 fut à l’origine du conflit ouvert que nous associons à la lutte pour la liberté politique et pour s’affranchir de la tyrannie impérialiste de la Compagnie britannique des Indes orientales de lord Shelburne. Comme l’ont montré mes collaborateurs Allen Salisbury, Anton Chaitkin et H. Graham Lowry [9], les événements survenus à Londres à partir de février 1763 divisèrent en deux factions les cercles les plus influents dans les colonies anglophones des Amériques : celle représentée par Benjamin Franklin, un savant et patriote de renommée internationale, et la faction opposée, représentée en Nouvelle Angleterre par l’Essex Junto, des alliés notoires de la Compagnie britannique des Indes orientales, s’inscrivant dans le droit fil des adversaires antérieurs des Winthrop et des Mather. Le traître Aaron Burr, un agent de Jeremy Bentham, lui-même contrôleur du Foreign Office de lord Shelburne, illustre bien le type de traîtres dont les descendants aujourd’hui, accompagnés d’ajouts plus récents comme certains rejetons de la famille Bonaparte, constituent le noyau de mes ennemis politiques personnels les plus véhéments aujourd’hui.

La mobilisation lancée par le président Abraham Lincoln pour vaincre cette créature de Londres qu’était la Confédération, fit des Etats-Unis le plus grand Etat-nation du monde et un concurrent de plus en plus sérieux pour la puissance maritime armée de l’Empire britannique et ses financiers libéraux anglo-hollandais. Depuis le Centenaire des Etats-Unis célébré à Philadelphie en 1876 jusqu’en 1879, le modèle américain d’économie nationale se propagea dans le monde pour acquérir une influence dominante en Allemagne, en Russie, au Japon et ailleurs. Cette propagation du Système américain d’économie politique représentait une menace mortelle pour la suprématie maritime de l’Empire britannique.

Avec le départ du pouvoir du chancelier Bismarck en 1890, voulu par le prince Edward Albert, l’oncle britannique du Kaiser allemand, et le cas d’un autre neveu infortuné du même prince, le tsar russe Nicolas II, un processus se développa entre 1890 et l’assassinat du président américain patriote William McKinley en 1901, qui aboutit à l’accession à la présidence américaine de deux enfants de la Confédération : Theodore Roosevelt, le neveu du directeur du Service de renseignement de la Confédération à Londres, et Woodrow Wilson, un fanatique du Ku Klux Klan.

Exception faite des présidences de Taft et de Harding, durant tout le début du XXème siècle, de 1901 jusqu’à l’entrée en fonctions du président Franklin Roosevelt le 4 mars 1933, la politique américaine a opéré un tournant fondamental : au lieu de reconnaître en Londres le quartier général du principal adversaire de notre nation, une alliance fut conclue avec Edouard VII d’Angleterre et d’autres afin de soutenir la politique de guerre géopolitique impériale de la Grande-Bretagne contre les nations du continent qui avaient adopté le Système américain d’économie politique comme modèle de développement !

A la mort de Franklin Roosevelt, le 12 avril 1945, et avec l’avènement de son successeur, la tendance fut au retour à l’héritage de Theodore Roosevelt, Wilson et Coolidge. Les présidents Eisenhower et Kennedy furent des exceptions et Lyndon Johnson fit preuve d’intentions similaires, mais avec l’arrivée au pouvoir du président Richard Nixon, Londres put à nouveau déterminer les doctrines économique et autres des Etats-Unis.

Cette division au sein de la culture européenne fournit la clé indispensable pour comprendre la menace existentielle à laquelle les Etats-Unis font face aujourd’hui.

La menace vient de la vieille Europe

Comme l’illustre la comparaison entre la présidence de Franklin Roosevelt et celles de ses prédécesseurs déjà mentionnés, le legs institutionnel de la Révolution et de la Constitution américaines constitue un aspect puissant et profondément enraciné de la tradition et du caractère politiques des Etats-Unis. Un animal, sur le plan culturel, vient de naître ; un être humain, en revanche, ou une société, sont avant tout le produit de l’histoire intellectuelle de son peuple et l’individu hérite, par conséquent, de « matériel germinal » profondément enraciné qui peut renaître, comme une nouvelle vie, au sein de la société où ce legs était apparemment resté en sommeil pendant des générations.

C’est ce que craignent aujourd’hui nos adversaires étrangers, notamment sur le vieux Continent. L’oligarchie britannique reste particulièrement sensible aux dommages que lui ont infligés les Américains ces derniers siècles. Sachant que cette oligarchie et nous sommes séparés par une langue supposément commune, les maîtres en espionnage et autres idéologues britanniques sont parfaitement conscients du danger que notre tradition peut représenter pour leur système, dès lors que nous décidons de nous libérer - à l’instar des présidents Washington, Lincoln et Roosevelt, et comme le comprenait très bien le président Eisenhower - de l’influence néfaste des chaînes intellectuelles du libéralisme anglo-hollandais.

On rencontre la même difficulté dans d’autres parties de la vieille Europe. En France, il s’agit pour l’essentiel du legs bonapartiste, en Allemagne, de la tradition oligarchique des castes. L’Italie est, à bien des égards, de tous les pays d’Europe occidentale et centrale, celui qui est le plus proche de nous, et il y a des raisons à cela.

Toutefois, nous pouvons et nous devons être plus précis sur ce point. La principale cause de la corruption morale, politique et culturelle qui sévit aujourd’hui en Europe occidentale et centrale est le fait que ses gouvernements ont vendu leur droit à la liberté pour un plat de lentilles : l’adoption d’un système parlementaire dans lequel le gouvernement est, le plus souvent, le laquais des intérêts financiers privés qui contrôlent la banque centrale ; dans tous les domaines soumis aux entraves de l’autorité libérale du système de banque centrale privée, de tradition vénitienne, il n’a pas vraiment de souveraineté.

Ce défaut oligarchique, potentiellement fatal, dans la façon dont ces Européens conçoivent la souveraineté reflète sa corruption essentielle, c’est l’essence de la vieille Europe qui transparaît dans l’Europe moderne.

Dans la mesure où des Européens mal avisés estiment que le libéralisme anglo-hollandais est préférable à la culture de la Constitution américaine, ils se laissent plus facilement asservir par une forme de système dictatorial de viol économique ou autre. A cet égard, ils tendent à préférer se faire violer par les Britanniques que rechercher les plaisirs plus positifs d’une alliance avec les Américains. Le problème, c’est qu’il leur manque ce sens d’autorité morale inébranlable dont fit preuve Franklin Roosevelt à partir du 4 mars 1933, une qualité de souveraineté nationale propre aux Etats-Unis.

3. Les nouvelles politiques monétaires

Actuellement, j’estime que, la conjoncture internationale étant ce qu’elle est, si la chute du dollar américain, sous l’effet de la bulle hypothécaire et des fonds de placement, atteint le niveau de 20 à 30 % de dévaluation relative, ce qui n’est pas improbable, ceci risque fort de déclencher une désintégration en chaîne du système monétaro-financier existant, suivie par une crise fatale de l’économie physique mondiale elle-même.

C’est l’un des scénarios auxquels on peut raisonnablement s’attendre. Ils convergent tous sur la même issue, et sensiblement dans le même délai.

Aucune partie du monde ne profiterait vraiment d’un tel effondrement du dollar. Tous les détenteurs de billets verts seraient entraînés dans le maelström et les marchés dont dépendent les économies à main-d’œuvre bon marché sombreraient dans l’abîme. Il y en a très peu qui s’en sortiraient avec une souveraineté intacte.

Les prétendus économistes et autres « experts » qui ne reconnaissent pas le contexte global, dont ce cas n’est qu’un exemple, et qui ignorent les conséquences pratiquement certaines qui en découleraient, ne sont pas seulement incompétents, ce sont des dupes abusés qui prennent leurs désirs pour la réalité.

Le problème central des membres du Congrès et de leurs collaborateurs, c’est leur tendance dominante, dictée par la peur, à vouloir limiter les réformes nécessaires à des mesures qui vont forcément mener à l’équivalent d’une guerre perdue d’avance. Cette guerre serait perdue parce que les décideurs politiques ne sont pas prêts à faire assez, ni assez vite, d’un seul coup pour ainsi dire, pour sauver non seulement les Etats-Unis, mais aussi le monde, d’une crise qui les entraînerait dans un effondrement global et général, historiquement comparable à un nouvel « âge des ténèbres ». Nous sommes effectivement en danger de sombrer très vite dans un nouvel âge des ténèbres menant à une désintégration catastrophique de la civilisation.

Néanmoins, objectivement, si les forces politiques concernées étaient prêtes à passer à l’action à temps, on pourrait éviter une telle catastrophe.

En fait, je ne partage pas la perspective pessimiste que je viens d’esquisser dans ce chapitre de mon rapport. Je rapporte simplement l’attitude que mes collaborateurs et moi-même rencontrons le plus souvent dans des cercles dirigeants politiques ou autres aux Etats-Unis. Logiquement, j’espère pouvoir améliorer bientôt cette situation, pourvu que j’en aie l’occasion.

A l’heure actuelle, on ne peut espérer aucune initiative efficace de la part des gouvernements d’Europe occidentale et centrale. Néanmoins, malgré l’absence troublante du moindre sens de la réalité parmi les cercles dirigeants européens, il y a lieu d’espérer que les Etats-Unis se mobiliseront pour prendre les initiatives nécessaires à la survie de la civilisation mondiale. [10] Cette initiative américaine devra fournir la matrice permettant de rassembler les principales nations du monde dans une forme de coopération dont nous avons tous besoin.

Par conséquent, en dépit du scepticisme et du pessimisme de certains décideurs mondiaux, il est cependant possible d’éviter la calamité globale qui nous menace. Toujours est-il que lorsque nous testons l’humeur dans les rangs des cercles dirigeants de la communauté transatlantique et au-delà, on a l’impression que les remèdes existants ne seront pas appliqués à temps pour empêcher un effondrement général de la civilisation, à l’échelle mondiale. Telle est, en gros, l’opinion pessimiste trompeuse répandue à l’étranger, l’opinion dominante que nous devons changer dans l’avenir immédiat.

Ainsi, nos efforts pour amener les gouvernements, notamment celui des Etats-Unis, à prendre des mesures utiles pour empêcher la calamité imminente, ont été bloqués jusqu’à présent par diverses objections à l’idée même d’envisager des actions anticipées. On entend, par exemple, « pas tant que Bush restera Président », ou encore « notre système politique ne marche pas comme ça ».

En réalité, contrairement à ces protestations, le système politique constitutionnel des Etats-Unis offre aujourd’hui le meilleur modèle au monde pour prendre des mesures de ce type, comme l’a démontré le gouvernement du président Franklin Roosevelt. Certes, la crise actuelle est beaucoup plus sévère que les problèmes rencontrés à son époque, mais les principes permettant de contrer la menace sont conformes aux précédents constitutionnels authentiques incarnés dans le Préambule de la Constitution, qui subsume l’ensemble et que Franklin Roosevelt employa avec succès.

J’ai récemment résumé ma réponse à ce problème à l’occasion de ma conférence internet du 31 octobre dernier. Les réactions à ce sujet, notamment de la part de cercles officiels, traduisent un désir croissant de discuter du plan d’action que j’ai proposé, tandis que le Congrès américain se prépare pour ce qui pourrait devenir une session marathon. Je respecte ce désir implicite et continuerai à le faire à l’avenir.

Avant d’entrer dans les détails d’une solution à la crise qui nous menace, il faut tout de suite souligner que les méthodes employées par le LYM dans la dernière phase de la campagne électorale donnent un avant-goût de l’approche que nous devons adopter en vue de mobiliser les forces politiques nécessaires pour mettre les réformes urgentes en œuvre.

Ceci dit, nous commencerons notre esquisse de la situation immédiate par une définition de l’argent en tant que tel, tout en réfutant la notion d’une valeur intrinsèque asymptotique à un processus monétaire en soi. Discréditer les mythes populaires tenaces de la place publique et des universités est une précondition indispensable pour bien comprendre la nature des mesures à la fois essentielles et suffisantes pour organiser la survie de la civilisation.

On ne pourra surmonter la croyance en de tels mythes que grâce à la méthode dynamique employée par le LYM, avec des succès notables, dans des endroits et à des moments critiques de la campagne électorale de mi-mandat.

Ceci nous amène au problème de l’argent.

3.1 Qu’est-ce que l’argent ?

L’existence de l’argent est une nécessité pour toute économie moderne et le restera dans l’avenir prévisible de la civilisation future. Par définition, l’argent en soi peut être utile, mais contrairement aux mythes populaires, académiques et autres, il n’a jamais eu et n’aura jamais de valeur intrinsèque, dans une quelconque forme d’économie moderne. Voilà le point crucial que nous devons examiner. La confusion vient principalement de la croyance en un mythe de l’argent, contrairement à ce qu’il est en réalité. Pour être efficace, toute organisation de l’économie mondiale actuellement en péril conférera à l’argent et aux systèmes bancaires un rôle décisif, qui dépendra de la conception de l’argent que je vais développer ici.

Par exemple, l’illusion populiste la plus répandue veut que l’argent ait une valeur intrinsèque que l’on pourrait déterminer « de manière naturelle », si seulement le gouvernement cessait d’intervenir dans la vie économique. Face à la crise qui s’abat sur nous, c’est une illusion fatale pour les Etats-Unis et la civilisation tout entière. L’argent n’a pas de valeur intrinsèque. La valeur que l’on attribue à une devise est socialement déterminée, c’est une valeur physique, et non « naturelle ». Karl Marx et les libéraux anglo-hollandais qui lui apprirent à se fier au système britannique d’économie politique, étaient, en réalité, des dupes, comme le voulaient leurs professeurs. La doctrine anglo-hollandaise libérale de l’argent est une croyance induite par le système prédateur qui a créé et propage cette illusion à son unique avantage.

Le rôle que l’argent devra jouer au sortir de la crise mondiale actuelle ressemblera, pour l’essentiel, à celui que les institutions américaines lui attribuaient avant les changements radicaux des systèmes monétaire et économique américains intervenus de 1971 à 1981. Avant de prescrire tout changement dans le système actuel, nous devons d’abord clarifier les différences axiomatiques entre mythe et réalité d’un système monétaire moderne. Puisque les remèdes que nous prescrivons doivent tenir compte de la fonction de l’argent au sein des nations et entre elles, il nous faut définir ces termes.

Ayant affaire à une certaine continuité dans l’évolution, en Europe, des systèmes basés sur l’argent, tout traitement systématique compétent de ce sujet veut que nous commencions notre argument en retraçant cette évolution, en gros, depuis le rôle impérialiste d’un groupe d’intérêts financiers organisés autour du temple d’Apollon Pythien à Delphes et les opérations maritimes que ce centre coordonnait dans une grande partie de la Méditerranée.

L’utilisation perverse de l’argent dans l’Antiquité

Dès le départ, les systèmes financiers maritimes de ce type étaient liés au « modèle oligarchique » de société. Suivant ce modèle, la majorité des populations assujetties était gardée comme du bétail, les masses étant gardées par une poignée d’entre eux, comme dans la Sparte de Lycurgue. Elles étaient traitées comme les animaux du domaine. De la même manière, le physiocrate François Quesnay définira les paysans vivant dans le domaine féodal du seigneur, comme du bétail, car pour les physiocrates, on ne peut augmenter la quantité de biens produits par rapport à ceux consommés. La fonction créatrice de l’esprit humain individuel, qui agit effectivement sur l’économie, n’était pas reconnue par des païens tels que Quesnay, Turgot, Adam Smith, Bentham et leurs disciples.

Même idéologie pour le satanique Bernard Mandeville, auteur de la Fable des abeilles, devenue en quelque sorte la Bible de la Société du Mont-Pèlerin. Graham Lowry a résumé ainsi le sens de cette fable : « Les intérêts de l’Etat n’étaient autres que la satisfaction collective des plaisirs hédonistes de ses membres ». [1] Ou en d’autres termes : Mandeville suppose que la répartition des fruits de la richesse est déterminée par de méchants petits bonshommes verts, jouant aux dès sur le plancher de l’univers, de petites êtres démoniaques qui rient à chaque fois que le coup de dès récompense le mal et punit le bien. C’est plus ou moins ainsi que les prescriptions de la Société du Mont-Pèlerin fonctionnent dans la société américaine aujourd’hui.

Chaque fois qu’on a un krach financier, c’est la preuve que la valeur physique réelle de la production de la société a été largement inférieure à la valeur imputée aux avoirs monétaires du système. Les divergences peuvent se produire de différentes manières, mais l’effet net reste le même. Un exemple type : les profits sur des dettes de jeu, qui semblent augmenter les obligations monétaires de la société, tout en diminuant, en réalité (le plus souvent suite aux effets corrélés de l’« accumulation primitive ») le taux net de création de richesse physique par tête et par kilomètre carré de territoire.

La forme de jeu la plus délirante en vogue aujourd’hui est la spéculation à l’aide de produits dérivés, légalisée à l’époque où Alan Greenspan était président de la Réserve fédérale. Il s’agit tout simplement d’un mode intrinsèquement hyperinflationniste d’« accumulation primitive », qui augmente la masse d’avoirs financiers nominaux tout en diminuant la quantité d’avoirs physiques de valeur. Par exemple, à l’aide de l’effet de levier du parieur accro, les hedge funds accroissent énormément, mais temporairement, la valeur nominale que le marché attribue à des avoirs financiers qui sont, somme toute, sans grande valeur. Résultat : les obligations du système monétaire montent en flèche, alors que la valeur physique nette du produit total de la société chute brutalement. Aujourd’hui, les responsables américains, dont [le ministre des Finances] Paulson et [le nouveau chef de la Réserve fédérale] Ben Bernanke, pataugent encore dans les folies monétaristes concoctées sous le régime d’un président de la Réserve fédérale adepte de Ayn Rand, Alan « Bulles » Greenspan.

Faute d’annuler en masse les obligations basées sur des avoirs nominaux, tels les dérivés financiers en général et les escroqueries de hedge funds en particulier, qui n’ont aucune valeur économique intrinsèque, on ne pourra pas sauver le système monétaro-financier actuel ; d’où la menace immédiate de sombrer dans un nouvel âge des ténèbres global.

L’effondrement de la spéculation sur les obligations russes GKO, en 1998, à cause de l’utilisation par les spéculateurs d’une formule mathématique, aujourd’hui reprise par les hedge funds, pour générer des formes hyperinflationnistes d’« accumulation primitive », illustre parfaitement ce principe ; c’est l’expansion hyperinflationniste de cette bulle, pour la huitième année depuis, qui a transformé ce début de catastrophe d’août-octobre 1998 en désagrégation monétaro-financière quasi certaine aujourd’hui. C’est uniquement en passant par pertes et profits la majorité des avoirs nominaux des parieurs sur les dérivés qu’on pourra réorganiser le système monétaro-financier, de façon à rétablir une véritable croissance économique physique par tête et par unité de surface.

On doit le faire. Sinon, la planète sombrera dans un nouvel âge des ténèbres dans un futur proche. Cependant, il faut procéder en respectant les principes de la loi naturelle, et non arbitrairement, et de sorte que le fonctionnement essentiel du système américain d’économie politique reste intact.

Si nous considérons les premières opérations maritimes impérialistes du culte de Delphes, nous reconnaîtrons rapidement que les empires romain et byzantin et le système médiéval Vénitiens-Croisés illustrent bien la conception de l’argent appropriée à un système monétaro-financier impérial. Il en va de même pour le système anglo-hollandais libéral, axé sur la Banque d’Angleterre moderne, celle d’un Montagu Norman qui parraina la montée au pouvoir d’Hitler. Cela devrait nous convaincre qu’il n’y a rien de naturel dans les systèmes monétaro-financiers présentés aujourd’hui dans les universités et les manuels.

Un Jonathan Swift contemporain pourrait commenter qu’un doctorat en science économique, telle qu’on l’enseigne couramment aujourd’hui, aura bientôt une valeur économique bien inférieure à zéro. Il pourrait proposer comme remède de faire payer une amende aux détenteurs de tels diplômes, s’ils tiennent à le conserver.

On notera cependant qu’il existait jadis une conception de l’argent totalement différente, bien ancrée dans la science physique. C’est la science de l’économie physique telle que la développa Gottfried Leibniz au cours de la période 1671-1714 et qui servit de fondement au Système américain d’économie politique, associé aux travaux du ministre des Finances des Etats-Unis (le premier à occuper cette fonction), Alexander Hamilton. Ce système Leibniz-Hamilton sera la base de l’approche adoptée par le président Franklin Roosevelt pour sauver l’économie américaine, juste à temps pour empêcher les forces d’Hitler d’imposer un empire mondial.

Dans la tradition américaine moderne, le système associé à Alexander Hamilton, Henry Carey, Abraham Lincoln et Franklin Roosevelt est l’adversaire naturel du système de libre-échange cher à l’impérialisme libéral anglo-hollandais. Il n’y a aucune congruence entre l’idéologie libérale anglo-hollandaise et le système américain d’économie politique, dont l’intention est implicitement contenue dans le Préambule de la Constitution des Etats-Unis. C’est en ce sens que les Etats-Unis représentent aujourd’hui, pour l’humanité, le seul espoir de sauver le système économique mondial en perdition.

La solution évidente serait de revenir aux remèdes conformes à l’histoire de la Constitution fédérale des Etats-Unis.

Dans la première partie de cet article, l’auteur a montré comment la victoire électorale du Parti démocrate américain, en novembre dernier, était le résultat d’un effet de masse, déclenché par le déploiement de son mouvement de jeunes, le LYM (LaRouche Youth Movement). Après avoir évoqué la nouvelle politique monétaire et économique que le monde devrait adopter pour sortir de la crise, il rappelle ici le devoir qui incombe à la nation de défendre l’intérêt général.

3.2 Le remède de Franklin Roosevelt

Voyez tout ce qu’ont démoli les gouvernements successifs de Richard Nixon, Gerald Ford et Jimmy Carter entre 1970 et 1981, depuis le honteux ralliement du premier au dogme du charlatan Milton Friedman, jusqu’aux sauvages mesures pilotes de « désintégration contrôlée » de l’économie américaine, mises en œuvre sous la direction de la Commission trilatérale et suivant ses prescriptions. En une décennie, tout le système de stabilisation des devises, du commerce et de l’investissement, ainsi que les mesures protectionnistes de « commerce équitable » (fair trade) ayant marqué la relance économique sous Franklin Roosevelt, qui avaient permis de gagner la guerre, furent jetés par dessus bord.

Avant les effets dévastateurs de la longue guerre d’Indochine, les Etats-Unis avaient connu une période de progrès technologique net et de réelle croissance économique (physique) par tête et par kilomètre carré de territoire. A partir de 1967-1968, l’économie américaine entama un déclin, accéléré par les effets catalyseurs, au niveau mondial, de la politique menée par le gouvernement britannique de l’exécrable Harold Wilson.

Dans ce processus, nous devons reconnaître les implications de la mise en garde lancée par le président américain Dwight Eisenhower au moment de quitter ses fonctions, contre ce qu’il appelait le « complexe militaro-industriel ». Contrairement à l’interprétation populiste qui en a été faite à tort, la menace à laquelle il faisait allusion n’était pas tant le fait d’entreprendre des aventures militaires pour faire du profit, mais la manière dont les intérêts impériaux anglo-hollandais comptaient détruire l’économie américaine, avec l’aide de leurs complices sur place, à travers une politique de guerre ruineuse et la tentative d’imposer une dictature. Nous l’avons vu, non seulement dans la crise des missiles de Cuba en 1962 et la longue guerre d’Indochine, mais aussi dans toutes les grandes mesures de réforme de l’économie intérieure et du système monétaire international adoptées depuis l’époque des « soixante-huitards » et le démantèlement délibéré du système de Bretton Woods et du système américain de « commerce équitable » au cours de la période 1970-1981.

L’intention, reflétée aussi dans le bourbier meurtrier qui s’est étendu à toute l’Asie du Sud-Ouest depuis avril 1975, était d’acculer les Etats-Unis à s’auto-détruire, afin d’ouvrir la voie à une ère de « mondialisation » sans nation, cet utopisme néo-médiéval souhaité par le courant libéral anglo-hollandais. Et c’est ce qui s’est produit : le gouvernement Bush-Cheney, oeuvre de George Shultz, a laissé le champ libre au « complexe militaro-industriel » dont parlait le président Eisenhower.

Avec un Président et un vice-Président sains d’esprit, la folie des guerres qui s’étendent en Asie du Sud-Ouest n’aurait pas été possible ; il fallait pour cela une administration présidentielle intellectuellement et moralement corrompue.

Avant cette évolution du marché mondial et de l’économie américaine, de 1967 à 1981, les Etats-Unis de Franklin Roosevelt avaient établi une structure flexible de mesures protectionnistes. Certains y virent le moyen de subventionner les paresseux aux dépens des entreprenants ; soit ces détracteurs étaient stupides, soit ils mentaient, comme aiment à le faire les libéraux d’inclination oligarchique prédatrice et leurs laquais démagogues. En fait, ces réformes « protectionnistes » s’inséraient dans un système parfaitement conforme à l’intention de notre Constitution fédérale, parfois appelé « commerce équitable ».

Le système protectionniste est un impératif implicitement consacré dans le préambule de la Constitution fédérale des Etats-Unis. Ce préambule lui-même exprime, et ce n’est pas un accident, un principe fondamental du droit naturel (agape en grec classique), dont l’affirmation par l’apôtre Paul dans son Epitre aux Corinthiens I,13 est devenue célèbre. Il s’agit aussi du principe fondamental des traités de Westphalie de 1648 : l’avantage d’autrui, sur lequel reposent toutes les formes modernes de la civilisation européenne, y compris le principe d’Etat-nation souverain.

Vous voulez être vraiment chrétien, par exemple ? Ne soutenez pas un néoconservateur !

Ce principe de droit naturel a pour fonction non seulement de protéger les droits de l’individu, mais d’obliger la société à privilégier les activités indispensables ou bénéfiques pour la promotion du bien-être général et le respect effectif des droits humains, conformément à l’injonction faite à l’humanité, telle que la Genèse la présente implicitement. C’est ainsi que le principe de l’immortalité est ancré dans notre droit constitutionnel. L’immortalité - les actes accomplis par les vivants pour produire les effets que leur vie mortelle aura sur le futur - constitue le fondement de tout droit naturel.

Nous sommes une partie vivante du processus de Création, une création qui n’est pas fixe, mais s’inscrit dans un univers en croissance et en développement, dont l’ordre n’est ni fixe ni en cours d’érosion. Nous sommes uniques dans le sens où notre libre-arbitre individuel, doté de pouvoirs créatifs, par exemple la créativité scientifique et artistique propre à l’être humain, fournit la mesure du résultat, et par conséquent la nature de la conformité avec le droit naturel.

Ceci implique, par exemple, que le travail mérite rémunération et que les investissements bénéfiques pour la société doivent être encouragés, les autres non. En économie physique, cela veut dire soutenir les investissements infrastructurels nécessaires pour améliorer la productivité du territoire et du travail, s’il le faut aux dépens des investissements et des activités qui ne le sont pas, tels les instruments spéculatifs pour faire du profit financier.

En même temps, comme le montre l’histoire, il n’existe aucun principe naturel qui prédétermine que, dans des conditions de « libre-échange », les échanges doivent tendre à converger vers l’équilibre souhaité des prix. C’est exactement le contraire que l’on constate au cours de l’histoire.

Le système de taux de change fixes adopté dans le cadre de Bretton Woods et l’instauration de droits de douane et de mécanismes similaires pour créer des conditions de « commerce équitable » sont les caractéristiques de l’organisation économique la plus efficace que le monde ait jamais connue. Ce succès s’explique par l’adoption de mesures protectionnistes, tandis qu’à l’inverse, l’abandon de ces mesures a mené à un déclin net de la productivité physique et du niveau de vie par tête et par kilomètre carré de territoire dans l’ensemble des Etats-Unis, depuis au moins 1977 jusqu’à aujourd’hui. Les données suggérant le contraire ont été consciemment fabriquées par le gouvernement et les institutions concernées.

Si l’on veut, par exemple, éviter à l’économie américaine la perspective inéluctable d’un effondrement généralisé, nous devons augmenter massivement les investissements productifs par tête et par kilomètre carré. Cela ne sera pas possible sans l’aide de sources publiques de crédit. Etant donné les désastres financiers qui ravagent actuellement notre économie nationale, on ne peut fournir une telle quantité de crédit sans être raisonnablement sûr de pouvoir le rembourser d’ici un quart ou un demi-siècle (sur une génération ou deux, donc). Nous devons par conséquent réguler les moyens d’investissement et de production de façon à assurer la stabilité des devises et des structures de prix, ainsi que la fongibilité des obligations à long terme pendant tout ce temps. Pour cela, il faut un système de taux de change fixes.

Le résultat de ces mesures préventives sera une valeur fixe et régulée du dollar américain en tant qu’instrument de crédit à long terme sur les marchés mondiaux, dans le cadre d’accords multilatéraux. Long terme veut dire ici que les comptes seront réglés sur une période de vingt-cinq à cinquante ans. Cela n’est possible qu’à l’aide de régulations fédérales, entre autres.

Ces mesures auront pour effet d’établir une valeur financière stable, absolue et relative, du dollar américain.

4. Créer le nouveau système fédéral

Les mesures à adopter pour sauver les Etats-Unis d’une catastrophe économique, monétaire et financière s’inscrivent dans deux catégories générales. D’abord, nous examinerons les actions que le gouvernement américain doit entreprendre pour répondre aux intérêts immédiats de la nation. Ensuite, nous examinerons les mesures internationales essentielles.

La dégradation de la productivité physique de l’économie américaine, par tête et par kilomètre carré, depuis 1971-72, et depuis 1977-1981, résulte principalement de deux changements de politique économique, entre autres.

Premièrement, la suppression du système monétaire à taux de change fixe établi à Bretton Woods, avec, pour conséquence, une baisse de revenus pour les emplois dans la production physique de biens, tout en provoquant de l’usure nette et une réduction de l’investissement dans l’infrastructure et les biens d’équipement.

Deuxièmement, l’effet de la première mesure a été sérieusement renforcé par la destruction intentionnelle du système de régulation « protectionniste » associé à la politique de « commerce équitable », pour adopter une politique de bas salaires et de baisse accélérée des investissements dans le niveau de vie, l’intensité capitalistique liée à la productivité et l’infrastructure économique de base.

C’est ainsi que depuis 1971, on assiste à un déclin de la productivité physique nette, par tête et par kilomètrecarré, dans l’industrie, l’infrastructure et les services de qualité, constant durant ces 35 années.

Les nations d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale et centrale, par exemple, n’offrent plus aux familles les moins riches (soit 80 % de la population) le même niveau de vie moyen, par tête et par kilomètre carré, que dans les années 1960. De nation ayant toutes les caractéristiques d’une République, les Etats-Unis sont devenus un pays marqué par une pauvreté permanente pour 80 % des ménages, calqué sur le modèle de la société oligarchique dominé par 3 à 20 % de la population.

La chute des emplois dans la production de biens et la prestation de services essentiels de bonne qualité, depuis 1971-1981, a entraîné leur délocalisation vers des nations à plus faible niveau de vie, par tête et par kilomètre carré. Du fait que ce sont des économies pauvres qui produisent désormais pour approvisionner des nations qui produisaient elles-mêmes auparavant ce dont elles avaient besoin, la productivité par tête et par kilomètre carré a baissé au niveau mondial.

Le résultat de cette évolution au cours de la période 1971-2006 est illustré par les « trois courbes » que nous reproduisons ici. En raison de la baisse de la production physique dans les Amériques et en Europe, nous sommes arrivés à un seuil critique où l’effondrement en chaîne des économies des Etats-Unis et de l’Europe occidentale et centrale va ruiner non seulement ces régions elles-mêmes, mais aussi les pays asiatiques exportateurs et d’autres pays plus pauvres dont dépend leur stabilité.

Le remède, pour résumer, est de renverser la tendance des trente-cinq dernières années, sans pour autant faire chuter le niveau de développement technologique réalisé dans les pays asiatiques et africains.

En outre, nous devons reconnaître que durant cette période, le monde a changé, du point de vue technologique, si bien que, faute de renverser le dogme de la croissance zéro et l’hostilité à l’énergie nucléaire, introduits dans les années 1970 et par la suite, en accélérant le développement des technologies thermonucléaires contrôlées, notre planète ne pourra pas faire face aux défis posés par l’épuisement relatif de certaines ressources naturelles, ni aux attentes d’une population mondiale en croissance. A ce stade, le développement conjoint des Etats-nations souverains d’Eurasie illustre bien que notre grand défi sera désormais d’accéder à une nouvelle qualité d’économie mondiale.

Par conséquent, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, nous devons renverser le cours politique suivi depuis environ 1968, tout en nous mobilisant pour répondre aux attentes raisonnables des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique centrale et du Sud. Nous devons lancer, enfin, la Troisième décennie de développement de l’ONU, parallèlement aux révolutions scientifiques et technologiques qu’implique l’accroissement de l’utilisation de toutes les technologies de fission nucléaire et de fusion thermonucléaire.

4.1 Le rôle des Etats-Unis

La responsabilité de l’initiative visant à renverser cette tendance insensée revient, inévitablement, aux Etats-Unis. Et ce, principalement pour deux raisons. D’abord, en dépit des décisions de 1971-72 et de leurs suites, il subsiste des vestiges du système de Bretton Woods, manifestes dans les implications inéluctables du rôle du dollar américain en tant que monnaie de réserve du système du Fonds monétaire international. Deuxièmement, la supériorité du système constitutionnel américain comme remède pour guérir une économie de marché malade est telle, qu’en l’absence d’initiative adéquate du gouvernement américain, le monde ne pourra se remettre de la crise qui s’abat sur nous, avant au moins une génération.

Les mesures d’urgence nécessaires pour sauver le monde de cette menace peuvent être classées, à des fins de formulation politique, en deux catégories : le rôle du gouvernement américain dans la réorganisation du système monétaro-financier international libellé en dollars, et la division internationale du travail, nécessaire pour transformer cette initiative en approche programmatique en vue d’une reprise générale.

Ainsi, la première tâche que doivent entreprendre les Etats-Unis se fera en deux temps. Le gouvernement doit commencer par reconnaître que le bien-être de la nation est menacé par les effets nationaux et mondiaux de la faillite générale en cours du système de Réserve fédérale. Ensuite, il doit mettre ce système en redressement judiciaire, rétablissant de fait un système bancaire national de type « hamiltonien », conforme à la Constitution américaine.

La possibilité même d’empêcher ce type d’effondrement financier en chaîne qui détruirait probablement la nation américaine, exige de mettre les banques et autres institutions financières sous la protection de la loi, comme dans le cas d’une faillite d’entreprise. Le gouvernement doit ensuite traiter les institutions ainsi protégées de façon à assurer le maintien des emplois utiles et le fonctionnement des services publics et privés essentiels dans tous les comtés des Etats-Unis.

Bien qu’il soit nécessaire de protéger les dépôts et d’autres fonctions de ces banques, la préoccupation principale doit être le maintien du fonctionnement de l’économie du comté ou d’un groupe de comtés concernés.

Tous ceux qui refusent de reconnaître que l’intérêt vital de la nation et des communes est de protéger ces fonctions bancaires doivent être considérés comme des malades mentaux ou des idéologues obsédés, faisant passer leurs fantasmes avant le bien-être de la nation et de son peuple. Nous avons besoin d’un système bancaire qui fonctionne, sous protection fédérale, presque comme s’il n’y avait jamais eu de faillite.

Pour défendre le fonctionnement des institutions bancaires, il faudra mettre sous supervision d’importantes masses de créances, les geler. Cela n’annule pas automatiquement leur valeur ; suivant des dispositions légales adaptées aux différents cas, elles pourraient être maintenues comme avoirs. Mais leur utilisation serait régulée, en attendant la résolution du processus de réorganisation.

Les créances sous forme de dettes de jeu, ou d’investissement dans des paris, passeront en dernier. Il serait en effet impossible de maintenir en fonctionnement le système bancaire si l’on ne neutralise pas le libre flux de la masse de créances découlant d’opérations de jeu ou autres paris semblables. On facilitera la gestion de ces créances grâce à des mesures fiscales.

Le deuxième pas nécessaire concerne l’émission de crédit monétaire, sous forme de capital financier, destiné à l’investissement direct par le gouvernement fédéral ou indirect par le biais des Etats ou d’institutions bancaires et financières privées.

L’émission de crédit fédéral a trois objectifs principaux :

  • D’abord, il faut privilégier non pas les emplois peu ou pas qualifiés dans des services optionnels, mais les formes d’emploi productives dans le but explicite d’augmenter qualitativement la productivité par comté. Ceci doit être obtenu sans perte globale d’emploi. Le but est d’améliorer la production physique utile par tête et par kilomètre carré - par rapport au nombre d’individus, au niveau de qualification et au pourcentage de la population - et de mener cette réforme de manière à améliorer le ratio d’emplois productifs par rapport aux emplois non productifs, augmentant ainsi la production physique par tête et par kilomètre carré dans tout le pays.
  • Deuxièmement, la production physique, par tête et par kilomètre carré, doit atteindre des niveaux permettant à la nation de repasser en positif en termes de production physique totale et de productivité par tête et par kilomètre carré.
  • Troisièmement, nous devons privilégier la production basée sur des technologies plus avancées, de préférence à celles qui le sont moins, sauf lorsque le type de production est nécessaire en soi. Généralement, la préférence est donnée à de petites et moyennes entreprises qui constituent le pilier du développement économique local, et aux fonctions publiques essentielles à l’échelle des comtés ou des groupes de comtés. L’objectif national doit être d’augmenter la production et le rendement agricole des régions à travers tout le pays. De même, des mesures de régulation doivent être mises en œuvre en vue de dissuader et de pénaliser les fuites de capitaux excessives d’une entreprise vers une autre.

Pour relancer l’économie, on insistera initialement sur des améliorations à long terme dans l’infrastructure économique de base, sous la houlette du gouvernement fédéral ou des Etats, ce qui se traduira par des investissements à long terme financés par la dette capitalisée, que le gouvernement fédéral a le pouvoir de créer, en aidant les Etats à y parvenir également.

L’objectif doit être de promouvoir la santé économique et la productivité de chaque comté des Etats-Unis. Le développement local doit être considéré comme les fondations sur lesquelles repose l’édifice de l’accomplissement national. Nous devons libérer la nation des griffes des grands groupes supranationaux pour la rendre au peuple.

A cet égard, le soutien pour l’infrastructure économique devrait à nouveau relever, autant que possible, de la responsabilité des Etats et des comtés, et non du gouvernement national. Pour cela, il faut favoriser une structure régionale et locale d’entreprises orientées vers les technologies de pointe. En même temps, il faut favoriser les qualités créatives et les qualifications dans les petites et moyennes entreprises, dont le nombre et la diversité permettent d’assurer une stabilité économique locale. Là où prime la créativité, la concurrence technologique l’emporte sur la concurrence des prix, celle-ci étant le maître mot des aventures financières prédatrices. Les grandes entreprises doivent permettre la réalisation de produits répondant à l’intérêt national, tout en reflétant les pouvoirs producteurs créateurs des petites entreprises à l’échelle locale.

Nous devons mettre fin aux procédés actuels par lesquels l’économie nationale se laisse ruiner de l’intérieur par les opérations financières de la mondialisation. Nous devons déjouer la tentative de faire revivre la folie prédatrice médiévale des croisés normands alliés à l’oligarchie financière vénitienne.

Cette deuxième étape sera couplée à une troisième, consistant à développer l’infrastructure économique essentielle, avec l’aide du gouvernement fédéral et en coopération avec les Etats.

4.2 La science comme profit

Ceci nous ramène au sujet évoqué au premier chapitre de ce rapport. Qu’est-ce qu’un vrai profit pour la société, et comment faut-il le générer et le protéger, sous la forme concrète d’une institution ?

Au cours des semaines précédant les dernières élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le LYM s’est déployé dans différentes régions, de manière coordonnée à l’échelle nationale, dans le cadre de la campagne du Parti démocrate. Une « cellule de manoeuvre » (war room) a été mise sur pied à Leesburg (Virginie), réunissant de jeunes « combattants » ayant l’expérience de batailles politiques antérieures, qui étaient chargés de suivre individuellement certains candidats ou des groupes de candidats. Telle était la mission spécifique du LYM dans la campagne démocrate nationale.

Il ressort d’analyses de résultats réalisées par des experts démocrates, que les marges de victoire, souvent comparables à un raz-de-marée, pour certains sièges à la Chambre ou candidatures au Sénat, sont dues à un accroissement inattendu du soutien apporté aux démocrates par les jeunes adultes, dans la tranche d’âge 18-25 ans, et plus encore dans celle des 25-35 ans. Plus significatif que cet aspect des choses, pour nous, ce sont les interviews de jeunes électeurs attirés par la vague qui déferlait.

Ces analyses ont montré non seulement que le déploiement du LYM avait joué un rôle majeur dans la participation accrue aux scrutins, mais que l’effet de masse déclenché par son déploiement a entraîné des gains incomparablement plus importants que tous les efforts associés à Howard Dean [directeur national du Parti démocrate].

Ce constat a été confirmé par les démocrates élus pour la première fois à la Chambre, lors de leur réunion à la Harvard University de Boston. Pour la plupart, leur candidature n’avait pas été soutenue par l’organisation de campagne dirigée par Howard Dean. Une caractéristique que l’on rencontre chez ces nouveaux élus est leur dévouement à l’intérêt national, et non à leur carrière politique personnelle.

Maintenant, nous devons examiner la manière spécifique dont le LYM s’est déployé pour produire l’effet que j’ai décrit, au début, comme un « effet de masse ». Avec ce mouvement de jeunes, qui s’est développé à partir de discussions que j’ai eues avec des étudiants pendant ma campagne présidentielle démocrate de 2000 et, plus tard, lorsque j’ai soutenu la campagne du sénateur John Kerry en 2004, j’ai mis l’accent sur l’encouragement de la créativité scientifique et artistique, comme je l’ai indiqué au début de ce rapport. L’« effet de masse » généré dans les déploiements repose sur la méthode consistant à encourager, chez les jeunes électeurs de cette tranche d’âge, leurs pouvoirs créatifs.

Ce processus reflète les engagements fondamentaux de mon association philosophique nationale et internationale, notamment le développement et l’application, depuis environ un demi-siècle, de mes découvertes originales dans le domaine de la science de l’économie physique leibnizienne, ainsi que, depuis plus de quarante ans, mes succès dans la prévision économique à long terme.

Le facteur crucial de la tâche-mission adoptée et menée à bien par le LYM réside dans le fait que profit véritable et créativité, scientifique ou autre, sont inséparables.

Après cette introduction à la présentation suivante, qui tente de fournir une définition scientifique solide de ce qu’est une vraie marge de profit dans une économie, j’attire votre attention sur son importance pour concevoir et mettre en oeuvre la reprise de l’économie physique mondiale et sa croissance dans les cinquante prochaines années et au-delà.

Qu’est-ce que la créativité ?

La distinction naturelle essentielle entre l’homme et l’animal réside dans le pouvoir souverain de l’esprit humain de générer et reproduire des découvertes de principes fondamentaux en science physique et en composition artistique classique, ainsi que d’utiliser des idées correspondant à la notion de découverte. Les découvertes de Jean-Sébastien Bach et ceux qui les ont développées en sont un bon exemple. Cette expérience peut être reproduite de la manière la plus efficace chez des adolescents et de jeunes adultes qui revivent, pas à pas, la manière dont Johannes Kepler présente sa découverte originale de la gravitation universelle, en détail, dans La nouvelle astronomie. Prenant en compte le travail de fidèles disciples de Kepler, comme Gottfried Leibniz et Carl F. Gauss, Einstein a souligné, à juste titre, que l’essence de toute science physique moderne compétente peut être exprimée dans le processus de développement dynamique reliant les découvertes de Kepler et de Bernard Riemann.

Dans le domaine de l’infinitésimal apparent, défini par la découverte de la gravitation par Kepler et exprimé par la corrélation orbitale du Soleil, de la Terre et de Mars, l’étudiant éveillé se heurte au problème de reconnaître le sens physique pratique d’un principe, comme la gravité, qui est aussi étendu que l’univers lui-même et s’exprime donc, de ce fait, à chaque instant, même le plus petit, comme un « infinitésimal » apparent. Il ne s’agit pas d’une grandeur mathématique en tant que telle, mais de l’actualité ontologique de la présence du principe universel dans chaque intervalle d’action concevable.

On rencontre cette notion d’infinitésimal comme ombre de l’actualité ontologique dans le contrepoint bien tempéré de Bach où, pendant l’interprétation, le comma apparaît de la même manière que la gravitation s’exprime de manière ontologiquement efficace dans l’infiniment petit.

A l’intersection du contrepoint de Bach, par exemple lorsque son motet Jesu, meine Freude est correctement interprété, on reconnaît cette qualité de l’esprit humain qui se manifeste aussi lorsqu’on revit la découverte de la gravitation par Kepler. Les qualités de l’expérience intellectuelle créative sont l’actualité ontologique d’un phénomène qu’il convient d’appeler la créativité humaine individuelle. Elle exprime la qualité de l’esprit humain qui distingue l’homme de l’animal et le rend supérieur à lui. C’est l’expression infinie/infinitésimale de l’esprit humain trahissant la présence de l’âme immortelle, qui continue de vivre après que le corps mortel s’est éteint. Ce sont ces actes de science, de formes classiques de beauté, actes d’amour implicites pour l’humanité passée et à venir, qui placent absolument la personnalité humaine au-dessus de l’animal.

C’est cette qualité d’activité spécifiquement humaine qui représente la puissance avec laquelle le vrai profit est généré au sein des processus de l’économie physique. C’est cet état d’esprit, cet état de satisfaction personnelle, qui est source du vrai bonheur pour l’individu dans la société.

Ce sens de l’universalité ainsi définie distingue les formes créatrices d’activité sociale humaine, des formes de vie individuelles inférieures du monde cartésien. C’est le travail sur de telles idées qui, tout comme l’interprétation correcte d’un motet de Bach, imprime à l’action sociale et individuelle humaine un sens du divin, de l’universel. C’est cet aspect des choses qui a étonné - et même parfois consterné - certains démocrates, réfléchissant au rôle du déploiement « effet de masse » du LYM dans cette victoire démocrate, à laquelle de jeunes citoyens, âgés de 18 à 35 ans, ont apporté une qualité unique de résultat.

Nourrir ainsi la créativité, notamment la créativité scientifique, qui s’exprime dans la coopération entre individus dans la société et l’économie, incarne l’espoir pour notre nation et pour la contribution potentielle de notre nation au bien-être de l’ensemble de l’humanité. C’est le chant silencieux de la victoire par lequel le chanteur sait qu’il n’est pas une simple bête.


Notes

1. Aux élections du 7 novembre 2006, les démocrates ont remporté 233 sièges à la Chambre contre 202 pour les républicains. Au Sénat, où un tiers des cent sièges était à renouveler, les démocrates en détiennent désormais 49, les républicains 49 et deux sont allés à des candidats indépendants qui s’apparentent cependant au groupe démocrate.

2. Le LaRouche Political Action Committee est le comité d’action politique dirigé par Lyndon LaRouche au sein du Parti démocrate américain.

3. La prévision économique compétente à long terme doit se calquer sur l’exemple fourni par Johannes Kepler dans ses travaux sur l’astronomie, tels qu’ils furent élaborés, suivant la notion leibnizienne de dynamique, dans l’approche de Bernard Riemann des hypergéométries physiques (tensors physiques).

4. « Un grand moment a trouvé un petit peuple. » Réfléchissez à ce jugement porté par Friedrich Schiller (souvent évoqué par ma femme Helga) sur les terribles implications historiques de la Terreur de la Révolution française. L’élan d’optimisme culturel et de percées scientifiques et artistiques, fondé sur l’énergie créatrice découlant des effets combinés de la Renaissance classique de Moses Mendelssohn et Gotthold Lessing et de la Révolution américaine de 1776-1789, revigorant la civilisation européenne de l’époque, devait céder la place au romantisme décadent du début du XIXème siècle, sous la double influence du prédécesseur d’Hitler que fut Napoléon Bonaparte, une concoction du comte Joseph de Maistre, un franc-maçon martiniste, ainsi que du Congrès de Vienne (1814-1815).

5. Lyndon H. LaRouche, Jr., Vernadski & Dirichlet’s Principle, juin 2005.

6. Ibid.

7. Par exemple, le concept d’« économie eurasiatique », la notion d’un groupe d’Etats-nations respectivement souverains, soucieux du développement à long terme à la fois de leur propre économie et de l’économie mondiale, en s’appuyant sur des accords à long terme qui feraient écho au système de Bretton Woods de Franklin Roosevelt, c’est-à-dire avec des taux de change relativement fixes et des taux d’intérêt faibles. Cf. à ce sujet la transcription de la première conférence du LPAC à Berlin en 2006. (EIR, 15 septembre 2006).

8. (Variante : néotonie.) Néologisme faisant écho à une notion introduite notamment par Julian Huxley, de l’UNESCO. Ce terme peut désigner la génération du changement ou l’état qui en résulte. Je souligne les deux options, afin d’insister sur l’acte consistant à provoquer le changement.

9. Allen Salisbury, The Civil War and the American System : América’s Battle with Britain, 1870-1876 (New York : Campaigner Publications, 1978) ; Anton Chaitkin, Treason in America : From Aaron Burr to Averell Harriman (New York : New Benjamin Franklin House, 1985) ; H. Graham Lowry, How the Nation Was Won : America’s Untold Story (Washington, Executive Intelligence Review, 1987).

10. Un certain Président américain est peut-être fou, mais il est peu probable que la majorité des élus du Congrès soient stupides. Têtus, prudents, un peu opportunistes ? Certes. Stupides ? Non. La nouvelle récolte d’élus nous donne espoir.

11. Op.cit., p. 303.

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