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Déclaration de Jacques Cheminade

L’Europe au défi de la City

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par Jacques Cheminade

Les élections européennes auraient pu être l’occasion d’un grand débat politique sur notre avenir. Après le désastre du G20 et l’abandon en rase campagne du Nouveau Bretton Woods par Nicolas Sarkozy à Londres, le gouvernement et l’UMP ont fait en sorte de les réduire à un filet d’eau tiède. Le Parti socialiste, incapable de se donner une mission et livré à ses querelles internes, n’a rien de substantiel à proposer. Seul Debout la République, de Nicolas Dupont-Aignan, et le Front de gauche poursuivent, chacun à leur manière, le combat contre les dogmes libéraux et le traité de Lisbonne. Cependant, aucun mouvement de fond ne se lève pour dénoncer le danger immédiat d’une désintégration économique et sociale du monde dans lequel nous vivons, en traçant les perspectives pour y échapper, à la dimension du tragique de l’histoire présente. Aucun ne désigne clairement l’adversaire, l’ordre oligarchique de la City de Londres et de Wall Street, qui porte en lui les ferments de la guerre de tous contre tous et du choc des civilisations.

Pour notre part, nous n’avons pas pu présenter de liste, faute de moyens financiers dans un système électoral dominé par l’argent, ce qui ne nous empêche pas de tenter obstinément d’inspirer toutes les forces républicaines de notre pays face à l’urgence tragique des choses.

Dans le vide créé par la pusillanimité et l’absence de courage des principaux courants politiques dominant notre pays par leurs réseaux et leurs influences, trois dangers apparaissent.

Le premier, et le plus grand, est la résignation de l’opinion, entretenue par les médias et l’abrutissement de la communication par le virtuel. Un monde de l’immédiat, sans histoire et sans avenir, se substitue ainsi à l’univers de la création humaine, qui s’inspire toujours des élans passés pour transformer l’avenir. Peuplant les écrans d’images, il prive le peuple d’une parole vraie.

Le second est la tentation de la violence dans les rapports sociaux, fomentée par les extrêmes de droite et de gauche, dans la seule perspective de désigner des boucs émissaires, sans remettre en cause le système culturel qui les engendre. L’écologisme, dans ce contexte, n’est qu’une béquille pour la carrière de vieux opportunistes ou une arme pour propager le sentiment que l’homme est un prédateur de la nature, en entretenant le doute sur les créations qui ont porté son histoire.

Le troisième, manifeste dans « l’affaire Dieudonné », est la déchéance du politique dans les manipulations communautaristes. La présence de listes « antisionistes » est ainsi une sinistre farce face aux défis réels que nous lance l’histoire. En attisant le conflit israélo-palestinien en France et en alimentant un antisémitisme « populaire » qui apparaît dans les quartiers, on encourage la haine et la division, non l’égalité et la réconciliation. Faut-il rappeler une fois de plus que le but de toute politique impériale, et aujourd’hui celle de l’Empire britannique auquel M. Sarkozy s’est soumis, est de diviser pour régner, le Moyen-Orient étant, depuis l’accord Sykes-Picot de 1916, le terrain favori de ce jeu criminel ?

Il faut sortir la France, l’Europe et le monde de cette course à l’abîme, non en focalisant les choses sur de faux débats, mais en traçant la voie pour sortir de la mondialisation financière par le développement économique mutuel, et en rassemblant toutes les forces disposées à le faire, sans rejet dogmatique ni préjugé sectaire.

Notre rôle, à Solidarité et Progrès, nous le voyons (après avoir prévu ce qui se passe aujourd’hui comme une conséquence des aberrations d’hier, et proposé la perspective du Nouveau Bretton Woods) comme celui à la fois du fil de l’épée et du catalyseur face au gouffre qui s’ouvre devant nous.

Que des chefs de gouvernement socialistes ou se disant tels, comme José Luis Zapatero ou Gordon Brown, se soient prononcés pour un renouvellement de José Manuel Barroso à la tête de l’Europe, que les listes des « grands » partis soient constituées de recalés d’autres élections au suffrage universel, de ministres en déshérence ou de dirigeants à caser loin de leurs bases d’origine, ne fait qu’entretenir un terrible scepticisme, sans confrontation de différentes visions de notre intérêt commun. Les cyniques disent que la lutte des places s’est substituée à la lutte des classes ; nous disons plutôt que le désir d’occuper des créneaux avantageux s’est substitué à tout sens de mission alors que la crise balaie le monde.

Qu’on ne se plaigne donc pas des « dérives » si on ne traite pas ce qui les engendre. La République a pour mission d’extirper le mal en s’attaquant à ses causes. Lorsqu’elle ne le fait pas, le sommeil de la Raison engendre des monstres.

Voir les 34 commentaires

  • b@sic • 24/05/2009 - 20:43

    (fin)...
    donc pour en revenir à Jacques Cheminade, cela m’attriste de lire ces commentaires, parce que je le vois comme quelqu’un de compétent, réaliste et combattant dont les idées se rapprochent immanquablement de celle de E&R, ce qui m’amène à penser qu’il ne sait en effet pas de quoi il parle à ce sujet. malgré tout, j’espère de tout coeur qu’il fera la différence afin de faire front commun. face à l’unité (volontaire ou non) de la pensée unique, les dissidents doivent s’unir également.
    en fait c’est l’une des personnes que je verrais volontiers au sein d’un futur gouvernement (surement comme ministre des finances, évidemment ^^)...
    "

    voilà, j’espère que vous comprendrez ma déception, malgré tout, mon estime vous reste acquise.

    ps : la limite du nombre de caractères est légèrement handicapante ^^

    Répondre à ce message

  • b@sic • 24/05/2009 - 20:41

    (suite)...

    le problème étant que le nom de "Parti Anti-Sioniste" a tendance à stigmatiser une partie de la population dans l’esprit populaire non informé (ce qui est quelque part le cas, c’est pourquoi il est important de parler de mafia), puisque les médias ne se gênent pas pour confondre systématiquement les notions d’appartenance ethnique, de religion et d’idéologie (comme c’était largement prévisible :/).
    j’aurais aimé entendre de sa part, par exemple, une simple explication du mot "sémite" afin de faire comprendre très simplement que les manipulations médiatiques ne tiennent pas, et prétendre qu’un arabe est antisémite est un non-sens, bref, mettre l’accent sur les simples définitions.

    de plus, je trouve le logo du parti fort mal choisit :/
    personnellement, ce n’est pas l’existence même d’Israël le problème, mais le fait que ce pays illégitime s’est fondé par vol et massacre sur le territoire palestinien par une diaspora qui n’a plus rien à voir avec cette région du monde !
    avant 1947, il n’y avait plus de peuple juif que ceux qui habitaient toujours en Palestine, sous autorité palestinienne, mais toujours une religion juive disséminée sur le globe. je pense que c’est un point fondamental que les gens doivent connaître.

    Répondre à ce message

  • b@sic • 24/05/2009 - 20:40

    bonjour. permettez-moi juste de coller ce message que j’ai déjà posté sur un autre forum en réaction à cet article, je pense qu’il est assez clair :

    "je dois avouer que je voyais d’un mauvais oeil le fait que ce soit Dieudonné qui soit la tête de liste pour des raisons faciles à comprendre je pense :

    Dieudonné est un excellent humoriste, il excelle dans son art, mais je ne pourrais pas dire de même pour ce qui est de la politique. s’il reste fidèle à l’image provocatrice que l’on a de lui sur scène, le fait est qu’il s’agit maintenant d’accéder à une tout autre tribune, et pour ce faire, un intellectuel comme Alain Soral eut été le mieux indiqué pour cette tâche, d’après moi. je pense que "enfoncer ma quenelle dans le fondement du sionisme" est une formule qui fera sourire les amateurs d’étymologie et de définition ne se laissant pas prendre au jeu (du cirque), mais elle aura forcément un autre impact sur le public d’une part, et niveau déclaration publique pour un nouvel arrivant sur la scène politique, ça ne fera pas forcément mouche non plus, surtout si ce n’est pas accompagné d’une solide argumentation derrière....

    Répondre à ce message

  • ffi • 18/05/2009 - 16:56

    c’est en ridiculisant l’intimidation que l’on en libèrera les gens.

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  • ffi • 18/05/2009 - 16:37

    Les humoristes sont les médecins des tabous sociaux.
    S’ils démissionnaient, la tragédie continuerait. Les membres du parti démocratique resteraient tétanisés, porté à la défiance, sur des accusation sans fondement par les médias à la solde des oligarques, invitant à la méfiance de tous contre tous et à un repli sur de pseudo-identités.

    Or, en politique, il n’y a qu’une identité, c’est l’humanité, elle est des deux cotés du fouet, la sectionner en morceaux est un crime.

    Cheminade, Meyssan, Soral, Dieudonné, Lacroix-Riz, antisémites ? Quelle blague !

    La commission Pécora, c’était il y a 70 ans. L’histoire ne se répète jamais, elle en marche. C’est Dieudonné qui s’en est emparé. A sa manière, sur un terrain casse-gueule, certes, mais il a agit, il a pris le taureau par les cornes. Quel courage ! J’espère vivement que S&P va l’accepter, et que grâce à cela, cette commission d’enquête, elle existera !

    Si S&P pouvait clarifier sa position. Merci.

    Répondre à ce message

  • ffi • 18/05/2009 - 16:20

    Thucydide écrivait déjà, 400 ans avant Jésus-Christ, dans “La guerre du Péloponnèse” : « Qui plus est, ceux qui y prenaient la parole étaient du complot et les discours qu’ils prononçaient avaient été soumis au préalable à l’examen de leurs amis. Aucune opposition ne se manifestait parmi le reste des citoyens, qu’effrayait le nombre des conjurés. Lorsque que quelqu’un essayait malgré tout des les contredire, on trouvait aussitôt un moyen commode des les faire mourir. Les meurtriers n’étaient pas recherchés et aucune poursuite n’était engagée contre ceux qu’on soupçonnait. Le peuple ne réagissait pas et les gens étaient tellement terrorisés qu’ils s’estimaient heureux, même en restant muet, d’échapper aux violences. Croyant les conjurés bien plus nombreux qu’ils n’étaient, ils avaient le sentiment d’une impuissance complète. La ville était trop grande et ils ne se connaissaient pas assez les uns les autres, pour qu’il leur fût possible de découvrir ce qu’il en était vraiment. Dans ces conditions, si indigné qu’on fût, on ne pouvait confier ses griefs à personne. On devait donc renoncer à engager une action contre les coupables, car il eût fallut pour cela s’adresser soit à un inconnu, soit à une personne de connaissance en qui on n’avait pas confiance. Dans le parti démocratique, les relations personnelles étaient partout empreintes de méfiance, et l’on se demandait toujours si celui auquel on avait à faire n’était pas de connivence avec les conjuré ».

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  • ffi • 17/05/2009 - 01:34

    Larouche parlait du mythe de la tragédie Dyonysiaque. Jean-Pierre Vernant, dans son livre "les dieux, les hommes", l’interprète ainsi : Certaines idées ont parfois un caractère de maladie.
    Vous-même, vous pratiquez souvent l’humour pour faire passer l’envie des idées folles. C’est ce que fait Dieudonné.
    Contre les banques ? Antisémite. Pour la vérité sur le 11/09 ? Antisémite. Critique du ministre des affaires étrangères ? Antisémite... Ceci doit changer.
    L’impérialisme Britannique est pour l’américain Larouche, ce que le sionisme est au moyen-orient.

    Oliver Cromwell ne fut-il pas le premier à déclarer vouloir mettre les juifs en Palestine ? Les courants évangélistes (eux-aussi sortis du chapeau anglais) sont fortement sionistes.

    En étant pris complètement par surprise, les oligarchies semblent paniquer. La menace d’interdiction de la liste. La tentative pour empêcher de déposer la liste, sont irrationnels.

    L’instrumentalisation de la Shoah est l’élément essentiel sur laquelle l’extrême-droite joue pour progresser.

    En attaquant sur le sionisme, l’entreprise coloniale, avec le comique Dieudonné, en faisant valoir dans le débat une distinction claire entre les termes antisémites et antisioniste, le tabou inconscient sur lequel ont fait chaque fois buter le débat peut cesser.

    La parole sera plus libre pour les anti-impérialistes qui dénoncent le fascisme maquillé de liberté.

    Une imposture en cache toujours une autre, puis une autre, ...

    Répondre à ce message

  • Victor B. • 08/05/2009 - 01:34

    Chers concitoyens,

    je suis cadre à Egalité et Réconciliation et je suis à l’origine des venues de Mr Cheminade à la Main d’Or il y a un an puis à notre Université de novembre dernier.

    je me permets de réagir à cet article puisque je pense bien connaître Jacques et ses positions envers notre combat.

    Tout d’abord, je ne considère pas ce texte comme une attaque ni même un coup bas. Je connais les positions de Solidarité et Progrès sur l’Empire et le sionisme, et nous avons pris note depuis longtemps de nos divergences d’oppinion.

    Juste quelques remarques :

    - je n’ai pas l’impression que ce soit cette liste qui importe le conflit israélo-palestinien en France. Des pseudos-intellectuels et artistes s’en chargent très bien et depuis très longtemps.

    - nous essayons juste de désamorcer un problème qui vient surtout d’une impossibilité de dialogue. Le crif prétend représenter la communauté juive de France qui ne lui a rien demandé. Cette bande de mafieux a pris en otage des gens qui sont avant tout français et qui aspirent comme vous et moi à vivre en paix dans leur pays, pas d’être opposés à d’autres pseudo-communautés. Le communautarisme sioniste est le modèle des autres communautaristes victimaires en France, et lutter contre celui-là, c’est lutter contre tous les autres. C’est ce que nous dirions, si nous étions sans cesse taxer d’antisémitisme, et que nous n’avions pas à nous défendre continuellement sur ce sujet.

    • leburg • 09/05/2009 - 23:08

      Je voulais répondre à Jacques Cheminade sur son jugement à "l’emporte pièce" à propos de la liste Dieudonné, et, lisant les commentaires, réponds donc à Victor B, qui a bien fait de réagir :
      Je pense qu’ à des degrés divers, nous avons tous, ici présents, fini par accepter et comprendre certaines manipulations et jeu de pouvoir dont l’origine gravite entre la City et Washington (Wall St plutot ces temps-çi ?), Alain Soral et Dieudonné compris.
      Les médias officiels sont évidemment les premiers à entretenir l’amalgame entre sionisme et anti-sémitisme, évidemment.
      Il est facile de comprendre le "conformisme" de Jacques Cheminade à cet égard, sachant qu’il a lui mème dû faire face à ce genre d’attaques.
      Mais en mème temps -ne serait-ce que par compassion avec certains amis familialement liés à la communauté "juive"- je ne peux que prendre la défense d’un Dieudonné !
      Le sionisme construit et entretient l’anti-sémitisme ; car il en a besoin.
      Et il y a pire ; les méthodes qu’il utilise sont effrayantes ; chantage, calomnies, mensonges et déformations. Il est inquiétant que désormais historiens ou simples citoyens risquent la prison dans de plus en plus de pays pour oser douter de tel fait historique, de telle opinion non conforme...
      C’est devenu une dictature de la pensée, et c’est donc absolument inacceptable.

      Dieudonné n’est peut-ètre pas le plus subtil, mais ça n’est pas une raison pour l’enfoncer, car le fond est juste, mème si ce n’est pas le plus fondamental.

    • capnpoc • 14/05/2009 - 22:41

      Je remercie monsieur B. de ce commentaire, bien utile à ce qu’il me semble, pour dépassionner ce vrai faux débat. Ce texte, je crois que J. Cheminade ne l’aura fait ni par vanité personnelle, ni sous le coup d’une mesquinerie arrière-boutiquière (hypothèse hilarante quand on connaît l’homme) mais bien par respect de son démon, son effrontée malice pédagogique. Ce n’est bien sûr là que mon opinion !

      Cela dit, si j’en crois monsieur B., voici succintement résumé dans son dernier paragraphe ce à quoi son mouvement résiste. Tel que je vois la chose, la tactique est donc, en choisissant le communautarisme le plus actif, de combattre tout communautarisme (du moins en france, etc., pour ensuite, revenir au fond de la question, le développement.)

      Je crois que l’intention de J. Cheminade, et que le rôle de S&P, est ici de tirer la sonnette d’alarme, contre l’anti-isme comme méthode. Une méthode n’est jamais qu’une lettre, et la lettre fait toujours oublier l’esprit. Peu importe quel communauté va s’instrumentaliser, inconsciemment ou cyniquement, dans un "communautarisme victimaire" : c’est la notion même de bouc émissaire qui est erronée, car elle ravale l’homme à un symbole magique, ou à une bête utilitaire (deux faces d’un même complexe face à sa nature créatrice, si démontrable et si combattue.)
      1/2

    • capnpoc • 14/05/2009 - 23:44

      Le sociologue René Girard (des choses cachées depuis la fondation du monde, livre de poche) échafaude une puissante théorie de la civilisation sur le principe du bouc émissaire, simple partie émergée pour lui du principe de ’mimésis" : instinct humain d’imitation.
      L’ex-étudiant de classe préparatoire qui sommeille en moi a beaucoup apprécié l’audace et la portée du système, qui certes explique beaucoup d’H/histoire-s. Mais le jeune homme curieux et responsable a du tempéré l’ardeur de son jeune égo romantique , brûlant de découdre et de gagner, en culture comme en politique. Car la mimesis n’expliquait en rien le paradoxe de la culture, la dialectique des arts et de la science, qui tout d’abord n’existent pas, puis qui naissent, qu’entre temps seul l’homme a généré.

      La noétique, tel qu’en parlent Larouche ou Cheminade, consiste à choisir un autre principe fondamental en politique et en économie, celui de ’poiesis’ : l’instinct humain de création, de transformation radicale du monde... pour notre perte ou notre profit, "pour le meilleur ou pour le pire", une fois que science et arts sont "acquis" : selon la vision qu’on aura de l’autre (et je crois inconsciemment un peu de soi).

    • capnpoc • 14/05/2009 - 23:51

      Henri de Lubac rappelait que "ce n’est pas vrai que l’homme ne puisse organiser le monde sans Dieu. Ce qui est vrai, c’est que sans Dieu, il ne peut l’organiser que contre l’homme." Or pour ne pas tomber dans la bigoterie, ni même la pâle bigoterie qu’est parfois la religion aujourd’hui, il faut et il suffit que l’homme reconnaisse, non qu’il est créateur car la loi le dit, mais s’il est créateur car son esprit le reconnaît, en lui comme en son prochain. Bref, s’il se libère par la ’poiesis’, développe de nouvelles ressources et décuple son pouvoir de vivre et de faire vivre, ou s’il se piège par ’mimesis’ dans l’éternel retour du bouc émissaire, tour à tour victime et tyran.

      S’il se piégeait depuis la nuit des temps, on partirait d’une immense population, se détruisant par soubresauts ou de façon continue ; ou bien quelque dieu ou diablotin remplirait magiquement le réservoir d’essence humaine... La bigoterie, là, vaudrait le coup ! Par contre point besoin de conscience morale, car ni art, ni science, ni politique économique ne changeraient rien au destin ! C’est finalement ça, le libéralisme : suivre son intérêt par désespoir, comme une illusion nécessaire, parce qu’il faut bien vivre. Terrible destin : devoir profiter de son profit, quand on le sait sans intérêt ? Le libéral fuit donc en avant, la patte cassée et l’autre folle, toujours plus près du précipice (d’une plus grosse crise, proportionnée aux sciences et arts nouveaux, plus puissants).

    • capnpoc • 15/05/2009 - 00:04

      On peut combattre ce libéralisme. Comme on combat le communautarisme. Par la "Longue Marche", cyniquement dénoncée par Kundera, ou mieux : le grand soir, le jugement dernier ! Quelques commentaires reflétaient clairement cette disposition. Peut-être est-ce réalisme ? Je préfère l’idéalisme, l’exhaltation étant mauvaise conseillère, vraiment trop proche de la bigoterie. De plus j’ai la faiblesse de croire que le réel préfère les patients et "les doux", à certains Justes auto-proclamés. Dieu sait qu’un Bernanos avait de la conviction, mais point de feulante fatuité.

      Si vous incarnez tout ce qu’un courant existant apprend à craindre comme son ennemi, il faudrait que vous soyez tout puissant pour prouver que vous ne voulez pas le détruire. Sinon vous risquez de vous battre sans fin, sans jamais parler d’humain à humain. Serez-vous donc si puissants ? Quant bien même, leur peur n’en serait que plus grande, et je crois que c’est là la vraie racine de la haine et de l’injustice.

      Pour moi l’esprit de votre combat, que j’assimile volontiers au mien, entraîne l’action, la loi et le verbe, sur un autre champ de bataille. Quand un bouc émissaire dénonce un autre bouc émissaire, qui gagne sinon le cuistot et le cuistre ?

      Je m’excuse d’avoir été aussi long, mais comme je parlais de l’intention de S&P, il me fallait tenter d’en transmettre le fonds et l’esprit, qui est cette vision optimiste de l’homme en société.

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  • Colbert_ • 11/05/2009 - 22:57

    Jacques Cheminade a quelques défauts.
    Son journal a traîné plus bas que terre les Serbes durant des années 90. Il les comparait à des nazis de la pire espèce, alors que les Serbes à leur manière luttaient courageusement pour la défense de leur patrie et contre le mondialisme.
    Mais ce point mis à part, Jacques est pour l’essentiel sur la bonne voie.
    Il dénonce les forces liées au trafic des drogues, et au blocage du développement ( blocages de la fusion, de l’aérotrain, du transport routier, etc ...) Ces forces conduisent l’espèce humaine au suicide.
    La Division est l’arme de nos ennemis.
    Jacques a voulu souligner, je pense, que la principale division est celle qui désunit gauche et droite, ouvriers et patrons, pour le profit de l’usurier et du seigneur féodal.
    Veuillez songer les uns et les autres à la grave responsabilité que vous prenez en vous querellant vainement !
    Bien cordialement.

    Répondre à ce message

  • BLL • 09/05/2009 - 19:25

    Ce que je viens de lire sur la liste antisioniste me déçoit profondément. Derrière une "rebellitude" de bon aloi, se cache des appels du pied désespérés pour "en être".

    Le Front de gauche ? Mais il revendique d’être le "trait d’union entre toutes les gauches", bref d’être le pivot d’un gouvernement social démocrate. Le sénateur Mélenchon, qui ne critique jamais la boutique et ne crache pas dans la soupe, sait en effet mesurer ses critiques sur la république à papa.

    Debout la République ? Son leader est biern évidemment payé par le pouvoir pour récupérer et neutraliser quelques gaullistes déçus, son président étant un ancien de la fondation franco-américaine (!).

    Parler "d’antisémitisme populaire" est vraiment une blague.

    Fort avec les faibles, faibles avec les forts.

    Plutôt que de faire dans la bigoterie progressiste, déjà démasquée par Michéa comme la jambe gauche du libéralisme, on aurait attendu une vraie option radicalement nouvelle.

    Mais la république est bonne fille et l’on aime, en bon français, toujours ce qui est clinquant à ce qui est sérieux.

    Je sais désormais ou se situe S&P, moi qui le suis depuis 2 ans.

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