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Les analyses de Jacques Cheminade

L’arnaque des banques : une conséquence du système économique actuel

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L’arnaque à laquelle se livrent les six grands réseaux bancaires français - BNP-Paribas, groupe Banque populaire, groupe Caisse d’épargne, Crédit agricole-Crédit lyonnais, Crédit mutuel, Société générale - sur la gestion des crédits et des comptes de particuliers, c’est-à-dire à l’encontre de vous et moi, vient d’être confirmée par une enquête d’UFC-Que choisir (octobre 2004). Il ne s’agit pas d’un scandale propre à ces établissements. C’est bien plus grave : leur gestion n’est que le reflet de la manière dont opère le système économique actuel. En effet, ces banques pillent les petits et réalisent à leurs dépens des marges bénéficiaires énormes (progrès de 30 à 50% au cours du premier semestre 2004), alors qu’elles-mêmes spéculent sur les marchés financiers internationaux avec le produit de ce pillage et offrent aux gros clients des conditions « étudiées « bien plus favorables ! Elles fournissent ainsi de moins en moins d’énergie à l’économie sous forme de crédits productifs et ne prêtent qu’à ceux qui disposent déjà de fonds ou de patrimoines importants.

Qu’est-ce qu’une banque ?

Une banque, normalement, dans une économie en croissance physique et humaine comme celle de l’après-guerre, créait de la monnaie en fournissant du crédit à l’économie, sous la tutelle étroite de la Banque de France. Ainsi, le crédit pouvait être dirigé en fonction d’un projet national, coordonné avec les projets d’autres pays. Les banques gardaient également l’argent.

Aujourd’hui, elles ne gardent plus l’argent (90% des transactions des Français sont effectuées sous forme de mouvement de cartes bancaires ou de chèques) et n’alimentent plus la croissance réelle des entreprises. Alors, que sont-elles devenues et que font-elles ? Elles sont devenues privées, et elles battent monnaie hors de tout contrôle politique national, sous contrôle de la Banque centrale européenne (BCE), qui applique la politique financière malthusienne dominante. M. Jean-Claude Trichet, ex-membre du PSU et haut fonctionnaire volontariste, devenu président de la BCE et monétariste malthusien, est un exemple concret de cette conversion.

Que font aujourd’hui les banques ?

La BCE dit que l’argent doit être rare et cher. Les banques prêtent donc ce bien précieux aux riches, qui présentent moins de risques de défaillances que les pauvres.

Elles écartent les très pauvres du système : selon les estimations des travailleurs sociaux et des associations de lutte contre l’exclusion, la France compterait aujourd’hui au moins six millions d’« oubliés du système bancaire ». Puis elles s’efforcent de tirer le maximum des moins pauvres et des classes moyennes. Comment ? En inventant des frais payants qu’elles baptisent « nouveaux services » et en salant ceux qui existent déjà. C’est l’arnaque dont parle Que choisir.

Les banques ont ainsi trouvé cent quatre-vingts motifs de facturation, alors qu’il y a quinze ans, on pouvait compter ces services sur les doigts des deux mains ! Pour taxer ces opérations, elles ont eu recours à l’informatisation. Grâce aux ordinateurs, elles ont obtenu que le client fasse l’ancien boulot du guichetier, qu’en plus il paye pour ça et que le guichetier soit viré. Dans les manuels de gestion, cela s’appelle « modernisation ».

Catalogue des rackets

UFC-Que choisir a établi les marges bénéficiaires de sept grandes banques sur trois services parmi les plus usuels : virements, prélèvements et retraits d’argent dans les distributeurs automatiques de billets.

La mise en place d’un prélèvement est gratuite pour le client, mais elle est facturée aux bénéficiaires (opérateurs télécoms, assureurs...) s’ils sont privés. Leur marge moyenne tourne autour de 65 à 70% par prélèvement ! Cependant, les banques vont encore plus loin et tentent désormais de tarifer ce service aux particuliers.

La mise en place d’un virement permanent est facturée par trois établissements et tous prélèvent un euro lors de la réalisation de l’opération. Cependant, en ajoutant à ces prix facturés les revenus indirects générés par un virement (placements financiers de la banque) et en intégrant les coûts commerciaux, la marge dégagée devient énorme. Pour un virement occasionnel au guichet, les frais sont de 2 euros, avec 60% de marge bénéficiaire pour la banque !

Quant aux automates DAB, la majorité des banques facture 1 euro chaque retrait « déplacé » (c’est-à-dire effectué sur un automate d’un réseau concurrent), suivant la BNP qui a ouvert la voie en 1996. La tarification est assortie d’une franchise autorisant un nombre de retraits limités par mois, mais plus il s’agit d’une carte haut de gamme, plus la franchise est importante, suivant le principe généralement appliqué de faire payer les moins pourvus. Résultat : une marge bénéficiaire d’environ 35 % sur chaque opération (11% pour La Poste, qui est - pour combien de temps encore ? - la dame patronnesse du système). Il est vrai que si vous demandez de l’argent liquide au guichet, ce sera pire : le Crédit lyonnais prélève 7,50 euros pour chaque retrait !

Cependant, prélèvements, virements et retraits dans un DAB ne sont qu’un aspect du scandale. La cotisation annuelle pour une carte bancaire est particulièrement élevée en France, en moyenne deux fois plus chère qu’en Allemagne. Et le coût d’un changement de banque assomme le client : l’UFC a évalué le coût de clôture à 335 euros en moyenne (frais de clôture, transfert de plan d’épargne logement, transfert d’actions et d’obligations, etc.).

Résultat de ces rackets : selon l’Institut national de la consommation, le coût d’utilisation d’un compte de dépôt à vue a augmenté de 129% en 18 ans (trois fois plus que l’indice général des prix à la consommation). Globalement, les clients vaches à lait ont ainsi permis aux banques d’atteindre en moyenne des marges supérieures à 90% !

Que faire ?

L’on ne peut, dans le système actuel, pas faire grand-chose individuellement. D’abord, le coût d’un changement de banque est, nous l’avons vu, très élevé. Ensuite, toutes les banques pratiquent de plus en plus des tarifs analogues et ont manifestement conclu un « pacte de non agression commerciale sur le prix des services », selon M. Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir. Enfin, si l’on est parmi les plus pauvres, l’exclusion du service est totale.

Collectivement, Que choisir entend agir sur plusieurs fronts et propose une couverture bancaire universelle gratuite (CBU) de la même manière que la CMU a été généralisée pour permettre à tous l’accès aux soins médicaux. Il propose aussi une normalisation dans la présentation des frais bancaires, afin que les comparaisons soient possibles entre établissements, une diminution des marges excessives et la suppression des barrières au changement de banque afin qu’une concurrence puisse jouer.

Cependant, pour utiles qu’elles soient, toutes ces propositions se situent dans le cadre du « marché » actuel : lutte de tous contre tous et loi du plus fort. Dans ce cadre, il est logique que les pauvres et les très pauvres soient exclus, les moins pauvres et les classes moyennes rackettés et les plus riches servis par la rente financière. C’est le système qui ainsi court à sa perte, en détruisant la substance économique et physique sur laquelle il repose et en pénalisant l’industrie et le travail humain.

Les banques ne pourront redevenir de vraies banques, alimentant l’économie, que si une volonté politique redonne le la du bien commun, à partir d’une banque nationale.

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