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Les écrits de Lyndon LaRouche

L’économie et les idées

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Voici la préface du nouveau livre de Lyndon H. LaRouche, Les cinquante prochaines années de la Terre (février 2005, bientôt disponible en français).

Au printemps 2000, l’éclatement de la bulle des produits dérivés associés à l’IT, gonflée tout au long des années 90 sous l’impulsion d’Alan Greenspan, a créé les conditions favorables à l’émergence d’une crise générale du système financier et monétaire mondial qui n’a cessé de s’amplifier depuis, sur fond d’effondrement économique. Cet effondrement n’est pas quelque chose qui risque de se produire prochainement : il est déjà en cours, et ce à une vitesse exponentielle depuis l’installation de George W. Bush à la Maison-Blanche.

Les cinq essais réunis dans ce livre résument, d’une part, les causes étroitement corrélées de la chute inévitable de l’actuel système financier et monétaire et, d’autre part, l’indispensable système appelé à le remplacer.

La première leçon à tirer de cette situation est que ce système financier et monétaire mondial, mis en place dans la période 1971-1975, ne peut en aucun cas se maintenir très longtemps. Autrement dit, la façon de penser qui règne aujourd’hui dans les principaux cercles politiques et d’affaires condamne le monde à une situation désespérée.

Les solutions évoquées dans les cinq chapitres de ce livre reposent sur ce qui est connu depuis la fin du XVIIIème siècle comme le Système américain d’économie politique. Le système monétaire de Bretton Woods conçu par le président américain Franklin Roosevelt, couplé à d’autres réformes mises en oeuvre aux Etats-Unis entre 1933 et 1945, illustre bien la différence entre ce système américain et le système libéral anglo-hollandais qui s’est imposé de plus en plus sur la scène mondiale depuis le traité de Paris, en février 1763, excepté pendant une courte période allant de la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’au démantèlement du système de Bretton Woods.

Autrement dit : tout effort pour obliger le monde à accepter la logique régissant la politique économique en vigueur depuis 1971-75, et qui est aussi celle du système de l’Union européenne, mènerait à la pire des catastrophes économiques de l’histoire mondiale moderne. A moins de libérer le monde de cette logique, la désintégration du système actuel précipitera inéluctablement, et pour longtemps, l’humanité dans un nouvel âge des ténèbres planétaire, similaire à celui qui sévit en Europe au XIVème siècle, mais cette fois, il sera global et durera bien plus longtemps. Tout désaccord avec cette prévision témoigne d’une grande illusion.

Voilà le véritable et principal problème auquel sont confrontés tous les gouvernements et populations du monde, surtout les Américains. En effet, sur ce point, les décisions prises aux Etats-Unis seront probablement cruciales pour soustraire le monde au danger imminent que cette crise représente déjà pour l’humanité entière.

Les faits sont, pour l’essentiel, énoncés dans ce livre. Pourtant, bien que l’argument développé soit irréfutable sur le plan factuel, la plupart des lecteurs chercheront obstinément à s’accrocher aux mêmes habitudes de penser qui ont déjà conduit le monde au bord du précipice. « Oui, mais », « oui, mais... », s’obstineront-ils à répéter, pour tenter de se convaincre qu’il n’est pas nécessaire de rompre avec les habitudes mentales qui les entraînent, tels les lemmings légendaires, vers la destruction de la civilisation mondiale. Pour beaucoup, ces habitudes mentales sont plus précieuses que la survie même de leur nation, voire de la civilisation.

Je saisis donc cette occasion pour mettre en lumière les origines et la nature du désordre mental en cause. Le problème essentiel découle de l’ignorance de ce qu’est la nature de la créativité humaine, ignorance qui affecte aujourd’hui la plupart des populations américaines et européennes. Pour le dire plus simplement : la plupart des gens, y compris les plus éminents au sein du gouvernement ou de nos universités, aiment à employer le mot « créativité » en toutes circonstances, prétendant l’admirer beaucoup, mais en général, ils ne savent même pas ce qu’est la « créativité de l’individu humain ».

Je me suis efforcé, tout au long des cinq essais rassemblés dans ce livre, de définir cette créativité et son rôle. Cependant, dans cette préface, je dois y ajouter un élément crucial.

« Créativité humaine »

Dans la philosophie économique européenne, la « créativité » est associée au principe « prométhéen », c’est-à-dire la découverte et l’application savante par l’homme de principes physiques universels, en vue d’augmenter son potentiel de densité démographique relative, ainsi que la production physique nette par tête et par kilomètre carré. Cette notion apparaît sous une forme négative dans le mythe de Zeus, le dieu suprême du Mont Olympe, qui interdit de transmettre à l’homme la connaissance de la créativité. Elle se manifeste, à nouveau de manière négative, dans l’histoire des Etats du Sud des Etats-Unis, avec l’interdiction d’alphabétiser les esclaves, puis, après la guerre de Sécession, en concédant à leurs descendants le minimum d’éducation nécessaire pour faire le type de travail relativement dégradant auquel on les destinait. Le même problème est reflété dans la politique de « globalisation » qui a transformé les Etats-Unis en un champ de ruines « post-industriel ». On le voit aussi dans la réforme de l’éducation adoptée par le président George W. Bush ("No Child Left Behind », aucun enfant en doit rester en arrière), visant à éliminer de notre société toute créativité

La relance de l’économie ne sera possible qu’en revenant à une politique économique qui pénalise les escroqueries financières géantes comme celle d’Enron et investisse dans la promotion de la véritable créativité, scientifique et autre. Les Etats-Unis doivent renouer avec leur attachement à l’excellence infrastructurelle et agro-industrielle d’il y a quarante ans, faute de quoi notre république perdra tout espoir de survie durable. En même temps, pour réussir cette relance, nous devons renouer avec les objectifs d’éducation appliqués dans nos meilleures écoles et universités à l’époque où l’on envoya les premiers hommes sur la Lune. Ainsi, il faudra rapidement apprendre ce que le président George W. Bush ne pourra sans doute jamais comprendre : la signification de la véritable créativité. Soyez patient le temps que j’élabore mon propos ; je vais vous l’expliquer aussi simplement que le sujet le permet.

La première définition scientifique connue de cette qualité de créativité que nous rencontrons en étudiant l’histoire de la culture européenne apparaît dans la culture de la Grèce antique au sens large, sous forme de la notion de découverte de puissances (dynamis). Cette notion, que l’on rencontre dans les oeuvres de Thalès, des pythagoriciens et de Platon, leur avait été transmise par leurs maîtres, les astronomes égyptiens ; en Grèce, ce travail était appelé la « sphérique » . De même, la découverte et le développement tout à fait originaux du principe de la gravitation universelle par Johannes Kepler est un exemple moderne extrêmement important de cette notion de créativité.

La créativité signifie la découverte et l’application de puissances permettant à l’homme d’améliorer la qualité de vie des membres de la société et d’en augmenter le nombre ; aucune espèce animale n’a cette capacité.

Cette notion de puissances, connue des Grecs de la période classique pré-aristotélicienne, fut reprise dans la politique sociale de la civilisation européenne moderne, au cours de la Renaissance du XVème siècle, par le cardinal Nicolas de Cues, dont Léonard de Vinci et Kepler furent les illustres disciples directs. Gottfried Leibniz repris cette notion de puissances, basant le fondement de sa science de l’économie physique sur cette notion d’un principe physique universel, la force (Kraft). Leibniz inaugura l’utilisation moderne de ce terme en physique mathématique, dans ses définitions véritablement originales du calcul infinitésimal et de logarithmes naturels sous la rubrique du principe physique universel de moindre action. Ce principe fut développé plus avant par Carl Gauss dans sa dissertation doctorale de 1799, où il attaque les erreurs cruciales de principe qui faussent les calculs de fanatiques idéologiques comme d’Alembert, Euler et Lagrange .

Poursuivi en collaboration avec plusieurs contemporains de Gauss, cet axe de recherche se retrouve dans les idées fondamentales de Bernard Riemann, notamment dans sa Théorie des fonctions d’Abel. Cette œuvre de Riemann, qui présente la notion physique du domaine complexe de Kepler, Leibniz, Gauss, etc., fournit la base méthodologique actuellement disponible pour toute science compétente de l’économie physique. C’est le principal point de référence de toute discussion pertinente concernant la créativité, scientifiquement parlant, en science physique en général et en science économique en particulier.

Ce concept, qui fut très concrètement appliqué par le gouvernement de Franklin Roosevelt, est la seule méthode possible pour sauver les Etats-Unis - et le monde - d’une chute au plus profond d’un nouveau siècle de fer et de plomb. C’est à cette orientation culturelle que notre république doit revenir sur le champ.

Ces questions, et leur développement depuis les pythagoriciens comme Archytas jusqu’aux travaux de Gauss et de Riemann, constituent le cœur de l’introduction aux études supérieures, telle que je l’ai préconisée au mouvement de jeunes larouchistes (LYM). En plus de cette approche à la connaissance élémentaire des principes de la créativité scientifique, le LYM doit étudier différents aspects de la composition artistique classique, tels que l’exploration des implications du motet Jesu, meine Freude de Jean-Sébastien Bach. Se concentrer ainsi sur les fondements élémentaires de l’art et de la science classiques devrait permettre d’éviter les habituels écueils doctrinaires rencontrés par la plupart des mouvements de jeunesse politique actuels, en mettant l’accent sur une éducation rigoureuse permettant au jeune de revivre les expériences historiques décisives de la vraie créativité, encore vivace dans le meilleur de la science et de l’art classique avant les changements de ces quarante dernières années.

Pour que la société accède à la maturité morale et intellectuelle, les jeunes, comme ceux du LYM, doivent s’y préparer en se familiarisant avec l’expérience juvénile des futurs génies, qui les mena aux plus grands exploits créatifs de l’histoire de notre société. Pour cela, jetons les manuels et autres adeptes de l’apprentissage par cœur et reproduisons la validation d’une importante découverte de principe venant du passé.

Aujourd’hui, pour connaître la civilisation européenne, il faut étudier beaucoup plus que ses 2500 ans d’histoire, notamment ses origines dans la science astronomique de l’Egypte ancienne, définie comme la sphérique ; au lieu de vous contenter de connaître le nom de l’endroit où vous avez été transporté, découvrez, par expérience personnelle, la route permettant de s’y rendre - la route la plus convenable menant à la destination choisie. Apprenez à connaître l’histoire en revivant l’expérience de ses découvertes les plus fondamentales. Apprenez à connaître la créativité en la reproduisant en conformité avec l’acte de découverte original et indépendant d’un principe physique universel.

En lisant ce livre, le lecteur est invité à réaliser un authentique acte de découverte créatrice, tout en reconnaissant que cet acte de créativité possède lui-même une existence efficiente de qualité subsistante, dans le sens de ce que les anciens pythagoriciens et leurs disciples définissaient comme les puissances, de même que Kepler définissait comme une puissance la gravitation en tant que telle. Cependant, pour cela, certaines mauvaises habitudes populaires, qui constituent de puissants obstacles, doivent être identifiées et surmontées.

Créativité et morale

La créativité, telle que je viens de l’identifier, reflète tout simplement la différence entre le singe et vous. Cette différence revêt en fait deux aspects. Le premier, c’est qu’un membre de l’espèce humaine peut augmenter le potentiel de densité démographique relative de celle-ci en mettant volontairement à contribution sa propre créativité, alors qu’aucun animal n’en est capable. Deuxièmement, le progrès de la société, au fil des générations, dépend de la capacité des générations successives de reproduire la découverte créatrice de ce genre de principes physiques universels. Prises ensemble, ces deux expressions de créativité (telle que je la définis) fournissent la base de ce que nous pouvons appeler la morale humaine naturelle, c’est-à-dire la différence entre la morale humaine et la culture en usage dans le royaume des singes.

Une croyance populaire erronée veut qu’on travaille pour gagner de l’argent. Cet argent permet d’entretenir une famille et de mener, en dehors de l’emploi salarié, d’autres activités, qui sont ou non considérées comme socialement utiles. La notion opposée, et moralement correcte, veut qu’en effectuant volontairement notre travail, rémunéré ou pas, nous consacrions les heures fugitives de notre existence mortelle à créer des conditions salutaires pour la société future. Nous agissons ainsi comme un soldat risque sa vie pour son pays ou pour une noble cause. Lorsque nous disparaissons, l’œuvre salutaire que nous avons accomplie doit perdurer sous forme de rayonnement de ses bienfaits pour l’humanité. Ainsi, dans une société saine, une relation saine par rapport au travail nous donne un sens d’immortalité personnelle, qui subsiste effectivement au-delà même de notre existence mortelle.

Ce sont justement les changements de principes, les améliorations, que nous laissons derrière nous, qui constituent de fait le lien avec des personnalités souveraines disparues depuis longtemps ; c’est le cas de l’étudiant qui revit aujourd’hui les processus mentaux de découverte d’un Archimède des temps anciens.

Aussi, au lieu de travailler pour recevoir de l’argent, nous devrions plutôt être payés pour accomplir notre tâche, contribuant de cette façon à apporter des bienfaits à la société présente et future. Bien qu’un système monétaire bien organisé et régulé soit nécessaire à la société moderne, il ne peut être la base sur laquelle celle-ci s’organise ; comme l’entendaient Alexander Hamilton et Franklin Roosevelt, le système monétaire doit être conçu et régulé de façon à répondre aux besoins d’une société poursuivant son auto-développement de façon organisée. Le système de retraites (Social Security) adopté par Roosevelt en est un exemple typique.

Une société doit exister et prospérer pour accomplir le bien que sont les changements dans l’ordonnancement de la nature que nous, membres de la société humaine, devons réaliser et préserver au profit de la vie humaine sur cette planète - et au-delà - dans les temps à venir. La société a besoin de cette qualité d’engagement moral, dans lequel chaque individu trouve son immortalité et la société reconnaît que chacun d’eux lui est précieux. Ces relations morales et leurs impératifs résident essentiellement dans le pouvoir de créativité qui est propre à l’individu.

Notre tâche, comme le soulignait déjà Cotton Mather, est de faire le bien - parce qu’il s’agit du bien - et de mobiliser les moyens pour y parvenir.

Je précise que l’humanité en général est plutôt une collection de minables et j’ai eu l’occasion d’en connaître un bon nombre. Pourquoi donc ai-je pris des risques pour eux ? A quoi bon nous préoccuper d’eux ? Les êtres humains ne sont-ils pas, la plupart du temps, des filous et des sophistes, en qui on ne peut avoir confiance ? Nous nous soucions d’eux parce qu’ils sont humains et que seule cette précieuse qualité humaine, qui réside comme potentiel en chacun de nous, peut être source de bienfait pour notre société et d’autres. Cette morale coïncide avec la qualité de créativité prométhéenne qui est à l’imitation du Créateur de l’univers et s’exprime dans la science et la culture classique. La créativité, c’est la similitude entre l’Homme et le Créateur ; elle n’est pas, comme le souligne l’apôtre Paul, un ensemble de règles de comportement fixes, mais la seule véritable vertu de l’humanité.

La créativité n’existe pas pour permettre à quelques-uns de s’enrichir. La société a besoin de richesse matérielle afin d’assurer le progrès créatif de la condition humaine. Comme le président Franklin Roosevelt le démontra par ses actes : la créativité n’est pas le serviteur de l’argent, l’argent doit être l’esclave et l’instrument de la mission du progrès par la créativité. Si vous êtes d’accord avec cela, et si nous sommes assez nombreux à l’être, notre république pourra survivre à cette crise et la civilisation, aller de l’avant.

Qu’y a t-il de mauvais chez Adam Smith ?

Comme je le maintiens ici, encore une fois, la clé de voûte pour comprendre la gravité de l’état de dégénérescence morale et physique actuel des nations des Amériques et d’Europe est la décision d’un cercle oligarchique et financier vénitien associé à Paolo Sarpi, le fondateur du culte irrationnel de l’empirisme dont le célèbre ennemi de l’indépendance américaine, Adam Smith, fut un disciple aussi typique qu’écœurant.

Paolo Sarpi sévit à l’époque où l’Etat-nation républicain moderne, issu de la Renaissance du XVème siècle, institua le progrès scientifico-technologique comme une force qui, pour des raisons de rivalité stratégique entre nations, ne pouvait tout simplement plus être étouffée. Par conséquent, le progrès technologique devait être utilisé comme source de puissance économique et militaire relative. Comme le montre l’attachement de Galilée (un laquais personnel de Sarpi) à sa version rudimentaire de l’hypothèse solaire, en opposition à ses contemporains aristotéliciens, l’empirisme de Sarpi fut conçu de manière à autoriser l’utilisation de la technologie - mais de façon sélective, tout en étouffant parmi la population la connaissance des pouvoirs mentaux créateurs ayant permis de découvrir de manière systématique les principes physiques fondamentaux de l’univers.

Dans le système empiriste, le monde est dirigé par une oligarchie financière, héritière de la tradition de la Venise médiévale. Le contrôle sur la société est exercé par cette oligarchie financière aspirant au statut de puissance indépendante, une puissance de type ultramontain médiéval placée au-dessus du gouvernement. Le modèle vénitien repris par Sarpi de ses précurseurs allait être absorbé dans le système oligarchique financier des compagnies hollandaise et britannique des Indes, système qui devait exercer un pouvoir impérial grandissant, quasi-ultramontain, sur toute la planète à partir du traité de Paris de février 1763. La seule résistance significative et compétente à cet impérialisme libéral anglo-hollandais, jusqu’à présent, a été le système américain d’économie politique, dont on voit le reflet dans la politique formulée par le premier secrétaire américain au Trésor, Alexander Hamilton, et suivie par les présidents Abraham Lincoln et Franklin D. Roosevelt.

Dans le vrai système américain, ce sont les petites et moyennes entreprises agricoles et industrielles, et non les géants financiers, qui constituent la force politique et économique dominante du secteur privé de l’économie. L’accent est mis sur l’expression des pouvoirs créateurs de l’individu, comme ceux que l’on retrouve chez le patron d’une petite ou moyenne entreprise technologique. En principe, ces entreprises privilégient la créativité scientifique, cette forme de créativité exprimée de la manière la plus concentrée par les Kepler de l’économie moderne, ceux qui découvrent ou diffusent des principes physiques universels. Les capacités potentielles de telles entreprises axées sur la science et la technologie dépendent de tout un réseau d’écoles, d’universités et de laboratoires, qui transmettent et enrichissent la connaissance de principes physiques et autres, irriguant ainsi la vie quotidienne de l’économie dans son ensemble.

En résumé

Ce livre est publié à un moment où les médias et les institutions financières sont chaque jour plus nombreux à avertir que le monde se précipite vers une crise financière dépassant tout ce qu’a pu connaître quiconque vivant aujourd’hui.

Tel un navire dans la tempête, nous sommes pris dans les turbulences d’une crise mondiale qui menace de plonger la planète entière dans un âge des ténèbres.Il serait encore possible de sauver l’économie mondiale de cette catastrophe, à condition toutefois de prendre les mesures radicales et drastiques nécessaires pour renouer avec l’intention du président Franklin D. Roosevelt lorsqu’il mit en place le système monétaire de Bretton Woods conçu pour l’après-guerre. Soit nous choisissons cette option, soit nous serons responsables des calamités qui s’ensuivront bientôt.

Comme je l’ai souligné dans le troisième chapitre de ce livre, si un retour brutal et immédiat à l’intention de Franklin Roosevelt est impératif, il ne suffira cependant pas, à lui seul, pour remédier à certains changements survenus depuis sa mort, au cours de ces six dernières décennies tumultueuses. L’importance que j’accorde au concept de « noosphère » de Vernadski, notamment dans le chapitre de ce livre intitulé Les cinquante prochaines années de la Terre, est une illustration de la coïncidence entre le précédent de Roosevelt et les nouvelles exigences d’aujourd’hui.

Nous devons donc faire plus que de renouer simplement avec la vision politique d’un Franklin Roosevelt. Si nous voulons sortir de la crise avant qu’elle ne se transforme en un nouvel âge des ténèbres prolongé pour toute l’humanité, nous devons non seulement adopter les conceptions et intentions associées au travail de Roosevelt pendant les dernières années de sa vie, mais y ajouter quelques aspects révolutionnaires.

Sur ces deux points, le contenu de ce livre provoquera un choc chez la plupart des lecteurs à travers le monde.

Premièrement, l’intention du président Franklin Roosevelt de mettre en place après-guerre une communauté de nations souveraines coopérant entre elles, dans le contexte du nouveau Bretton Woods, ne peut être considérée simplement comme la démarche inverse de celle d’un Churchill. Nous devons y voir la conception que les institutions monétaro-financières et la plupart des professeurs d’économie se sont efforcés d’éliminer durant ces dernières soixante années, cherchant à effacer à tout jamais le souvenir des idées de l’ère rooseveltienne. Ensuite, outre la nécessité de mettre fin aux décennies de libre-échange et de globalisation qui nous ont conduits aujourd’hui à notre perte, nous devons reconnaître que les changements qui s’imposent maintenant nous posent de nouveaux problèmes, tels que, par exemple, l’apparente crise de l’approvisionnement en matières premières pour la génération venant immédiatement après nous. Ces nouveaux problèmes nécessitent la création de mécanismes institutionnels, au sein d’un nouveau système de Bretton Woods, qui seront considérés comme totalement novateurs.

Mon livre regroupe ces questions dans deux rubriques conceptuelles liées entre elles.

J’insiste d’abord sur l’importance de dissiper toute illusion concernant les « rivalités entre impérialistes ». Tout au long de l’histoire européenne moderne, il n’y a eu qu’une seule force impériale significative, celle incarnée dans la restauration de l’oligarchie financière vénitienne après la Renaissance, qui se métamorphosa en ce système libéral anglo-hollandais ayant dominé une grande partie de l’histoire depuis 1763, sauf pendant deux périodes où les Etats-Unis l’affrontèrent, pendant et immédiatement après les présidences d’Abraham Lincoln et de Franklin Roosevelt.

Aujourd’hui, le rôle des Etats-Unis dans le système monétaro-financier global de nature libérale anglo-hollandaise est reflété dans le fait que la composante « Wall Street » de cette oligarchie globale contrôle la position américaine dans le système du FMI, l’écartant des intérêts nationaux de l’Amérique pour le plus grand profit des intérêts financiers anglo-américano-hollandais. L’étude des rivalités familiales au sein du système vénitien lui-même permet d’établir des comparaisons utiles avec le monde actuel.

Par exemple, en ce moment, une bataille se développe dans les milieux dirigeants des Etats-Unis, entre la classe des spéculateurs sans limites, dont on voit l’impact dans la sinistre bulle de la dette de General Motors, et les intérêts financiers plus orientés vers la survie à long terme du système.

Bref, la seule solution à cet aspect de la crise est de soumettre le système monétaire et financier international à un partenariat entre gouvernements nationaux dotées d’une mission bien définie. Suivant les paramètres établis par le président Franklin Roosevelt, le système de Bretton Woods est le modèle des seules mesures susceptibles de mettre fin à l’effondrement à court terme et de fournir une solution durable pour la prochaine génération.

Deuxièmement, il est impossible d’éviter que la planète entière sombre dans un nouvel âge des ténèbres imminent, à moins de reconnaître que toute la théorie monétaire et financière généralement acceptée, telle qu’elle est enseignée et mise en pratique en Europe et aux Etats-Unis actuellement, est incompétente jusqu’à l’absurde sur le plan scientifique et représente un obstacle idéologique vicieux à toute réforme permettant de sortir l’économie saine et sauve de la crise en cours.

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