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Les analyses de Jacques Cheminade

L’impuissance financière du Parti socialiste

On ne peut pas imposer Glass Steagall sans le peuple
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Alors que les structures financières internationales se désintègrent et que les opérations frauduleuses se multiplient sur tous les marchés, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, le 10 juin, un projet de loi de « régulation bancaire et financière » qui est une caricature pitoyable de ce qui serait nécessaire, et plus encore une preuve d’asservissement aux forces destructrices qui dominent le monde. Ce texte a été voté à main levée par une quinzaine de députés présents en séance… Il ne prévoit aucun changement de fond, simplement un contrôle de ce qui ne peut l’être, une autorité et des sanctions là où le fonctionnement des marchés a pour logique d’échapper à toute autorité et à toute sanction. Les envolées d’un Henri Guaino – « la titrisation n’est que du racket organisé » – n’en apparaissent que plus ridicules.

Les socialistes Pierre-Alain Muet, conseiller de la première secrétaire Martine Aubry sur les questions économiques, et Michel Sapin, secrétaire national à l’économie du parti, ont justement souligné que « sans mesures fortes de régulation financière et bancaire, ce qui passe notamment par la séparation des activités de dépôt et d’investissement et par l’interdiction des outils de pure spéculation, l’économie casino repartira de plus belle ». Le PS déplore aussi « le rejet des amendements visant à interdire les ventes à découvert à nu sur les emprunts d’Etat et les dérivés de crédit ». De son côté, Martine Aubry, le dimanche 13 juin dans l’émission C Politique, sur France 5, a regretté elle aussi que « rien ne soit fait pour séparer les banques de dépôt et les banques d’affaires » et que rien n’ait été fait pour appuyer les efforts des Allemands pour limiter les effets néfastes des produits dérivés.

Nous ne pouvons que nous réjouir de ce réveil tardif, nous qui depuis longtemps nous battons pour une loi Glass Steagall en France, empêchant les banques d’affaires de s’emparer des dépôts des épargnants, et pour l’interdiction de vendre ce que l’on ne possède pas et que l’on n’a même pas emprunté, les fameuses ventes à découverte à nu. Nous constatons également que tous les amendements demandant plus de régulation, présentés par les députés socialistes, communistes et même villepinistes, ont été rejetés par un gouvernement qui, par ailleurs, prétend hypocritement lutter contre la spéculation financière ! M. Sarkozy et Mme Lagarde révèlent ainsi leur vraie nature et confirment leurs allégeances.

Cependant, la stratégie socialiste est, en tant que telle, impuissante et vouée à l’échec. En effet, l’amendement présenté par M. Muet et les membres de son groupe ne vise qu’à « étudier l’opportunité et la faisabilité d’une séparation, en France des activités de dépôts et d’investissements des banques », en demandant au gouvernement de remettre un rapport au Parlement avant le 31 décembre 2010. Le groupe communiste a adopté la même approche, en rapprochant la date d’échéance du rapport au 30 septembre 2010. Dans les deux cas, on demande des rapports, à échéance plus ou moins éloignée, pendant que la maison brûle !

Alors que nous sommes très proches, au niveau mondial, d’une situation semblable à celle de l’Allemagne de Weimar, alors que toutes les monnaies, et en particulier l’euro, le dollar américain et la livre anglaise, s’effondrent par rapport au prix de l’or, alors que l’Espagne vacille, alors qu’une terrible austérité est infligée aux peuples, on demande des rapports ! En réalité, les socialistes ne voient pas, ou ne veulent pas voir, ce qui se déroule au niveau mondial comme un processus auxquels eux-mêmes ont participé. Ils ne voient pas que nous atteignons l’heure de vérité : soit nous changeons de système, en privant d’abord les spéculateurs d’oxygène avec la loi Glass Steagall, soit on ne peut arrêter l’injustice sociale et la décomposition économique. La lecture du rapport de l’économiste américain Charles Geisst, sur la manière dont Glass Steagall s’est trouvé déconstruit, leur serait utile.

De plus, les socialistes pensent que l’administration Obama s’efforce d’introduire des régulations allant dans le sens de Glass Steagall. C’est une erreur politique majeure. Il n’est pas étranger à cette erreur que leur interlocuteur aux Etats-Unis soit… Barney Frank, le président de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants américaine, qui a été sponsorisé financièrement par JP Morgan, tout comme Alan Greenspan, l’homme lige de Wall Street. Le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, en fut l’interlocuteur, et Philippe Cordery, du Secrétariat, fréquente les milieux associés au pire du système.

Enfin, le pire du pire est que les socialistes ont perdu confiance dans le peuple, tant ils appartiennent aux élites du système. Ainsi, à un de nos militants qui l’interrogeait sur l’urgence de se battre pour un Glass Steagall en France, Martine Aubry répondit que « ce n’est pas un sujet de campagne parce que les gens ne peuvent pas comprendre ». Comme notre militant insistait, soulignant que les gens sont heureux lorsqu’on leur montre comment protéger leur épargne, et qu’il fallait remettre en place la loi du 2 décembre 1945 instaurant un Glass Steagall à la française, mais abrogée le 24 janvier 1984 par un certain Jacques Delors, elle répondit : « Mais mon père était sous la pression de l’Europe, il ne pouvait pas faire autrement. » Bel aveu, qui vaut tout autant pour la fausse Europe d’aujourd’hui, courroie de transmission de la dictature financière ! Socialistes, encore un effort pour combattre le monde destructeur de l’argent, encore un effort pour comprendre que seul le soutien du peuple permettra d’en sortir !

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