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La Chine va-t-elle s’opposer à la mondialisation ?

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21 novembre 2008 (Nouvelle Solidarité) - Nous publions ici la question d’un expert et éditeur chinois, posée lors de la conférence internet internationale de Lyndon LaRouche du 18 novembre : « M. LaRouche, vous dites que les travailleurs chinois sont sous-payés et que le gouvernement chinois mène cette politique afin d’être compétitif sur le marché international du travail en produisant à moindre coût. Mais la hausse des coûts de la main d’œuvre a déjà causé la faillite de nombreuses entreprises. Comment traiter le chômage qui touche la population chinoise ? »

LaRouche : Ce ne sont pas les travailleurs chinois qui sont sous-payés mais la Chine dans son ensemble. Que s’est-il passé ? Il y a eu un transfert massif de la production, notamment américaine, vers la Chine. Quelle est la spécificité du coût de production chinois ? Ce qui est payé à la Chine pour cette production est d’un montant inférieur à ce qui aurait été payé si cela avait été produit aux Etats-Unis. C’était l’argument justifiant cette politique : les Chinois et la Chine travaillent à moindre prix.

Mais est-ce que les Chinois, et particulièrement leurs travailleurs, ont des qualifications et des infrastructures comparables à celles des Américains ? Aucunement ! Par exemple, les Etats-Unis et l’Allemagne ont le plus haut niveau de productivité et de qualification au monde. Nulle part ailleurs on ne peut produire, à long terme, à meilleur marché qu’aux Etats-Unis et en Allemagne, car nous avons des technologies supérieures. Si on déplace la production en Chine sous prétexte qu’on la paye moins que ce qu’on aurait payé aux Etats-Unis, qu’est-ce que cela signifie ? Que le revenu de la Chine en échange de sa production est inférieur au coût de production. En d’autres termes, la Chine est obligée de scinder sa population, 30% d’un côté et 70% de l’autre. C’est ce qui s’est développé avec les délocalisations : les gains réalisés sur les coûts sont en réalité ce qui n’est pas payé à la Chine pour développer ses infrastructures. On transfère la production dans un autre pays sans toutefois assurer le développement infrastructurel ; c’est exactement ce qui faut défaut à la Chine aujourd’hui. L’infrastructure chinoise dans son ensemble est insuffisamment développée pour avoir un niveau de productivité similaire à ce qu’il était jadis aux Etats-Unis.

Dans le même temps, nous avons fait baisser les prix sur des catégories entières de biens, sous le coût réel de production. Comment ? En supprimant le coût de l’infrastructure et des composantes essentielles de la production.

Pouvez-vous boire l’eau du robinet aujourd’hui aux Etats-Unis ? Vous voulez la boire ? C’était possible avant. Que s’est-il passé ? Les investissements dans les infrastructures qui permettaient d’avoir de l’eau potable au robinet ont été supprimés. Toutes sortes de choses ont ainsi été débudgétisées. Et en Chine, le prix payé ne couvre pas le coût réel estimé, à l’échelle mondiale, de la production physique. La Chine travaille à perte. Ce n’est pas seulement le travailleur, mais la Chine en tant que nation qui est sous-payée.

Avec le renversement de tendance, la Chine est désormais très vulnérable, car il lui manque l’infrastructure. Ses revenus de l’exportation ne suffisent pas à lui donner le type de croissance qu’elle veut. Certes, la Chine construit des chemins de fer et de nombreuses infrastructures, pour son réseau hydrographique par exemple, avec des barrages, comme celui des Trois Gorges. Ce sont des projets utiles ; mais c’est insuffisant par rapport à la taille de la population chinoise.

Que faudrait-il faire ? Créer un choc au niveau mondial, en augmentant les coûts de production, et donc les prix, vers des niveaux correspondant aux coûts réels de la production pour la société.
Autrement dit, il faut considérer l’ensemble de la société dans laquelle s’effectue la production, car c’est le coût nécessaire à son maintien qui importe, pas le coût de la production en elle-même. Nous serions alors dans l’obligation d’employer des méthodes pour accroître les pouvoirs productifs du travail - la productivité physique par personne - et d’investir dans les hautes technologies afin de diminuer le coût réel de la production. Mais nous avons constamment mené la politique inverse en allant de pays en pays pour chercher les bas coûts, pillant les populations plutôt que de développer l’économie.

Si vous examinez le cas des Etats-Unis, vous vous rendrez compte que le pays perd de l’argent depuis 1967-68. C’est à ce moment-là que l’on a sacrifié les infrastructures, vers fin 1968. Depuis 40 ans, les Etats-Unis, en termes physiques, fonctionnent à perte. Nous avons un déficit dans l’infrastructure, l’industrie et l’ensemble des secteurs. Nous avons aussi une perte nette de revenu ; regardez les retraites et la santé ! Regardez tout ce dont nous avons été dépourvus ; pure perte ! Il nous faut donc accroître la productivité du monde en augmentant les prix au dépens des choses inutiles, afin de couvrir les coûts réels de la production mondiale. Dans le même temps, il faut accroître les investissements technologiques et l’intensité capitalistique, ce qui permettra de faire baisser le coût physique réel de la production mondiale.

Nous devons donc payer le prix de tous les coûts qui permettent, dans une nation, l’activité sur le site de production.

Par exemple, nous avons besoin d’énergie nucléaire. Si nous disposons d’énergie nucléaire à grande échelle, nous pourrons accroître la productivité et diminuer les coûts de production, tout en disposant d’une eau de meilleure qualité. Nous devons développer les transports de masse plutôt que les véhicules personnels. Ainsi, les coûts du transport seront moins chers, et on évitera de perdre des heures dans les transports : la vie des ménages s’en trouvera améliorée. Nous devons penser en ces termes, sans se laisser piéger par ce que l’on appelle habituellement les coûts de production, et établir un système pouvant satisfaire tous les besoins de la société.

Pour cela, nous avons besoin de la Chine ! Nous allons devoir augmenter ses revenus et sa production pour qu’elle puisse subvenir à ses propres besoins. Pour y arriver, nous devons conclure un accord rooseveltien à long terme avec la Chine, l’Inde, la Russie et d’autres. Des accords successifs de 5 à 6 ans permettront de sortir progressivement de cette crise qui, autrement, nous mène au chaos.

La Chine a donc besoin d’aide et les Etats-Unis devraient faire quelque chose. Il faut utiliser cette méthode pour accroître le progrès physique et établir un consensus plus équitable sur la nature des activités qui priment.

Vidéo : l’intégralité de la conférence du 18 novembre en version française

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