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Les analyses de Jacques Cheminade

La banqueroute de l’escroquerie « libérale »

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Par Jacques Cheminade

Au XIVe siècle, les banquiers lombards, avec le soutien du système vénitien, avaient endetté la plupart des Etats européens, qui avaient dû donner tous leurs revenus en gage. Ils leur fournissaient de quoi continuer à opérer sans toutefois leur permettre de rembourser.

Précision :

Encadrés :

  1. Le mécanisme est diabolique !
  2. Réguler avec les banques centrales et le FMI
    la recette empoisonnée de George Soros et des nouveaux néo-socialistes
  3. Les « risques » vus par Jacques Attali
  4. Les Gribouille de l’Elysée : sauver les marchés en abandonnant la prudence
  5. Conclusion
  6. La faille d’ATTAC

Cependant, lorsque le Roi d’Angleterre fit défaut, la veille de sa chute, même si l’on sentait le vent du boulet, les spéculations sur les titres de la dette allaient bon train et dans tous les sens. Un trader du XXIe siècle appellerait ce phénomène « volatilité ». En fait, face à l’abîme, chacun des parieurs s’efforçait de faire encore quelques gains en espérant vendre au dernier moment sa camelote à plus bête ou moins bien informé que lui. Beaucoup pensaient aussi que la capacité des Etats à émettre de la monnaie, en rognant le titrage en or ou en argent, pourrait être illimitée. La suite fut un effondrement de l’Europe, la peste noire et les danses macabres dont, même dans les économies relativement isolées de l’époque, il fallut deux ou trois générations pour se remettre. Pour utiliser le langage mécaniste des experts d’aujourd’hui, l’effondrement n’était pas imprévisible, mais inexorable, car il se trouvait inscrit dans les gènes, ou, si l’on préfère, dans la logique même du système.

La désintégration du système financier et monétaire international actuel est de même nature, mais bien plus grave dans l’économie « mondialisée » et la « société ouverte » de M. Soros. Cependant, alors que j’écris ces lignes, le CAC-40, l’indice boursier de la place de Paris, vient de rebondir à la hausse de 9 %. Arrêtez donc de raconter des histoires, diront les esprits bien en Cour, ils ont trouvé la solution et vous, dans votre coin, vous prétendriez en savoir plus qu’eux ? Eh bien oui. Car « eux » extrapolent à partir des tendances du passé et croient que l’économie est un jeu à somme nulle, un combat où il y a ceux qui perdent et ceux qui gagnent. Ils sont incapables de voir deux choses. La première est qu’il arrive un moment où les gagnants ne peuvent plus être payés par les perdants (c’est le « risque de contrepartie »), car les perdants ont fait banqueroute. Alors, les gagnants demandent aux émetteurs de monnaie (la monnaie électronique des banques et des sociétés d’assurance) de renflouer les perdants pour qu’ils puissent les rembourser. C’est ce qui arrive aujourd’hui, mais à un moment donné, désormais très proche, l’on ne croira plus que la monnaie émise vaille ce que l’on prétend. Alors se déclenche l’hyperinflation, brutalement, comme dans l’Allemagne de Weimar, en 1923. Ah ! dira-t-on encore, mais depuis, on a fait de grands progrès, on a inventé des « stabilisateurs ». C’est pourtant ces stabilisateurs qui sont en train de se désintégrer sous nos yeux. Ils sont aussi utiles que les béquilles des aveugles dans la parabole illustrée par Bruegel. Le trou est trop profond pour elles.

C’est ici qu’il faut considérer la deuxième chose à prendre en compte, bien plus fondamentale. L’argent ou le crédit émis sert à renflouer les spéculateurs à court terme, et il n’y en a plus pour les investisseurs à long terme, dans l’équipement de l’homme et de la nature. Il n’y a plus d’argent pour investir à long terme parce qu’on renfloue les spéculateurs à court terme !

Voilà où l’on en est aujourd’hui. Pour sauver les malades douteux, on a contaminé et affaibli tout l’organisme, jusqu’au système nerveux central, le système mondial de banques centrales ! Et la hausse des bourses de ce jour est une danse malsaine autour du cercueil de l’économie réelle, des travailleurs et des contribuables. C’est la dernière gorgée de poison fournie aux amateurs, qui ont apprécié le geste à son juste prix : gagner autant que possible en faisant aussi vite que possible.

Vous voulez du concret ? Allons-y. En 1998, la Réserve fédérale américaine (Fed) et l’ensemble des plus grandes banques du monde ont sauvé le hedge fund (fonds hyper-spéculatif) Long Term Capital Management en épongeant ses pertes. Elles ont dû avancer 3,4 milliards de dollars. Michel Camdessus, alors à la tête du Fonds monétaire international (FMI), déclara que le « notionnel » (l’effet produit par les paris sur le sous-jacent, le fondement des paris à la baisse ou à la hausse) était si élevé que si un second LTCM s’était présenté, tout le système international se serait effondré. Or aujourd’hui, les pertes encourues ou potentielles sont plus de mille fois supérieures à celles de LTCM ! Lehman Brothers, c’est LTCM à la puissance 100 (Lehman possédait plus de 600 milliards d’actifs) et AIG, le plus grand assureur américain, c’est Lehman à une puissance si élevée que la Réserve fédérale a dû lui fournir 85 milliards de dollars pour lui éviter la faillite, et avec elle, celle de toute la finance planétaire. La Fed a procédé contre toutes les règles écrites jusque-là. En effet, elle n’a normalement pas à fournir du crédit aux assureurs qui ne sont pas de son ressort, et elle a dû prendre le contrôle de 79,9% du capital d’AIG, ce pourquoi elle aurait condamné toute institution osant faire la même chose il y a quelques semaines.

Bien pire, le risque d’effondrement généralisé de tout le système et de tous ses actifs est si grand que l’Etat américain vient de s’engager à aider les banques à épurer tous leurs titres autrement invendables. C’est la nationalisation absolue des pertes après la privatisation systématique des gains ! Il s’agit d’un vaste système de « defeasance », auprès duquel tous les perdants, c’est-à-dire l’ensemble des établissements financiers américains, pourront liquider les milliers de milliards de créances douteuses ou de dérivés de crédit archidécotés (les fameux CDS, les credit default swaps, des contrats qui permettent d’acheter ou de vendre de la protection sur des défauts de paiement, dont le total est estimé à la somme astronomique de 63 000 milliards de dollars ! Le coût de ce vaste plan serait, pour commencer, de 500 milliards de dollars, puis de milliers de milliards. A quoi vient s’ajouter le coût du renflouement de Fanny Mae et Freddie Mac, de 200 milliards de dollars pour commencer et illimité par la suite, puisque le Trésor américain achètera les titres subprime qu’ils détiennent sans limite de temps ni de volume.

Quant au marché des produits dérivés qui s’échangent hors des bourses réglementées (c’est-à-dire de gré à gré, en toute opacité), il est évalué par la Banque des règlements internationaux à 595 000 milliards de dollars, la mère de toutes les spéculations. C’est la mesure du fameux risque de « contrepartie » : si un perdant ne peut pas payer, tous les dominos étroitement imbriqués peuvent à tout moment suivre. La pyramide s’écroule sous nos yeux, comme je l’avais prédit en 1995, lors de ma candidature présidentielle, et comme Lyndon LaRouche l’a annoncé dès qu’elle fut construite, sur du vent, ou plutôt sur la volonté de puissance de joueurs qui ont sacrifié le niveau de vie de plus de 80% de la population, l’équipement de toute la société et les salaires à leur frénésie d’accumulation destructrice.

Le fait nouveau est que maintenant, elle est aussi devenue autodestructrice. Les escrocs sont eux-mêmes victimes de leur propre escroquerie, puisqu’ils accumulent de la monnaie de singe et qu’ils ont créé une résistance chez tous ceux qui commencent à comprendre vers quoi on les mène.

Deux choses, pour finir. Pourquoi les bourses ont-elles si brutalement augmenté ce vendredi 19 septembre ? Parce que les spéculateurs ont fêté leur salut temporaire. Et ceux qui avaient spéculé à la baisse, par des ventes à découvert (en empruntant une action pour la revendre sur le marché), ont dû racheter en toute hâte leurs titres moins cher, pour matérialiser leur gain en attendant de recommencer, ce qui provoque un effet mécanique à la hausse (les rachats après les ventes). Cela signifie que le gouffre financier, dans lequel l’économie réelle est en train de sombrer de plus en plus vite, est maintenant tellement profond que seul le remplacement de toute urgence du système monétariste par un système de crédit-monnaie, comme le permet la Constitution américaine et comme le faisait la France avant 1973, peut sauver le travail et la production réelle de biens, c’est-à-dire le futur de notre espèce.

Car continuer comme on va (cf. la déclaration de Jacques Attali, encadré n°3) incitera inéluctablement les puissances financières en place à recourir, pour protéger leurs avoirs alors que s’effondre leur monnaie de singe, à des moyens militaires et policiers de nature fasciste (contrôle d’une désintégration sociale par la violence et l’induction d’une servitude volontaire). Quand Lyndon LaRouche parle de « nouvel âge des ténèbres », ce n’est pas pour faire un effet de style. Ce sont les générations que le monde mettra à se reprendre, plus encore qu’au XIVe siècle, si la course à l’abîme n’est pas arrêtée aujourd’hui. Tout de suite, en espérant que la peur soit bonne conseillère, non comme cette grande peur des bien pensants qui suivit la crise de 1929 et mena où l’on sait.

Précision
Comment la finance s’est rendue folle

Pour comprendre ce qui est arrivé, il faut se mettre dans la peau d’un patron de casino qui, se croyant l’homme le plus intelligent du monde, était convaincu d’avoir découvert la martingale pour gagner à tout coup.

  • La source de l’argent : des taux d’intérêt très bas (pendant longtemps, 1% pour la Réserve fédérale américaine, la Fed, presque zéro pour celui de la Banque du Japon…) qui ont rendu le crédit pratiquement gratuit et accessible sans limites « prudentielles ».
  • Avec ce crédit, on opère avec des instruments financiers multiplicateurs (les produits financiers dérivés, qui permettent de jouer plusieurs fois sa mise sur tout ce qui se présente, actions, prix de l’électricité, droits à polluer…) sur des valeurs futures : évolution des taux d’intérêt, de change, du prix des actions.
  • On transforme toutes les créances en titres que l’on vend et revend sur les marchés.
  • On opère de plus en plus sur des marchés non réglementés, de gré à gré, en toute opacité.
  • On réinvestit les gains dans le système, qui gonfle mécaniquement.
  • On croit être à l’abri de tout par l’assurance : on crée des « réhausseurs de crédit » (les « monoliners », qui assurent contre les défauts) et on pratique les dérivés de crédit ou « credit default swaps » (CDS). Ainsi, à partir d’un notionnel (montant de la créance sous-jacente), on achète et revend de la protection théorique sur tout défaut de paiement.
  • On s’assure que les « agences de notation » (elles ne sont que trois, et privées : Moody’s, Standard and Poors’ et Fitch) coteront les titres émis au plus haut en les rémunérant sur le montant de l’émission obtenue (1% environ).
  • Si les choses ne vont pas comme on l’entendait, les banques centrales qui ont, à l’origine, offert les moyens de se fournir en crédit à bas coût, vous prêtent de l’argent à court terme pour joindre les deux bouts. De plus en plus d’argent, et en reprenant en pension des titres de plus en plus toxiques. Ainsi, la Fed, puis la Banque centrale européenne, ont accepté d’échanger tous types de titres contre de solides bons du Trésor ou un accès illimité à l’offre de refinancement aux enchères pour maintenir « la liquidité du système » ;
  • Tous les coupe-feu ont été supprimés, et en particulier le Glass Steagall Act de l’administration Roosevelt (voté en 1933, après la crise de 1929) qui rendait incompatibles les métiers de banques d’affaires à risque et de banques de dépôt, tout comme ceux de banque et d’assurance. Il a été abrogé par le Gramm-Leach-Bliley Act du 12 novembre 1999 qui, « pour donner plus de flexibilité aux marchés », a permis la confusion absolue des genres.
  • Enfin, les joueurs ont engagé les meilleurs mathématiciens du monde et les prix Nobel d’économie, qui ont tous, avec beaucoup de compétence, extrapolé à partir des données passées, et conclu que le système était invulnérable, « toutes choses égales par ailleurs ».

C’est ainsi que l’industrie financière a gagné des fortunes en vendant des titres à des investisseurs bernés, avec pour principes la privatisation des gains, même fictifs, sur le dos des salariés, la nationalisation des pertes, bien réelles, sur le dos des contribuables, et le montage d’une vaste escroquerie au détriment de l’avenir de nos sociétés.

Le renflouement actuel est le dernier sursaut de cette grande escroquerie. Ce qui suivra sera soit un nouvel ordre policier et militaire pour imposer une austérité autrement insoutenable, soit un Nouveau Bretton Woods, la démarche de Lyndon LaRouche et la mienne. Ce n’est pas nous qui avons décidé de ce choix, c’est le système lui-même, en s’autodétruisant inexorablement.

Encadré n°1
Le mécanisme est diabolique !

« L’effondrement immobilier a conduit à l’implosion des subprime, qui a entraîné… des dépréciations d’actifs massives et des provisions bancaires en chaîne. D’où une baisse généralisée des actifs qui creusent encore davantage les pertes des banques. Ces dernières se voient obligées de constituer à nouveau des provisions, ce qui fait fondre leurs fonds propres.

« Comme les banques doivent avoir un capital minimum (ratios prudentiels), elles doivent vendre une partie de leurs actifs dépréciés pour reconstituer leurs fonds propres. En faisant cela, elles précipitent à nouveau le prix des actifs à la baisse, ce qui creuse à nouveau leurs pertes. A nouveau, les fonds propres deviennent insuffisants, donc il faut à nouveau vendre des actifs (encore plus dépréciés qu’au tour d’avant), ce qui entraîne à nouveau une baisse des actifs, etc.
A ce rythme, les actifs vont se rapprocher à vitesse grand V de la valeur 0 ! Les banques sont obligées de vendre de par la réglementation prudentielle. Or en face, il n’y a pas d’acheteurs. Vous iriez racheter leurs actifs bancaires pourris, vous ? (…)

« Seule la Fed rachète pour l’instant les actifs risqués des banques franchement en mal de liquidités. Mais la Fed ne peut pas racheter tous les actifs pourris, au risque de finir elle-même par imploser ! Elle a aussi ses limites. Et ça, pour l’instant, personne n’en parle… »

Ce texte est extrait des publications Agora, du mardi 16 septembre. Il a pour mérite de montrer que les opérateurs intelligents savant parfaitement ce qui se passe et voient les limites du renflouement actuel. Cependant, ils n’ont rien à proposer. Rien ? Ecoutons George Soros et Jacques Attali (voir encadrés n°2 et n°3).

Encadré n°2
Réguler avec les banques centrales et le FMI la recette empoisonnée de George Soros et des nouveaux néo-socialistes

En ce 18 septembre, George Soros occupe la scène avec la complicité des médias, notamment français. Il prétend être celui qui a vu venir la crise et admet que pour la première fois depuis les années trente, le système financier est au bord de la rupture. Nos lecteurs ne seront pas étonnés de le voir proposer de faire contrôler le crime par ceux qui l’ont commis. Il ne parle pas, en effet, « d’une régulation excessive, semblable à celle qui a suivi la Seconde Guerre mondiale », qui entraverait ses propres opérations. Et d’affirmer : « C’est aux banques centrales qu’incombe cette responsabilité ». Elles doivent contrôler non seulement l’offre de monnaie, « mais aussi celle de crédit ». Avec, au sommet de la régulation, les institutions internationales existantes, comme le FMI.

Les socialistes français paraissent bien lui emboîter le pas, prononçant, douze ans après nous, le nom de « Nouveau Bretton Woods », mais pour nombre d’entre eux, l’étiquette désigne une autre marchandise. L’Hebdo des socialistes du 13 septembre appelle bien à un Nouveau Bretton Woods, mais avec le « renforcement des institutions financières multilatérales pour leur permettre, avec la Banque Centrale, de contrôler le système bancaire et de la punir sinon la spéculation trouvera toujours sa récompense ». Etrange punition que celle infligée par les coupables. Dans Le Monde du 13 septembre, Lionel Jospin, dans un article co-signé avec François Morin, met la régulation entre les mains du Fonds monétaire international et de la Banque des règlements internationaux, avec en filigrane une monnaie internationale. C’est ôter aux Etats-nations leur pouvoir pour le donner aux ennemis des peuples ! Jacques Attali poursuit la réflexion (voir encadré n°3).

Encadré n°3
Les « risques » vus par Jacques Attali

« On laisse les gens s’endetter sur des valeurs fictives…Les faillites vont se poursuivre ». Juste analyse. Mais quels risques y voit-il ? « La dénonciation de complots, comme la stigmatisation des juifs avant la guerre, une grande inflation pour faire disparaître les dettes et des tensions militaires pour contraindre les gens à accepter plus d’austérité et d’impôts ». Il ne propose cependant que des régulations, sans remettre en cause le système (« une régulation internationale démocratique des marchés financiers »), et ses propositions pour la France sont de nature à entretenir le mal qu’il dénonce. Hypothèse : et si ses séjours à Londres, et auparavant auprès de François Mitterrand, lui avaient fait tant fréquenter les auteurs de la destruction en cours qu’il les craint plus que la réalité reconnue par son intelligence et évite à tout prix de les remettre en cause ? Et puis, il faut bien continuer, comme Soros, les affaires qui rapportent, dans un environnement qu’on doit réguler mais conserver, comme si les deux étaient possibles…

Encadré n°4
Les Gribouille de l’Elysée : sauver les marchés en abandonnant la prudence

Le problème, pour eux, est que les banques doivent vendre une partie de leurs actifs car on leur impose un capital minimum trop élevé. Réduisez la potion, pensent-ils, et tout ira mieux. Gribouille pensait aussi qu’en se jetant au fond d’une mare, il éviterait d’être mouillé par la pluie. Ils blâment aussi les agences de notation, qui, étant intéressées dans le placement des titres, ont donné de trop bonnes notes aux émetteurs. C’est vrai, mais pour être honnêtes, il faudrait aujourd’hui que toutes les notes, dans la « classe » existante, soient mauvaises. La solution ? Changer de classe et de professeurs ! Le New Deal international dont a parlé Nicolas Sarkozy ne peut se faire avec MM. Bolloré, Bouygues, Bernheim et Albert Frère.

Encadré n°5
Conclusion

Bill Clinton avait gagné la campagne présidentielle américaine contre George Bush père, en grande partie grâce au slogan de son conseiller James Carville : « C’est l’économie, imbécile ! » A tous ceux que nous venons de mentionner, il faudrait aujourd’hui dire : « C’est le système, imbécile ! » Et ajouter : « C’est Londres qui pollue ». Faire un Nouveau Bretton Woods avec la conjonction d’intérêts qui contrôlent la finance mondiale actuelle, c’est comme vouloir fonder une Ligue de vertu à Hollywood.

Encadré n°6
La faille d’ATTAC

Dans un dossier spécial paru le 17 septembre dans Le Monde, Jacques Cossart, Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon, « économistes, membres du conseil scientifique d’Attac », nous disent qu’« un nouveau Bretton Woods est certes indispensable. Mais pas n’importe lequel ». Ils ajoutent, justement, qu’« une nouvelle architecture monétaire et financière internationale n’aurait aucune chance d’améliorer la situation si, dans le même temps, les "réformes structurelles" des marchés du travail étaient poursuivies ». En effet, mais cela paraît une évidence, le nouveau Bretton Woods ne peut être fondé sur ce que le système actuel a mis en place, l’enrichissement des spéculateurs au détriment de « la part salariale dans la valeur ajoutée », c’est-à-dire le vol des travailleurs et des producteurs.
Cependant le hic est dans ce que les auteurs impliquent. « N’oublions pas que la principale proposition formulée en 1944 fut rejetée : la monnaie mondiale et l’Union de compensation envisagées par Keynes ne virent jamais le jour pour laisser le champ libre au dollar et à l’hégémonie américaine. » Ils semblent donc regretter un ordre supranational et une monnaie mondiale qu’ils voudraient voir renaître aujourd’hui de leurs cendres. Or, aujourd’hui comme hier, cet ordre supranational tomberait fatalement entre les mains de ceux que Keynes soutenait, une oligarchie britannique exerçant sa tutelle sur le monde et délivrée des instruments de résistance des Etats-nations. Au contraire, notre Nouveau Bretton Woods repose sur une alliance de Républiques souveraines, dans lequel toute émission de crédit se trouve sous le contrôle des peuples, et non d’experts, de comptables ou de… conseils scientifiques. Chez ATTAC, on est sans doute bien placé pour savoir où mène ce genre de privilège accordé à des compétences sans contrôle. Par exemple, à des combinaisons d’électeurs tout aussi fictifs que le capital, se disputant un pouvoir dérisoire et démoralisant la base de militants honnêtes.

Une chose encore : nous sommes, bien entendu, opposés à toute hégémonie et pour que soit rétabli le contrôle de l’Etat américain sur le dollar, dans l’intérêt de son peuple, alors que le vrai problème est qu’aujourd’hui, le dollar est l’instrument d’un ordre oligarchique anglo-américain, dans un système monétariste soutenu par les banques et les sociétés d’assurance. Cela va mieux en le disant.

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