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Les éditoriaux de Jacques Cheminade

La carpe et le lapin

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Les débats sur la confirmation d’Alberto Gonzales, conseiller juridique et homme de confiance de George Bush, ont révélé que les actes atroces commis par l’armée d’occupation américaine en Irak n’ont pu l’être qu’avec l’approbation des plus hautes autorités de Washington. La mise en cause des opérations électorales dans l’Etat d’Ohio, par le recours à une procédure jamais invoquée depuis 1877, fait d’ores et déjà peser un doute grave sur la légitimité des résultats. Ainsi, l’administration américaine et ses inspirateurs néo-conservateurs se trouvent en état de faiblesse et les conditions d’un nouveau Watergate sont désormais réunies.

Ce produit de la lutte de Lyndon LaRouche et de milieux institutionnels américains, effrayés par l’aventurisme politique de ceux qui ont déclenché la guerre contre l’Irak, serait une aubaine pour l’Europe, si elle avait encore des dirigeants dignes de ce nom.

L’Europe ne les a pas. Jacques Chirac, au lieu de pousser les feux et de soutenir (directement ou indirectement) le juste combat mené outre-Atlantique contre le fascisme qui vient, cherche au contraire à apaiser ceux qu’hier il mettait en cause. Comme si la campagne anti-française, pilotée d’en haut dans les médias américains, n’existait pas et comme si la politique de l’administration Bush-Cheney ne portait pas en elle, du fait de ses choix financiers, les racines mêmes de la guerre.

Pire encore, la politique économique intérieure de la France reste une version molle de la matrice libérale Pinochet-Thatcher. Certes, la Commission des affaires économiques du Sénat vient de publier un rapport sur les Délocalisations : pour un néo-colbertisme européen, qui définit des orientations différentes de celles des néo-libéraux. Certes, Jacques Chirac affiche « sa grande ambition industrielle » et annonce la création de « programmes de mobilisation pour l’innovation », avec un retour de l’Etat-stratège. Cependant, dans le premier cas, l’on se réfère à « la théorie des avantages comparatifs appliqués au commerce international » et « au simple jeu de la concurrence », et dans le second, on se borne à prévoir 2 milliards d’euros d’ici à 2007 en faveur d’une dizaine de projets. Trop dans les limites de l’idéologie dominante, et beaucoup trop peu. Jean-Louis Beffa, président du groupe de travail dont s’est inspiré Jacques Chirac, se veut à la fois libéral et étatiste, mondialiste et colbertiste.

Ainsi, mariant la carpe au lapin, nous pataugeons dans des chantiers imaginaires et conjurons la réalité de notre impuissance par des « paroles verbales », comme le disaient mes amis gaullistes - lorsqu’ils existaient encore - pour évoquer les bureaucrates de Bruxelles.

Bien au-delà d’un régime ou d’un homme, comme dans les grandes tragédies classiques, notre défaillance est celle de toute une culture et de toute une société. C’est contre elle que nous menons ici le combat, avec un mouvement de jeunes à la proue qui exige un ordre économique vivant pour le bien commun, et non un ordre mort de gestion de crise.

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