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Les écrits de Lyndon LaRouche

La « dynamique » en économie : l’intention de Leibniz

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par Lyndon LaRouche,
le 24 décembre 2009


Depuis que Leibniz a introduit l’emploi original et la définition du terme moderne de « dynamique » au cours de la dernière décennie du XVIIe siècle, cet écho du principe connu de Platon sous le nom de « dynamis » a été généralement mal employé, comme aujourd’hui en musique pour signifier « sensation », « amplitude », « percussion », etc., ce qui est plus que ridicule au vu du sens scientifique de ce terme. Ainsi, l’une des conceptions les plus riches et les plus profondes a ainsi été banalisée. Ce problème n’a essentiellement rien à voir avec des questions de définition grammaticale ; les mauvais usages fréquents de ce terme révèlent plutôt une certaine forme de désordre mental.

Bien qu’il ne le dise pas explicitement – mais à mon avis il l’indique clairement – ce terme correspond également au principe évoqué par le poète Percy Bysshe Shelley dans le dernier paragraphe de son poème En défense de la poésie (voir ci-dessous).


Le grand Gottfried Leibniz a passé les deux dernières décennies du XVIIe siècle à ordonner et développer les idées d’une de ses découvertes fondamentales qu’il associait à l’utilisation par Platon et les auteurs associés de la Grèce classique, du terme technique de dynamis. J’en suis venu à reconnaître clairement ce principe dans ce que Leibniz appelait sa propre découverte, la dynamique.

Au cours de ces deux dernières décennies du XVIIe siècle, puis pendant les dernières années de sa vie, Leibniz a bien avancé vers une définition scientifique claire de cette conception de dynamique. Cependant, ce n’est qu’à l’aide de la grande découverte de Bernhard Riemann, exprimée dans sa dissertation d’habilitation de 1854, que les implications plus profondes du concept leibnizien de dynamique, devinrent plus claires pour moi vers 1953. A ma connaissance, nul n’a encore réellement achevé le processus de sa découverte, à ce jour.

Toutefois, il devrait être bien connu, dans certains milieux concernés en Amérique, en Europe et dans quelques autres pays, que mes découvertes uniques ont consisté à développer l’application du concept de dynamique pour définir le champ d’une science du progrès économique physique. Ces découvertes qui, à l’origine, ont surtout été incitées par mes travaux sur Leibniz, m’ont conduit à faire des avancées importantes dans la connaissance des principes sous-jacents de l’économie physique : j’ai montré le rôle spécifique de la créativité humaine qui sous-tend les principes physiques du progrès économique. Mes progrès dans ce domaine ont contribué à améliorer la compréhension de la fonction de la dynamique.

Je résume maintenant la signification de ces découvertes.

En arrière-fond : au fil des millénaires depuis l’époque de la conception des grandes pyramides d’Egypte, puis au cours de la période allant de Leibniz à Riemann, et à travers les moments des grandes réalisations des disciples de ce dernier, notamment Vladimir Vernadski et Albert Einstein, la science a été estropiée par la persistance des conséquences terriblement destructrices des formes réductionnistes de croyances naïves, basées sur le témoignage des sens. Celles-ci comprennent différentes concoctions d’Aristote, de Paolo Sarpi, de Descartes et de la secte d’Isaac Newton ou, pire encore, des comportementalistes actuels, comme les disciples de cet ennemi avoué du système américain que fut Adam Smith. Dans le contexte de ce conflit qui dure encore aujourd’hui, nous allons présenter maintenant par plusieurs arguments, la grande contribution de Riemann à la méthode scientifique en général, et à la compréhension de la dynamique.

Tout d’abord, Riemann a balayé l’absurdité systémique des méthodes réductionnistes aristotéliciennes et semblables dans les deux premiers paragraphes et dans la dernière phrase de sa dissertation. C’est à tort que l’on considère les perceptions sensorielles humaines qui ne représentent en fait que de simples ombres de la véritable expérience humaine, comme des certitudes sensorielles, comme c’est le cas chez Euclide, un disciple d’Aristote. Ainsi, comme le souligne Riemann dans la phrase finale de sa dissertation de 1854, les mathématiques qui ne sont ontologiquement que les simples ombres de ce qu’elles prétendent décrire, tendent à être adorées comme si elles étaient un dieu païen doté de pouvoirs magiques [1].

C’est la même question qui avait conduit Carl Gauss à refuser de soutenir les travaux de Jonas Bolyai (et implicitement de Lobatchevski) sur une géométrie non euclidienne ; pour une pratique compétente de la science physique, il fallait exclure toute géométrie euclidienne ou similaire ; il fallait partir de ce qui devint par la suite la notion riemannienne d’espace-temps physique.

Deuxièmement, ce n’est que lorsque Einstein eut examiné les résultats essentiels implicites dans la découverte originale par Kepler du principe de gravitation du Système solaire, que les implications plus profondes de la découverte de la dynamique par Leibniz devinrent accessibles. L’importance donnée par Einstein aux deux termes ironiquement juxtaposés – « fini » mais « non limité » – dans son évaluation de la découverte de Johannes Kepler, est tout à fait à propos, comme je le souligne dans mon rapport au sujet du Système bancaire national  [2].

L’univers existant est toujours fini « dans l’instantané », mais cet univers fini n’est pas limité, dans son développement intrinsèquement anti-entropique, à un état fini, même si cela peut sembler être le cas à chaque moment. En d’autres termes, il existe un principe d’action supplémentaire omniprésent pouvant être démontré scientifiquement, au-delà des limites de tout état fini de l’univers qu’on puisse imaginer par déduction immédiate. Ce principe omniprésent est reflété dans l’utilisation du terme de dynamique par Gottfried Leibniz, et dans la description par Albert Einstein de l’univers comme étant fini mais non limité.

Ainsi, le principe anti-entropique d’action qualitative continue définit un principe de dynamique dans le milieu ontologique d’un taux de changement d’action à l’intérieur de, et par ce qu’on doit considérer comme, l’espace-temps physique unifié, comme un grand principe de l’univers pour ainsi dire au dessus de tout ce qu’on pourrait attribuer à un aspect fini d’un processus continu [3].

Les implications profondes de ce fait ne peuvent être appréhendées directement que du point de vue d’une science de l’économie physique. Car ce n’est qu’à travers l’action délibérée de l’homme pour changer les principes de l’univers que nous pouvons constater les effets de la créativité dans le développement des espèces, que ce soit dans les domaines animal et végétal, ou dans l’évolution de l’univers stellaire. Or, dans ces trois cas, nos capacités sont limitées par le fait que c’est uniquement l’étude du rôle de la créativité dans le domaine du comportement humain, qui nous donne les moyens d’examiner ce principe de créativité physique dont les effets sont à l’origine de l’évolution créative des processus vivants et non vivants, ne relevant pas de l’action de l’homme.

Lorsque nous allons au-delà du domaine de la comptabilité financière, pour entrer dans celui d’une science de l’économie physique, comme je l’ai fait, le principe fondamental de l’action en question est l’effet d’introduire des découvertes délibérées de principes physiques originaux dans l’univers par l’action de la créativité humaine.

Cette conception de la créativité humaine définit non seulement tous les progrès dans les pouvoirs productifs du travail, mais aussi la résistance résultante à l’entropie, résistance qui ne peut avoir lieu que grâce à l’impact des progrès économiques basés sur des principes physiques. Une société de « croissance zéro » est, tôt ou tard, une culture condamnée à l’autodestruction.

Dans la science de l’économie physique, il s’agit là du principe qui vient pour ainsi dire du « dessus » de toute pratique existante de l’économie, un principe qui correspond, en fait, aux principes qui produisent un accroissement dans la productivité du travail, par tête et par kilomètre carré d’une société. C’est aussi l’expression des véritables principes de découverte dans la composition artistique classique.

C’est ce principe des pouvoirs créateurs de l’esprit humain en société, qui est implicitement à la base de la révision nécessaire de la fonction du calcul défini par ce qui résulte actuellement de la collaboration entre Leibniz et Bernoulli.

Le cas de la musique, par exemple

Par conséquent, toute science compétente doit se fonder, ontologiquement, sur une « propriété » spécifique aux fonctions cognitives de l’esprit humain individuel, fonctions qu’on ne saurait trouver sous la forme d’un comportement conscient de formes de vie inférieures. C’est une qualité qui définit la séparation de ce que l’usage courant distingue comme étant les caractéristiques physiques et culturelles de l’action humaine. Comme je l’ai souligné dans diverses publications, la fonction de la créativité humaine s’exprime sous la forme de la composition artistique classique, par exemple par la fonction de la véritable métaphore poétique.

Considérons par exemple la révolution réalisée en musique par Jean-Sébastien Bach et ses disciples comme Joseph Haydn, Wolfgang Mozart, Ludwig van Beethoven et Franz Schubert [4].

Depuis la découverte des valeurs bien tempérées de la voix chantée accordée au Do-256, le travail de composition classique ne réside plus simplement dans des actions entre les notes, mais dans la continuité d’un principe qui les subsume, qui est pour ainsi dire « au-dessus » des notes – une intention qui nécessite un moment de silence avant le commencement et, à nouveau, après l’exécution de la composition musicale.

Comparons le K.475 de Mozart à son K.457 : la différence essentielle entre les deux exige de l’esprit qu’il enveloppe le concept du K.457, composé antérieurement, avec ce que le K. 475 a révélé. L’espace, la matière et le temps n’existent plus en tant qu’absolus ; un principe de développement unificateur dans l’espace-temps physique imprègne, et règne, consciemment, sur la composition dans son ensemble.

C’est le même principe d’action universel que Percy Bysshe Shelley résume dans le paragraphe final de son poème En défense de la poésie. La dynamique apparaît là sous la forme de systèmes d’états d’esprit, comme dans l’exemple présenté par Shelley, qui, en régnant sur la formation de l’opinion efficacement exprimée d’une partie de la population, définit le type d’espace-temps physique humain dont l’influence organise les mouvements dans les populations en question.

La même chose est exprimée par la notion d’infinitésimal du calcul de Leibniz que redoutaient si désespérément les animaux du « zoo humain » de l’abbé Antonio Conti, peuplé de mathématiciens comme les réductionnistes Abraham de Moivre, Jean le Rond D’Alembert, Leonhard Euler, Adrien-Marie Legendre, Pierre-Simon Laplace, ainsi que le plagiaire Augustin Cauchy ; ils n’arrivaient pas à saisir la notion de la créativité humaine. Pour le dire autrement, Bach et ses héritiers ont fait de ce qu’ils avaient compris d’un principe de l’univers, l’expression essentielle de leur travail [5].

En musique, en poésie et au théâtre, par exemple, le principal obstacle à la réussite d’une interprétation de l’œuvre d’une qualité véritablement humaine, se trouve dans une tendance de l’interprète à privilégier les effets sensuels en soi, au lieu de reconnaître qu’une erreur fondamentale est commise lorsque l’attention est principalement focalisée sur ces effets physiques.

Cela n’implique pas qu’il ne faille pas prendre en compte « la musique entendue » en soi. Il faut par exemple écouter la célèbre Ode de Keats, dans laquelle il souligne que la réalité, plus souvent cachée que révélée par le palpable, doit conduire l’esprit à se focaliser sur le principe actif exprimé ici par le divin. C’est là que réside le génie de ce poème de Keats ; il y a là le principe de la dynamique identifié de fait par Shelley dans le paragraphe final de son En défense de la poésie. Toute pratique artistique réussie réside avant tout dans le divin, pas dans l’interprétation de phénomènes sensoriels considérés en soi.

Ceci apparaît clairement lorsqu’on reconnaît la relation qui existe entre la composition artistique classique (à la différence d’autres variétés) et le principe de créativité – la créativité telle qu’elle se manifeste dans l’examen de la découverte d’un principe physique universel expérimentalement validé.

Dans ce cas, l’esprit bien ordonné cherche parmi les paradoxes qui se présentent, l’arrangement du processus qui sera retenu parce qu’il exprime ce que la déduction ne permettrait pas de trouver, mais ce en quoi l’esprit humain aura trouvé la clé pour ouvrir la « porte d’entrée ». Telle est la nature de tout véritable principe. Le choix retenu doit mettre en évidence l’écart entre les produits erronés de la déduction et la correspondance quasi miraculeuse du succès du choix qu’il aurait été impossible de trouver par la déduction.

La découverte par Johannes Kepler du système d’organisation des planètes du Système solaire qu’il étudiait, montre que la démonstration d’un principe qui subsume la créativité scientifique et artistique classique, doit être préférée à une méthode basée sur des approximations déductives. Cette méthode de Kepler est cruciale, aussi bien en science physique compétente qu’en composition et en interprétation artistique classique, pour comprendre le principe de dynamique de Leibniz.

Ainsi, nous devons reconnaître les implications quasi criminelles de toute tentative de séparer en catégories distinctes la science classique et l’art classique. Soulignons-le : toute tentative d’établir une séparation de principe de la science par rapport à l’art classique, ou l’inverse, représente une catastrophe potentielle. Les méthodes de l’empirisme sont malfaisantes à tout point de vue. C’est l’universalité de la créativité en tant que principe qui est l’essence même de la notion de la dynamique.

La notion de la science humaine

Ce que j’ai présenté jusqu’ici vise à montrer que l’idée généralement admise de « science physique » est intrinsèquement fausse, dans la mesure où nous ne savons ce qu’est la science physique compétente qu’à travers l’application de l’action humaine en vue d’induire des types de changements dans l’univers que nous n’expérimenterions pas autrement. C’est en particulier le cas pour les principes qui changent effectivement la forme du comportement de l’univers expérimenté, à travers des actions engendrées par l’utilisation volontaire de l’homme de principes découverts.

C’est cette conception du sujet qui définit une notion compétente de science physique. Autrement dit, le comportement de l’homme change le comportement de l’univers de sorte que cet univers est différent de ce qu’il serait si l’action révolutionnaire de l’homme était absente. Puisque des accélérations rendues possibles par la technologie de la fusion thermonucléaire, conduisent l’homme vers le domaine du vol spatial interplanétaire relativiste, l’enjeu s’impose vivement à l’imagination.

Dans ce sens, on peut et on doit dire que le développement de la présence de l’homme dans l’univers change intentionnellement le résultat effectif des opérations dans cet univers. Seule cette qualité de changements spécifiques effectués par l’action intentionnelle de l’homme, peut être qualifiée de principes physiques.

Dans le cas de l’économie, le fait que l’homme réussisse à survivre à des niveaux démographiques supérieurs à ceux attribués aux grands singes, repose sur son développement anti-entropique afin de compenser la tendance vers l’entropie (par exemple, une réduction démographique par l’usure ou d’autres moyens, combinée à une dérive vers la sauvagerie).

Ces considérations fournissent une définition étendue de la signification d’une science de l’économie physique.

Toutefois, la seule source des pouvoirs créateurs ainsi exprimés, se trouve en dehors du domaine des mathématiques et de la simple expérience en soi. Seuls des changements dans l’organisation légitime des processus régnant sur au moins certain aspect de l’espace-temps physique, ou sur l’espace-temps en général, constituent la vraie science, et par conséquent, une notion valide d’une science de l’économie physique.

En outre, toute économie dépend de considérations remontant à une géométrie physique, ainsi définie.

Ainsi, du point de vue de la capacité humaine d’exister dans l’univers grâce aux effets anti-entropiques de l’application des principes universels découverts, la science représente la maîtrise de l’univers par l’homme et la femme, comme il est indiqué dans le livre 1 de la Genèse. Cela veut dire qu’on peut définir la science comme un processus d’améliorations anti-entropiques successives de l’univers, à travers la réalisation de la mission qu’a l’homme de cultiver l’univers qu’il habite. C’est la découverte des règles de ce comportement humain qui constitue la véritable activité scientifique.

Cependant, sur ce point, aucune séparation n’est moralement admissible entre ce qu’on considère comme le sujet de la science dite physique et les pouvoirs de découverte de principes universels en science par le biais de l’intuition artistique classique – un processus d’intuition qu’on peut décrire autrement comme la vision par l’homme du comportement créateur humain dont dépendent les définitions de créativité scientifique physique.

D’où la criminalité virtuellement satanique des philosophies réductionnistes pratiques, comme le comportementalisme et l’existentialisme, représentées par les influences nauséabondes de l’Ecole de Francfort, du Congrès européen pour la liberté de la culture, et le Positivisme. En rejetant la créativité à l’origine de son expression, la créativité artistique classique, nous minons et nous tendons à détruire la possibilité que le progrès scientifique fournisse les conditions préalables à la santé et au progrès de la vie humaine.


En défense de la poésie

Voici le dernier paragraphe de cet écrit de Percy Bysshe Shelley, dans la traduction de F. Rabbe, très légèrement revue par la rédaction de Nouvelle Solidarité (Nouvelle Librairie Parisienne, 1887).

« La seconde partie aura pour objet l’application de ces principes à l’état présent de la culture poétique, et sera une défense du dessein qu’elle doit se proposer d’idéaliser les formes modernes des mœurs et des opinions, et de les obliger à se subordonner à la faculté imaginative et créatrice. Car la littérature anglaise, dont un énergique développement a toujours précédé ou accompagné un grand et libre développement de la volonté nationale, a repris, pour ainsi dire, une nouvelle naissance. En dépit de basses jalousies qui voudraient rabaisser le mérite contemporain, notre époque sera un temps mémorable par les œuvres intellectuelles qu’elle aura produites, et nous vivons au milieu de philosophes et de poètes qui dépassent au-delà de toute comparaison tout ce qui a paru depuis le dernier effort national en faveur de la liberté civile et religieuse. Le plus infaillible héraut, compagnon et partisan du réveil d’un grand peuple, permettant de contribuer à une révolution bénéfique dans l’opinion ou les institutions, c’est la poésie. A de telles époques, on voit une accumulation du pouvoir de communiquer et de recevoir des conceptions intenses et passionnées touchant l’homme et la nature. Ceux en qui réside ce pouvoir peuvent souvent, dans plusieurs parties leur nature, offrir peu de correspondance apparente avec cet esprit du bien dont ils sont les ministres. Mais, alors même qu’ils le renient et l’abjurent, ils sont obligés de servir ce pouvoir qui réside sur le trône de leur propre âme. Il est impossible de lire les compositions des plus célèbres écrivains du jour sans être surpris de la vie électrique qui jaillit de leurs écrits. Ils mesurent la circonférence et sondent les profondeurs de la nature humaine avec un esprit de synthèse et pénétrant, et ils sont peut-être eux-mêmes, sincèrement, les plus étonnés de ses manifestations ; car dues moins à leur esprit qu’à l’esprit de leur temps. Les poètes sont les hiérophantes [6] d’une inspiration non consciente ; les mots qui expriment ce qu’ils ne comprennent pas ; les miroirs des ombres gigantesques que l’avenir jette sur le présent ; les trompettes qui sonnent la bataille et ne sentent pas ce qu’elles inspirent ; l’influence qui n’est pas émue, mais qui émeut. Les poètes sont les législateurs non reconnus du monde. »


[1Pour citer à nouveau cette dernière phrase si révélatrice : « Ceci [le sujet de la dissertation d’habilitation] nous conduit dans le domaine d’une autre science, le domaine de la Physique, où l’objet auquel est destiné ce travail [les mathématiques] ne nous permet pas de pénétrer aujourd’hui ». C’est cela qui provoqua les attaques contre les travaux de Riemann par les positivistes, le physicien Rudolf Clausius et le mathématicien Hermann Grassmann (au sujet des implications de l’électrodynamique de Weber, à laquelle Riemann avait participé avec des expériences originales et valides).

[2Executive Intelligence Review, December 25, 2009, Vol.36, No.50.

[3J’admets que cette formulation est compliquée, mais là n’est pas le vrai problème lié à ce choix de terminologie. En fait, cette terminologie est nécessaire pour énoncer un principe dont l’existence ne peut être exclue de l’usage actuel, mais que nous ne connaissons pour l’instant que de manière négative et partielle. Nous avons besoin de donner un nom à un concept qui ne soit pas une « réponse », mais la reconnaissance de l’existence de quelque chose qu’il nous reste à connaître : nous connaissons l’empreinte, du moins dans une certaine mesure, mais sans avoir encore défini l’espèce qui a laissé cette empreinte indéniable.

[4Par exemple, les trois dernières sonates pour piano de Schubert, et sa dernière symphonie, dont la partition fut remise à Félix Mendelssohn par son ami Robert Schumann qui l’avait trouvée à Vienne.

[5En examinant les affaires d’Augustin Cauchy après sa mort, on trouva le manuscrit « perdu » de Niels Abel, annoté par Cauchy lui-même. Cauchy a plagié de manière flagrante ce travail alors qu’on proclamait au monde que le mémoire d’Abel avait mystérieusement « disparu ».

[6Dans l’antiquité, prêtres des mystères d’Eleusis qui révélaient les choses sacrées.

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