Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 8 décembre - Référendum en Italie : une nouvelle claque pour l’UE Lire Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire
Accueil Orientation stratégique Analyses
Les analyses de Jacques Cheminade

« La finance folle ne doit pas nous gouverner » : les doyens de la social-démocratie européenne défient la City !

visites
3355
commentaire

Par Jacques Cheminade

Tranchant le nœud gordien du temple du capitalisme financier, les doyens de la social-démocratie européenne viennent de faire irruption sur la scène politique, là où depuis longtemps nous espérions qu’ils se manifestent. Leur intervention a pris la forme d’une lettre adressée à Nicolas Sarkozy, en vue de la présidence française de l’Union européenne, intitulée : « Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner » ( le 22 mai, sur www.laurent-fabius.net). Ce texte a été repris dans la page « Débats » du quotidien le Monde, le même jeudi 22 mai, sous le titre encore plus provocant de : « La finance folle ne doit pas nous gouverner ». Ainsi, la boîte de Pandore longtemps fermée se trouve ouverte pour un débat public sur l’enjeu fondamental de la politique internationale, auquel nous participerons pour pousser constamment les feux, car il y a urgence à ce que les paroles se transforment en actes.

Les partisans du « capitalisme de casino anglo-saxon » ne s’y sont pas trompés. Ambrose Evans-Pritchard, dans le Sunday Telegraph, en bon chien de garde de l’oligarchie britannique et en ennemi historique de Lyndon LaRouche, a tout de suite flairé le danger. Il s’écrie : « Ce texte fulminant [qui n’a été signé par aucun responsable britannique] est la manifestation à ce jour la plus claire d’une poussée de plus en plus puissante vers un "super régulateur" européen, qui réduirait l’Autorité des services financiers britannique à un statut de branche régionale et serait une menace grave pour la City de Londres. » Les critiques européens veulent « saisir leur chance de couper les ailes de la City » car ils savent que « la Grande-Bretagne est exceptionnellement vulnérable après l’affaire de Northern Rock ». Avec les départs prochains de José Manuel Barroso, un « partisan du libre marché », et de Charlie McCreevy,le commissaire au Marché intérieur et aux Services, Ambrose Evans-Pritchard craint de perdre « nos protecteurs à Bruxelles ».

Le texte des « socialistes continentaux » a été signé par quasiment tous les doyens européens de leur groupe : Jacques Delors, Jacques Santer, Massimo d’Alema, Lionel Jospin, Pavvo Lipponen, Goran Persson, Poul Rasmussen, Michel Rocard et cinq anciens ministres de l’Economie et/ou des Finances. Il ne s’agit donc pas d’une initiative courageuse bien que minoritaire, mais d’un texte institutionnel. Bien que nous croyions savoir le rôle déterminant joué dans sa rédaction par Michel Rocard, qui défend depuis longtemps un Nouveau Bretton Woods, c’est tout un « pack », comme diraient les rugbymen d’outre-Manche, qui pousse derrière. On comprend donc les craintes des milieux financiers londoniens. Qu’on en juge par des citations qui se suffisent à elles-mêmes :

« Cette crise financière n’est pas le fruit du hasard. Elle n’était pas impossible à prévoir (...) La sonnette d’alarme avait été tirée il y a des années par des individus lucides. La crise incarne de fait l’échec de marchés peu ou mal régulés et elle nous montre une fois de plus que ceux-ci ne sont pas capables d’auto-régulation. (...) Les prêts hypothécaires douteux (...) ne sont que les symptômes d’une crise plus large en matière de gouvernance financière et de pratiques commerciales. (...) L’inégalité croissante des revenus s’est produite parallèlement à une croissance continue du secteur financier. (...) Le monde des finances a accumulé une masse gigantesque de capital fictif qui n’améliore que très peu la condition humaine et la préservation de l’environnement. (...) Le capitalisme décent (...) requiert une intervention publique efficace. »

Après avoir ainsi posé le diagnostic, les intervenants soulignent les dangers : « Les augmentations spectaculaires des prix de l’énergie et des produits alimentaires viennent aggraver les effets de la crise financière et sont de mauvais augure. Il est très significatif que les fonds spéculatifs ont contribué à la hausse des prix des denrées de base. Les citoyens des pays les plus pauvres en seront les plus touchés. Nous risquons de nous trouver face à une misère sans précédent, à une prolifération d’Etats en faillite, à des flux migratoires plus importants et à davantage de conflits armés. » A l’illusion d’une Union européenne préservée, ils répondent : « Mais n’oublions pas les problèmes croissants sur les marchés immobiliers au Royaume Uni, en Espagne et en Irlande et le marasme économique qui se répand partout en Europe. » Cette analyse est d’autant plus remarquable qu’un autre socialiste français, Henri Weber, venait de déclarer dans le numéro de mai 2008 d’Enjeux que « nous sommes dans une longue période d’expansion économique très puissante. La croissance mondiale n’a jamais été aussi forte... » Il y a donc des pendules ou des montres, s’il s’agit de Julien Dray, qu’il faudra remettre à l’heure en famille.

Enfin, et c’est le plus intéressant, nos amis du Parti socialiste européen concluent : « L’Europe doit étudier ces évolutions et identifier les conséquences prévisibles dans le court et le long terme afin d’élaborer des propositions à l’adresse de la communauté internationale permettant de contrer les effets et les causes profondes de cette crise. » Pour affirmer enfin : « Il est temps de créer un comité de crise européen qui rassemble des représentants politiques de haut niveau, d’anciens chefs d’Etat et de gouvernement ou des ministres des Finances ainsi que des économistes renommés et des experts financiers de tous les continents. » Et « donner comme tâche principale à ce comité (...) de présenter au conseil des ministres, aux Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU, au directeur général du FMI et à toutes les autorités et instances concernées une série de propositions afin de limiter les effet(s de la crise et préparer une conférence financière mondiale afin de repenser les règles de la finance internationale et de la gouvernance concernant les thèmes économiques mondiaux. »

Cela change des vagues généralités habituelles qui hantent les couloirs de la bureaucratie. Vous dites « capital fictif ? » Mais où a-t-on entendu parler depuis longtemps de ce concept, sinon chez Rosa Luxembourg et... Lyndon LaRouche ou Jacques Cheminade ? Vous parlez d’une « conférence financière mondiale » ? Mais où cela peut-il se trouver, sinon dans l’appel d’Helga Zepp-LaRouche et de moi-même pour un Nouveau Bretton Woods, initiative lancée par ailleurs par Michel Rocard et reprise par le Parlement italien dans une proposition adoptée le 6 avril 2005 ?

Nous devons donc fêter la bonne nouvelle en nous mettant au travail. Il faut faire vite : la crise du système financier est devenue effondrement, les prix du pétrole, des matières premières et des produits agricoles font l’objet d’une spéculation immorale, destructrice et criminelle dans ses conséquences. La réunion de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui va se tenir du 3 au 5 juin à Rome, doit être l’occasion de tout mettre sur la table, au sens propre comme au figuré. Il en va du futur de l’humanité. On veut croire que les sociaux-démocrates d’abord, MM.Jean Ziegler, Jacques Diouf et Olivier de Schutter, lanceront avec nous une offensive décisive, éradiquer la faim et la malnutrition et mettre en oeuvre un Nouveau Bretton Woods constituant un seul et même combat : le premier est le but immédiat, le second est ce qui nous permettra de l’emporter. Pour y parvenir, nous devons faire sauter les barrages de ceux que M.Ziegler appelle à juste titre « les criminels contre l’humanité », en donnant charitablement leur dernière chance à ces autres « socialistes » qui dirigent l’OMC et le FMI.

Contactez-nous !

Don rapide