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Les analyses de Jacques Cheminade

« La finance folle ne doit pas nous gouverner » : les doyens de la social-démocratie européenne défient la City !

Par Jacques Cheminade

Tranchant le nœud gordien du temple du capitalisme financier, les doyens de la social-démocratie européenne viennent de faire irruption sur la scène politique, là où depuis longtemps nous espérions qu’ils se manifestent. Leur intervention a pris la forme d’une lettre adressée à Nicolas Sarkozy, en vue de la présidence française de l’Union européenne, intitulée : « Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner » ( le 22 mai, sur www.laurent-fabius.net). Ce texte a été repris dans la page « Débats » du quotidien le Monde, le même jeudi 22 mai, sous le titre encore plus provocant de : « La finance folle ne doit pas nous gouverner ». Ainsi, la boîte de Pandore longtemps fermée se trouve ouverte pour un débat public sur l’enjeu fondamental de la politique internationale, auquel nous participerons pour pousser constamment les feux, car il y a urgence à ce que les paroles se transforment en actes.

Les partisans du « capitalisme de casino anglo-saxon » ne s’y sont pas trompés. Ambrose Evans-Pritchard, dans le Sunday Telegraph, en bon chien de garde de l’oligarchie britannique et en ennemi historique de Lyndon LaRouche, a tout de suite flairé le danger. Il s’écrie : « Ce texte fulminant [qui n’a été signé par aucun responsable britannique] est la manifestation à ce jour la plus claire d’une poussée de plus en plus puissante vers un "super régulateur" européen, qui réduirait l’Autorité des services financiers britannique à un statut de branche régionale et serait une menace grave pour la City de Londres. » Les critiques européens veulent « saisir leur chance de couper les ailes de la City » car ils savent que « la Grande-Bretagne est exceptionnellement vulnérable après l’affaire de Northern Rock ». Avec les départs prochains de José Manuel Barroso, un « partisan du libre marché », et de Charlie McCreevy,le commissaire au Marché intérieur et aux Services, Ambrose Evans-Pritchard craint de perdre « nos protecteurs à Bruxelles ».

Le texte des « socialistes continentaux » a été signé par quasiment tous les doyens européens de leur groupe : Jacques Delors, Jacques Santer, Massimo d’Alema, Lionel Jospin, Pavvo Lipponen, Goran Persson, Poul Rasmussen, Michel Rocard et cinq anciens ministres de l’Economie et/ou des Finances. Il ne s’agit donc pas d’une initiative courageuse bien que minoritaire, mais d’un texte institutionnel. Bien que nous croyions savoir le rôle déterminant joué dans sa rédaction par Michel Rocard, qui défend depuis longtemps un Nouveau Bretton Woods, c’est tout un « pack », comme diraient les rugbymen d’outre-Manche, qui pousse derrière. On comprend donc les craintes des milieux financiers londoniens. Qu’on en juge par des citations qui se suffisent à elles-mêmes :

« Cette crise financière n’est pas le fruit du hasard. Elle n’était pas impossible à prévoir (...) La sonnette d’alarme avait été tirée il y a des années par des individus lucides. La crise incarne de fait l’échec de marchés peu ou mal régulés et elle nous montre une fois de plus que ceux-ci ne sont pas capables d’auto-régulation. (...) Les prêts hypothécaires douteux (...) ne sont que les symptômes d’une crise plus large en matière de gouvernance financière et de pratiques commerciales. (...) L’inégalité croissante des revenus s’est produite parallèlement à une croissance continue du secteur financier. (...) Le monde des finances a accumulé une masse gigantesque de capital fictif qui n’améliore que très peu la condition humaine et la préservation de l’environnement. (...) Le capitalisme décent (...) requiert une intervention publique efficace. »

Après avoir ainsi posé le diagnostic, les intervenants soulignent les dangers : « Les augmentations spectaculaires des prix de l’énergie et des produits alimentaires viennent aggraver les effets de la crise financière et sont de mauvais augure. Il est très significatif que les fonds spéculatifs ont contribué à la hausse des prix des denrées de base. Les citoyens des pays les plus pauvres en seront les plus touchés. Nous risquons de nous trouver face à une misère sans précédent, à une prolifération d’Etats en faillite, à des flux migratoires plus importants et à davantage de conflits armés. » A l’illusion d’une Union européenne préservée, ils répondent : « Mais n’oublions pas les problèmes croissants sur les marchés immobiliers au Royaume Uni, en Espagne et en Irlande et le marasme économique qui se répand partout en Europe. » Cette analyse est d’autant plus remarquable qu’un autre socialiste français, Henri Weber, venait de déclarer dans le numéro de mai 2008 d’Enjeux que « nous sommes dans une longue période d’expansion économique très puissante. La croissance mondiale n’a jamais été aussi forte... » Il y a donc des pendules ou des montres, s’il s’agit de Julien Dray, qu’il faudra remettre à l’heure en famille.

Enfin, et c’est le plus intéressant, nos amis du Parti socialiste européen concluent : « L’Europe doit étudier ces évolutions et identifier les conséquences prévisibles dans le court et le long terme afin d’élaborer des propositions à l’adresse de la communauté internationale permettant de contrer les effets et les causes profondes de cette crise. » Pour affirmer enfin : « Il est temps de créer un comité de crise européen qui rassemble des représentants politiques de haut niveau, d’anciens chefs d’Etat et de gouvernement ou des ministres des Finances ainsi que des économistes renommés et des experts financiers de tous les continents. » Et « donner comme tâche principale à ce comité (...) de présenter au conseil des ministres, aux Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU, au directeur général du FMI et à toutes les autorités et instances concernées une série de propositions afin de limiter les effet(s de la crise et préparer une conférence financière mondiale afin de repenser les règles de la finance internationale et de la gouvernance concernant les thèmes économiques mondiaux. »

Cela change des vagues généralités habituelles qui hantent les couloirs de la bureaucratie. Vous dites « capital fictif ? » Mais où a-t-on entendu parler depuis longtemps de ce concept, sinon chez Rosa Luxembourg et... Lyndon LaRouche ou Jacques Cheminade ? Vous parlez d’une « conférence financière mondiale » ? Mais où cela peut-il se trouver, sinon dans l’appel d’Helga Zepp-LaRouche et de moi-même pour un Nouveau Bretton Woods, initiative lancée par ailleurs par Michel Rocard et reprise par le Parlement italien dans une proposition adoptée le 6 avril 2005 ?

Nous devons donc fêter la bonne nouvelle en nous mettant au travail. Il faut faire vite : la crise du système financier est devenue effondrement, les prix du pétrole, des matières premières et des produits agricoles font l’objet d’une spéculation immorale, destructrice et criminelle dans ses conséquences. La réunion de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui va se tenir du 3 au 5 juin à Rome, doit être l’occasion de tout mettre sur la table, au sens propre comme au figuré. Il en va du futur de l’humanité. On veut croire que les sociaux-démocrates d’abord, MM.Jean Ziegler, Jacques Diouf et Olivier de Schutter, lanceront avec nous une offensive décisive, éradiquer la faim et la malnutrition et mettre en oeuvre un Nouveau Bretton Woods constituant un seul et même combat : le premier est le but immédiat, le second est ce qui nous permettra de l’emporter. Pour y parvenir, nous devons faire sauter les barrages de ceux que M.Ziegler appelle à juste titre « les criminels contre l’humanité », en donnant charitablement leur dernière chance à ces autres « socialistes » qui dirigent l’OMC et le FMI.

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Jacques Cheminade
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