Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Orientation stratégique Analyses
Les écrits de Lyndon LaRouche

« La nation est en péril »

visites
1340

Le 28 janvier, quelques heures avant que le président Bush ne s’exprime sur le même sujet, Lyndon LaRouche a analysé la situation des Etats-Unis aujourd’hui et proposé ses solutions pour sortir de la crise.

Dans son discours, Lyndon LaRouche a abordé quatre aspects de « l’état de l’Union » en ce début 2003. D’abord, les causes et la nature de la crise économique actuelle, ensuite, les mesures de relance économique « qui doivent être prises d’urgence, sans plus tarder, par le Président actuellement en poste à la Maison Blanche », troisièmement, les conflits stratégiques internationaux qui recoupent cette crise économique et, enfin, les conceptions erronées de la homeland defense, la défense du territoire national.

Auparavant, LaRouche a rappelé combien la situation économique et stratégique est dangereuse. Il est vrai que George W. Bush est faible et incapable d’y faire face, mais l’institution de la présidence des Etats-Unis dépasse de loin la personne du Président. C’est à cette institution que LaRouche s’est adressé, tout en appelant ceux qui pensent comme lui à faire de même : « Nous devons sauver la présidence et notre nation des folies qu’un Président désorienté et incompétent pourrait commettre, faute de bons conseils et de pressions. »

Comme nous ne pouvons pas, faute de place, reproduire l’intégralité de son discours, nous nous bornerons à en souligner les points forts. LaRouche a expliqué en détail comment s’est développée la crise économique et financière, qui représente un danger plus grave qu’un quelconque Saddam Hussein, avant de présenter ses propositions pour un nouveau Bretton Woods. Cette partie ne sera pas reprise ici, puisque nous en avons couvert les grandes lignes dans d’autres essais de LaRouche. Cependant, nous incitons tous ceux qui lisent l’anglais à se procurer la transcription complète de ce discours sur Internet, à larouchein2004.net. Voici donc quelques extraits de sa présentation.

Lyndon LaRouche : « La guerre n’est pas inéluctable »

Le type de situation auquel nous sommes confrontés aujourd’hui n’est pas tout à fait inhabituel dans l’histoire. Nous l’avons déjà connu avant la Première Guerre mondiale, puis durant la période de 1928-1933 jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Des crises peuvent survenir dans le monde, qui font que les diktats de l’opinion populaire ne fonctionnent plus et que les axiomes couramment acceptés en matière politique ne sont plus adéquats. Et l’on se retrouve alors dans une situation qui n’aurait jamais dû se produire.

La Première Guerre mondiale ? C’est, bien sûr, la monarchie britannique, notamment le prince de Galles, le futur Edouard VII, qui l’organisa afin de dresser le continent eurasiatique contre lui-même et le détruire pour l’empêcher de défier le pouvoir impérial maritime de la monarchie britannique. Mais cette guerre n’aurait pas eu lieu si le Kaiser n’avait pas été aussi stupide, si l’empereur autrichien n’avait pas été encore plus idiot, si le tsar russe n’avait pas été fou et si les institutions de la France de Clemenceau n’avaient pas été, de fait, criminelles, comme celles de l’Angleterre. Rien ne justifiait cette guerre, elle aurait dû être empêchée. (...)

La destruction de l’Europe pendant la Première Guerre mondiale fut plus terrible que les ravages infligés par la Deuxième Guerre mondiale. Ce fut un acte de folie ! Dû au fait que personne, y compris dans les grands partis ou parmi les chefs d’Etat, n’accepta de réfléchir à une conclusion raisonnable.

1928-33. Il n’y avait aucune raison pour que cette dépression économique ait lieu. Woodrow Wilson en fut probablement le principal architecte, avec ses folles idées racistes. Elle n’aurait jamais dû se produire. Les politiques adoptées dans le traité de Versailles, qui menèrent à la crise économique de la fin des années 20, n’auraient jamais dû être appliquées. Mais il n’y avait personne pour l’empêcher !

La Deuxième Guerre mondiale n’aurait jamais dû avoir lieu. Je reviendrai sur cette question, mais pour le dire très clairement : la guerre n’est jamais inévitable. Une guerre en Irak n’est pas inévitable. A moins que les couards ne le permettent, avec les idiots au gouvernement, elle n’aura pas lieu. Parce qu’en Irak, il ne s’agit pas seulement d’une nation à bombarder, d’un théâtre de guerre. Ce serait le détonateur d’une guerre qui deviendrait mondiale. Nous avons affaire au même type de folie que celle que nous avons vue lors des deux guerres mondiales précédentes ou durant la dépression. Il faut l’arrêter, dès maintenant.

Quiconque dit qu’il faut faire cette guerre, pour telle ou telle raison, ne sait pas de quoi il parle. Elle ne doit pas se faire. (...)

L’autre Amérique

Aujourd’hui, les Etats-Unis sont méprisés de la plupart des nations et de la majorité des gens. Ce mépris s’est rapidement étendu ces deux dernières années. Il y eut un élan de solidarité envers les Etats-Unis suite aux attaques du 11 septembre 2001, à New York et Washington. Mais ce crédit, cette solidarité, se dissipent, en raison de la crise économique, de la menace de guerre en Irak - et dans tout le Moyen-Orient. C’est surtout pour cela que les Etats-Unis sont méprisés, non seulement dans ce que M. Rumsfeld appelle « la veille Europe », mais dans une grande partie du monde. On les considère comme une puissance impériale - à laquelle les nations se soumettent, non parce qu’elles la trouvent bien, mais parce qu’elles ont peur. Telle est l’attitude envers l’Amérique que je rencontre personnellement en Europe, en Asie et ailleurs. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus détesté du globe, ce qui est très mauvais pour notre sécurité nationale.

Mais il y a un autre aspect des Etats-Unis. Nous sommes une nation unique, comme je l’expliquerai. Nous sommes une exception historique, la première véritable république de l’histoire moderne.

En raison de la création de cette république, en raison de la défaite de l’esclavage et de la victoire d’Abraham Lincoln, qui ont permis un développement rapide du pays, et parce que nous sommes devenus la première puissance économique du monde (...), pour toutes ces raisons, dans de nombreux pays du monde - France, Allemagne, Russie, puis, plus tard, Chine et Japon - le système américain d’économie politique était considéré comme le seul valable. (...)

Ce que nous avons fait en Europe, dans le cadre du plan Marshall, qui était effectivement une transposition des politiques de Franklin Roosevelt pour la reconstruction d’un continent ravagé par la guerre, nous a gagné respect et estime.

Aussi, les Etats-Unis, en dépit de la mauvaise passe actuelle, peuvent compter sur un réservoir de bonne volonté dans le monde, de la part de ceux qui se rappellent ce que nous étions, qui savent que nous étions autrefois le symbole de l’anti-impérialisme, l’adversaire du colonialisme, l’ennemi des systèmes de gouvernement archaïques et des systèmes de banque centrale.

Je jouis d’une certaine influence dans le monde, parce que dans les cercles dirigeants de nombreux pays, on reconnaît que ce sont ces Etats-Unis-là que je représente. Si j’occupais aujourd’hui la Maison Blanche, ce pays serait submergé d’amis - dont certains tendent à nous mépriser aujourd’hui.

Le concept de défense stratégique

Prenons la question militaire. Soyons très clairs sur ce point.

Comme elle le fut bien souvent dans le passé, la politique des Etats-Unis devrait être basée sur le concept de défense stratégique développé par Lazare Carnot, génie militaire, ingénieur, savant, et l’une des personnalités décisives associées à l’Ecole polytechnique de cette époque.

Entre 1792 et 1794, alors que la France, envahie par presque toutes les puissances européennes, était sur le point d’être dépecée, Carnot devint, contre toute attente, ministre de la Défense, jeté dans la bataille, tandis qu’à Paris, tout le monde croyait que ce pays allait être démembré. C’est alors qu’il vainquit tous les ennemis de la France et bâtit la plus puissante machine militaire d’Europe, en terme de puissance terrestre. Il fut ensuite écarté, mais continua à suivre de loin les événements.

Il développa l’idée de défense stratégique pour en faire une politique. Sa conception reposait en grande partie sur l’oeuvre du maréchal Vauban. (...)

Un peu plus tard, cette approche fut approfondie par un jeune homme qui étudiait à l’école militaire instituée en Allemagne par le comte de Shaumburg-Lippe et dont le programme avait été spécialement conçu par Moïse Mendelssohn. Cet étudiant était Scharnhorst, qui allait devenir l’un des plus grands commandants et penseurs militaires de cette période. Le concept allemand de défense se basait sur une armée de réserve composée de citoyens, des réservistes bien entraînés, assurant la défense de la nation.

C’est aussi ce qu’a fait Creighton Abrams, après avoir tiré les leçons de la guerre du Vietnam.(...) Les unités militaires doivent être, pour ainsi dire, des unités squelettes destinées à être complétées, en temps de guerre, par des réservistes. Les chefs militaires doivent alors rappeler ces réservistes bien entraînés pour prendre leur poste dans les rangs de ces unités. Ainsi, contrairement à ce que nous avons fait au Vietnam, on ne partirait pas en guerre sans mettre la volonté de la population au défi de la faire. Voilà le principe.

Nous sommes aujourd’hui en présence de trois concepts différents de conflit stratégique.

Les deux premiers sont mauvais et le premier est pire que le deuxième. C’est un concept développé par les cercles de H.G. Wells et de Bertrand Russell, selon lequel la possession d’armes nucléaires ouvre la voie à un gouvernement mondial. C’est au nom de ce concept que les bombes ont été larguées sur Hiroshima et Nagasaki, et pour nulle autre raison - MacArthur avait gagné la guerre. Il n’y avait pas de raison d’envahir le Japon. Les bombes n’ont pas permis de sauver un million de vies. (...) Comme MacArthur en avait informé son état-major, le Japon était déjà vaincu et il n’était pas prévu de l’envahir.

Il s’agit là d’un principe classique enseigné aussi par Machiavel, dès le XVIème siècle. On ne poursuit pas un ennemi vaincu dans ses derniers retranchements, cela risquerait de déclencher une nouvelle guerre. On attend simplement sa reddition.

Parce que l’objet de la guerre n’est pas la guerre. L’objet de la guerre est la paix - lorsqu’on ne peut l’obtenir autrement. L’idée de défense stratégique consiste à poursuivre une politique de paix active, une politique visant à établir des relations pacifiques, acceptables pour les nations en présence. On ne se battra que pour assurer que cette politique ne soit pas compromise. Sinon, on ne combat pas !

Mais ces utopistes disent : « Nous voulons créer un nouvel Empire romain. Nous allons utiliser des armes nucléaires comme armes de terreur, pour intimider les nations et les obliger à accepter un gouvernement mondial. » Voilà la politique exprimée en particulier par Brzezinski, et la mouvance de Marc Rich, aussi bien dans les Partis démocrate que républicain. C’est le parti des « Partons en guerre maintenant ».

Il y a une deuxième politique : la vieille politique britannique baptisée « impérialisme de gauche », parfois exprimée dans les pages du Washington Post, par Michael Ignatieff ou par Cooper, le conseiller du Premier ministre britannique.

Le troisième modèle, qui est le mien, je l’appellerais la politique de « communauté de principes ». C’est une politique américaine traditionnelle, explicitement exprimée pour la première fois par le secrétaire d’Etat John Quincy Adams, en relation avec la Doctrine Monroe (1823). A l’époque, l’objectif des Etats-Unis dans les Amériques, comme il le proposait dans sa lettre [au président] James Monroe, devait être de maintenir à l’écart, autant que possible, les colonialistes européens.

A l’époque, les Etats-Unis n’avaient pas le pouvoir de le faire. Toutefois, cela devait être l’orientation de notre politique : nous devions défendre, autant que possible, le droit à l’indépendance des républiques souveraines des Amériques et établir une communauté de principes entre républiques nationales parfaitement et respectivement souveraines.

Je propose que tel soit, aujourd’hui, le sens de notre politique pour le monde.

Mon analyse des différentes situations dans le monde, du moins celles que je connais, est la suivante : il n’y a aucune raison pour les Etats-Unis d’envisager une guerre majeure, où que ce soit sur cette planète. Il n’y a aucune situation de guerre potentielle sur cette planète que nous ne puissions contrôler, pourvu qu’elle soit juste, parce que nous pourrions compter sur le soutien d’autres nations pour la rendre efficace. Il n’est aucunement nécessaire que nous recherchions la guerre.

Nous avons besoin d’une politique de défense stratégique. C’est précisément pour cette raison que je soutiens la proposition de Rangel1. C’est une politique américaine traditionnelle, raisonnable. Nous devons être en mesure de nous défendre, adéquatement et efficacement. En tant que Président, j’assurerais que nous le soyons. Nous n’aurions pas besoin de combattre.

Drogue et sécurité intérieure

Pour finir, nous avons un autre sujet d’inquiétude : la homeland defense, ou défense domestique. Quel est donc ce projet confus que l’administration Bush a enfanté ? Va-t-il contribuer à notre sécurité ? Sûrement pas.

Prenons le cas du terrorisme, qu’est-ce que cela signifie ? Vous avez deux types de terrorisme. L’un est opportuniste et peut sévir dans une zone donnée à un niveau relativement bas. L’autre est une opération sophistiquée, qui ne peut être réalisée que par de puissants gouvernements, et leurs services spéciaux.

Dans le cas du conflit américano-soviétique, c’est de cela qu’il s’agissait. L’appareil soviétique avait de très puissantes capacités qui étaient dirigées, entre autres, contre les Etats-Unis. Et ces derniers leur rendaient la pareille.

Or, quelle est la première ligne de défense contre le terrorisme&nbsp, ? C’est de faire respecter la loi, au niveau local. Prenons comme exemple la Virginie du nord [la région autour de la capitale]. Quel est le principal problème de sécurité ici ? Les gangs de la drogue !

Si vous voulez organiser un réseau criminel, si vous recherchez des hommes de main pour des opérations douteuses, allez trouver ces bandes. Elles sévissent, parce que, au nom de la défense intérieure, on a fait disparaître la première ligne de défense, c’est-à-dire l’application ordinaire de la loi, mais aussi la collecte de renseignements.

La seconde ligne est celle de la coopération verticale, et horizontale, entre divers services spécialisés au niveau local, fédéral et des Etats. Si l’on démantèle le trafic de drogue dans une zone et qu’on le réprime vraiment, l’on entamera sérieusement les moyens de la pègre, tout en assurant un bon niveau de sécurité générale. La plupart des problèmes les plus pernicieux dans un quartier ou une zone, surviennent en général par le biais de la drogue - par ces filières sales, sinon par les trafiquants eux-mêmes. Et si l’on réprime efficacement ce problème dans un quartier, la première ligne de défense est assurée. Avec un contrôle efficace exercé par les agences locales, fédérales et d’Etat, avec de bonnes opérations de renseignement, y compris dans les milieux du crime, on aura un tableau relativement clair de la situation. De cette façon, on peut minimiser les possibilités de diriger des opérations illicites ou de commettre des crimes à l’insu des autorités - des crimes « mystérieux ».

Concernant le problème des stupéfiants, le gouvernement américain a été hypocrite et malhonnête. Nous avons des lois contre la drogue, mais nous en avons promu le trafic ! Comment pensez-vous que Brzezinski ait fait marcher la guerre en Afghanistan ?

L’Afghanistan est l’une des zones traditionnelles de production d’opium. Ce sont les seigneurs locaux qui en contrôlent la production, la drogue passant ensuite principalement au Pakistan pour être exportée.

Le Pakistan, qui n’a jamais vraiment été un Etat depuis la séparation du Bangladesh, il y a des années, est aujourd’hui un pays à moitié détruit. C’est un pays de la drogue, c’est-à-dire que ses chefs militaires sont essentiellement des seigneurs de la drogue. Ils le sont devenus en grande partie à cause des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne qui, à commencer par Brzezinski, se sont servis du Pakistan pour mener la prétendue guerre d’Afghanistan [contre l’Union soviétique] des années 1970-1980.

Pour soutenir cet effort, des représentants américains ont propagé dans divers pays arabes la thèse selon laquelle l’Union soviétique était un horrible Etat athée et que, par conséquent, les musulmans convaincus, dont beaucoup avaient été associés à des opérations de renseignement britannique, devaient donner leur vie pour cette guerre.

Et comment l’a-t-on financée ? Par la drogue !

C’est ainsi que nous [les Anglo-Américains] avons créé Oussama ben Laden ! Nous avons créé ce qu’on appelle Al-Qaida. Les Britanniques avaient déjà créé un noyau, mais nous, nous y sommes allés à grande échelle. Maintenant, nous avons un énorme problème en Asie centrale. L’Afghanistan n’est pas près d’être pacifié. Au Pakistan, nous n’avons rien accompli du tout. Si les Etats-Unis se retirent, que se passera-t-il ? L’armée pakistanaise, qui vit de la drogue, va recréer les Talibans. En fin de compte, qu’avons-nous fait ? Des morts ?

La situation est donc pire qu’avant. Pourquoi les Américains ont-ils attaqué l’Afghanistan ? Pour rien. Jusqu’à présent, personne n’a jamais présenté la moindre preuve, quelque peu conséquente, sur les auteurs des attaques du 11 septembre 2001. Aucune preuve. Je sais que certaines personnes dans le gouvernement américain enquêtent encore sur la question, avec sérieux, mais on ne s’attend pas à des révélations de sitôt.

L’Amérique latine

Penchons-nous maintenant sur l’Amérique du sud et centrale. Prenons la Colombie. Washington n’est pas sérieux lorsqu’il dit vouloir lutter contre la drogue en Colombie. Comme certains d’entre vous le savent peut-être, les autorités du Guatemala m’ont demandé, il y a des années, de les aider à évaluer un problème terroriste qui se posait dans les régions montagneuses du pays. Elles m’ont présenté quelques faits et je leur ai donné mon avis. Elles m’ont dit : « Bon, nous sommes d’accord. Que devons-nous faire ? » J’ai répondu : « Moi, rien, c’est à vous de décider . »

Alors nous [notre organisation] avons envoyé un groupe d’assistance sur place, pour être à leurs côtés, tandis qu’ils planifiaient l’opération, et pour en observer le déroulement. Ils ont mené une opération test, qui a confirmé exactement ce que je pensais. (...)

A cette époque, j’ai fait un exposé sur la guerre à la drogue à Mexico, puis j’ai compris qu’elle ne se ferait pas, parce que certains généraux colombiens et des fascistes dans le gouvernement avaient passé un accord avec George Bush [père], selon lequel il leur donnerait peut-être de l’argent de la drogue pour mener l’opération de soutien à la Contra [au Nicaragua].

Cette question n’a jamais été réglée. (...).

Au Pérou, les Etats-Unis ont renversé le gouvernement, parce que c’était la force anti-drogue la plus efficace de toute l’Amérique du Sud ! En Bolivie, nous avons créé une situation dans laquelle les généraux de la cocaïne tentent de revenir en force pour contrôler le pays. Par ailleurs, les partisans de Moon, qui ne sont pas exactement purs en matière de drogue ou du trafic d’armes, ont monté une opération sur une grande partie du territoire brésilien, à la frontière bolivienne, mais aussi de l’autre côté. (...)

Différents gouvernements, dont le nôtre, dirigent des opérations dites de guerre irrégulière ou spéciale, ou encore de guerre de basse intensité. Elles peuvent prendre différentes formes, grèves ou autre. C’est bien connu. Les gens compétents dans le renseignement et la police peuvent comprendre ces opérations et pendre les mesures nécessaires pour les détecter et les traiter.

Mais pour cela, on ne veut surtout pas d’une bande de « surveillants » (d’espions) dans chaque quartier qui s’écrient, « Mon voisin est un terroriste ! ». C’est la chose la plus stupide jamais conçue.

Il est temps de devenir sérieux, de comprendre ce qu’est vraiment la sécurité et d’arrêter d’inventer des ennemis mythiques parce que nous voulons avoir quelqu’un sur qui tirer.

J’affirme que les problèmes que nous connaissons aujourd’hui n’ont aucune raison d’être. Si nous comprenons pourquoi ils n’auraient pas dû être créés, comme j’ai essayé de l’indiquer, nous pouvons les résoudre maintenant et les empêcher de resurgir plus tard.

Note 1 : Le député démocrate de New York, Charles Rangel, un dirigeant du groupe des parlementaires afro-américains (Black Caucus), a déposé une nouvelle proposition de loi visant à rétablir la conscription.

A l’opposé du délire de Bush : LaRouche, la voix de l’autre Amérique

Le président Bush et Lyndon LaRouche ont présenté le même jour leur évaluation de la situation américaine. Le message de LaRouche était clair : surmonter la crise économique et empêcher la guerre.

Le 28 janvier, la population américaine s’est vu présenter deux tours d’horizon stratégiques sur la situation actuelle des Etats-Unis et sur ce qu’elle doit faire. La première analyse venait du président George W. Bush, l’autre de Lyndon LaRouche. Celui-ci a déclaré, en résumé, que 1) le défi fondamental pour l’Amérique est de résoudre la crise économique et financière systémique, 2) qu’une guerre contre l’Irak serait destructrice pour tout le Moyen-Orient et auto-destructrice pour les Etats-Unis, et 3) qu’il allait déployer tous les moyens dont il dispose pour influencer les cercles institutionnels autour de la Présidence dans le sens de ce double objectif - surmonter la crise économique et empêcher la guerre (voir des extraits de son discours pages 6 et 7). Ainsi, le 28 janvier, une alternative politique a été clairement posée au peuple américain - et devant l’histoire.

Le discours de Bush

Le discours du président américain sur « l’état de l’Union » ne contenait pas grand-chose de nouveau. Il a dit ce qu’on pouvait attendre de lui. Il y a certes des problèmes économiques, mais le gouvernement, grâce au « plan de relance et aux baisses d’impôts », s’efforce de les résoudre. Un autre passage de son discours - plus raisonnable - portait sur le déblocage de 15 milliards de dollars pour combattre le sida. Mais tout le reste fut consacré à la litanie archi-connue contre l’Irak - incarnation du mal - assortie de références pseudo-religieuses. Si le régime de Saddam Hussein ne se plie pas sans conditions aux exigences de la Résolution 1441 de l’ONU, Washington l’imposera par les armes. Bush a catégoriquement affirmé que l’Irak possède des armes de destruction massive et trompe systématiquement les Nations unies sur ce point. Pour lui, la violation par Bagdad de la Résolution 1441 est patente.

La seule vraie nouvelle dans le discours de Bush, c’est que le secrétaire d’Etat Colin Powell doit présenter au Conseil de sécurité, le 5 février, des « preuves » de la « duperie et de la tromperie systématiques » de Saddam Hussein en matière d’armes de destruction massive - c’est-à-dire en quoi il est en violation patente de la Résolution 1441.

Ces « preuves », dont parlent depuis si longtemps non seulement les partisans déclarés de la guerre comme Dick Cheney, Don Rumsfeld ou Paul Wolfowitz, mais aussi Colin Powell, seront le facteur déterminant du développement de la crise irakienne. Elles sont destinées à convaincre en premier lieu la majorité de la population américaine, hésitante et fort peu enthousiasmée par cette guerre, et, deuxièmement, le Conseil de sécurité.

Depuis le temps que le gouvernement américain jure détenir ces preuves irréfutables, on se demande bien, y compris parmi les éditorialistes américains plutôt favorables à la guerre ou les timides dirigeants démocrates au Congrès, pourquoi il ne les dévoile pas et, surtout, pourquoi il ne les livre pas aux inspecteurs, comme le demande avec insistance Dominique de Villepin. C’est donc pour dissiper les doutes de la population américaine qu’on a décidé de produire ces « preuves ».

Bataille décisive au Conseil de sécurité

Il est vrai que la majorité des Américains n’accepteraient l’idée d’une guerre contre l’Irak que si elle n’était pas unilatérale mais relevait d’un mandat des Nations unies. Pour cela, il faut avoir l’acceptation ou, mieux encore, l’accord du Conseil de sécurité avant de prendre les armes. Les « preuves » visent donc tout autant le Conseil de sécurité.

Actuellement, il n’y a pas de majorité pour autoriser la guerre. La plupart des pays membres souhaitent la poursuite du travail des inspecteurs en désarmement en Irak et une « solution pacifique ». C’est aussi ce que demandent les deux inspecteurs en chef, Hans Blix et Mohamed el Baradei, mais le rapport de Blix du 27 janvier reflète clairement les pressions adverses qu’il subit. D’un côté, il réclame plus de temps pour les inspecteurs, de l’autre il accuse les dirigeants irakiens de ne pas coopérer sérieusement avec les équipes d’inspection.

Lors de sa prestation du 5 février, Colin Powell tentera, avec les éléments de preuve qu’il dévoilera, de provoquer un « changement » au Conseil de sécurité. La Russie, la Chine et la France ont jusque-là maintenu leur position, affirmant qu’il n’y a aucune raison substantielle de partir en guerre contre l’Irak. C’est la position adoptée le 27 janvier par tous les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. Mais entre-temps, certains pays européens ont subi de fortes pressions anglo-américaines, qui ont conduit à la publication, le 30 janvier, d’une « Déclaration de solidarité » avec les Etats-Unis, signée par les chefs de gouvernement de huit pays : Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Portugal, Danemark, Pologne, Hongrie et République tchèque. L’usage que feront la Russie, la Chine et la France de leur droit de veto, en réaction aux « preuves », sera décisif.

Soyons clairs : dans la question irakienne, il ne peut s’agir de manoeuvres diplomatiques mais d’un choix d’axiomes historiques, dont les motifs et le contexte ont été clairement exprimés par Lyndon LaRouche dans son discours du 28 janvier 2003. Ce fait a été soulevé par nombre de responsables à l’intérieur comme à l’extérieur des Etats-Unis.

La différence entre l’approche de Lyndon LaRouche et celle de George W. Bush était plus frappante que jamais, d’autant plus qu’ils parlaient à quelques heures d’intervalle. Des deux côtés de l’Atlantique, les réactions portaient d’ailleurs davantage sur les conceptions fondamentales des deux hommes que sur les thèmes spécifiques abordés.

Aux Etats-Unis, différents élus ont répondu avec enthousiasme à l’intervention de LaRouche. Un ancien gouverneur du Middle West a dit qu’après avoir entendu son diagnostic sur les problèmes que confronte l’Amérique, il avait « retrouvé l’espoir de pouvoir sauver notre nation ». Un autre ancien gouverneur a commenté qu’en écoutant les propos de Bush sur le sida, il y avait reconnu l’« input » de LaRouche.

En Grande-Bretagne, Stephen J. Lewis, analyste financier de la City de Londres dont les évaluations sont souvent citées dans des journaux germanophones, a déclaré le 29 janvier que l’intervention de LaRouche avait été « très bonne et aussi très convaincante. Cela va faire vibrer de nombreuses cordes sensibles chez les Américains. C’est bien qu’il ait expliqué si clairement pourquoi l’Amérique s’est attiré tant de haine ces dernières années, parce que les Américains intelligents se demandent pourquoi il en est ainsi. Ses explications sur la transformation de la politique américaine pour le pire y apportent une réponse. Il a aussi parlé sans détours d’un sujet que la population perçoit bien, à savoir que l’économie n’est pas en aussi bon état qu’elle devrait l’être. La population américaine est désenchantée et recherche des alternatives. »

Martin Macauley, professeur de questions russes et slaves à Londres, qui participe souvent aux « Tables rondes » de la BBC sur les affaires stratégiques, s’est exclamé : « C’était comme être brutalement confronté à l’histoire de ces 2000 dernières années. » Il a exprimé son accord total avec les attaques de LaRouche contre la politique du FMI et de la Banque mondiale en Argentine, notant que ces mêmes mesures, appliquées en Russie, avaient été terriblement destructives. Il a ajouté que la Chine avait raison de mettre l’accent sur l’intervention de l’Etat dans l’économie. Par ailleurs, et c’est le plus important, Macauley pense, comme LaRouche, que les Etats-Unis doivent désormais revenir à une « approche à la Franklin D. Roosevelt », pour résoudre leurs problèmes économiques et abandonner les politiques néo-libérales de ces dernières années.

Dans la discussion qui a suivi, LaRouche a souligné que seules des mesures prises à l’intérieur des Etats-Unis, en vue de changer la politique de la Maison Blanche, peuvent empêcher une guerre contre l’Irak. Ce n’est pas ce que fait Saddam Hussein, ni ce qu’il prouve, qui changera quoi que ce soit à la position de Washington.

Dans cette perspective, l’on a pu remarquer, au cours des dernières semaines, quelques prises de position exceptionnelles contre la guerre. Ainsi, l’ancien Commandant des troupes américaines durant la guerre du Golfe, en 1991, le général Norman Schwarzkopf, s’est opposé à une invasion de l’Irak (voir article page 5) et le général Anthony Zinni, l’ancien commandant du commandement central des forces américaines, responsable du Moyen-Orient et de l’Asie occidentale, a exprimé plus vivement encore son opposition. Par ailleurs, deux vétérans du Parti démocrate, les sénateurs Ted Kennedy (Massachusetts) et Robert Byrd (Virginie occidentale), ont présenté chacun au Sénat une résolution exigeant que le président Bush s’adresse à nouveau au Congrès des Etats-Unis et au Conseil de sécurité de l’ONU, avant de commencer une guerre. Ils ont tous deux dénoncé, de manière très émouvante, l’obsession maladive de Bush en faveur de la guerre.

En outre, deux articles du New York Times ont fustigé la « doctrine préventive » à l’origine de la position américaine sur l’Irak. Cette doctrine s’inspire d’un document du Pentagone datant de 1992, traitant de l’hégémonie globale des Etats-Unis, réalisé par le ministre de la Défense de l’époque, Dick Cheney, avec l’aide de Paul Wolfowitz et de Lewis Libby, l’actuel secrétaire général du bureau du vice-président. Dans son discours sur l’état de l’Union, LaRouche a d’ailleurs appelé à la démission immédiate de Lewis Libby.

Contactez-nous !