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LaRouche : « Mobilisons-nous contre la rapacité des spéculateurs »

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31 mars 2009 (LPAC) — Le 21 mars, lors d’une conférence à Washington, relayée par internet et suivie dans de nombreux pays, l’économiste américain Lyndon LaRouche a fustigé les « plans de relance » proposés par le nouveau gouvernement américain, soulignant que le Président Obama dispose de très peu de temps pour revenir sur ces décisions désastreuses, avant que la colère des citoyens américains ne se retourne contre lui.

Après avoir reconnu le bien-fondé de bon nombre de critiques formulées récemment par l’économiste de renom James K. Galbraith, Lyndon LaRouche a approfondi les principes fondamentaux de l’économie physique, s’adressant directement aux conseillers économiques de Barack Obama, dont certains étaient à l’écoute.

LaRouche appela alors au limogeage du directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche, Larry Summers, un monétariste notoire, tout en fustigeant les modèles statistiques utilisés par cette école qui fait l’impasse sur les processus dynamiques de l’économie réelle.

D’autres économistes appartenant à un groupe chargé de conseiller l’administration Obama ont à leur tour posé des questions. L’un d’entre eux, favorable à la mise en œuvre d’une procédure de banqueroute ordonnée, demanda si une telle mesure suffirait à remédier aux profonds dysfonctionnements du système. En guise de réponse, LaRouche rappela la proposition qu’il avait faite en juillet 2007, au moment de la prétendue crise des subprimes, visant à geler les saisies de logement et assurer le bon fonctionnement des services essentiels des banques commerciales, en les mettant en redressement judiciaire sous protection du gouvernement fédéral. « Si cette politique [loi de protection des propriétaires de logement et des banques accréditées] avait été adoptée dès septembre 2007, les Etats-Unis auraient évité le désastre. Nous aurions certes des problèmes, mais ils seraient gérables. »

Ce sont les critères de la loi Glass-Steagall, dressant une « muraille de Chine » entre activités de dépôt courantes, parfaitement viables, et « titres toxiques » hyperspéculatifs, qu’il faut appliquer aujourd’hui, estime LaRouche. Seul l’Etat peut le faire. La population est furieuse, avertit LaRouche, à cause de l’argent qu’on lui vole pour sauver des banques pourries. Le nombre de citoyens américains qui sont prêts à lyncher les coupables grandit de jour en jour.

Comme en temps de guerre, « il faut une mobilisation pour défendre les Etats-Unis contre la rapacité » des spéculateurs. Mais il faut aussi « respecter un autre principe de l’art de la guerre : le commandant doit rester en poste, il n’a pas le droit de flancher ni de revenir sur ses décisions, même si elles ne plaisent pas à certains ».


(Extraits)

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Lyndon LaRouche : Je vais faire une présentation très construite, parce que nous approchons d’un moment de rupture dans l’histoire, qui peut aboutir à un changement positif ou, au contraire, négatif. Vous êtes nombreux à objecter que je devrais employer un langage plus simple pour me faire comprendre ! A ceux-là, je répond : « Dans ce cas, fermez-la et laissez à d’autres le soin de prendre les décisions. » Parce que cette crise exige certaines compétences techniques. L’enjeu est une réorganisation de l’ensemble du système financier et économique mondial. Si c’est trop compliqué pour certains, qu’ils se taisent.

Pour préparer le terrain de la discussion, je commencerai par aborder un point important : la déclaration faite par James K. Galbraith, le fils du célèbre conseiller de Kennedy [John Kenneth Galbraith]. Bien que d’autres aient déjà traité les sujets qu’il aborde dans son article, « Une crise hors norme », publié dans le Washington Monthly, il est le seul à en parler publiquement. D’où la pertinence de commenter ses propositions.

Je voudrais commenter en particulier dix points de ce texte. D’abord, à propos des conseillers économiques de la Maison Blanche, il écrit que « les carences de leur programme ne peuvent être imputées à l’incompétence (…) Au contraire, si des lacunes existent, elles proviennent probablement de ce que les économistes sortent tous du même moule et partagent les mêmes formations. Bref, elles résultent des limites de leurs idées. »

C’est parfaitement vrai. Les gens qui (…) ont pris ces décisions sont collectivement incompétents, parce que leurs évaluations se basent sur leur expérience et leur éducation passées, alors qu’elles ne sont pas adaptées à la situation actuelle, qui est sans précédent ! Personne n’a vécu le genre de problème auquel nous sommes confrontés aujourd’hui. Par conséquent, ils ne sont pas compétents pour prescrire un remède. (...)

Le deuxième point qu’il soulève, je cite, c’est que « la conviction profonde de l’économiste moderne veut que l’économie soit un système qui s’auto-stabilise ».

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Exact. En fait, il n’existe pas de stabilité inhérente, ni facteur stabilisateur dans l’économie mondiale ou l’économie américaine. Ce qui se passe nous révèle que la compétence et l’expertise font cruellement défaut dans les formations universitaires. C’est pourquoi nous n’obtenons pas les bonnes réponses de la part des conseillers au pouvoir.

Troisièmement, en ce qui concerne l’ampleur des plans de relance, il écrit que « si la reprise n’est pas inscrite dans les gènes du système, alors les prévisions seront trop optimistes et les mesures de relance décidées en fonction d’elles seront insuffisantes. »

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C’est juste. Nous avons affaire à un effondrement financier mondial, qui arrive à un point d’inflexion où l’injection de liquidités pour renflouer le système ne peut qu’engendrer une hyperinflation comme celle qui dévasta l’Allemagne en 1923. Nous vivons une période semblable au printemps de 1923, après les tentatives inflationnistes de renflouer le mark allemand, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Nous sommes arrivés à un point comparable, mais à l’échelle planétaire.

Il n’existe aucune disposition dans le système monétaire international, tel qu’il est organisé aujourd’hui, capable d’empêcher la désintégration générale de toute l’économie mondiale. Cela provoquerait un effondrement civilisationnel dans le monde, à tel point que d’ici une génération et au-delà, la population de la planète passerait des 6,5 milliards actuels à moins de 2 milliards ! Voilà toute la dimension de la crise.

Quatrième point, « le Congressional Budget Office (CBO) ne s’attendait pas à ce que la récession actuelle soit pire que celle de 1981-82, la plus grave de l’après-guerre. Ensuite, le CBO s’attendait à un renversement de tendance à partir de la fin de cette année, avec un retour à la normale vers 2015, même en l’absence d’action de la part du Congrès. »

Il a raison, c’est une idiotie. Mais attendez d’avoir entendu les autres extraits.

Cinquièmement, « le modèle du CBO repose sur l’expérience d’après-guerre, et de tels modèles ne peuvent prévoir des situations plus graves que celles que nous avons déjà connues. Si nous sommes confrontés à un déclin pire que celui de 1982, nos ordinateurs ne nous l’indiqueront pas, et ce sera la surprise. Et si l’effondrement est destiné à s’éterniser, les ordinateurs ne nous le diront pas non plus. Au cœur du modèle du CBO, il y a un "taux de chômage naturel" de 4,8% ; quoi qu’il arrive, ce modèle ramène l’économie à cette valeur. Dans le monde réel, cependant, il n’y a aucune raison de croire qu’il en sera ainsi. »

A ce point, le témoignage de Galbraith devrait être clair. Ces conseillers économiques de la Maison Blanche font, systémiquement et implicitement, une erreur de jugement fatale. [Le directeur du National Economic Council] Larry Summers devrait, à mon avis, probablement être écarté. Quant [au secrétaire au Trésor Tim] Geithner, il devrait pouvoir agir, avec le niveau intellectuel qui est le sien, sans être soumis aux pressions qu’il subit actuellement. Dans ces conditions, je pense qu’il pourrait être efficace dans l’administration. Mais Summers doit partir, parce qu’il est incompétent aussi dans ses relations avec les autres. En outre, nous devons construire autre chose avec un minimum de remous et un maximum d’avantages.

Sixièmement, Galbraith attaque la méthode du consensus à tout prix : « Cette procédure [du CBO] garantit un résultat se situant à peu près au point médian des opinions dans la profession. La méthode serait utile si les erreurs commises par les économistes n’étaient pas systématiques. Mais elles le sont. Les économistes constituent un groupe prudent et dans toute situation extrême, ce point médian des opinions professionnelles sera forcément erroné. »

Il n’y ni principe ni compétence. On essaie de tester les opinions autour de nous pour trouver un juste milieu. On négocie par ci, par là, pour aboutir à une solution – viable ou non, puis on dit « c’est le mieux qu’on puisse faire ».

Septième extrait : « Le plan initial était marqué par le désir de la nouvelle équipe d’en finir avec cette crise et de revenir aux problèmes connus de leur vie écoulée. Pour ces protégés de Robert Rubin, dont plusieurs sont des vétérans de son"Hamilton Project", un parti pris décisif concerne le déficit budgétaire et ce qu’ils appellent le "problème des droits sociaux". Dans le jargon de Washington, cela veut dire sabrer les retraites et l’assurance maladie, ouvrir de nouveaux marchés pour les fonds et assurances privées, le tout noyé dans un fleuve de charabia sur les "déficits à long terme". »

Huitièmement, « L’aspect le plus bizarre du programme de Geithner » – pour ma part, je ne lui attribue pas la responsabilité de ce programme, on le lui a imposé – « c’est qu’il fait comme si la crise financière n’était pas une crise authentique, une menace économique intégrée à long terme, mais simplement la connexion de deux problèmes, liés et temporaires, l’un dans le système bancaire, l’autre au niveau de l’emploi. »

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Autrement dit, c’est la mentalité de vouloir « réparer » les choses. On fait ce qu’on a appris à faire, que ce soit à l’université ou dans sa vie professionnelle. Or la situation actuelle est sans précédent. La dernière fois qu’une telle crise a sévi, c’était au XIVème siècle, lors du « nouvel âge des ténèbres ». (...)

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Neuvième extrait : « Bref, si nous assistons à un véritable effondrement des finances, nos modèles ne serviront à rien. Il conviendrait alors de remonter au-delà de l’après-guerre, jusqu’à l’expérience de la Grande Dépression. Ceci ne peut se faire qu’à l’aide d’une analyse qualitative et historique. Nos modèles numériques modernes ne saisissent tout simplement pas l’aspect central de cette crise, qui est justement l’effondrement du système financier. »

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Le dixième point que j’ai souhaité évoquer, où Galbraith récapitule les succès incontestables du New Deal de Franklin Delano Roosevelt, est significatif parce qu’il répond à une relance du fascisme aux Etats-Unis. L’une des plus acharnées contre FDR est Amity Shlaes, dont les écrits sont supposés faire autorité, appuyée par l’American Enterprise Institute (AEI), une dangereuse pépinière du courant néo-conservateur.

J’ignore à quel point James Galbraith est conscient de ces liens avec le fascisme. Mais nous en avons des preuves. L’American Enterprise Institute est un écho d’une organisation qui soutenait le parti nazi dans les années trente. Nous assistons aujourd’hui à la réactivation de ce mouvement. Voilà ce que Obama doit affronter.

D’où l’importance de ce dixième point que j’ai relevé. Roosevelt était attaqué par un mouvement fasciste pro-nazi aux Etats-Unis, l’American Liberty League. Après l’attaque contre Pearl Harbor, le nazisme n’ayant plus la cote aux Etats-Unis, les fondateurs de ces organisations fascistes cherchèrent une nouvelle façade. Ils s’installèrent donc dans de nouveaux bureaux, avec de nouvelles enseignes, si bien qu’aujourd’hui, certains groupes de réflexion ultra-conservateurs et une partie des grands médias, qui sont au service d’intérêts britanniques, sont en réalité de nouvelles moutures des organisations fascistes d’avant Pearl Harbor.

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