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LaRouche à Rome : protégeons la souveraineté des peuples contre la finance folle !

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par Claudio Celani

Invités par des parlementaires italiens à Rome du 16 au 18 juin, Lyndon et Helga LaRouche ont eu un emploi de temps bien rempli, enchaînant discussions et rencontres politiques. A l’occasion d’une audition à la commission des Finances de la Chambre des députés, puis d’une discussion avec des membres de la même commission du Sénat, M. LaRouche a pu s’exprimer devant les élus italiens représentant l’ensemble du spectre politique.

20 juin 2009 (Nouvelle Solidarité) — Le 17 juin à la Chambre, l’économiste américain fut présenté par le président de la Commission, Gianfranco Conte, qui connaît depuis des années ses analyses et son action. « Voici l’économiste qui a prévu la crise financière, alors que tous les autres ont fait défaut », déclara-t-il. A la fin de son exposé, les treize députés présents ont posé tour à tour des questions à Lyndon LaRouche, engageant un débat de très haut niveau sur la crise systémique actuelle et les moyens de la surmonter.

« Ce que je vais vous dire ne concerne pas forcément des sujets sur lesquels vous allez prendre des mesures immédiates, sur le plan législatif », annonça LaRouche d’entrée de jeu. « Mais je pense que tous ces éléments sont à prendre en compte dans votre travail. »

Nous assistons actuellement à la désintégration de tout le système financier et monétaire, et face à ce problème, le gouvernement américain est une catastrophe. A tout moment, nous pourrions voir s’effondrer des nations entières, comme cela se passe actuellement en Californie, où il n’y a plus d’argent pour faire fonctionner le gouvernement et les services publics. Quant à l’Europe, elle est impuissante dans cette crise, du fait que le système de l’euro (Maastricht, Nice, Lisbonne, etc.) empêche les pays membres d’adopter les mesures nécessaires.

L’unique solution, insista LaRouche, c’est de mettre en oeuvre une procédure ordonnée de banqueroute organisée de tout le système. Pour ce qui est des Etats-Unis, le droit américain prévoit la mise en redressement judiciaire du système, ce qui permettrait de protéger les actifs relatifs à l’activité de l’économie réelle et à la vie des collectivités, ainsi que les salaires, les retraites, etc., tout en gelant ou annulant le reste.

Reste à savoir s’il existe la volonté politique de le faire. Un groupe de nations, rassemblant les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde, aurait le pouvoir de le faire, s’il en décidait ainsi, mais cette option se heurte pour le moment à de difficultés politiques.

Aux Etats-Unis, par exemple, poursuivit LaRouche, nous avons un Président cinglé, qui renfloue à tour de bras les spéculateurs, tout en cherchant à imposer une réforme de la santé qui est l’équivalent du programme d’euthanasie (Tiergarten 4) d’Hitler en 1939. « Je sais que les médias européens ne présentent pas la véritable nature du plan d’Obama en matière de santé », qu’il entreprit alors de présenter dans les grandes lignes.

Cet aspect des choses choqua particulièrement les élus, qui demandèrent des éclaircissements par la suite, car « on nous dit que le président Obama veut étendre l’assurance médicale à tous les Américains, et non la réduire ». Il va peut-être augmenter le nombre d’Américains assurés, précisa l’économiste, mais chacun sera moins bien soigné, en particulier les personnes les plus vulnérables.

Les autres questions portaient sur le système de l’euro, la crise du dollar, l’« économie verte » comme remède, et on lui demanda même « pourquoi a-t-on laisser Lehman Brothers faire faillite » ? Un membre de l’opposition remercia LaRouche pour avoir qualifié de « catastrophique » la politique du gouvernement Obama, tout en lui proposant de rencontrer le Premier ministre italien pour le lui expliquer, puisque M. Berlusconi prêche lui aussi l’« optimisme ». Un membre de la coalition au pouvoir critiqua à son tour le « système de ces dernières décennies » et appela à une politique protectionniste : « Quelle est donc l’alternative aux délocalisations industrielles » ?

Un autre député évoqua les règles à appliquer pour bien équilibrer le rapport entre le système financier international et les gouvernements nationaux, tandis que l’un de ses collègues se disait « fortement impressionné » par la justesse des prévisions de LaRouche sur le cataclysme à venir, tout en soutenant une alliance entre les Etats-Unis et le BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) pour instaurer un nouveau système monétaire.

Après cette première série de questions, LaRouche se pencha sur les concepts fondamentaux ayant motivé certaines de ces interrogations, en expliquant sa propre méthode de prévision économique. Pour sa part, il ne prévoit jamais d’événements à court terme ou sur la base de statistiques, mais plutôt les conditions générales qui résulteront à long terme d’une politique ou de sa non application.

Le problème européen

Aujourd’hui, nous avons un processus déflationniste au niveau de l’économie physique et un processus hyperinflationniste dans l’économie financière, en raison des plans de sauvetage en faveur d’entités en banqueroute, aux Etats-Unis comme en Europe. Tout le système est en faillite à cause de cette économie de casino, martela LaRouche. Or, « lorsqu’un joueur invétéré fait faillite, on ne le renfloue pas, on l’envoie chez le psychiatre ».

Au lieu de sauver l’industrie et l’infrastructure, nous avons pris, au cours des dernières décennies, la mauvaise direction. Nous avons adopté un système quasi-impérial dirigé par une alliance anglo-américaine. Mais ce système repose sur l’économie américaine et sur le dollar ; par conséquent, la chute de la monnaie américaine déclencherait une réaction en chaîne incontrôlable à l’échelle internationale.

L’invité américain insista surtout sur l’importance de la souveraineté nationale, une question délicate pour les Européens qui croient au système supranational de l’Union européenne. « Nous devons décider des valeurs du nouveau système. Chaque culture doit avoir sa propre souveraineté. Nous ne voulons de la Tour de Babel que d’aucuns appellent la mondialisation ». Il nous faut « des Etats-nations parfaitement souverains comme unité d’organisation de la société, pour amener les gens à un niveau culturel supérieur ».

L’un des pires maux que l’Europe ait connus dans l’après-guerre, expliqua LaRouche, est la disparition de la culture classique. Il ne peut y avoir de progrès scientifique en l’absence de culture classique, parce que la culture est la source d’inspiration de la créativité en science (« parfait ! » s’exclama alors un membre de la Commission). Nous devons protéger cette culture dans le cadre de l’institution de l’Etat-nation, pour réaliser pleinement l’intention des traités de Westphalie de 1648. « Nous avons déjà connu une Europe sans Etats-nations, et c’était l’Europe médiévale ! »

Lyndon LaRouche fut chaleureusement applaudi par l’ensemble des députés, et personnellement remercié par bon nombre d’entre eux. L’un des assistants parlementaires nous confia qu’il considérait cette réunion comme un grand succès, tant par le nombre de participants que par le niveau du débat. « On trouve très rarement, fit-il remarquer, un homme politique qui soit aussi franc et ne joue pas la comédie habituelle. »

M. et Mme LaRouche ont également tenu une réunion le 18 juin avec le président de la commission des Finances du Sénat, Mario Baldassarri, et des membres de la Commission. La transcription du dialogue sera mise sur le site du Sénat et envoyé aux médias.

Cette discussion portait essentiellement sur la manière de « remplacer l’oligarchie financière par le pouvoir des gouvernements », comme le résuma succinctement le sénateur Baldassarri, et sur la question de savoir pourquoi cette oligarchie ne voit pas que sa politique mène à la ruine, y compris la sienne. LaRouche expliqua alors la différence entre cet aveuglement et le rôle de la culture dans la transformation des décisions politiques. A cette occasion, comme dans toutes les autres, LaRouche insista sur la différence entre système monétaire et système de crédit.

Outre les rencontres privées, Lyndon et Helga LaRouche ont aussi rencontré un groupe de sénateurs autour d’Oskar Peterlini, qui avait lancé le débat sur un « Nouveau Bretton Woods » au Sénat en 2005, et à nouveau en février dernier, pour prévoir de nouvelles initiatives.


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