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Les écrits de Lyndon LaRouche

LaRouche de retour à Paris !

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Lyndon LaRouche était de passage à Paris, entre le 5 et le 7 décembre, pour quelques rencontres privées avec des personnalités françaises engagées dans le dialogue des cultures et des religions, la situation au Proche et au Moyen-Orient, et les relations économiques avec les pays d’Europe orientale. Après 18 ans d’absence de la scène parisienne, ce voyage marque un tournant potentiel de la politique française : consciente que la France, toute seule, ne peut pas faire face au contexte de crise stratégique et économique mondial actuel, et que le processus de coordination de la politique européenne avance trop lentement, l’intérêt grandit pour l’Eurasie et pour ce qui est perçu comme « l’autre Amérique ». Les prévisions économiques et les perspectives politiques de Lyndon LaRouche sont perçues, de ce point de vue, comme des sources d’inspiration.

L’évolution vers la phase terminale de la crise du système monétaire a été l’un des principaux thèmes abordés. L’Amérique qui fait encore peur au monde entier est un véritable géant aux pieds d’argile, souligna LaRouche, notant que son pays est actuellement au bord de perdre toutes ses infrastructures de transport - le rail, les compagnies aériennes sont d’ores et déjà en banqueroute - après avoir déjà perdu ses capacités propres de génération d’énergie. L’Amérique survit grâce au pillage du reste du monde, a-t-il répété, critiquant sans complaisance les politiques économiques adoptés par son pays depuis la mort de Franklin Roosevelt. Les précisions apportées par M. LaRouche ainsi que les graphiques préparés par son mouvement, montrant la destruction, depuis une trentaine d’années, de la puissance industrielle américaine au profit d’une économie financière incapable de produire les biens physiques nécessaires à sa survie, sont venus à point nommé pour contrer la dernière tentative des propagandistes boursiers de faire passer l’idée que la « croissance » est, de nouveau, au rendez-vous aux Etats-Unis.

Autre thème central des discussions avec ses interlocuteurs : l’opposition, au sein même des Etats-Unis, à la guerre contre l’Irak qui, jusqu’à présent, a réussi à empêcher une guerre qui semblait inévitable. Cette opposition, qu’il a, lui-même, en partie catalysée, mobilise des acteurs institutionnels autour de la présidence des Etats-Unis, ainsi que des militaires de carrière et des éléments de l’armée de terre qui ont fait la guerre du Vietnam et qui disent aujourd’hui « plus jamais ça ». Dénonçant une attitude stupidement anti-américaine qui aurait pu faire le jeu des « faucons » qui veulent la guerre, LaRouche a, au contraire, soutenu l’attitude responsable de la France, de la Russie et de l’Allemagne, dont le but a été d’éloigner les Etats-Unis des démons de l’unilatéralisme pour les faire revenir dans le giron des Nations unies. Le danger de guerre n’est pas encore totalement éliminé, a souligné cependant LaRouche, notant que les « faucons » faisaient des heures supplémentaires pour remettre la guerre sur l’agenda présidentiel. Il a aussi souligné « la folie » de ces cercles qui, malgré les faiblesses criantes de l’Amérique, songent encore à créer un empire américain. «  C’est comme si, au sein du bunker, Hitler avait voulu lancer un nouvel Empire . »

Commentaires de LaRouche à une réunion de militants

Une soixantaine de personnes a chaleureusement accueilli Lyndon et Helga LaRouche pour une réunion à Paris. Parmi les participants, beaucoup de jeunes et autres sympathisants du mouvement animé, en France, par Jacques Cheminade. Ses premières remarques ont été, d’ailleurs, pour la nouvelle génération. Plaisantant sur l’incapacité de la génération des « bobos » - équivalent français des baby-boomers américains - à s’occuper d’autre chose que la quête du plaisir immédiat et la consommation régressive, LaRouche a lancé un défi à la nouvelle génération. Le grand problème est qu’il n’y a jamais eu, dans l’histoire, une génération toute entière ayant décidé de travailler dans le sens de la tradition classique de la République et orientant sa vie vers le principe de découverte. Notre lutte est de produire cette génération afin que les créateurs ne se limitent plus à quelques excentriques par génération.

LaRouche a ensuite abordé la situation internationale, qualifiée à la fois de «  très intéressante mais aussi de très dangereuse  ». Concernant la guerre contre l’Irak, momentanément arrêtée, il est resté prudent et mobilisé, soulignant que bien que «  nous venions de vaincre nos ennemis, nous ne les avons pas encore éliminés  ».

En guise d’explication de l’actuelle évolution américaine, LaRouche est revenu sur l’histoire de la post-guerre. L’oligarchie financière était déterminée à éliminer les politiques de Franklin Roosevelt de la scène politique américaine. Au moment même où avait lieu le débarquement de Normandie, se tenait aux Etats-Unis la Convention démocrate. Sachant Roosevelt irrémédiablement malade, l’oligarchie a tout fait pour éliminer politiquement le Vice-président Wallace, qui aurait pu poursuivre sur la voie tracée par Roosevelt, faisant nommer à sa place ce « cochon » de Truman. La politique de Roosevelt avait des aspects déplaisants pour la France de cette époque : « Il voulait libérer le monde du colonialisme britannique, portugais mais aussi français.  » Roosevelt voulait aussi mettre fin au libre-échangisme, le remplaçant par des politiques fondées sur le système américain d’économie politique du XIXème siècle. A cause de sa mort, ce type de politique ne fut introduit que très partiellement en Europe, à l’exception de la période limitée de la présidence de Charles de Gaulle en France.

Souhaitant renforcer cette tradition républicaine française, Lyndon LaRouche est revenu sur certains aspects cruciaux de notre histoire, notamment sur le fait que la France a été le premier Etat-nation du monde. « Jeanne d’Arc a été l’étincelle non seulement pour la création de l’Etat nation par Louis XI, a-t-il souligné, mais aussi pour la réorganisation de la papauté et de la réforme du mouvement conciliaire.&nbsp » ; L’Etat-nation France a été «  l’incarnation du De Monarchia de Dante et du principe cusain d’une communauté d’Etats-nations souverains. Les gens ne sont pas la propriété d’un Etat ou d’un monarque, mais des citoyens libres.  » Pour Cues aussi, «  un gouvernement n’est légitime que s’il répond du bien public face aux générations présentes et à venir  ». Dans cette tradition, la majorité des citoyens n’a même pas le droit de déterminer les lois uniquement dans son propre intérêt, parce que la véritable majorité est celle de ceux qui ne sont pas encore nés. C’est eux qui doivent être l’inspiration morale de tous ceux qui vivent aujourd’hui.

Contre l’Etat-nation s’est dressé la tradition normande qui n’est rien d’autre que la continuation de l’Empire romain. Avec la chute de Byzance, la deuxième Rome, Venise s’impose comme puissance impériale maritime et crée un système financier oligarchique. Sa puissance se fondait sur le contrôle des mers et le pillage de l’Europe, avec les Plantagenêt et les Anjou jouant le rôle de contrôleurs, garantissant la collecte de la dette pour Venise. C’est seulement après la chute de Richard III d’Angleterre qu’apparaît un deuxième Etat-nation en Europe, sous la direction d’Henry VII. Après, ce sont les Habsbourg, basés en Autriche et en Espagne, qui ont repris le rôle de grands prédateurs en Europe ; Venise contrôlait l’Europe à travers eux et à travers un processus de guerres de religion qui s’est étendu de 1511 à 1648.

En 1648, le cardinal Mazarin, protecteur de Colbert, a réussi à arrêter ce processus grâce à la Paix de Westphalie, et les bases mêmes pour une économie moderne sont apparues sous la forme du grand dessein de Colbert — dont les bases scientifiques revenaient à Leibniz. Malgré tous ces aspects positifs, il n’y a jamais eu en Europe de véritable République. Les politiques des Habsbourg et de Venise ont été reprises par la tendance « libérale » anglo-hollandaise, hégémonique à partir de la deuxième moitié du XVIIème siècle. En 1688, Guillaume d’Orange devient roi d’Angleterre et, à travers sa succession, on arrive à Georges III qui consolide le système libéral anglo-hollandais.

C’est alors que des forces en Europe, dans la tradition de Leibniz, décidèrent que le seul endroit où une véritable République pouvait être créée, serait l’Amérique du Nord. «  Le système américain n’a pas été fondé comme un système libéral. C’était Colbert et Leibniz contre Locke. Contrairement à l’Amérique, la plupart des Etats Européens sont corrompus par le système libéral anglo-hollandais. Dans le système américain, par exemple, si on veut devenir banquier, cette profession doit être régulée par l’Etat. L’Etat est l’organisateur du crédit pour le développement de la République.  »

Le premier principe affirmé par la Constitution américaine est la souveraineté, le deuxième est l’idée que l’Etat est responsable du bien public des générations présentes et à venir. Voyez la différence entre ces conceptions et celles de physiocrates tels que Quesnay ou celles des Cathares, qui croient à l’existence des « élus » qui bénéficient des privilèges par rapport aux gens « normaux ».

Après l’échec de la Révolution française, le Etats-Unis ont été isolés et victimisés. La faction pro-Locke a acquis un grand pouvoir En 1812, l’éditeur Mathiew Carey, héritier de Benjamin Franklin, a dénoncé « la crise dans la démocratie américaine » et la tendance Whig fut fondée. John Quincy Adams a été son dirigeant, Lincoln son protégé. La bataille aux Etats-Unis s’est poursuivie tout au long du XIXème siècle jusqu’à l’assassinat de McKinley et à l’émergence de son assassin, Théodore Roosevelt.

Franklin Roosevelt s’est dressé contre cela. Mais le fait est qu’il n’y a pas de Républiques souveraines en Europe à ce stade. Roosevelt avait les pouvoirs de l’Etat pour taper sur l’oligarchie financière et promouvoir le Bien public. Il n’a pas créé un système parfait mais a travaillé dans le contexte du Préambule de la Constitution. Les Européens, au contraire, tendent à penser dans les termes d’un système parlementaire dégénéré, des contrats sociaux, des accords qu’on peut négocier. Dès qu’il y a une crise, l’oligarchie se débarrasse du système parlementaire, ce qui crée des coalitions instables. « Charles de Gaulle a été une exception ; il a été capable d’exercer le pouvoir de l’Etat dans l’intérêt de la Nation. Mais il n’y a jamais eu de gaullisme en France, seulement Charles de Gaulle. Il n’y a pas, il n’y a jamais eu un groupe de gens, à son image, seulement les empreintes de ses pas dans le sable après qu’il soit disparu.  »

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