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Les écrits de Lyndon LaRouche

LaRouche : j’aurais un rôle significatif pour le prochain gouvernement

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Voici la traduction française de la conférence de presse qu’a donné Lyndon H. LaRouche à Strasbourg, au Parlement européen, le 17 décembre 2008


Lyndon LaRouche : Le 20 janvier, selon toute probabilité, le président élu des Etats-Unis prendra ses fonctions. D’ici là, il est extrêmement difficile de prévoir précisément ce qui se passera. Les attentats terroristes perpétrés à Mumbai, en Inde, sont typiques de l’actuelle période de transition et nous devons être prêts à y faire face.

Cependant, la question à laquelle sera confronté le nouveau président des Etats-Unis et un certain nombre de mes amis et collaborateurs qu’il vient d’intégrer dans son gouvernement, à commencer, bien sûr, par Hillary Clinton au poste de secrétaire d’Etat, sera celle que j’avais évoquée dans ma conférence internet du 25 juillet 2007, lorsque j’avais prévu que, très vite, peut-être dans les quelques jours suivants, le monde risquait de se retrouver face à la plus grande crise de l’histoire moderne. Trois jours après, la crise éclatait.

Cette crise est, essentiellement, celle des produits financiers dérivés. Le système spéculatif mis sur pied par Alan Greenspan lorsqu’il prit la direction de la Réserve fédérale – un système de produits dérivés – est sur le point d’exploser. Il s’agit de millions de milliards de dollars de dettes, et il n’existe aucune possibilité d’honorer ou d’apurer ces dettes. Cela représente un danger pour le monde. Le défi d’une réorganisation du système monétaire et financier que je pose à mes amis et sympathisants dans la nouvelle administration, consiste à appliquer à l’ensemble du monde une procédure de réorganisation financière, dans l’esprit des politiques appliquées par Franklin Roosevelt en 1944. Non pas ce que Truman commença à promouvoir à partir de 1945, mais ce que Franklin Roosevelt présenta lors de la conférence de Bretton Woods en 1944. Il s’agit de créer un système international de crédit, fondé sur des cours de change fixes, et de mettre en œuvre un véritable programme de redressement économique et financier.

Nous connaissons la situation en Europe et nous savons grosso modo comment elle se présente aux Etats-Unis. La décision du gouvernement américain en place d’imposer sur le marché interbancaire des taux d’intérêts quasiment nuls, à peu près comme on l’a fait avec le Yen il y a quelques années, est une folie pure dont on ne tardera pas à voir les résultats. J’espère qu’on abandonnera très vite cette politique insensée, sinon, elle aura des conséquences incalculables.

En résumé, nous devons en finir avec le type de système instauré depuis 1971-1972, pour en revenir à un système de parités fixes, fondé sur un système de crédit et non sur un système financier. Voilà ce dont je parle : les Etats-Unis ont une particularité unique en tant que nation, qui est de posséder un système de crédit, alors que les pays européens sont dotés de systèmes financiers, c’est-à-dire de systèmes monétaires. La différence est la suivante : en vertu de la Constitution américaine, la création monétaire, ou création de crédit, est un acte souverain du Président des Etats-Unis, avec le consentement de la Chambre des représentants. Ce crédit peut ensuite être utilisé, et monétisé, comme le prévoient la loi et la fonction régalienne du Président.

En réalité, ce que je propose ici, c’est de faire appel à la Constitution américaine, avec ses clauses définissant ce système de crédit, pour conclure des accords ratifiés par traités avec d’autres nations, en vue d’établir un système de crédit à parités fixes.

L’objectif est, essentiellement, d’émettre du crédit, qui puisse être utilisé au niveau international pour des investissements capitalistiques à long terme dans l’économie mondiale. Cela implique d’éliminer la plupart des produits financiers dérivés, qui sont de toutes façons impayables. Il est impossible de satisfaire les besoins du système financier actuel car la quantité d’argent nécessaire pour rembourser les millions de milliards de dollars de cette dette, en majorité frauduleuse, n’existera jamais.

Pour cela, nous devons effacer cette partie de la dette comme perte nette et revenir à un système de crédit fondé sur l’idée d’Etat-nation, à l’opposé de ce nouveau système financier international assez bizarre auquel nous sommes arrivés. Revenons à l’Etat-nation et engageons-nous à long terme, pour une génération, un demi-siècle, voire un siècle entier, en fonction du type d’investissement.

A cet égard, l’Asie pose un problème. Dans le cadre de ma démarche, comme je l’ai proposé, l’initiative devrait de toute évidence résulter d’un accord entre les Etats-Unis, la Russie, l’Inde et la Chine, parce que c’est là, en Asie (en y intégrant le rôle de la Russie en Eurasie), que se trouve la plus vaste concentration de pauvreté, donc le plus grand besoin de développement.

En Inde, par exemple, 63% des habitants souffrent d’extrême pauvreté et il est peu probable que cette population puisse rapidement accéder d’elle-même à une meilleure productivité. Il faut donc mettre en œuvre de grands projets d’infrastructures, tels que des centrales nucléaires et autres équipements de ce genre, indispensables pour relancer son infrastructure et augmenter les pouvoirs productifs de sa force de travail.

Un énorme problème se pose avec la Chine, comme nous le savons tous. La Chine s’effondre, conséquence de l’effondrement des marchés américains, et c’est désormais tout le système chinois qui est en crise. Cela va se répercuter rapidement sur le reste du monde, amplifiant encore l’instabilité générale.

La Russie a un rôle fondamental à jouer parce qu’elle a une culture eurasiatique, ni européenne ni asiatique. C’est le cas depuis environ l’époque de Gengis Khan.

Il est clair que dans les conditions actuelles, ce sont les richesses en matières premières, majoritairement présentes dans le nord de la Russie, qui permettront la croissance économique de pays tels que la Chine et l’Inde. Ils ne peuvent y arriver seuls, car cela implique l’utilisation de technologies que seuls les Russes maîtrisent. Ainsi, l’Institut Vernadski s’est spécialisé dans ce domaine — par exemple, concernant la façon d’ouvrir à l’exploration minière certaines régions comme la toundra, l’Arctique ou la région sub-Arctique. Il ne s’agit pas simplement de creuser dans le sous-sol, mais de mettre au point un système de gestion des matières premières.

Il faut aussi reconnaître que l’avenir de l’humanité se trouve de plus en plus du côté de l’Asie, avec ses vastes populations ; 40% de l’espèce humaine y habite, pour la plupart dans des conditions de grande pauvreté.

Nous devons donc une fois de plus mobiliser les Amériques, en particulier les Etats-Unis, ainsi que l’Europe, pour jouer, à nouveau, un rôle de premier plan dans le domaine de la science et de la technologie, s’intégrant dans un processus de développement de toute la planète, y compris l’Asie et l’Afrique, et développant le monde afin que l’humanité s’épanouisse pleinement.

De par les signaux que je reçois, je suis convaincu que sous l’administration Obama, quelque chose de cette nature va se produire. Il y aura des complications, comme avec tout gouvernement, car les gouvernements sont toujours compliqués. Ils ne font jamais exactement ce qu’on attend d’eux, mais si vous arrivez à obtenir 50 à 60% de ce vous voulez, vous pouvez vous considérer comme plutôt bien loti de nos jours.

Voilà où nous en sommes. Le problème clef, c’est qu’en économie, il n’y a presque personne dans ce métier qui ait une véritable compréhension du problème et de sa nature. La crise actuelle, ils ne l’ont ni vue ni prévue, et ils se sont exagérément fiés à des données statistiques plutôt qu’à une vraie prévision. Une vraie prévision économique se base sur la science physique, elle tient compte du libre arbitre, de la volonté des gens concernant ce qu’ils vont faire et de savoir si leurs idées sont vraies ou fausses.

Voilà donc ma position. Mes qualifications, plusieurs fois démontrées dans le domaine des prévisions économiques, se fondent sur une branche de la physique connue comme la physique riemannienne, ce qui m’a permis d’obtenir de bons résultats. Cela fait longtemps que je me risque à cet exercice. Largement inconnu en 1950, j’avais alors prévu la récession de 1957. J’avais anticipé l’effondrement des accords de Bretton Woods et j’ai formulé quelques autres prévisions avec un certain succès. Sur la base de la viabilité de mes prévisions économiques, certaines personnes au sein de la nouvelle administration reconnaissent le bien-fondé de ma démarche et ont décidé que je devrais jouer un rôle significatif dans la formulation de la politique du nouveau gouvernement.

Cependant, je ne peux rien garantir ni prévoir sur cette question, parce que d’ici au 20 janvier, il reste encore pas mal de jours, et avec le terrorisme qui éclate en Inde et ailleurs, et la probabilité, dans ces conditions, d’un regain de terrorisme dans différentes parties du monde, nous ne pouvons pas savoir exactement ce qui se passera.

Quoi qu’il en soit, nous devons nous tenir prêts, en sachant ce que nous devons faire, quels doivent être les objectifs de l’humanité, quelles devraient être les politiques, quelles ressources mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs, et aussi, nous devons avoir un plan B, tout autant qu’un plan A.

Le plan A, c’est ce qui pourrait arriver et qui serait un grand bien pour l’humanité. Le plan B, c’est ce qu’il faut faire si cela n’arrive pas. En politique, il faut toujours avoir les deux options : la meilleure, et celle que vous seriez obligé de suivre si la première ne s’applique pas. Je pense que c’est parfaitement compris par ceux qui sont en politique depuis un moment.

Voilà donc dans quelle situation nous sommes. C’est une situation extrêmement dangereuse. Dans toute l’histoire contemporaine, on n’a rien eu de comparable à ce qui arrive aujourd’hui, si ce n’est l’âge des ténèbres du quatorzième siècle, lors de la faillite des banquiers Bardi et Peruzzi.

Mais avec la crise des produits financiers dérivés, avec des millions de milliards de dettes impayables, nous sommes dans une crise bien pire que celle de la faillite des banquiers Bardi et Peruzzi au quatorzième siècle.

Cela signifie simplement qu’il faut procéder ainsi : annulez ce qui ne doit pas être considéré comme une dette, annulez ce qui ne doit pas être payé. En même temps, honorez ce qui doit l’être sans oublier un détail et en protégeant le peuple, protégeant les individus, protégeant les productions, évitant toute rupture. Nous pouvons opérer ainsi, j’en suis sûr, dans le cadre d’une politique de réorganisation.

Mais nous devons avoir, comme je l’ai dit, aussi bien un plan B qu’un plan A. Je travaille sur le plan A et j’avertis les gens de ce que sera le plan B ; et c’est effroyable, littéralement effroyable. Cependant, si nous en arrivons là, il faudra faire face, comme nous avons été capables de faire face à des choses effroyables dans le passé.

Merci.


Questions et commentaires


Question de Ivo Caizzi (Corriere della Sera) : Permettez-moi de poser deux questions. Premièrement, si j’ai bien compris, vous dites que l’ensemble de la dette des marchés financiers ne peut être honorée. Ainsi, vu la quantité d’argent engagée sur les marchés financiers, il devient quasiment impossible de rétablir un équilibre. Ma question est donc : quelle est votre prévision exacte sur cette crise financière ?{{}}

LaRouche : En réalité, ce que nous devons faire est assez simple d’un point de vue américain, c’est-à-dire du point de vue de la Constitution américaine. C’est compliqué du point de vue européen, mais il s’avère que la Constitution américaine a précisément été conçue pour traiter ce genre de problème. Ce que nous devons faire, c’est prendre les banques agréées (c’est ainsi que nous les appelons aux Etats-Unis) et les autres banques du même type – c’est-à-dire les vraies banques [commerciales ou de dépôts], avec des épargnants et des déposants, qui travaillent avec la monnaie d’un pays donné, et dire : « Pour réorganiser ces banques suivant une procédure de faillite, nous les mettons en redressement judiciaire. Elles garderont leurs guichets ouverts et fonctionneront sous protection de l’Etat. »

Cela implique aussi la protection des accords négociés entre gouvernements, afin de mettre en oeuvre un système de change fixe à l’échelle planétaire, pourvue du même objectif, celui d’une coopération entre Etats-nations souverains pour protéger leur système bancaire. Il s’agit également de fixer un certain nombre d’objectifs qui devraient être ceux de ces gouvernements souverains, chacun individuellement, et leurs relations de coopération, en vue de revenir immédiatement à l’économie réelle productive dans l’industrie, l’agriculture et l’infrastructure économique de base. Et cela signifie, en premier lieu, de fixer des objectifs pour des périodes d’une génération, un demi-siècle, voire un siècle entier. Voilà à quoi se résume votre système de crédit.

Il s’agit aussi d’équilibrer, par un système à parités fixes, les transactions financières entre nations. Je crois qu’en agissant ainsi, on peut faire beaucoup mieux que ce qui est fait aujourd’hui. Ce que l’on demande aux gouvernements, c’est d’avoir le courage de prendre ce type de mesures, et de les prendre rapidement et comme un tout. Par exemple, la question de l’énergie nucléaire civile sera au centre de cette politique, parce que sans cela, nous ne pouvons faire face aux besoins, de même que la gestion de l’eau et d’autres fonctions de base dont la planète a besoin. Les gouvernements seront obligés de se mettre d’accord sur ce genre de programme.

Et nous pouvons y arriver. On a fait des choses semblables auparavant. On doit simplement utiliser notre imagination, utiliser les leçons que nous avons apprises, et les appliquer.

Question de Ivo Caizzi (Corriere della Sera) : Vous avez évoqué la décision américaine d’adopter des taux proches de zéro pourcent. Pouvez vous expliquer pourquoi c’est une folie de baisser les taux de telle façon à un moment où on a besoin d’une relance de l’économie ?

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LaRouche : Eh bien, parce que c’est une absurdité ! Ainsi, je me bats depuis un certain temps pour un taux de base américain de 4%. Sans ce type de protection, il est impossible de maintenir un système de crédit.

Naguère, le Japon avait déjà tenté le coup avec des taux zéro au jour le jour. Résultat : il a continué à s’enfoncer dans la crise. Un taux d’intérêt zéro est une pure folie. La seule alternative, c’est que le gouvernement fasse un don, ce qui n’est valable que dans un but humanitaire ou quelque chose de semblable. Mais un taux d’intérêt de 0% corrompt le système bancaire alors qu’il faut quelque chose de stable. Il faut un minimum de sécurité pour les épargnants qui déposent leur argent dans vos banques ! On a besoin d’une protection, et je pense qu’un taux de 4% pour le marché est adéquat. Pour les crédits spéciaux du gouvernement, un taux de 2% ou 1,5% doit être de mise.

Question de APCOM : Certains en Italie disent que le système bancaire est en bon état parce que les banques se sont peu exposées à la bulle des subprimes. Pensez vous qu’il existe des pays qui sont resté à l’abri de ce désastre ?

LaRouche : Je ne connais pas l’état précis de la situation bancaire italienne à ce jour. Traditionnellement, le système italien est plutôt orienté vers les collectivités locales et ce type d’entités, et j’ai l’impression que sa situation était nettement meilleure dans les années 1970. Mais prenons un autre cas, celui de l’Inde, qui a un système de crédit relativement stable sur le plan national. Ils avancent dans la bonne direction. Tandis que la Chine a pris un risque beaucoup plus élevé en se rendant dépendante du marché américain. Et puisque aussi bien le marché américain qu’européen s’est contracté, la Chine se retrouve dans une situation désespérée. Il existe donc des conditions d’un mieux relatif d’un pays à un autre. Je pense que, jusqu’à récemment, l’orientation italienne pour un système de crédit était bien meilleure.

Commentaire de Mme Christina Muscardini : Juste une remarque : les paroles du professeur LaRouche mettent en évidence le besoin d’une Europe politiquement plus forte, capable de jouer un rôle stabilisateur pour le cadre économique. Si les problèmes ne seront résolus que par un nouveau système mis en œuvre par les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et la Russie, il est clair que l’Europe sera forcée de souscrire aux choix d’autres puissances. Tandis que la mobilisation de nos propres capacités politiques et notre imagination pour l’avenir de l’Europe nous permettraient de formuler notre propre contribution et de ne pas subir les décisions des autres. J’aimerais aussi spécifier, que de pair avec les macro-systèmes, nous devons traiter le problème du crédit à la consommation, un système de consumérisme extrême, qui à conduit des millions de citoyens à s’endetter de façons multiples, créant encore une autre crise qui frappe les individus. Ainsi je pense, qu’à partir de cette première réunion, nous pouvons trouver des réponses à nos questions.

Question de M. Borghesio : Je ne voudrais pas priver les journalistes d’une seconde de leur temps, mais j’aimerais saisir l’occasion pour demander M. LaRouche ce qu’il pense des spéculateurs internationaux. Il y a des individus qui, soutenus par les médias, s’habillent en grands philanthropes, tout en étant des spéculateurs de la pire espèce. Que peuvent faire nos institutions pour défendre les familles et les épargnes contre ces gnomes d’un pouvoir financier occulte ?

LaRouche : On parle essentiellement du paradigme que représente le cas de George Soros. Ce dernier est le plus grand promoteur de drogue à l’échelle mondiale. Il promeut la drogue en Asie, il la promeut en Europe autant que dans les Amériques. Il a joué un rôle important lors de l’élection présidentielle américaine et il semble que M. Obama ne soit pas très emballé par le résultat.

Prenons par exemple un agriculteur d’une région frontalière de l’Afghanistan. Si sa production est estimée à 600 dollars sur place, sa valeur sera de 6 millions de dollars en arrivant en Europe. Le trafic de drogue en provenance d’Afghanistan ou d’ailleurs, transitant par les Carpates avant d’entrer en Europe, comme celui qui arrive d’Amérique du sud par les Caraïbes, est l’un des plus grands ulcères de la planète. Et si nous ne contrôlons pas le type de spéculation associée avec M. Soros, probablement l’individu le plus malfaisant du monde à ce jour, nous n’aurons plus aucune souveraineté nulle part en Europe.

Cette corruption que représente le trafic de drogue est l’un des plus grands maux de la planète. Et George Soros, qui, en tant qu’adolescent, rendait service aux nazis en envoyant des juifs dans les camps de concentration, ne s’est pas mis récemment à ce type d’activité, mais il applique les leçons qu’il a apprises, et dont il se vante, alors qu’il était adolescent en Hongrie. Aujourd’hui, il applique ces méthodes dans le domaine de la finance et pratique le gangstérisme dans le monde. Et les gouvernements lui témoignent du respect ! Voilà qui est pire qu’une erreur, c’est un crime ! Et cela devrait être considéré comme tel par les gouvernements.

L’incapacité de traiter cela comme un crime a ouvert la porte à la plupart des maux qui sévissent sur la planète. Si nous protégeons nos enfants, nos concitoyens, contre le trafic de drogue, alors nous aurons une base commune de moralité. Si nous ne protégeons pas nos enfants, nos marchés et nos économies contre ces trafiquants de drogue, nous n’avons aucune souveraineté, et c’est le problème que nous constatons aujourd’hui en Europe, où les trafiquants de drogue et leurs associés politiques ont miné la souveraineté des nations.

Je pense que seule une approche vigoureuse, sans compromis, vis-à-vis de ce problème pourra rétablir la souveraineté des nations.

Question (El Pais) : Je représente le journal espagnol et j’aimerais vous demander votre avis sur le dernier plan de l’UE pour la lutte contre le changement climatique. D’après vous, est-ce que le développement des nouvelles technologies vertes pourrait servir de point de départ pour une relance industrielle ?

LaRouche : L’élément essentiel à prendre en considération ici, c’est que l’être humain n’est pas un animal. L’humain a un potentiel de créativité dont aucun animal ne dispose. L’Homme est capable d’accroître délibérément la puissance productive du travail, de la population et du niveau de vie. Ainsi, tout ce qui détruit ou détériore l’esprit d’un être humain, porte atteinte à son éducation et à ses chances de développement, représente une menace pour l’humanité. C’est une menace, car cela provient de l’ignorance ou de la méconnaissance de la différence entre l’Homme et la bête.

D’où l’importance de maintenir des programmes de recherche orientés vers le progrès technologique et scientifique, de façon à accroître les pouvoirs créateurs du travail et élever le niveau de vie de la population afin de nourrir plus de gens sur la planète.

Question (Corriere della Sera) : Je sais qu’il y a quelques années, vous avez eu une réunion publique avec le ministre italien Tremonti, bien qu’à l’époque il n’était pas encore ministre de l’Economie. Pouvez-vous nous résumer l’objet de vos discussions et ce que vous partagez avec lui ?

LaRouche : Tremonti est un individu courageux et brillant avec lequel j’ai tendance à être souvent d’accord. Bien que nous puissions parfois être en désaccord sur tel ou tel point, nous sommes amis. Je lui souhaite le meilleur et je pense qu’il souhaite le meilleur pour moi. Je pense que nos désaccords peuvent être résolus dans le cours normal des choses. Par exemple, Tremonti continue à adhérer à la pensée keynésienne, tandis que moi, je rejette ce système. Pour l’Italie, je souhaite le genre de système que la plupart des Italiens ont l’habitude de réclamer, à savoir le Système américain (je veux parler de Franklin Roosevelt).

Question par M. Borghesio : Puisque nous pouvons dépasser quelque peu le temps qui nous est imparti, j’aimerais poser une dernière question. M. LaRouche, comment évaluez-vous l’impact du message du pape Benoit XVI aux gouvernements, un message fondé sur des considérations éthiques et une large connaissance universelle.

LaRouche : Ma conviction, c’est que la « langue-culture » d’un peuple fait intégralement partie de sa capacité de « fonctionner ». Perdre cela de vue ne permet pas d’unifier les peuples d’Europe ni d’ailleurs. Parce qu’il existe dans les pouvoirs créateurs de l’esprit humain, des subtilités qui sont associées à la langue spécifique de chaque culture. Il est donc impératif d’affirmer les caractéristiques culturelles nationales, comme base de l’Etat-nation. Et tout ce qui interfère avec cela est, à mon sens, un danger pour les pouvoirs productifs du travail.

Lorsque l’on a abandonné le système à parités fixes comme fondement des relations entre Etats-nations souverains, après-guerre, ce fut une erreur ! Parce que le système à parités fixes était la base sur laquelle des nations, de culture différente, pouvaient coopérer les unes avec les autres et partager la créativité. Prenez comme exemple l’histoire de l’Italie, en particulier à partir de Dante. Le développement et le renouveau d’une langue cultivée furent des éléments fondamentaux de la Renaissance italienne. Et si vous perdez cela, si vous sombrez dans l’argot, au lieu d’une langue nationale cultivée, vous faites perdre, à la plupart de vos concitoyens, leur productivité. Et la défense de la productivité doit être l’aune à laquelle il faut mesurer ce type de question.

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