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Les Ecrits de Lyndon LaRouche

Le Plan LaRouche pour sauver l’économie mondiale

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Par Lyndon H. LaRouche, Jr.

30 septembre 2009


En juin 1987, j’ai annoncé publiquement et à plusieurs reprises que si les mesures appropriées n’étaient pas prises au cours de l’été suivant, une crise boursière comparable à celle de 1929 se déclencherait dans les premières semaines d’octobre. Les événements se sont déroulés exactement comme je l’avais prévu et au moment où je l’avais prévu.

Aujourd’hui, l’arrivée du mois d’octobre annonce le déclenchement du compte à rebours d’un effondrement économique international d’une ampleur plus importante que ce qu’a pu être le « Nouvel âge des ténèbres » du XIVe siècle. Si rien n’est fait pour l’arrêter, cet effondrement planétaire pourrait s’étendre sur deux, voire plusieurs générations, avec des conséquences meurtrières.

Cette crise s’est déclarée il y a plus de vingt ans, pendant la crise d’octobre 1987, après qu’Alan Greenspan fut nommé Gouverneur de la Réserve fédérale américaine et qu’il eut légalisé l’épouvantable escroquerie des « produits dérivés financiers ».

La crise de l’automne 2009 n’est pas une simple crise boursière « à la 1929 ». Depuis l’été 2007, le monde est entré dans une phase d’effondrement d’un système monétaire international pollué par le produit de l’escroquerie de Greenspan. C’est elle qui menace aujourd’hui de précipiter le monde dans un nouvel âge des ténèbres si rien n’est fait dès maintenant pour l’arrêter.

Aujourd’hui, l’état avancé de la situation nécessite que nous reconnaissions la dépression de Wall Street en 1987 (qui éclata sur le modèle de celle de 1929) comme le point de référence passé à partir duquel la réforme immédiate du système doit être lancée, pour ainsi dire rétrospectivement [1].

En nous concentrant ainsi strictement sur le basculement d’octobre 1987, nous éviterons autant que possible la tâche herculéenne de démêler rétrospectivement les effets économico-physiques des erreurs antérieures à 1987.

Hormis le nécessaire retour à la politique stratégique des Etats-Unis et au point de vue constitutionnel précédant les développements intervenus après le 13 avril 1945, nous ne pouvons plus attendre pour faire le ménage qui s’impose depuis octobre 1987. Certes, d’autres améliorations doctrinales seront nécessaires, mais pour l’instant, elles doivent être remises à plus tard, c’est-à-dire après que les mesures essentielles de sauvetage auront initialement été mises en place.

Vous trouverez ci-dessous un aperçu des éléments clés du plan d’action qui doit être lancé de toute urgence, au nom de la reprise économique planétaire. Pour l’instant, notre mission est de poser les fondations sur lesquelles peut s’appuyer une dynamique politique désormais cruciale, à court et moyen terme, pour l’avenir immédiat de l’humanité dans cette tempête.

Préface : Les grandes lignes du plan de sauvetage

L’ensemble du monde se trouve donc pris dans ce qui sera un effondrement général de l’économie mondiale aux effets génocidaires à l’échelle d’au moins une génération si aucun remède n’est adopté au plus vite.

A son rythme actuel, cette catastrophe se transformera rapidement en un âge des ténèbres profond et durable pour l’ensemble des nations de ce monde et pas seulement pour certaines d’entre elles. Aussi longtemps que se maintiendra le modèle monétariste, on n’aura aucune chance de vivre une reprise économique dans quelque pays que ce soit, même dominant. Les bavardages évoquant une reprise future du système monétaire actuel, plus ou moins spontanée, ne sont que pure escroquerie ou simple illusion volontaire.

Pour comprendre l’intention et la nature d’un plan qui permettrait un sauvetage préventif des nations face à la catastrophe en cours, il est indispensable de saisir l’urgence de remplacer quasi-instantanément et globalement le système monétaire actuel par un système de crédit à l’échelle du monde entier, en accord avec le dessein originel de la Constitution américaine. Il s’agirait d’un système qui prendrait modèle sur le précédent « hamiltonien », principe intégré au cœur même de la Constitution américaine.

Toute alternative contraire ne manquerait pas de précipiter une catastrophe durable sur tous les peuples et les pays du monde.

L’indispensable réforme pro-hamiltonienne, qui réside dans l’essence même de notre Constitution, en attendant son heure d’application, annulerait toutes les formes frauduleuses de dettes monétaristes qui ont été créées depuis l’assassinat (non sans rapport avec elles) du Président John F. Kennedy. Toutefois, dans l’urgence, l’accent doit être mis sur la suppression des pratiques malhonnêtes sur les marchés internationaux. Cette réforme doit être accomplie via l’annulation moralement légale de ces obligations financières spéculatives ; car elles ne sont pas conformes au standard historique que constitue la loi Glass-Steagall mise en place sous Franklin Roosevelt. Dans l’ensemble, tant que cette loi était en vigueur – c’est-à-dire avant que les intrigues de Lawrence Summers ne la fassent abroger en 1999 – la réforme de Roosevelt avait permis de défendre avec succès les fonctions essentielles de notre système bancaire.

L’Empire britannique, de concert avec ces misérables comportementalistes associés à l’administration Obama et grâce à l’influence néfaste du menteur éhonté qu’est Tony Blair, a poussé les Etats-Unis à la faillite. Depuis juillet 2007, alors que nous étions déjà dans une situation très critique, il a encouragé toute une série de politiques, comme celles menées par le député Barney Frank en septembre de la même année, pour que se poursuive sans discontinuer le jeu de massacre de l’administration Obama.

Pour éliminer cette influence britannique qui s’est catégoriquement exprimée avec les Présidences Bush et Obama, nous devons procéder à ce nettoyage jusqu’à ce que l’on ait éradiqué les principaux systèmes monétaires, intrinsèquement impérialistes, en établissant un système assaini de coopération entre les systèmes de crédit nationaux d’une majorité grandissante d’Etats-nations souverains.

Suite à cette réforme, l’émission de crédit à long terme servant de fondation à un système à taux de change fixes permettra de rétablir une véritable croissance économique physique à l’échelle mondiale. Ce système devra s’appuyer sur le modèle constitutionnel américain d’origine, en émettant du crédit public dans le cadre de taux d’intérêt compris entre 1,5 et 2% (des intérêts simples). Ce critère doit être appliqué à toutes les catégories de prêts à long terme destinés à l’investissement en capital. Encore une fois, cela doit se faire sous les auspices d’un système rigoureux à taux de change fixes, implicite dans les dispositions de la Constitution américaine et libéré de toute interférence des pratiques usurières inhérentes aux systèmes monétaires, et tout particulièrement de celles de l’Empire britannique.

Cette réforme doit donc aboutir à l’établissement d’un système de crédit tel que la Constitution américaine le définit, par opposition à tous les systèmes monétaires. Le nouveau système de crédit à l’échelle mondiale doit donc prendre pour modèle ce principe de la Constitution américaine, bien qu’il ait été atrocement violé depuis qu’Alan Grenspan a remplacé Paul Volcker à la tête de la Réserve fédérale. Notre notion de système de crédit rétabli en tant que tel et en respectant l’intention de ceux qui l’ont élaboré, doit être partagée avec d’autres Etats-nations par voie de traités respectant la souveraineté nationale de chacun des participants. Ces accords doivent être fondés sur l’objectif d’une parité à taux de change fixes, reconnue par des traités entre Etats-nations membres d’un système composé de partenaires parfaitement souverains, suivant les critères du droit international, partageant l’engagement d’établir un système de crédit en lieu et place d’un système monétaire.

Pour arriver à bon port, un certain nombre d’obstacles devront être écartés un à un par un groupe de nations parmi les plus puissantes, coopérant entre elles : les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde, mais en incorporant également des partenaires eux aussi désireux d’établir un système international de créditoù chaque pays fonde sa vie économique sur les fonctions d’un système de crédit et le rejet du monétarisme.

L’objet de cette réforme doit être de rétablir dès le départ des modes de production de plus en plus intensifs en capital et en densité énergétique, dans l’agriculture, l’industrie, les infrastructures économiques de base et les systèmes de santé nationaux, à l’image du standard américain d’après-guerre défini par la loi Hill-Burton. La référence fonctionnelle entre les nations et au sein de chacune d’entre elles doit être l’accroissement des pouvoirs productifs physiques du travail, par tête et par kilomètre carré.

Il y a trois raisons stratégiques pour lesquelles seul un accord entre les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde peut constituer une fondation de départ solide.

Premièrement, il est évident que l’avenir de l’humanité serait sans espoir si nous ne réunissions pas les nations susceptibles de former un bloc suffisamment puissant pour contrecarrer l’opposition de l’Empire britannique à cette réforme.

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Mitterrand-Thatcher, un couple de fer !

Deuxièmement, la dégénérescence de l’Europe sous le joug d’un euro imposé par Margaret Thatcher, François Mitterrand et George H.W. Bush, a conduit à la destruction de la souveraineté nationale des pays d’Europe occidentale et centrale et de leurs économies ; à tel point que cette Europe-là est désormais totalement incapable d’initier une réforme compétente du système. Une fois qu’aura été brisée « l’échine du système impérial britannique », une atmosphère de liberté pourra enfin se répandre sur le monde et les abominations comme l’euro pourront finalement être défaites.

Troisièmement, si nous prenons en compte les caractéristiques asymétriques de ces quatre puissances majeures et légitimes, de même que des autres pays qui pourraient immédiatement les rejoindre, cet ensemble de forces correctrices représente la majorité de la population et du territoire mondiaux, tout en réunissant des dissemblances suffisantes pour assurer qu’un caractère relativement universel s’exprime dans les intérêts communs de ces nations.

De surcroît, tout plan excluant les Etats-Unis à titre de participant majeur serait un remède pire que la maladie. Sans la conception du système de crédit inhérente à la Constitution américaine, toute réforme entreprise par d’autres pays s’avèrerait une catastrophe pire que le mal qu’elle prétendait soigner.

Le but de ce processus, choisi pour lancer la réforme générale si urgemment nécessaire, est d’éliminer les politiques et les habitudes associées au rôle du Royaume-Uni en tant que pivot du système impérial monétariste, implicitement établi par le Traité de Paris en février 1763. Ce système incarne la tyrannie impérialiste caractéristique des empires maritimes anciens et nouveaux qui se sont établis depuis cette folle entreprise que fut la Guerre du Péloponnèse.

Le monétarisme et ses pratiques sont la principale source de la dégradation des relations entre les peuples et les nations, ayant mené le monde à cet état de dégénérescence morale que l’on peut qualifier, en lui-même et par lui-même, de véritable crime contre l’humanité. De ce crime, le Royaume-Uni impérialiste et ses confédérés monétaristes prédateurs furent les principaux coupables en pratiquant leurs formes d’oppression impérialiste au cours de ces derniers siècles.

La notion même de système monétaire international où les intérêts financiers privés sont hors de contrôle, et même au-dessus des Etats-nations supposément souverains, est explicitement impérialiste et prédatrice. C’est précisément ce mal qui détruit les Etats-Unis depuis la mort de Franklin Delano Roosevelt et qui perpétue les formes de domination plus ou moins anciennes de l’impérialisme et du colonialisme sur le plus grand nombre des pays existants, y compris les Etats-Unis eux-mêmes.

Aucun débat honnête et compétent sur la nature des abus systémiques perpétrés par les systèmes monétaristes modernes ne pourra avoir lieu tant que le système monétariste lui-même ne sera pas éradiqué des systèmes économiques dominants dans le monde.

Il est important que les chefs d’Etat ainsi que leurs concitoyens, bien que désormais les chroniqueurs de faits isolés aient remplacé les véritables historiens, reconnaissent que la seule forme effective d’impérialisme aujourd’hui à l’œuvre sur la planète est celle qu’exprime l’Empire britannique. Il est l’incarnation d’un système monétariste mondial qui utilise la fraude du « libre-échange » pour assujettir les nations à des prédateurs monétaires effectuant leurs actes de piraterie sans craindre les restrictions que les gouvernements mettraient en place s’ils étaient véritablement souverains.

L’Empire britannique n’est pas l’empire du peuple britannique. C’est un nid de pirates de diverses origines qui soumettent et violent les peuples et les nations du monde. Ils règnent dans la plus pure tradition de la Venise médiévale et moderne, mais en disposant simplement d’adresses postales à Londres – à Threadneedle Street et Buckingham Palace.

Il faut le dire : il n’y a aucune souveraineté possible pour aucun pays tant qu’on laissera libre cours à un système monétaire impérialiste recourant au « libre-échange », et particulièrement lorsqu’il sert de mécanisme à la mondialisation.

Tous les empires dont les origines méditerranéennes et maritimes remontent à la Guerre du Péloponnèse, ont exercé leur domination sur les royaumes et autres formes d’entités politiques en Europe et au-delà jusqu’à aujourd’hui ; au cours du temps, ils n’ont fait que changer de costume et de langue. Seules les nations pourvues d’un système souverain de crédit et n’étant pas sujettes aux règles édictées par les institutions monétaristes sont des nations libres ; les autres ne sont que les proies du monétarisme. La pire forme de tyrannie impériale est de soumettre la victime au point qu’elle voue un culte au « libre-échange » comme s’il s’agissait d’une drogue dure. C’est ainsi que les Etats-Unis et ses citoyens n’ont cessé de se faire violer, et le sont de plus en plus, encore aujourd’hui, par l’Empire britannique, et ce, depuis la mort du Président Franklin Roosevelt, le 12 avril 1945.

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La mort du président Franklin Roosevelt le 12 avril 1945 sonna le retour aux affaires de l’Empire britannique qu’il combattait corps et âme pour que le monde de l’après-guerre ne soit pas celui de l’oligarchie financière mais des Etats-nations souverains.

L’autre alternative, qui serait de tenter de continuer à vivre sous une autre forme de monétarisme, deviendrait rapidement, quels qu’en soient les tenants, un remède pire que le mal. Car il faut souligner que le monétarisme, quelle que soit la forme qu’il revête, est une maladie fatale pour la civilisation, plus encore si l’on tente de prolonger les conditions de la conjoncture actuelle menant à un effondrement mondial.

Certes, de nombreuses personnes influentes ne manqueront pas de dire que les conditions ne seront jamais réunies pour que la réforme que j’exige soit un jour acceptée. Cette erreur de jugement revient à ignorer la réalité en prenant l’opinion populaire aujourd’hui dominante pour les voix de l’éternité. Elle découle de l’ignorance du principe supérieur de la dynamique sociale régissant les comportements qui outrepassent les normes acceptées dans une société donnée ; c’est ce point que soulève le poète Percy Bysshe Shelley en conclusion de son ouvrage En défense de la poésie. Si l’on n’adopte pas les réformes que j’ai indiquées dans les plus brefs délais, il est permis de douter que ce que l’on considère encore comme une civilisation puisse durer très longtemps. Dans toute crise grave, les populations ont tendance à vouloir chercher une solution qui permette à la civilisation de survivre. Néanmoins, dans les conditions générales actuelles, le système monétariste international n’est pas le patient que l’on doit guérir, mais bien au contraire, la maladie mortelle qu’il faut combattre et exterminer.

Ainsi, tout traité ou accord existant qui tendrait à empêcher ou entraver ce changement urgent et indispensable, doit faire l’objet d’une élimination préemptive, car il y a conflit d’intérêt entre le système actuel et la nécessité des remèdes que je préconise.

Suivant cette démarche, les politiques et pratiques économiques, désormais considérées comme immorales ou stupides parce qu’elles constituent l’expression de systèmes monétaristes, devront être éradiquées, peu importe qu’elles soient d’un millésime relativement nouveau ou qu’elles s’apparentent tout simplement au plus vieux métier du monde.

La réforme du système bancaire commercial réalisée sous l’administration de Franklin Roosevelt, aujourd’hui connue sous le nom de Glass-Steagall, doit être immédiatement réintroduite aux Etats-Unis avec sa vigueur initiale pour servir de point de départ à toute tentative compétente de relancer l’économie mondiale.

Sans cela, il serait impossible de se débarrasser des déchets frauduleux et intrinsèquement sans valeur que sont les dérivés financiers, et l’on ne pourrait pas rétablir un système bancaire commercial régulé qui permette, en appliquant le principe constitutionnel américain de crédit public fédéral, d’initier une reprise. En vertu de ce principe constitutionnel, le rétablissement des critères Glass-Steagall pour les banques commerciales et tout le secteur financier qui lui est associé aux Etats-Unis doit être immédiat et rétroactif, même si cela implique de révéler la terrible faille morale qui a mené à leur suspension, comme déjà l’adoption de la loi Glass-Steagall avait révélé une première fois cet acte anti-constitutionnel.

Pour les Etats-Unis eux-mêmes, nous exigeons le rétablissement immédiat d’un système bancaire commercial assaini, car sans cela, il serait impossible de rétablir la base du système commercial de crédit privé indispensable à l’économie. Sans lui, en effet, le crédit public fédéral ne pourrait être transmis à l’économie pour permettre une reprise dans les Etats et toutes les communautés affectées, et l’on ne pourrait raviver la vitalité économique dont nous ont privés les catastrophes dues à l’incompétence généralisée des responsables entre 1987 et 2009.

Cette incompétence systémique se manifeste avec force depuis la période des prétendues « réformes » internationales – des changements intervenus depuis février-mars 1968 dans les accords de Bretton Woods jusqu’à la destruction de ses derniers vestiges en 1971-1972 – où l’abandon du système de Bretton Woods par l’administration Nixon s’est combiné à la fraude anglo-saoudienne des marchés pétroliers spots qui s’ensuivit, pour faire des Américains quasiment les esclaves des Britanniques.

« Le droit à la vie » comme science économique

Ce qui nous amène au sujet de la véritable nature du comportement humain.

Dans les questions de ce genre, la notion d’équité signifie essentiellement servir les droits humains socialement nécessaires des individus, comme l’exige la notion leibnizienne que l’on retrouve sous une forme implicite dans notre Déclaration d’indépendance de 1776 et qui est affirmée comme droit inaliénable par le Préambule de notre Constitution : le droit à la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

A ce sujet, et à cause des influences impériales corruptrices des « comportementalistes » et autres immoralités que nous endurons depuis « l’âge de la dépravation » (typiquement libérale) associée au Premier ministre britannique Walpole [2]
et aux escroqueries financières comme la bulle des Mers du Sud (South Sea Island), nous devons maintenant insister sur un point.

Les droits des êtres humains se rapportent aux aspects de leur existence qui se définissent, au sens bénéfique pour la société, dans le rôle continu de leur personnalité individuelle, même après leur mort. En sorte que les inventions utiles et la participation au progrès culturel que sont les découvertes et les améliorations apportées par les individus survivent, en tant que catégories spécifiques d’idées, de manière active au sein des fondations accumulées de la société, même après la mort de ceux qui y ont contribué. Ces droits et pouvoirs de la personnalité humaine, absents chez les animaux, qui sont des droits de l’homme inhérents à l’immortalité de l’individu membre de la Noosphère, comme dans le concept parfois théologique de simultanéité de l’éternité, signalent une qualité d’existence fonctionnellement distincte du corps mortel qu’une personne décédée a occupé de son vivant [3].

Illustrons ici ce point. Si les grands penseurs ont contribué à la découverte d’un ou plusieurs principes scientifiquement validés, la possibilité de tels accomplissements ne réside pas en une partie isolable de l’individu en tant que tel, mais dans un processus implicitement continu et immortel de développement de ce que l’on appelle à juste titre la culture humaine. On peut plus ou moins facilement faire remonter ce processus, à travers les actes uniques de participation individuelle, comme dans le cas de la science européenne moderne, à l’héritage des Sphériques pythagoriciens, de Platon et des disciples de ce courant intellectuel continu, jusqu’à sa résurgence avec Dante Alighieri et les disciples de la Renaissance florentine menée par le cardinal Nicolas de Cues. C’est son héritage qui a servi jusqu’à nos jours de référence à toute pratique compétente de la science physique dans l’histoire de la culture européenne.

Cette approche implique le rejet de toute conception cinématique des causes et des effets, en faveur d’une continuité immortelle du développement créatif en devenir de l’humanité et de l’univers. Ce développement est de nature dynamique et définit une continuité dans laquelle le bénéfice des travaux des découvreurs est constamment recréé au cours des siècles et des millénaires.

Cette conception considère implicitement que l’esprit humain est partie intégrante d’un processus créatif continu, virtuellement immortel. Au cours d’un tel mode dynamique de processus créateur, l’impulsion souveraine unique de l’individu vers la découverte illustre la distinction entre l’immortalité de la personne humaine créatrice et la simple vie animale. Cette distinction se démontre pour tout esprit développé ayant saisi le sens véritable du principe de dynamique qui subsume, catégoriquement, tout véritable progrès humain comme étant situé dans la relation entre, d’une part, la science véritable, et d’autre part, la composition artistique classique et son interprétation.

Il est d’autant plus important de le souligner que ce doit être une alternative aux tendances intellectuelles dépravées aujourd’hui courantes ; en particulier, face à l’influence du comportementalisme et des différents cultes de l’existentialisme qui lui sont associés et qui aboutissent au reniement du droit à la vie, comme on le voit de manière particulièrement brutale avec leur influence sur les réformes des systèmes de santé [aux Etats-Unis, ndlr], comparables à ce qu’ont fait les Nazis puis les Britanniques (Tony Blair, en l’occurrence). Leur dépravation découle de leur indifférence pour la nature sacrée de la personne humaine. Appliquer aux humains l’idée d’abattage comme on le ferait pour du bétail, acte implicitement criminel et à proprement parler satanique, est intrinsèque aux pratiques de l’idéologie comportementaliste des Nazis et des Britanniques. Face à cela, nous devons intervenir de toutes nos forces pour défendre le droit intellectuel à la vie humaine, sans jamais tolérer les considérations dépravées et virtuellement bestiales des existentialistes envers la vie individuelle, qui vont à l’encontre des droits sacrés de la personne humaine que l’on retrouve dans toute loi décente édictée par l’homme.

Les implications profondes de ces réflexions constitueront notre sujet d’ouverture.

Au nom du passé, du présent et du futur de l’humanité, nous devons donc reprendre à notre compte la tâche urgente de la libérer des limites et des vicissitudes inhérentes à la captivité perpétuelle que constituent les murs de notre planète. Nous devons libérer l’humanité en puisant dans la simultanéité d’une éternité physiquement relative une condition future, en qui nous devons discerner un espace-temps physique relatif créé parmi les constellations de notre univers : comme doivent le faire des êtres dont la profession est celle d’homme et de femme à l’image et au service du Créateur.

I. Créativité humaine et Histoire

Lorsque le cardinal Nicolas de Cues, grand intellectuel de la Renaissance du XVe siècle et fondateur de la science européenne moderne, s’est rendu compte que l’œuvre précieuse du grand Concile œcuménique de Florence était cruellement et systématiquement menacée par la persistance de l’héritage culturel oligarchique en Europe, il proposa que les êtres les plus dévoués à la défense des réalisations de la civilisation européenne cherchent à prendre contact avec des gens d’autres continents au-delà des océans, afin d’y bâtir les fondations d’un avenir meilleur où l’humanité serait libérée du joug oligarchique européen, cette pollution oligarchique qui menaçait alors toute l’Europe et pouvait donc se répandre sur toute la planète.

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L’heure est venue de supplanter Christophe Colomb, comme l’ont fait les pionniers de l’exploration spatiale, qui comparaient leur mission à la sienne. Pour eux comme pour nous aujourd’hui, le prochain objectif de notre mission sans fin, est la colonisation de la planète la plus proche, Mars.

La mission de ces pionniers n’était pas de fuir la culture européenne, mais de la préserver et de l’enrichir au profit de toute l’humanité, en dépit de la corruption européenne imposée par l’oligarchie. L’heure est aujourd’hui venue de supplanter Christophe Colomb, comme l’ont fait les pionniers de l’exploration spatiale, qui comparaient leur mission à la sienne. Pour eux comme pour nous aujourd’hui, le prochain objectif de notre mission sans fin est la colonisation de la planète la plus proche et convenant le mieux à ce dessein, Mars.

Cette mission martienne est plus importante dans ce qu’elle exige de nous que dans ce qu’elle nous rapportera. Comme l’on dit certains pionniers du programme spatial, quels que soient les bénéfices personnels à en retirer dans un futur immédiat (celui de ces pionniers eux-mêmes), le plus grand des accomplissements reviendra à toute l’humanité, car elle verra que répondre à ce défi nous contraint à nous développer comme jamais nous ne l’aurions fait si nous n’avions pas pris l’engagement d’entreprendre cette mission.

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Pour aller sur Mars, nous devons maîtriser la fusion thermonucléaire. Il y a bien d’autres défis scientifiques d’importance qui nous attendent dans cette aventure, mais ils doivent être vus comme des défis nécessaires pour que nous donnions le meilleur de notre humanité.

Ainsi, pour effectuer des vols aller-retour entre la Terre et Mars, nous devons maîtriser la fusion thermonucléaire. C’est en effet le seul moyen actuellement concevable qui permette de produire des taux d’accélération garantissant que les équipages voyagent relativement rapidement, afin qu’ils soient en pleine disposition de leurs facultés humaines et physiques une fois arrivés sur place. Il y a bien d’autres défis scientifiques d’importance qui nous attendent dans cette aventure, mais ils doivent être vus comme des défis nécessaires pour que nous donnions le meilleur de nous-mêmes en tant qu’espèce humaine.

C’est ce qui caractérise, essentiellement, la tradition culturelle des fondateurs du Système américain d’économie politique depuis l’arrivée du Mayflower et des familles Winthrop et Mather : une grande entreprise fondée sur le dévouement à cette même cause que défendait le principal fondateur de tous les courants de la science européenne moderne, Nicolas de Cues.

Aux environs de 1480, le grand navigateur Christophe Colomb avait fait de cette intention explicite chez Cues sa propre mission. Son entreprise tenait à son autorité en tant que navigateur atlantique et aux conseils des compagnons encore vivants de Nicolas de Cues.

L’influence continue de la pollution oligarchique, d’abord avec la dynastie impériale des Habsbourg, puis avec ses successeurs britanniques parmi les adeptes de Paolo Sarpi, s’est de fait combinée avec les guerres de Religion, de 1492 à 1648. C’est cette corruption oligarchique de la civilisation européenne moderne qui a gâché la plupart des projets colonisateurs en Amérique du sud et centrale.

Dans ces conditions, comme s’ils s’étaient joués par défaut des influences néfastes des Habsbourg dans le monde ibérique au cours des XVIe et XVIIe siècles et au-delà, ceux de la convention du Mayflower et de la colonie de la Baie du Massachusetts, menés par les Winthrop et les Mather, établirent conjointement une implantation américaine qui sema les graines de ce qui allait éclore dans la Déclaration d’indépendance. Ainsi naquit un facteur historique unique, le Système américain d’économie politique et la Constitution fédérale des Etats-Unis, c’est-à-dire une nouvelle nation portant en elle le meilleur de la culture européenne passée et présente, à la différence près qu’elle s’était libérée de l’héritage oligarchique représenté par les empires monétaristes qui aujourd’hui encore polluent l’histoire du monde pour semer leur ruine.

Les accomplissements pionniers de la société de la Nouvelle Angleterre, jusqu’en 1687, furent mis à mal dès 1688-89, par une oppression rapace et dépravée apparue avec le règne de Jacques II, puis de Guillaume III et Marie II, sous influence anglo-hollandaise. L’héritage de la Nouvelle Angleterre d’avant 1688, celle des Winthrop et des Mather, fut néanmoins repris par les soutiens et les disciples de Benjamin Franklin, qui devint le principal agent de l’effort, partagé avec le meilleur de la culture européenne représenté par Leibniz, pour établir une nouvelle forme de république qui allait devenir les Etats-Unis. Depuis les débuts de la colonie de la Nouvelle Angleterre, jusqu’à la continuation actuelle de l’intention exprimée par la Constitution fédérale des Etats-Unis d’Amérique, le principe fondateur de notre république est celui d’un système de crédit, opposé à l’impérialisme monétariste intrinsèquement oligarchique de l’ordre européen qui règne encore aujourd’hui.

Ainsi, depuis lors, le monde est défini par ce conflit systémique entre deux cultures de langue anglaise. La première est actuellement dominée par le système oligarchique de l’Empire britannique, hérité du Traité de Paris de 1763 et de la domination de la Compagnie britannique des Indes orientales de Lord Shelburne et de ses laquais, comme Adam Smith et Jeremy Bentham. C’est cette tradition impérialiste qui, sous le nom de mondialisation, perdure encore aujourd’hui.

Les Etats-Unis, sous l’influence du courant qu’a représenté Benjamin Franklin, sont devenus « le grand melting-pot » où les cultures importées d’Europe ont partagé le meilleur d’elles-mêmes, tout en se libérant de la souillure impérialiste-financière de tradition vénitienne, qui, sous sa forme moderne, a pris pied à Londres, un intérêt impérial qui hait à mort le caractère anti-monétariste de la république nord-américaine.

Toutefois, le relatif pouvoir de la tyrannie monétariste anglo-vénitienne sur l’Europe continentale a réussi à s’implanter en Amérique à travers l’influence de la Compagnie britannique des Indes orientales, en formant un foyer de traîtrise autour des Tories américains de la convention d’Hartford, fidèles à Aaron Burr, un agent britannique et traître de fait à la nation, fondateur de la Bank of Manhattan. C’est ce rassemblement qui devint le centre de pouvoir associé à « Wall Street », dont l’influence néfaste s’exerce encore sur notre nation. Tous les assassinats de Présidents américains ont été perpétrés dans l’intérêt stratégique de cet impérialisme monétariste anglo-vénitien, dont l’existence se manifeste ici via cette fosse septique monétariste que l’on appelle Wall Street.

Si nous voulons sauver notre planète du nouvel âge des ténèbres qui s’annonce partout, nous devons éradiquer le « mondialisme » qui infeste les relations entre pays et qui n’est qu’un autre nom de l’impérialisme monétariste.

L’heure est venue, ici et maintenant, pour la conception américaine de systèmes de crédit souverains de devenir la clé de voûte d’un système où les cultures nationales devraient présider conjointement et équitablement à la destinée du monde. Sans quoi, la continuation du règne prédateur du monétarisme vénitien, sous sa forme anglo-hollandaise libérale, nous garantit de poursuivre notre chute vers un enfer planétaire.

« La nuit dernière, un homme a rêvé que le Sénat américain avait adopté une loi décrétant que la Terre est plate. Nier ce fait a été jugé suffisant pour procéder à l’exécution capitale du prévenu. Dans ce rêve, les élus se sont ensuite levés pour applaudir le Président de la république, qui avait introduit cette réforme. La semaine prochaine, la Chambre devrait décréter que les gens sont comestibles ; le contrôle de la population deviendra alors pleinement effectif. »

Le fait que nous soyons aujourd’hui pris dans un effondrement économique général doit nous amener à réexaminer ce que nous savions ou aurions dû savoir des principes régissant la civilisation, avant même que les découvertes décisives des XIXe et XXe siècles aient lieu. Cette période démarre avec les travaux de scientifiques comme Max Planck et Albert Einstein, sur les traces de Carl Gauss et Bernhard Riemann, et se poursuit avec les grandes découvertes scientifiques qui ont couvert la quasi-entièreté du XXe siècle, à travers l’influence des travaux de l’académicien V.I. Vernadski, en particulier son étude définissant les distinctions à caractère systémique entre les domaines propres aux principes de la Lithosphère, la Biosphère et la Noosphère [4].

A ce sujet, il est absolument crucial, afin de formuler une politique compétente pour les Etats-Unis d’aujourd’hui, de prendre en exemple la colonie de la Baie du Massachusetts et son rôle jusqu’à ce qu’elle subisse la répression de Jacques II et Guillaume III (d’« Orange »). L’héritage des principales familles de cette colonie, les Winthrop et les Mather, tel qu’il a été transmis à Benjamin Franklin, caractérise la maturation de l’intention de Nicolas de Cues et de Christophe Colomb, et devint la ligne de démarcation entre les patriotes anglophones des futurs Etats-Unis et le système opposé de tyrannie impériale, associé à l’Empire britannique et établi en 1763 par la Compagnie britannique des Indes orientales anglo-hollandaise après la Paix de Paris. Il ne s’agissait pas d’un simple conflit frictionnel entre l’Empire britannique et nos compatriotes, mais d’une division profonde sur une question de principe fondamentale qui prit forme entre 1763 et 1776, avec la Déclaration d’indépendance, puis, plus tard, la Constitution fédérale de 1789.

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Au centre, Benjamin Franklin et Alexander Hamilton ; debout sur l’estrade, George Washington, lors de la signature de la Constitution des Etats-Unis. La Guerre d’indépendance contre l’Empire britannique était une guerre de principe entre l’héritage républicain de la Renaissance européenne et l’oligarchie monétariste du vieux continent.

Pour connaître le terrain sur lequel se joue à présent le destin, il faut clairement comprendre que notre république est issue de cette partie la plus profonde de l’histoire européenne, celle qui émergea de la culture maritime de la Grèce classique et qui doit être associée dans notre mémoire aux Pythagoriciens et à Platon.

A cette fin, nous devons nous concentrer sur la division célébrée dans la trilogie d’Eschyle sur Prométhée, entre ceux dont la tradition culturelle de la Grèce ancienne trouve ses racines dans la créativité associée aux noms d’Archytas, Socrate et Platon, qui ont fait souffler le feu de la créativité humaine, et leurs adversaires, à l’image du Zeus d’Eschyle qui entend éradiquer le progrès scientifique par la tyrannie oligarchique. Voilà précisément l’origine historique de la différence essentielle entre l’Américain anglophone et la tradition impérialiste britannique que l’on appelle aujourd’hui « mondialisation » [ou « globalisation » en anglais, ndlr].

La différence entre l’Américain typique devenu patriote éclairé, et le « Brit’ typique », se manifeste ou se cache tour à tour dans les implications opposées de leur usage respectif du terme « tradition ». D’un côté, l’âme mature du citoyen américain est engagée envers le progrès scientifique et technologique qui permettra à l’avenir d’améliorer les conditions de vie, et de l’autre, l’inspiration britannique, comme celle du Zeus légendaire et sa suite de courtisans, est attachée aux cadavres hérités d’un passé qui n’a en fait jamais existé. Comme le dirait un esprit ayant le sens de l’humour : « The Americans crossed the Atlantic ; whereas, the British imperial monarchy double-crossed it. » [Les Américains ont traversé l’Atlantique ; la monarchie impériale britannique l’a retraversé (« double-cross » veut aussi dire « trahir », ndlr].

Il est de la plus haute importance que les nouveaux leaders de notre république émergent hors de la boue et de la fange de ce qui est devenu une culture transatlantique de plus en plus dépravée, depuis la résurgence après-guerre de l’influence de l’oligarchie britannique et de ses laquais de Wall Street. C’est une décadence intellectuelle et morale qui s’exprime par la réaction anti-Roosevelt qui suivit la mort de ce grand Président.

C’est plus particulièrement une certaine couche de la première génération née après la mort de Franklin Roosevelt, qui dès son adolescence a été entraînée par la vague post-Kennedy du fascisme existentialiste et anarchisant de la prétendue « Nouvelle Gauche ». Cette vague a brutalement déferlé sur les Etats-Unis et l’Europe au printemps 1968. Mais c’est l’influence du mouvement existentialiste, inspiré par l’ancien membre du Parti nazi Martin Heidegger, et ses amis Hannah Arendt et Theodor Adorno, massivement promus après-guerre par le Congrès pour la liberté de la culture (CLC), qui a alimenté la dépravation culturelle dont s’est imbibé le jeune mouvement proto-fasciste des « soixante-huitards » [5].

Avec l’insolence triomphale des bénéficiaires politiques du meurtre de John F. Kennedy, qui eurent les mains libres pour procéder à la ruine des Etats-Unis au Vietnam (à l’image de ce qui se passe aujourd’hui en Afghanistan), une vague de pessimisme s’empara des Etats-Unis et de l’Europe d’après 1945. Ce changement de paradigme permit aux héritiers de la campagne menée par Churchill et Truman pour éradiquer ce qui restait de l’influence rooseveltienne aux Etats-Unis et dans le monde, de terminer leur travail destructeur.

Sous la protection du cocon familial, la jeune génération associée à la montée des prétentions suprématistes de la classe moyenne dans les années 1950 arriva à ébullition après l’assassinat du président Kennedy. Les jeunes de cette classe d’âge revendiquaient une nouvelle forme d’esprit existentialiste, d’abord timidement puis avec une insolence grandissante, s’acheminant, des deux côtés de l’Atlantique, vers les accès de frénésie existentialiste du printemps 1968, suivis peu après par l’émergence du ferment néo-malthusien anti-science et « anti-col bleu », dont le « jour du soleil » de 1970 constitua le point de départ.

Ce qui restait de la génération de travailleurs adultes de l’après-guerre fut stupéfait par ce qui constituait déjà une dépravation intellectuelle et morale de la portion relativement privilégiée de la jeunesse qu’ils avaient enfantée, particulièrement frappante dans les milieux étudiants les plus favorisés au cours des années 1960. Les « dents de dragon » avaient germé ! Ce qui était en réalité un ferment fasciste de masse se trouvait à nouveau en marche, comme l’illustrait alors aux Etats-Unis le culte soixante-huitard des Weathermen.

L’oligarchie britannique en fut très satisfaite. Aujourd’hui, on assiste au renouveau des mesures meurtrières « Tiergarten Vier » d’Hitler, première étape vers des meurtres de masse, en Grande-Bretagne comme aux Etats-Unis, où les laquais des Britanniques au sein de l’administration Obama essaient de faire passer le projet IMAC dans la réforme de la santé. On voit s’exprimer cette réalité dans les intentions et les actes de l’ancien Premier ministre Tony Blair, menteur malfaisant et véritablement diabolique qui, par ailleurs, a l’insolence meurtrière de se prétendre « chrétien », à l’image du Grand Inquisiteur dont il jalouse la perversion. [Il s’agit du Grand Inquisiteur, personnage des Frères Karamazov, de Fedor Dostoïevski, ndlr.]

Ce nouveau fascisme néo-malthusien, issu des rangs transatlantiques des « soixante-huitards », illustre l’intention de l’oligarchie impériale britannique. Les nouvelles tendances néo-malthusiennes dans les réformes des systèmes de santé et les politiques « vertes », qui sont autant d’échos de l’hitlérisme, constituent une menace immédiate pour l’humanité et l’essence même de ce que l’on pourrait honnêtement définir comme étant la civilisation. Le gouvernement américain actuel s’en est fait le promoteur, menaçant ainsi dans le monde entier la véritable civilisation définie par la Constitution des Etats-Unis d’Amérique.

La tâche qui incombe donc à toute personne dotée d’un sens moral et saine d’esprit sur cette planète est d’éradiquer la plus grande des menaces pour l’humanité, c’est-à-dire ce que représente l’empire monétariste britannique.

Bien sûr, il est indispensable que cette forme de corruption morale dans les hautes instances soit éliminée minutieusement et sur le champ. Mais, aussi utile que cela puisse être, cela ne se suffira pas en soi et par soi-même.

La misère engendrée par ces politiques et pratiques néo-malthusiennes, qui touche la majorité des citoyens chez nous et dans le monde depuis 1968, exige un changement rapide et fondamental de direction vers une priorité de l’économie physique. Nous devons de toute urgence lancer une politique vigoureuse de croissance physique pour chaque nation, en nous engageant à promouvoir un progrès scientifique accéléré dans les infrastructures économiques de base et une production plus élevée dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie et des machines-outils, dès aujourd’hui et à l’échelle du monde.

Le monde est victime d’une baisse générale du potentiel permettant de maintenir le niveau existant de population, partout et au sein de chaque pays. Cette situation s’est développée de plus en plus visiblement, et avec un taux d’usure physique de plus en plus rapide, depuis l’abandon de la maintenance des infrastructures de base à partir de 1967-68, comme ce fut le cas aux Etats-Unis.

Ce déclin économique et moral rampant doit être considéré à la lumière de deux tendances brutalement autodestructrices dans l’opinion dominante, y compris parmi les hauts responsables américains et européens apparemment sérieux.

Connaître l’Histoire véritable

Ce qui a été présenté jusqu’ici nous amène aux racines du conflit interne à la civilisation européenne et à ses différents héritages, qui définissent la situation périlleuse dans laquelle se trouve aujourd’hui l’ensemble de l’humanité. Comme je vais le démontrer, cette question ne représente en aucun cas une diversion par rapport à notre tâche concrète et urgente de sauver une civilisation humaine en danger.

Pour comprendre le meilleur et le pire de la civilisation européenne, il est important, culturellement et stratégiquement, de souligner un certain changement dans la culture dominante de la région méditerranéenne, historiquement survenu à la suite du déclin de l’Empire achéménide, qui cherchait à contrôler le littoral et l’espace maritime méditerranéens. Précisons que la culture maritime dominante en Méditerranée, reposant sur la coopération entre l’Egypte, la Ionie et l’Etrurie contre Tyr la prédatrice, était aussi affectée par le rôle du culte de Delphes, un oracle ayant implanté les germes fatals d’une corruption qui finit par engendrer cette tragédie que fut la Guerre du Péloponnèse.

C’est la combinaison des cultes d’Apollon et de Dionysos basés à Delphes et des intérêts monétaristes qui leur étaient associés, qui constitue le contexte de la Guerre du Péloponnèse, dans laquelle la culture grecque a subi un terrible déclin stratégique et moral. Malgré cela, une force encore puissante mais non homogène a perduré dans les cultures grecque et égyptienne, continuité d’un héritage qui a grandement contribué à l’influence des restes de la culture classique grecque dans quasiment tous les grands accomplissements de la culture maritime européenne réalisés jusqu’à aujourd’hui au sein de la civilisation européenne.

La folle Guerre du Péloponnèse a conduit à l’apparition sur tout le littoral méditerranéen d’un principe oligarchique, explicitement et formellement défini en tant que tel, qui a pris la forme d’une culture maritime méditerranéenne prédominante depuis lors, j’entends ici l’héritage d’une culture européenne imprégné de racines culturelles maritimes, s’étendant loin à l’intérieur des terres, même encore aujourd’hui.

Depuis la dispute entre Platon et Aristote, le combat entre, d’une part, la culture héritée de Thalès, des Pythagoriciens, de Socrate et de Platon, et d’autre part, celle du culte anti-progrès scientifique de Delphes, représenté par Aristote et Euclide, a été jusqu’à nos jours la source la plus persistante de conflits dans toute l’extension de la civilisation européenne.

La corruption !

Cela signifie qu’en termes politiques, une personne digne d’être qualifiée d’historien doit appréhender les conflits actuels avec une conscience des caractéristiques culturelles dans les développements humains de pas moins de 6000 ans. Rien à voir avec ces conteurs d’anecdotes qui sont davantage des chroniqueurs ou des comptables que de véritables historiens.

La pratique du droit par ces illettrés en histoire, qui accumulent un bric à brac d’anecdotes, est la principale source de problèmes en matière juridique, y compris dans ce qu’on appelle encore le « droit constitutionnel » dans les nations dites civilisées.

L’historien compétent est essentiellement un épistémologiste dont l’approche de tout segment de l’histoire fournit le critère moral indispensable à l’étude et au récit de l’histoire dans son ensemble. Car elle n’est autre que l’histoire des idées, qui ne peut être comprise efficacement sans l’aide d’un épistémologiste ne traitant pas les idées comme un phénomène isolé – un genre de génération spontanée – ou une simple anecdote contée par un aïeul, mais qui traite l’histoire comme ayant une sorte de vie immortelle propre, au sein de l’histoire éternelle du développement des idées. C’est dans ce cadre que nous devrions rencontrer les forces qui déterminent les conditions d’une vie mentale dont les limites auto-évoluantes et l’histoire continue des sociétés et de leurs conflits, se trouvent définies par les actes délibérés des hommes.

La réalité de toute histoire et de toute stratégie compétentes se situe dans le domaine du processus historique long de développement des idées, qui se poursuit et se poursuivra sans fin, même jusqu’aux futures colonies dans quelque recoin de la galaxie, exerçant la plus grande influence sur le comportement des individus, des nations et des relations entre nations.

Le professeur qui dit à ses élèves : « Aujourd’hui, nous allons apprendre ce sur quoi vous serez interrogés demain », est un sophiste. Il n’est pas prêt à confronter sa classe à un traitement rigoureux des véritables idées. Enlevez-lui ses fiches et ses livres de classe, et il risque de se transformer soudain en idiot confus et balbutiant, pris de court comme le Magicien d’Oz.

Puisque nous sommes confrontés à une crise généralisée et périlleuse pour l’humanité, ici et maintenant, l’exigence première pour exercer un leadership est que le leader en puissance, quel que soit le niveau de leadership dans la société, vive avec un sens réel de l’histoire en cours, tel que je viens de le décrire sommairement. Si nous ne savons pas comment ce que nous considérons sottement comme nos opinions les plus certaines, ont pris forme depuis la Rome antique, nous ne savons quasiment rien sur nous-mêmes et sommes donc prêts à tomber sous le charme de n’importe quel charlatan nous jetant à la figure ses sophismes de pacotille populiste concoctés à la va-vite.

Pour illustrer cela, considérez maintenant mon argument suivant, qui devrait être répété pour conseiller ceux qui se trouvent confrontés aux politiques malavisées des généraux David Petraeus et Stanley McChrystal.

L’exemple de l’Afghanistan

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Le président Kennedy écouta les mises en garde du Général Douglas MacArthur et refusa d’engager les Etats-Unis dans une guerre terrestre au Vietnam.

Voyez d’abord la folie militaire dans laquelle les Etats-Unis sont tombés à plusieurs reprises depuis la mort du président Franklin Roosevelt, en se laissant entraîner par l’influence britannique dans des guerres terrestres, ruineuses et inutiles, en Asie. La ruse « à la Iago », utilisée par les cercles britanniques désireux d’abattre notre pays, consiste à convaincre le gouvernement américain qu’il doit s’engager dans ce qui deviendra de toute évidence une nouvelle guerre en Asie, aussi longue qu’inutile. Ce qui est véritablement fou là-dedans, c’est la croyance absolument stupide de nombreux officiers américains, qui n’ont pas le sens stratégique dont firent preuve les généraux MacArthur et Eisenhower en mettant en garde Kennedy contre une nouvelle guerre terrestre en Asie, vouée à devenir contre-productive. Le président Kennedy a ainsi arrêté la marche militaire au Vietnam, mais son assassinat entraîna son successeur, sous le coup de la terreur, à se plier à la mise en scène du Golfe du Tonkin. La nation la plus puissante du monde fut ainsi poussée à sa propre destruction.

La folie de Barack Obama dans sa stratégie en Asie du Sud-Ouest, est typique des Présidents dupés par ces généraux dont la propension inconsidérée à faire la guerre précipite de nombreuses nations dans le piège de conflits terrestres prolongés en Asie. L’initiative britannique, comme celle aujourd’hui lancée dans l’Ouest asiatique, est typique de la manière dont on amorce sans cesse les pièges destinés à des Américains crédules.

La raison pour laquelle je soulève ici et maintenant une question si particulière, c’est que fréquemment, dans ces situations, la folie des responsables américains est due à leur totale ignorance du sens de l’histoire réelle. Lorsqu’elle est exploitée par notre ennemi principal et permanent, l’Empire britannique, ce genre de faiblesse intellectuelle et morale conduit nos dirigeants à se comporter de manière tout à fait stupide ou même pire, simplement parce qu’ils n’ont aucun sens compétent de ce que signifie le mot « histoire ».

C’est cette stupidité potentiellement fatale de nos dirigeants dans l’exercice de leurs fonctions qui doit être dénoncée comme la principale source de danger, due à leur ignorance invétérée de l’objet même de l’histoire. De tels dirigeants, souvent très qualifiés à bien d’autres égards, sont à peu près aussi intelligents en matière de stratégie historique qu’un citoyen éberlué qui se fait faire les poches par le maquereau ou la putain du coin (pas forcément une Britannique), alors qu’une danseuse à moitié nue captive son attention en se tortillant sur la scène du music-hall.

C’est ce que j’essaye à grand-peine de clarifier à ce stade de mon exposé. L’art véritable de la conquête n’est pas de gagner des guerres, mais d’agir sur leurs causes et leurs conséquences. Dans ce domaine, la parfaite dupe est comme ce travailleur qui vient de toucher sa paye et qui, au lieu de rentrer chez lui, s’arrête au premier bistrot ou tripot venu, promettant à sa famille une nouvelle semaine de pauvreté. C’est en cela que l’Empire britannique s’est montré généralement plus intelligent que les puissances devenues ses victimes, en les attirant dans la salle de jeu sur le chemin de leur maison, semaine après semaine. L’ayant compris, l’ex-chancelier Bismarck avertit un commandement allemand imbécile que la prochaine guerre, organisée par la Grande-Bretagne, serait une « nouvelle Guerre de Sept ans ». Franklin Roosevelt déjoua, quant à lui, le piège et nous mena à la victoire dans cette inévitable guerre ; mais cet idiot de Truman et ses amis réussirent à la perdre, sur le chemin de la maison, devenant par la suite une sorte de colonie de l’Empire britannique.

Comme le montre l’histoire de l’Asie du Sud-Ouest depuis la fin de la Première Guerre mondiale, et même à l’époque où l’Empire britannique déployait ses « Jeunes turcs » afin de prendre le contrôle de l’Empire ottoman (c’était sans compter sur Atatürk), toute l’histoire du « Moyen-Orient » et de cette région fut le théâtre du jeu de Sykes-Picot, dans lequel les marionnettes arabes et israéliennes s’entretuent sur ordre britannique. Comme des gladiateurs, les protagonistes meurent dans l’arène pour la convenance et le plaisir de l’Empire britannique, et ce, pratiquement chaque jour depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

La guerre en Afghanistan ne fait pas exception à cette règle du jeu britannique.

Comme à leur habitude depuis les années 1790, les Britanniques gèrent la plus grande partie du trafic mondial de drogue, non seulement dans l’intérêt financier de l’Empire lui-même, mais aussi pour avilir le corps et l’esprit des populations entières qu’il vise, comme il le fit à l’encontre de la Chine au XIXe siècle. Et cela continue encore aujourd’hui, à l’échelle du monde.

Les opérations américaines en Afghanistan sont un cas d’école. Alors que les Britanniques gèrent la production d’opium dans les zones qu’ils contrôlent militairement, les responsables américains et d’autres pays sont pris au piège du conflit dans lequel ils se sont laissés entraîner, non seulement pour le plus grand profit de l’Empire britannique, mais surtout au détriment de son rival haï, nos Etats-Unis d’Amérique, qu’il regarde saigner et se saigner depuis un demi-siècle dans ces guerres terrestres en Asie. Pendant ce temps, certains dirigeants américains importants, mais néanmoins stupides, considèrent l’Empire britannique comme « notre plus proche et plus cher allié ».

Et vous prétendez encore comprendre l’histoire, ou l’économie !

Qui devons-nous alors combattre ?

II. La victoire vous attend sur Mars

Contrairement aux animaux qui occupent la Biosphère, les spécimens sains d’êtres humains se distinguent des formes de vie relativement inférieures par leur capacité de créer (à distinguer de la simple « intelligence »), qualité qui leur est unique.

A propos d’intelligence, le sens de la vie humaine ne se trouve pas dans ses accomplissements du passé, mais dans la place que l’on se donne dans l’avenir de l’humanité.

Voyez plutôt cet exemple concret pour comprendre ce que je m’efforce de communiquer :

Il y a quelques dizaines d’années, alors que je faisais un peu de « contre-renseignement » au sujet des piètres résultats fréquemment constatés chez un grand nombre de consultants, pourtant brillants dans leurs études, j’ai élaboré un test écrit. Le mot qui en résumerait le mieux le résultat est « bingo ! »

Un pourcentage relativement élevé de ceux qui avaient des CV impressionnants se révélaient fort peu efficaces lorsqu’on leur confiait une mission dont le but était de résoudre un problème inextricable du genre de celui que décrit « La lettre volée » d’Edgar Allan Poe.

J’ai retiré d’importants avantages personnels en cherchant à résoudre ce genre de mystère.

Ce que je cherchais m’apparut plus clairement après-coup, avec l’étude du docteur Lawrence Kubie sur les défaillances des diplômés les plus qualifiés au sortir de leurs études. [6] Cela m’a permis de réellement saisir la nature de leur échec. L’image qui vient à l’esprit est celle de poissons très instruits qui se noient dès qu’on les jette à l’eau.

Dans les années et les décennies qui suivirent, je fus sans cesse confronté à ce type de défaillance intellectuelle des personnes théoriquement les plus qualifiées (que ce soit sur le papier ou de par leur réputation), et je me suis rendu compte que la cause de leur échec sur le terrain venait précisément des prétendus avantages attachés à leurs diplômes. En réalité, ils s’étaient entraînés si dur pour réussir que les apparences avaient fini par remplacer la réalité, au point qu’ils s’avéraient incapables de combattre, une fois sur le « champ de bataille ». Un autre texte de Kubie publié dans Daedalus [7] sur ce qu’il avait identifié précédemment comme la distorsion névrotique du processus créatif, montre que son approche générale de la névrose convient parfaitement à la question particulière des défaillances dans le domaine de la créativité scientifique.

Si la défaillance des brillants diplômés est un phénomène légendaire, il reste généralement incompris du point de vue scientifique. Chez les envieux, l’usage courant, populaire mais galvaudé, du terme « pratique » les pousse à traiter indifféremment de pédants aussi bien l’âne pompeux que le grand scientifique.

A ce sujet, nous ne devons pas sous-estimer le rôle qu’a joué l’introduction des critères de l’« université de masse » après la Deuxième Guerre mondiale, se substituant aux programmes d’avant-guerre dans les domaines de la science et des études classiques. L’enseignement dans des amphithéâtres géants et l’introduction d’exercices pratiques dans des salles de cours tout aussi surdimensionnées favorisèrent cette évolution négative. L’idée de « têtebien pleine » plutôt que « bien faite » se substitua au plaisir d’expérimenter en soi-même la créativité comme élément motivant de l’éducation. La proportion de fraudes absolues parmi les prétendus spécialistes du monde universitaire ou d’ailleurs, est non seulement très grande, mais n’a fait qu’augmenter à une vitesse croissante depuis l’entrée dans la vie active des étudiants « soixante-huitards » et de la nouvelle génération de dupes « du style Laputa » qu’ils ont enrôlée.

Le genre de défaillances que j’ai souligné dans les paragraphes précédents n’était pas d’ordre intellectuel, au sens formellement universitaire du terme, mais bien plutôt d’ordre moral.

Ceci étant dit, cette forme de troubles peut s’appliquer au cas des personnes dont le but dans la vie est de « se faire une place au soleil », tant socialement que financièrement, plutôt que d’utiliser leur existence mortelle au bénéfice de l’humanité.

Là-haut, dans l’espace

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Dès lors que l’on introduit dans l’usage humain des technologies d’une densité de flux d’énergie plus élevée, et même si le produit de cet effort est destiné à un usage extra-terrestre, il a pour effet d’accroître les niveaux de productivité et de vie de la population terrestre présente et future.

Gardez en tête le cas hypothétique de nos préparatifs pour lancer notre programme de vols habités aller-retour entre l’orbite terrestre et l’orbite martienne. Pour certains, cela pourrait évoquer un spectateur se préparant à acclamer le grand événement sportif de l’année prochaine. Mais dès lors que l’on introduit dans l’usage humain ce genre de technologies (relevant d’une densité de flux d’énergie plus élevée par tête et par kilomètre carré) et même si le produit de cet effort est destiné à un usage extra-terrestre, il a pour effet d’accroître les niveaux de productivité et de vie (de manière néguentropique) de la population terrestre présente et future.

Nous avons vécu une expérience similaire aux Etats-Unis pendant la Deuxième Guerre mondiale. La guerre exigeait que l’on accroisse le niveau de productivité physique par tête et par kilomètre carré, et à la fin du conflit, il dépassait tout ce que l’on avait imaginé jusqu’alors. Cependant, dans les années qui suivirent, sous la présidence Truman, nous avons en grande partie réduit et même détruit ce potentiel, et en peu de temps. Evidemment, le gain que nous en avions tiré en temps de guerre était bien moindre que ce que l’on aurait pu accomplir dans les décennies d’après-guerre, si nous n’avions pas gâché ou abandonné toute cette connaissance du potentiel productif des hautes technologies les plus avancées, exprimé en termes de rendements plus élevés et de croissance plus forte. L’impact de ce potentiel, par tête et par kilomètre carré, aurait alors pu être mesuré dans un effort de réinvestissement.

Si l’on avait poursuivi la politique de Franklin Roosevelt après-guerre, nous aurions libéré ce que l’oligarchie britannique revendiquait comme « son empire », suivant l’expression exacte utilisée par Winston Churchill pendant la guerre. Sitôt Roosevelt décédé, Truman et Churchill agirent de concert avec son adversaire John Maynard Keynes, afin de mettre un terme aux réformes anti-impérialistes qu’il souhaitait pour le monde d’après-guerre.

« Mais, s’exclameront certains, nous devions nous prémunir contre la menace soviétique ! » Foutaises ! L’Union soviétique n’était en aucun cas une menace pour notre sécurité nationale avant que Truman et le néfaste Bertrand Russell ne supplantent Franklin Roosevelt ! A ce moment-là, les Etats-Unis détenaient la plus grande force au monde, mis à part les intérêts anglo-hollandais, qui avaient eux-mêmes porté Mussolini et Hitler au pouvoir, avant que les Britanniques ne réalisent, en 1940, qu’il y avait fort à craindre des conséquences de leur propre geste.

Après la Deuxième Guerre mondiale, les Britanniques prirent l’habitude de vouloir causer la ruine des Etats-Unis. En divisant l’Allemagne en deux entités opposées et en fomentant perpétuellement des guerres terrestres en Asie, l’Empire britannique regagna sa puissance à nos dépens, nous induisant à causer notre propre ruine en nous portant à déclencher des guerres que nous avions pourtant déjà, loyalement et honnêtement, gagnées. C’est ainsi que, sur ordre britannique, nous avons nous-mêmes créé de nouvelles guerres que nous avions déjà gagnées, nous faisant de nouveaux ennemis de ceux qui étaient pourtant prêts, jusque-là, à devenir nos partenaires dans l’instauration d’un ordre mondial post-impérialiste.

Néanmoins, ce ne sont pas seulement les influences britanniques qui nous ont induits à nous créer de nouveaux ennemis. A la mort de Joseph Staline (un admirateur de Franklin Roosevelt), Nikita Khrouchtchev s’entendit avec Bertrand Russell, celui-là même qui avait été le grand défenseur de la doctrine d’« attaque nucléaire préventive » contre l’Union soviétique, pour créer un « gouvernement mondial ». Je dois dire que mon expérience avec Youri Andropov et Gorbatchev, dans les années 1980, révéla chez eux la même tendance. A l’opposé, le cœur du développement soviétique d’après-guerre reposa sur le rôle de l’Académie des sciences, s’inspirant d’individus exceptionnels dont le plus éminent est Vladimir I. Vernadski.

Ce que je dis ici n’est pas spéculatif, mais scientifique.

Au temps d’Archytas et de Platon, lorsque le principe de dynamis régnait sur la science et le savoir-faire dispensés à l’Académie platonicienne, puis au temps de Gottfried Leibniz, lorsqu’il identifia dans les années 1690 le principe de dynamique, l’organisation conceptuelle de la société dépendait, dans sa composition, de ce que soulève Percy Bysshe Shelley dans la conclusion de En défense de la poésie, levant le voile sur les forces mystérieuses qui régissent « l’opinion publique » (et non « pubique »), suivant la qualité spécifique de culture dominante, déterminée soit par la science et l’art classiques dans la tradition platonicienne, soit par les perversions de la tradition d’Apollon et de Dionysos.

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La clé du progrès humain se situe dans la relation entre la science véritable et la composition artistique classique et son interprétation.

Comme Shelley l’a montré avec la notion de dynamique chez un « grand peuple » à un moment culturel et historique donné, c’est la direction que nous donnons au développement de la société qui tend à déterminer les passions d’un peuple pour l’amener à servir la grandeur ou le mal. C’est sur les tendances que prennent ces passions que les véritables hommes d’Etat et les poètes s’appuient pour façonner la partie supérieure de la volonté dynamique d’une société. Ainsi, les grands hommes d’Etat sont parfois capables de transformer un ennemi en allié, ou inversement, comme en témoigne le cas de Churchill et de sa dupe Truman.

L’Empire britannique cherche donc à nous détruire, non pas par une guerre directe sur notre territoire, mais par la corruption, en nous induisant à devenir stupides et faibles. C’est sous cette influence que certains voient en l’Empire britannique « notre plus proche et cher allié », au moment où il est sur le point de réussir à nous faire nous autodétruire.

L’excitation naissante pour un projet-vecteur prioritaire Lune-Mars est aujourd’hui la plus puissante des forces latentes pouvant amener les gens à vouloir le bien.

L’on trouve un autre exemple de résistance à l’usage britannique de ses supplétifs américains dans l’histoire de notre esprit pionnier, tel qu’il se concrétisera dans l’agriculture et les grands projets d’infrastructure. Les Etats-Unis, sous la présidence de Lincoln, Grant et plus tard Franklin Roosevelt, incarnent cet esprit.

Les améliorations que l’individu peut apporter dans la productivité et la richesse sont l’expression de la différence essentielle entre l’homme et la bête, ce sont elles qui façonne le caractère moral d’une nation. Il existe aussi, précisons-le, une politique contraire, qui ne va pas sans un effet moral destructeur.

Je ne fais pas ici de « promotion des avantages ». Ce n’est pas la recherche d’une récompense qui stimule le membre d’une société, mais le « gain psychologique » qu’il tire d’avoir participé à un progrès de la société, qui se mesure en richesse par tête et par kilomètre carré. Il ne s’agit donc pas d’agiter une espèce de « carotte », puisque c’est à l’accomplissement du sens de sa valeur intrinsèque qu’un individu humain juge si sa vie vaut la peine d’être vécue. C’est la différence entre se concevoir soi-même comme du bétail espérant être mieux nourri, ou ne pas se concevoir comme tel.

Comme nous vieillissons tous chaque jour, la question à se poser, particulièrement à l’approche du crépuscule de sa vie, est celle que posait ce fameux dessin d’Abner Dean paru dans un numéro du New Yorker il y a des décennies : « Quel était le but de tout cela ? »

« La simultanéité de l’éternité »

Comme je l’ai souligné dans La science de l’économie physique, lorsque l’on considère la spécificité de la personnalité de « type B », c’est-à-dire ce qui distingue un être humain accompli d’un animal, nous avons une compréhension beaucoup plus pénétrante de ce que signifie le terme « immortalité », cette « simultanéité de l’éternité » exprimée de manière unique par les potentiels créatifs de l’esprit humain qui distinguent les membres de la Noosphère des simples animaux, plantes et créatures d’apparence humaine que l’on trouve au fin fond de la « Silicon Valley ».

Cette distinction essentielle place l’identité de la vie mentale de l’individu humain dans les fonctions de ces pouvoirs implicitement conscients de la créativité propre à sa nature d’individu humain. Telle est la définition correcte de « l’âme immortelle ». Et cela a un sens physique précis, comme on le voit dans la découverte du principe de gravitation universelle par Johannes Kepler, telle qu’elle est exposée dans son livre L’harmonie du monde, puis dans l’enrichissement que lui apporta Albert Einstein dans sa signification fondamentale.

Encore une fois, cette notion de caractéristique ontologique des qualités découvrables concernant les principes physiques universels efficients est le fait que, dans son activité, l’individu humain outrepasse les limites de son existence mortelle d’autochtone de la biosphère. Cette double caractéristique de l’âme humaine immortelle est démontrée par les preuves physiques de la relation paradoxale entre la perception sensorielle et la connaissance des principes physiques efficients de l’univers. Cette relation parfaitement efficiente est évidemment totalement inconnue des dévots fanatiques du libéralisme britannique.

Par exemple, si nous tentons, pour ainsi dire, de « démonter » l’histoire du développement des idées de principe efficient desquelles dépend toute découverte de nouveau principe physique universel, expérimentalement validée, nous sommes obligés de remonter à des temps très reculés de l’existence humaine. De la même manière, ce que nous pourrions ajouter au stock de ces principes nous survit en tant qu’expression de notre existence efficiente dans les générations à venir de lointains futurs.

Ainsi, l’intérêt fondamental de la forme incarnée de l’existence humaine ne réside pas principalement dans les limites de la chair de l’être mortel, mais dans ce que les théologiens les plus perceptifs reconnaissent comme étant l’appartenance de la personnalité humaine efficiente à un domaine de « simultanéité de l’éternité ».

Philon d’Alexandrie aurait sans aucun doute été d’accord avec cette notion du caractère efficient de ce domaine de « simultanéité de l’éternité », pouvoir infini de la créativité du Créateur et des êtres faits à son image, comme le souligne la Genèse 1. C’est la vision de l’humanité qu’ont exprimée tous les esprits humains véritablement créatifs comme les apôtres chrétiens Paul et Jean, ou Philon d’Alexandrie.

Lorsqu’en vérité ils concernent des principes, les actes de l’homme envers l’humanité doivent nécessairement porter au-delà de l’étendue mortelle de la vie d’une personne. Notre destinée est ce que nous sommes obligés de faire pour que l’univers que nous habitons puisse devenir ce qu’il doit être. C’est la nature de cette « poursuite du bonheur » qu’évoque la Déclaration d’indépendance américaine, après l’avoir reprise chez Leibniz. C’est ce qui s’exprime dans les moments conceptuels les plus passionnés des travaux d’Albert Einstein, ou dans les grandes leçons spirituelles des deux premiers paragraphes et de la dernière phrase de la thèse de doctorat de Bernhard Riemann.

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Aller sur Mars : une mission qui sera la source de notre joie inscrite dans le travail ainsi offert aux générations futures de ce siècle.

C’est précisément cette qualité de passion que nous devrions susciter en nous-mêmes, non seulement pour le bien des générations à venir, mais aussi pour réaliser l’intention de ceux qui sont morts avant nous. La véritable science n’est pas l’ambition, mais la joie du dévouement envers une mission assignée à l’homme dans notre univers. C’est cet esprit de mission qui donne la force de mener à bien le grand défi qui nous attend dans le système solaire ; une mission qui sera la source de notre joie inscrite dans le travail ainsi offert aux générations futures de ce siècle.

Alors, en route vers Mars !

Pour conclure : le droit constitutionnel

Je vois déjà venir les objections majeures aux mesures que je viens de présenter pour sauver les économies du monde d’un effondrement général. Je consacrerai cet épilogue à traiter les obstacles que représente ce genre d’objection, en visant surtout les deux d’entre elles qui paraissent le moins contestables.

Examinons maintenant ces deux principales objections de caractère systémique, que nous pourrions voir opposées au principe sous-jacent à ma présentation des remèdes constitutionnels à la délicate situation de notre république et du monde, et que nous devons donc anticiper.

Pour délimiter le champ dans lequel l’argumentation doit être soutenue, nous devons définir trois grandes catégories philosophiques qui prévalent depuis l’antiquité, à travers le Moyen-âge et jusqu’à l’époque moderne, dans les coutumes de la civilisation européenne étendue au niveau mondial.

La première peut être associée à la « tradition platonicienne moderne ». En termes de principe général, les deux traditions contraires ayant une pertinence systémique par rapport à l’argumentation qui nous intéresse, sont l’ancien dogme aristotélicien, qui s’exprime aussi dans la géométrie aprioriste euclidienne, et l’idéologie empiriste moderne connue sous le nom de « libéralisme » philosophique, qui remonte à l’influence grandissante de Paolo Sarpi dans la civilisation européenne moderne étendue au niveau mondial.

Il est crucial de saisir les implications pratiques des différences systémiques entre ces trois systèmes, si l’on veut comprendre les arguments implicitement frauduleux que l’on doit s’attendre à voir présentés par les défenseurs des deux derniers : il s’agit de notions qui s’opposent mutuellement et de façon systémique à ce que l’on doit supposer être implicitement des formes rationnelles de systèmes juridiques et scientifiques universels.

Le cas approprié ici présenté sera probablement plus clair si les arguments et leurs conclusions sont présentés dans l’ordre suivant.

Par rapport à ces trois catégories pouvant être considérées comme pertinentes pour les civilisations actuelles, le point de vue que j’ai personnellement adopté est celui exprimé, dans sa forme la plus moderne, par le cardinal Nicolas de Cues [8], qui est à l’origine des découvertes effectuées dans la science moderne par les Luca Pacioli, Léonard de Vinci, Johannes Kepler, Pierre de Fermat, Christian Huygens, Gottfried Leibniz et ses disciples du XVIIIe siècle comme Abraham Kästner, Gotthold Lessing, Moses Mendelssohn, Friedrich Schiller, Percy Bysshe Shelley, les cercles de l’Ecole polytechnique de la France de Gaspard Monge et Lazare Carnot, et les Carl Gauss, Bernhard Riemann et ses disciples comme Albert Einstein et Vladimir I. Vernadski.

Cette tradition est à distinguer de cas comme Karl Weierstrass, rival et opposant systématique de Riemann, qui contribua à la faiblesse qui s’est développée chez Georg Cantor. Sauvagement persécuté depuis la publication de son Grundlagen, ce dernier finit par être brisé. Weierstrass contribua également à créer le courant positiviste de Ernst Mach et David Hilbert (bien distinct de la variété absolument dépravée de positivisme associée, pour parler en termes mathématiques, à cet être infiniment répugnant qu’était Bertrand Russell et à sa suite).

Les adversaires les plus notables de l’école classique de Platon et de ses disciples anciens et modernes furent principalement de deux types : d’abord les aristotéliciens, associés aux prémisses frauduleuses de l’apriorisme réductionniste d’Euclide et de son exploitation des découvertes des géomètres grecs, dans ses Eléments, puis la curieuse ressuscitation par Paolo Sarpi de l’irrationalisme médiéval de Guillaume d’Occam, dont le système est par ailleurs associé à l’irrationalisme moderne du cartésianisme et du libéralisme anglo-hollandais, qui est le fondement du système impérialiste libéral anglo-hollandais, auquel on doit le dogme du monétarisme moderne.

Voici les points essentiels de distinction.

Dans la science physique moderne

Voyez la lecture qu’a faite Einstein des implications de la découverte par Kepler d’une loi générale de la gravitation, et comment il a pu l’enrichir en lisant de très près le compte-rendu qu’en a fait Kepler lui-même dans son Harmonie du monde. Einstein attire directement notre attention sur ces deux systèmes de croyance opposés évoqués plus haut : celui hérité des pythagoriciens et de Platon et le système opposé d’Aristote et de son disciple Euclide.

Vient ensuite le troisième système, celui des irrationalistes représentés par Sarpi, Galilée et leurs disciples empiristes. Mais concentrons-nous pour l’instant sur l’opposition systémique entre Platon et Aristote.

La distinction de fond entre ces deux derniers se retrouve dans ce que Kepler définit lui-même à plusieurs reprises comme celle de deux systèmes de science physique s’excluant mutuellement. L’argumentation classique concernant l’opposition entre les perspectives platonicienne et aristotélicienne (euclidienne) a été judicieusement résumée par Philon d’Alexandrie. Elle peut être sommairement présentée comme suit :

Philon mit en garde les juifs de son époque, contemporains des apôtres chrétiens, contre les arguments frauduleux ouvertement avancés par un représentant de l’influence du Culte de Delphes, Aristote. Il l’attaqua pour sa notion selon laquelle, une fois l’univers créé, le Créateur n’aurait plus lui-même la faculté de le changer.

Cet argument fallacieux a ensuite été repris par Friedrich Nietzsche et son « Dieu est mort » [9]. De son côté, Euclide a recopié dans ses Eléments les solutions des géomètres grecs qui l’avaient précédé, mais en y ajoutant ses propres suppositions a priori, inspirées d’Aristote. Il y a autour de cette question un enjeu de physique mathématique, tel que le reflète l’échec du positiviste David Hilbert dans sa tentative de compléter la résolution des suppositions non prouvées des mathématiques du XIXe siècle, en particulier dans sa sixième proposition [10], qui va au cœur de ce que Philon dénonce dans la pensée théologique des aristotéliciens.

Pour énoncer clairement les implications de ce que j’affirme : Albert Einstein avait compris la plus importante des deux conclusions de Kepler prouvant le principe de gravitation universelle à l’œuvre dans le système solaire, tel qu’il le développe de façon complète dans son Harmonie. Einstein présenta les implications supérieures de la découverte unique de Kepler : l’univers est fini, mais non pas défini par des limites extérieures fixes. En clair, pour reprendre l’expression des platoniciens modernes : l’univers est un processus autolimité de création anti-entropique continue.

L’attaque contre Nicolas de Cues

Le système libéral moderne de Paolo Sarpi et de ses disciples est légèrement plus compliqué.

La racine de la campagne de Sarpi en faveur de ce qui devint le libéralisme britannique moderne apparaît comme un sous-produit du conflit entre l’aristotélisme d’origine et la volonté de ramener l’Europe à la folie de l’aristotélisme médiéval, mais cette fois, sous la forme d’un néo-aristotélisme européen moderne.

L’émergence de l’Etat-nation moderne en Europe, essentiellement autour des initiatives de Nicolas de Cues, engendra une réaction politique menée par les intérêts impériaux habsbourgeois. On voit cette réaction à l’œuvre dans les attaques portées contre la France de Louis XI, qui fut le premier Etat-nation souverain, ainsi que contre ceux qui reprirent cet héritage, comme le roi Henry VII d’Angleterre. Cette offensive pour bloquer la propagation de l’Etat-nation européen moderne et son vecteur scientifique s’exprime dans le déploiement par l’oligarchie monétariste vénitienne de son principal espion, Francesco Zorzi, alias « Giorgi », en Angleterre, afin de briser les accords de paix existant entre la France, l’Espagne et l’Angleterre elle-même.

Dans ce contexte, Zorzi fit en sorte de devenir le conseiller matrimonial d’Henry VIII et apporta un précieux soutien au cardinal Pole, un Plantagenêt prétendant à la couronne anglaise, et à un autre agent vénitien, Thomas Cromwell, premier comte d’Essex [11]. La conséquence immédiate de cette opération conduite par le vénitien Zorzi et ses séides, fut de provoquer un conflit militaire entre les monarchies anglaise, espagnole et française, qui jusque-là entretenaient une politique de paix mutuelle. Vint ensuite l’Inquisition espagnole menée par Torquemada et compagnie, d’abord dans un cadre dynastique, mais qui conduisit à ce que les historiens contemporains estiment être la destruction de toute la civilisation européenne par des guerres de religion quasi-permanentes entre 1492 et 1648.

C’est à l’issue de cette période, marquée par la digestion impériale habsbourgeoise de la dynastie Trastamare de Sicile et d’Espagne, que Paolo Sarpi et son culte irrationaliste du libéralisme entamèrent leur ascension jusqu’à devenir le facteur impérial dominant le monde monétariste actuel.

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Au XVIIe siècle, l’intervention de Mazarin et de son protégé Colbert, mit fin aux guerres de religion et suscita à partir de la France l’explosion du progrès scientifique et économique.

Cependant, dans le même temps, les tentatives de mettre fin à la tyrannie des guerres de religion portèrent (temporairement) leurs fruits avec l’intervention du cardinal Mazarin et de son protégé, le grand Jean-Baptiste Colbert. Le résultat en fut la Paix de Westphalie de 1648, qui suscita à partir de la France l’explosion du progrès scientifique et économique, sous la houlette de Colbert.

C’est là qu’intervint l’abbé Antonio Conti, l’agent vénitien qui manipula Voltaire et joua un rôle crucial dans l’offensive visant à éradiquer la science en Europe, en utilisant un imposteur scientifique notoire, par ailleurs grand expert en magie noire, Isaac Newton. Ces opérations menées par les héritiers de Sarpi culminèrent avec la guerre de Sept ans, qui aboutit à la création d’un empire privé aux mains de la Compagnie britannique des Indes orientales de Lord Shelburne et à la relative hégémonie mondiale, jusqu’à ce jour, de la pseudoscience empiriste de Paolo Sarpi.

L’Empire monétariste britannique que nous voyons aujourd’hui à l’œuvre et l’empirisme anglo-hollandais libéral contemporain sont le fruit de la tournure des événements entre 1492 et 2009, à la fois dans l’histoire des avancées impérialistes et de la science européenne.

Sarpi contre Machiavel

Pour comprendre ce qui mena, sous les auspices de Paolo Sarpi, au basculement d’Aristote à la doctrine occamiste, nous devons reconnaître le rôle fondamental des travaux de Nicolas Machiavel en défense de la cause républicaine, reçue en héritage de Léonard de Vinci, lui-même disciple déclaré de Nicolas de Cues.

L’émergence du système mondial monétariste à direction britannique qui menace de nous plonger aujourd’hui dans un nouvel âge des ténèbres, est le fruit du conflit qui oppose depuis le XVe siècle la tradition du Concile de Florence, de Filippo Brunelleschi et du cardinal de Cues, à la faction médiévaliste monétariste vénitienne. Le rôle de la tradition scientifique associée le plus fondamentalement à Cues est ainsi devenu l’enjeu stratégique majeur définissant le cours de l’histoire depuis le Concile de Florence jusqu’à nos jours. Le point de rupture de ce conflit intervint avec l’écrasement de la République florentine ; le rôle de Machiavel, un des dirigeants apparemment secondaires de cette République, est encore sujet à de vastes calomnies, à la hauteur du rôle historique réel qu’il a joué à un moment clé pour la civilisation européenne.

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Niccolo Machiavelli (1469-1527) Probablement l’auteur classique le plus lu aujourd’hui mais également le moins compris. Ceux qui croient encore que le machiavélisme est l’art de la manipulation sont probablement manipulés par leur propre ignorance de l’histoire.

Se référer à Machiavel est ce qui permet de comprendre le plus efficacement cette période qui s’étend de 1492 à la paix de Westphalie de1648, car il définit une part essentielle des fondements de la stratégie militaire et des missions tactiques des républiques modernes. Les aspects fondamentaux de son rôle se situent dans sa compréhension de l’effet du progrès de la science physique sur les changements de stratégie et de tactique. Ce sont ces changements auxquels ont eu recours les premiers Louis XI et Henry VII, avec des conséquences beaucoup plus significatives. C’est l’incompétence inhérente à la vision culturelle et philosophique de la faction des Habsbourg, moralement inférieure, lorsqu’elle s’est trouvée confrontée à l’impact des travaux de Cues et de ses successeurs, qui conduisit à la grande crise stratégique issue du Concile de Trente (1545-1563). Les cercles d’influence représentés par Paolo Sarpi exploitèrent ensuite à leur propre compte les travaux de ce Concile, afin de créer une étrange variante du dogme aristotélicien, fondée sur le précédent médiéval de Guillaume d’Occam.

Pour mieux saisir la portée de ces questions stratégiques de l’époque, l’on peut procéder à une légitime comparaison avec la crise posée par le développement de l’armement nucléaire et thermonucléaire depuis 1945.

L’émergence de la civilisation européenne hors du nouvel âge des ténèbres du XIVe siècle n’avait pas fait qu’affaiblir temporairement la puissance monétariste de l’oligarchie vénitienne. Le bourgeonnement culturel et économique né des conciles du XVe siècle avait créé les conditions pour qu’aient lieu le grand Concile oecuménique de Florence, suscitant les découvertes scientifiques révolutionnaires de Filippo Brunelleschi et la création d’une science européenne et d’un art de gouverner modernes, avec l’impact des deux œuvres essentielles de Nicolas de Cues : Concordancia Catholica (la Concordance catholique, sur l’Etat-nation souverain moderne) et De Docta Ignorantia (De la docte ignorance, sur les principes constituant les fondements révolutionnaires de la science universelle moderne).

Les progrès de la science physique, associés à l’art nouveau de gouverner de Louis XI et à la tentative frustrée de la République de Florence, déclenchèrent dans la civilisation européenne du XVe siècle et bien au-delà, une impulsion qui s’exprime le plus clairement dans cette alliance momentanée de nations que fut la « Ligue de neutralité armée », dont l’efficacité contre l’Empire britannique permit l’établissement, au XVIIIe siècle, d’une république constitutionnelle d’un genre nouveau, les Etats-Unis d’Amérique.

Depuis, (mais seuls les véritables patriotes américains le comprennent réellement) le principal objectif stratégique à long terme de l’Empire britannique est de détruire les Etats-Unis.

Ainsi, les guerres de religion de 1492-1648 ont démarré, dès le premier voyage transatlantique de Christophe Colomb, à partir du conflit entre deux héritages culturels : la tradition républicaine platonicienne et la tradition monétariste-oligarchique aristotélicienne. La faction platonicienne insurgée avait l’avantage stratégique inné de sa tradition culturelle classique attachée au génie créatif en art et en science, facteur qui tend à conférer une supériorité stratégique durable sur les institutions pro-aristotéliciennes dominantes, affaiblies par leur conception d’un pouvoir physique à l’état brut. La nature de cette marge de manœuvre de la cause républicaine, bien que plus faible quantitativement, créa les conditions de la crise stratégique que reflète le fameux Concile de Trente (1545-1563).

L’enjeu déterminant était l’opposition entre Platon et Aristote : un conflit entre le progrès scientifique fondamental et l’image philosophique du duo néo-olympien Zeus-Aristote. C’est l’avantage moral procuré par l’engagement du Concile de Florence en faveur de la science et du progrès en général qui permit au camp républicain de mener son combat innovateur pour la liberté humaine. L’élément ironique de cette période était la démesure des moyens employés par la cause pro-aristotélicienne contre la supériorité scientifique et morale inhérente au camp républicain, qui devait affronter la puissance des forces oligarchiques associées au pouvoir impérial de l’Empire habsbourgeois.

Ainsi, Machiavel, qui n’était plus libre de sa parole suite à son rôle dans la République florentine, utilisa sa créativité et sa plume pour faire trembler la cause de l’oligarchie au cours du XVIe siècle et même après sa mort, lorsqu’il fut gratifié d’un statut d’exception dans la science militaire européenne moderne.

Face à l’impact du défi lancé à la cause oligarchique par Machiavel, la stratégie de Paolo Sarpi devint alors cruciale dans la bataille interne qui opposait, au sein du camp oligarchique, la cause des « modernes » à celle des tenants de l’Empire habsbourgeois traditionnel. Sarpi et ses adeptes prirent à la fois position contre la science classique des partisans du cardinal Nicolas de Cues et contre la faction aristotélicienne de l’oligarchie habsbourgeoise.

D’un côté, Sarpi défendait une version réformée de la pensée oligarchique, qui admettait l’innovation technologique, mais de l’autre, tout comme la faction habsbourgeoise, il travaillait d’arrache-pied à supprimer le principe même de progrès scientifique. Le travail de Sarpi contre le principe platonicien de science finit par faire naître ce que l’on appelle l’indifférentisme moral du comportementalisme moderne, cette forme de barbarie connue sous le nom de libéralisme philosophique anglo-hollandais promu par René Descartes, l’abbé Antonio Conti, Voltaire, etc.

L’impasse à laquelle avait abouti le combat entre factions oligarchiques sur le sol européen, ainsi que la capture au XVIIe siècle de l’Angleterre, des Pays-Bas et des colonies ibéro-américaines par le libéralisme occamien, ne laissa à la cause du progrès républicain qu’un seul choix : suivre la Mayflower Company, la colonie de la Baie du Massachusetts, et se rallier à ce qui allait devenir la « nouvelle faction machiavélienne », représentée par Benjamin Franklin, afin de développer un véritable Etat-nation républicain en Amérique du Nord. Cet Etat-nation porta en lui les accomplissements culturels de l’Europe, tout en se débarrassant de la soumission à la corruption des traditions oligarchiques européennes.

Une fois prise en compte cette histoire de la civilisation européenne des XVIe et XVIIIe siècles, le véritable sens du rôle joué par Machiavel dans les origines de la stratégie militaire républicaine moderne, ainsi que par les amis de Friedrich Schiller dans le domaine des projets scientifiques et d’ingénierie, se trouve alors clairement identifié dans toute sa portée stratégique.

Science contre trucage

L’essence du mal représenté par les occamiens qu’étaient Paolo Sarpi, son laquais Galilée et leur successeur l’abbé Antonio Conti, réside dans le rôle qu’ils commencèrent à jouer en recourant à la fraude de ce qui allait devenir l’empirisme libéral anglo-hollandais. A la différence de leurs pitoyables rivaux qu’étaient les aristotéliciens, les libéraux pouvaient prétendre utiliser les produits de la véritable science, qu’ils ont largement contrefaite, afin de prendre le dessus. Ils doublèrent les aristotéliciens en plagiant les découvertes des héritiers de Nicolas de Cues, revendiquant sans vergogne, par exemple, la découverte du principe de gravitation, du calcul infinitésimal, et toute une série d’autres découvertes réalisées par les tenants de la tradition de Cues et Brunelleschi. Tout en les étouffant, ils clamaient malgré tout leur droit de priorité sur les principes qu’ils avaient délibérément contrefaits. C’est ainsi qu’ils concoctèrent une fraude qu’ils nommèrent « science ».

Au final, le mal causé par les adeptes de Sarpi, Galilée et Conti ne diffère en rien de celui dont se rendait coupable le Zeus olympien du Prométhée enchaîné d’Eschyle. Les adeptes de Sarpi et d’Aristote ont en commun ce contre quoi Philon d’Alexandrie s’élevait dans ses attaques contre la fraude satanique de la philosophie aristotélicienne, incarnée dans les postulats a priori des Eléments d’Euclide.

En effet, comme en attestent les politiques du World Wildlife Fund du Prince Philip, les manoeuvres des libéraux anglo-hollandais pour promouvoir une version perverse du progrès scientifique s’arrêtent lorsque les courants républicains d’Europe continentale et d’Amérique du Nord sont suffisamment affaiblis par la pourriture morale « écologiste », comme c’est aujourd’hui le cas. Dès lors, dans leur marche « verte », les libéraux s’emploient simplement à éradiquer tout semblant de science moderne.

Dans l’édition révisée de son opéra Otello, le grand Giuseppe Verdi adopta un ajout proposé par son collaborateur Arrigo Boito, le monologue de Iago, donnant à voir sur la scène le caractère satanique du personnage. Le but était d’aller jusque dans les coulisses, là où l’âme du Iago de Shakespeare se dévoilerait entièrement sous son vrai jour. Ce fut un succès théâtral. L’essence de l’âme vénitienne apparut aux yeux des spectateurs comme si elle était vivante. Je le sais d’autant plus que mes adversaires véritables sont exactement comme cela, tant dans leur personnalité que dans le but qu’ils poursuivent contre les peuples et les nations humaines. Le Iago de Boito est la véritable incarnation des rôles que jouent des personnages comme John Maynard Keynes, le Prince Philip du World Wildlife Fund et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, ce menteur éhonté. Tous se font l’écho de Lord Shelburne, qui invoquait lui-même le mal incarné par Adam Smith et le satanique Jérémy Bentham.


A lire : Les premières mesures du « Plan LaRouche » pour sauver l’économie américaine



[1Contrairement aux méthodes de prévision statistiques habituelles, mais néanmoins intrinsèquement incompétentes, les tendances du changement à un moment quelconque du temps des horloges dans un quelconque processus, sont toujours fonction d’une combinaison de développements qui ne peut être mesurée que dans une unité d’effet, elle-même mesurée en tant que potentiel. Cette combinaison trouve toujours un fondement causal véritable dans les développements antérieurs, mais aussi dans l’attente raisonnable des développements à venir dans un temps futur. En bref : cette question relève de l’étude de la dynamique telle que Gottfried Leibniz la définit, lorsqu’il entreprit de démolir les prétentions scientifiques de cet insensé de Descartes, et, après sa mort, de ses héritiers comportementalistes comme Adam Smith et Jeremy Bentham.

[2LaRouche désigne Walpole par le port de la perruque caractérisant son parti (Whig) et le rapproche de l’appellation porcine (piggish) en reprenant un jeu de mots répandu par les ennemis du système impérial britannique.

[3Cet argument de principe est notamment l’une des implications du concept de la personnalité « de type B » que je développe dans mon article « La science de l’Economie physique », paru dans l’ Executive Intelligence Review du 18 septembre 2009, Vol. 36, No. 36 (www.larouchepub.com).

[4Il est important aujourd’hui de reprendre les travaux de Max Planck et de son ami Wolfgang Khoeler, du point de vue de la distinction catégorique de Vernadsky entre Noosphère et Biosphère. La distinction catégorique entre les pouvoirs cognitifs noétiques spécifiques à l’être humain, et la « mentalité des singes », admet une créativité biologique anti-entropique dans les états spécifiques d’avancement des espèces animales et végétales, mais les formes volontaires systématiquement anti-entropique de créativité humaine sont uniques à l’individu humain. En d’autres termes, l’Univers dans son ensemble est partout anti-entropique, mais seul l’homme est capable d’opérer des changements anti-entropiques dans le système de la nature, par un acte noétique conscient et délibéré. Les implications de cette relation entre Planck et Khoeler, Planck et Einstein, et de la convergence d’Einstein et Vernadsky, pour la science aujourd’hui, est actuellement l’objet d’une collaboration internationale menée par Sky Shields et d’autres au sein de la « Basement crew ». [Il s’agit d’une équipe de jeunes chercheurs inspirée par Lyndon LaRouche, dans la tradition de l’Ecole polytechnique à sa naissance et de l’université humboltienne, ndlr.]

[5L’influence d’un Martin Heidegger, connu pour ses velléités nazies, ou le rôle de ses associés de l’Ecole de Francfort, comme Hannah Arendt et Theodor Adorno, dans la promotion de l’escroquerie de La personnalité autoritaire, est exemplaire de la malfaisance des mouvements existentialistes allemands et français pendant les années 1920 et 1930.

[6Lawrence S. Kubie, The Neurotic Distortion of the Creative Process (la destruction névrotique du processus créateur, New York ; The Noonday Press, 1961 ; reprint of 1958 University of Kansas Press edition).

[7Cf. Lawrence S. Kubie, The Fostering of Scientific Creativity, dans Daedalus, printemps 1962 (la promotion de la créativité scientifique).

[8Nicolas de Cues (1401-1461). Cf. sa Concordance catholique (qui introduit le principe de l’Etat-nation souverain, 1433-34) et La docte ignorance (source du principe général ayant inspiré toutes les manifestations ultérieures de la physique et des autres sciences modernes, 1440).

[9Et alors ! Il est plus juste d’affirmer, comme le disent certains, qu’Aristote et Nietzsche sont morts.

[10Pr David Hilbert, Mathematical Problems (Paris, 1900).

[11La mante religieuse femelle est connue pour dévorer la tête de son compagnon pendant la copulation. Après que Zorzi eut organisé un premier divorce pour le compte d’Henry VIII, ce roi se mit à couper la tête des femmes avec lesquelles il avait copulé.

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