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Les écrits de Lyndon LaRouche

Le principe militaire d’Hannibal : la leçon de Cannes (*) et sa signification aujourd’hui

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Lors du séminaire consacré à la crise dans la région des Grands lacs africains, qui s’est déroulé les 26 et 27 avril en Allemagne, l’on demanda à Lyndon LaRouche comment mettre hors d’état de nuire les puissants qui mettent l’Afrique à feu et à sang. Voici sa réponse.

* Cannes, ville d’Apulie (Pouilles). A proximité, une bataille opposa, en 216 av. J.-C., les Carthaginois d’Hannibal à l’armée romaine, commandée par Varron, qui fut encerclée et exterminée.

 


L’idée que je voudrais transmettre est à la fois élémentaire et cruciale.

Dans les plaines de Gaugamèles, aux environs d’Arbèles [en 331 avant J.-C.], une armée relativement peu nombreuse commandée par Alexandre le Grand, lui-même conseillé par des amis de l’Ecole d’Athènes fondée par Platon, écrasa la puissante armée perse, anéantissant ainsi pour toujours la puissance impériale de Babylone. Hannibal, qui avait tiré la leçon de cet exemple, se trouvait à proximité de Rome [en - 216], confronté à des légions romaines supérieures en nombre comme en équipement. Au sein de ses propres forces, qui comportaient de nombreux éléments dits « auxiliaires » (qui sont un peu, dans le domaine militaire, l’équivalent des diplomates en politique), il disposait d’une infanterie carthaginoise - une infanterie lourde - compétente, d’une cavalerie aguerrie, secondée d’une cavalerie légère qui n’était pas parfaite, mais efficace, et d’un certain nombre d’auxiliaires.

Il se trouvait alors près d’un lac, l’ennemi étant supérieur en nombre comme en armes. Dans ces conditions, Hannibal déploya son infanterie lourde sur la ligne de front afin de résister à l’assaut des troupes romaines, et lança une double attaque enveloppante contre les flancs des forces romaines, impliquant ses cavaleries lourde et légère. La seconde faisait diversion tandis que la cavalerie lourde était à l’oeuvre. Les soldats romains, en rangs trop serrés, s’empêtraient les uns les autres, et l’armée romaine tout entière fut massacrée, anéantie.

Nous avons d’autres exemples de ce type. Aux Etats-Unis, durant la Guerre de Sécession, le général Grant fit comme l’infanterie carthaginoise en marchant droit sur la Virginie, tandis que le général Sherman, opérant sur le flanc, perçait les lignes des Confédérés, pourtant bien supérieures, détruisait la ville d’Atlanta et gagnait les arrières de l’ennemi. Ce fut l’une des plus brillantes opérations militaires de l’histoire.

Tandis que, sous la direction du prince de Galles (le futur roi Edouard VII), les Britanniques préparaient la Première Guerre mondiale en raison de leur hostilité au programme du « Pont terrestre » de l’époque, ils s’assurèrent en 1898 une alliance avec la France baptisée Entente cordiale, appelée aussi Entente bestiale. Et ils appâtèrent la Russie, jusqu’alors alliée de l’Allemagne et des Etats-Unis, ainsi que la Belgique, pour que toutes deux s’associent à un assaut Est-Ouest contre l’Allemagne, assaut qui était préparé depuis des années.

Face à cette situation, le chef d’état-major allemand Alfred von Schlieffen élabora un plan, baptisé « plan Schlieffen », qui prévoyait de tenir une position ferme en Alsace-Lorraine, l’équivalent de l’infanterie lourde, tout en engageant une attaque massive, par une manoeuvre d’enveloppement, sur le flanc nord des forces françaises et britanniques. L’offensive eût-elle été effectivement menée suivant les instructions de von Schlieffen, la force expéditionnaire britannique eût alors été annihilée, les Français battus et les Russes seraient retournés chez eux. Voyant en effet les chemins de fer allemands transporter les troupes du front de l’Ouest vers l’Est, les Russes aurait compris que la paix en Europe était préférable à la guerre.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le général MacArthur, avec des forces limitées, lança une contre-offensive contre l’empire japonais à partir d’un point vulnérable situé en Australie. Il pouvait compter sur le soutien du président Roosevelt, mais sur très peu de moyens, et sur l’appui d’une partie de la Navy, l’autre y étant hostile.

En fait, il se déroula deux guerres américaines dans le Pacifique. Celle du général MacArthur consistait, dans la mesure du possible, à contourner les forces japonaises, engageant de lourdes batailles dans les îles Salomon et en Nouvelle Guinée (où les Australiens jouèrent un rôle important), tout en évitant les îles japonaises, les laissant isolées car elles étaient inutiles du point de vue militaire. Au moment où MacArthur prenait position au large des principales îles japonaises, le Japon était déjà battu.

L’autre guerre était dirigée par certains adversaires politiques de MacArthur dans la Navy, qui envoyèrent des Marines se faire tuer pour rien sur des îles, dans des batailles qu’on n’aurait jamais dû engager et encore moins poursuivre. Elles n’étaient en rien nécessaires. Enfin, pour couronner le tout, après la défaite des Japonais, le président Truman, un petit homme vicieux, lâcha les deux bombes atomiques - inutilement - sur un Japon déjà battu, puis se vanta d’avoir sauvé un million de vies humaines. Attitude typique d’un homme politique de ce style ; vous en connaissez peut-être un ou deux...

Maintenant, le principe sur lequel je voudrais insister n’est pas à proprement parler militaire. C’est plutôt un principe général applicable à tout conflit actuel, et pas seulement à la situation en Afrique. Que reflète le principe de flanc ? Que signifie l’art de la guerre des MacArthur, Sherman, ou Alexandre le Grand ?

Il s’agit d’atteindre son but avec le minimum d’effort et de sang versé, de la façon la plus décisive et le plus rapidement possible. Ce qu’on appelle la « victoire », ce n’est pas l’annihilation de l’ennemi, ni les massacres, mais la destruction de la capacité de l’ennemi à continuer à mener une guerre organisée. On anéantit la capacité de l’ennemi à continuer la guerre, avec le moins de pertes possible.

C’est bien de cela qu’il s’agit. Ceux d’entre vous qui ont quelque expérience militaire, notamment dans l’entraînement, ou qui ont observé les exercices d’entraînement, savent que l’essentiel de cette activité se passe entièrement dans la tête. Il faut en quelque sorte apprendre aux soldats à ne pas marcher sur les pieds des autres ; ils doivent apprendre à travailler ensemble. On peut dire que l’entraînement a réussi lorsque les soldats ont acquis certaines qualifications militaires, mais que chaque membre de l’unité aura une confiance infiniment plus grande en sa propre capacité individuelle, du fait qu’il sait qu’il appartient à une unité soudée, forte de qualifications collectives.

C’est ainsi que vous constaterez parfois un changement dans le moral des soldats avant et après la démobilisation. Un soldat démobilisé tend à être bien plus peureux, moins courageux, qu’il ne l’était juste avant.

Voyons maintenant le rôle du commandant auprès de ces hommes. Supposant que tous les soldats aient été pareillement bien entraînés et équipés, le point décisif sera alors la qualité intellectuelle du commandant, sa capacité à conduire une opération de flanc et à l’exécuter avec ce que Clausewitz décrit, dans ses mémoires posthumes, comme l’Entschlossenheit, la détermination.

L’essence de la guerre

Je voudrais concentrer l’attention sur cette qualité de décision, non sans avoir donné cette précision. L’essentiel de la guerre, ce n’est pas de tuer. L’essentiel de l’art de guerre réside dans la nature de l’homme. Certaines personnes tuent comme le feraient les bêtes. Ils se disent soldats mais n’en sont pas, ils font déshonneur à l’humanité et à leur profession.

L’homme est un être d’idées. Tout conflit humain doit être résolu dans les têtes, dans la capacité de l’esprit à comprendre la cause du problème - de la même façon que l’homme maîtrise la nature et augmente son pouvoir sur l’univers. Le grand chef de guerre, celui qui lance une prodigieuse opération de flanc, comme Alexandre le Grand, Hannibal ou Sherman, possède en réalité un esprit supérieur à celui de son adversaire. Voilà le secret du grand commandement, toutes choses égales par ailleurs.

C’est la même chose en politique. L’on se dit : nous avons un ennemi très puissant, l’empire britannique. Il exerce son contrôle ici et là. (Tout comme l’armée perse massée devant Alexandre.) Certes, on ne pourra jamais le vaincre. Il gagnera toujours. Vous verrez, le FMI restera éternellement puissant. Et la Banque mondiale, c’est tellement imposant. L’empire britannique est quelque chose de terrifiant, d’effroyable. Ne nous attaquons surtout pas à lui !

Ces observations, vous le savez, ne sont pas celles d’un commandant efficace en temps de guerre. Que penseriez-vous d’un commandant qui dirait : « Rendons-nous tout de suite, l’ennemi me fait peur ! ».

C’est vrai, l’ennemi est puissant. D’où vient sa force ? Elle vient en grande partie du contrôle qu’il exerce sur ses troupes, et de leur moral. Celui-ci dépend, à son tour, de la confiance qu’elles peuvent avoir dans le système monétaire et financier actuel, ainsi que de l’engagement des populations à soutenir les gouvernements qui décident de telles politiques.

Reprenons donc l’analogie militaire pour nous demander comment il faudrait diriger le combat pour détruire l’empire britannique et ses alliés. Il faut penser comme un commandant en temps de guerre, définir la position, le moment, l’endroit et l’heure où la force de l’ennemi va devenir sa grande faiblesse. Comme les soldats romains à Cannes qui étaient trop serrés - leur grande force se trouva soudain transformée en point faible et l’adversaire l’exploita.

Quel est le grand point faible de notre ennemi ? L’affaiblissement et l’effondrement de son système financier et monétaire, au moment où la confiance que lui portent ses troupes et ses auxiliaires est au plus bas. C’est à ce moment-là qu’il faut frapper.

Je ne veux pas dire que la situation en Afrique restera sans espoir jusqu’à ce moment décisif. Mais la bataille ne pourra être définitivement gagnée, avant d’avoir atteint ce point de décision et effectué l’attaque de flanc. Entre-temps, nous aurons des possibilités d’améliorer notre position. Nous pouvons manoeuvrer de façon à nous trouver, le moment venu, dans une position plus favorable.

Quel est donc le problème crucial ? C’est qu’il n’existe aujourd’hui, sur cette planète, aucun gouvernement qui ait l’Entschlossenheit - la détermination - de prendre la décision nécessaire pour vaincre l’ennemi, au moment où sa défaite peut lui être imposée. Voilà le problème. Et c’est là où la passion intervient.

Lorsqu’un commandant repère un flanc et envisage d’y déployer ses forces, il prend un risque ; Il met en jeu l’ensemble de son commandement et de ses capacités de combat organisé. Il doit donc juger la situation correctement, agir avec une résolution absolue, sans la moindre hésitation, et s’assurer que tous les soldats placés sous son commandement fassent de même. Sinon, il perd la guerre.

Je peux vous assurer que nous approchons d’une situation dans laquelle nous pourrions infliger à l’ennemi, l’empire britannique et tout ce qu’il représente, une défaite décisive. Ce qui rend improbable cette défaite, c’est l’absence sur le terrain de commandant doté de l’intelligence et de la volonté d’engager les forces capables de vaincre l’ennemi au moment où l’opportunité s’en présente.

Je suis profondément préoccupé par cela. Je sais comment vaincre l’ennemi, mais je sais aussi que ceux qui sont actuellement aux postes de commande ne le feront pas. Ils ne le peuvent pas. Ils n’en ont pas le courage, ni l’intelligence. Ayant perdu toute confiance en eux, ils hésitent : « Il faut en discuter un peu plus. Nous n’avons pas encore assez d’alliés, nous n’avons pas suffisamment de troupes, etc. ».

Sachez que vous n’aurez pas d’autres renforts, ni davantage de soutien. Vous devez mener la guerre maintenant, pour la perdre ou la gagner maintenant. Vous devez agir tout de suite et avec détermination, à la différence du jeune Moltke lors de la Première Guerre mondiale, sans fléchir en faisant un petit compromis ici ou là.

Il ne s’agit pas d’une bataille de sang, même si le sang devra couler, mais bien d’une bataille de courage - le courage politique de décider de changer le système monétaire international pour le rendre plus juste. Nous pouvons le faire, nous pouvons gagner. Non pas en nous basant sur le principe du sang, des coups, des pierres et des balles, même s’il faut y recourir. Le principe est supérieur, plus en accord avec la nature de l’homme en tant que créateur d’idées.

C’est sur ce point que nous devons nous concentrer, pour bien le comprendre. Nous pouvons gagner. Et nous pouvons découvrir quelles qualités nous devons exiger de nos dirigeants potentiels. Le problème, c’est d’amener ceux qui sont au pouvoir, qui pourraient s’engager et qui ont le pouvoir d’intervenir, à l’état d’esprit et de fermeté qui les fasse agir.

Ce serait plus facile si j’étais président des Etats-Unis, mais je ne le suis pas. Je n’ai pas le pouvoir de résoudre les problèmes du monde. Aussi devons-nous trouver le moyen de pousser les dirigeants les plus positifs de ce monde à prendre l’engagement intellectuel et à trouver la passion qui leur permette de prendre la décision déterminante au moment opportun. Voilà la leçon de Cannes.

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