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Les Editoriaux de Jacques Cheminade

Le visage de l’autre

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Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade-le-sursaut.org.


Coincé devant son peuple par son incapacité à imposer une politique différente de celle de ses amis financiers, Nicolas Sarkozy tente une fois de plus de sortir de sa manche l’atout « sécurité ». Finies les envolées du discours de Toulon sur la fin du capitalisme financier et retour à la case départ de l’élection présidentielle de 2007. Cela, tout le monde peut s’en apercevoir, mais personne, parmi les partis établis, n’élève le débat au niveau où il devrait être.

Les tours de l’escamoteur ne marchent plus. Depuis huit ans, c’est-à-dire 2002, le nombre de délits contre les personnes s’est accru et les incivilités se multiplient. Depuis trois ans, le gouvernement Fillon a supprimé 9000 postes de gendarmes et de policiers et 3500 suppressions supplémentaires sont programmées d’ici 2012, seulement partiellement compensées par le recrutement d’adjoints de sécurité moins bien rémunérés et plus précaires. Enfin, traiter la sécurité publique comme une question en soi ne relève en rien le défi lancé par l’effondrement du système financier qui en crée les conditions.

Aussi, le Président de la République et ses amis, MM. Ciotti, Estrosi et Hortefeux, pratiquent la fuite en avant en remettant en cause nos principes constitutionnels et notre vouloir vivre en commun. Même s’il ne s’agit que d’une posture électorale, elle n’en est pas moins extrêmement dangereuse par l’état d’esprit qu’elle propage. Cette forme malsaine de bêtise ne recherche pas les causes profondes des phénomènes et s’exonère de penser les conséquences humaines de ses affirmations. Il y a bien entendu de graves problèmes de sécurité dans notre pays, mais il faut les traiter dans toutes leurs dimensions, et d’abord à leur racine.

Comment en effet peut-on parler de sécurité alors que la pauvreté et le chômage (23,8 % des jeunes), qui engendrent la délinquance, sont aggravés par la politique du gouvernement ? Comment parler de « sécurité » alors que les inégalités s’étendent, que le service public est détruit et qu’il n’y a pas en France de politique de péréquation digne de ce nom entre régions riches et régions pauvres ? Le gouvernement n’a-t-il pas gelé ses transferts vers les collectivités, au détriment des plus faibles ? Est-ce un hasard si Nice et Neuilly sont parmi les villes qui ne respectent pas l’obligation d’un parc locatif d’au moins 20 % de logements sociaux, et si Nice dispose d’un policier municipal pour 1200 habitants alors que pour Marseille, il y en a un pour 3598 ?

Le vrai fondement de la sécurité est que les principes destructeurs de la vie sociale ne soient plus tolérés dans la vie économique. Disons-le franchement : la gauche comme la droite ont laissé se répandre dans la vie publique un amoralisme destructeur dont la priorité absolue est de sortir.

Il est temps de reprendre le flambeau qu’on n’a pas laissé porter à Pierre Bérégovoy. Son discours d’investiture du 8 avril 1992, dénonçant le régime de l’argent fou, et sa loi du 29 janvier 1993 mettant en place le service central de lutte contre la corruption, n’ont pas été suivis d’effets.

Plus encore, notre mission est d’ouvrir au peuple un horizon long de grands travaux à l’échelle de notre pays, de l’Europe et du monde. L’homme qu’espérait Jaurès n’est pas aveuglé par la haine de l’autre, mais apprend à respecter son visage en améliorant avec lui l’univers où il vit, découvrant ses principes et les appliquant pour le bien commun. C’est la clé pour retrouver ce que Renan appelait la solidarité de la nation comme héritage et de la nation comme projet.

Voir les 6 commentaires

  • Antishylock • 23/08/2010 - 17:11

    Evidemment, pour Cheminade, il n’y a encore pas assez de Roms en France. Il faut absolument tous les faire venir chez nous avec un train transrapide pour que l’on puisse enfin voir "le visage de l’autre". Que chacun accueille un camp de Roms dans son jardin, sur la place de son marché, dans la cour de son école, et tout ira bien sûr pour le mieux. Franchement, trop de bien-pensance tue et est une insulte pour le peuple français. A bas les Bisounours...

    • Boulette • 23/08/2010 - 19:14

      Bon Antishylock ! Si tu veux, on peut faire un petit calcul : nous sommes actuellement environ 70.000.000 français. En comptant des familles avec 2 parents et 2 enfants, celà ferait environ 17.500.000 foyers français. Tu dois savoir que le nombre de roms rescencés est de 5.000. Chaque jardin français devrait ainsi accueillir un camp de 0,035 roms. Il va falloir faire beaucoup d’effort pour se sentir à l’étroit sur son gazon au bord de sa piscine dans sa petite maison gauloise.

    • Hic&Nunc • 23/08/2010 - 20:30

      @ Antishylock
      Avant de déverser votre flot de haine envers le reste du monde, prenez le temps de lire les dossiers de S&P, en plus de vous élever de votre misérable condition, vous trouverez la sérénité qui vous manque pour appréhender les vrais problèmes de ce monde.
      Le vrai danger ne vient pas des Roms ou d’autres, mais de ces financiers qui vous pillent le portefeuille plus sûrement que (d’après vous) ne peuvent le faire tous les bannis de la terre !

    • Volapuk • 27/08/2010 - 09:13

      Le post d’Antishylock démontre aussi qu’il y a un véritable travail de pédagogie à entreprendre. À force d’entretenir les citoyens dans la paresse et la vindict, c’est un véritable Mur de haine institutionnelle qu’il faut commencer à déconstruire...

    • Antishylock • 02/09/2010 - 16:15

      Veuillez s’il vous plait m’épargner votre "pédagogie". Je croyais qu’à S&P on aimait un peu la France. Or l’immigration de masse organisée depuis 40 ans ne sert qu’à désunir le peuple français, le déraciner pour mieux le dissoudre dans un mondialisme à la Huxley. C’est en outre un bon exemple de diviser pour régner. Arrêtez par pitié de bêler à l’antiracisme avec toutes les "assos de gôche", on a vu le résultat depuis 30 ans dans l’intérêt d’on sait qui et c’est de toute façon irresponsable.

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  • petite souris • 24/08/2010 - 22:59

    Merci pour ce visage de l’autre qui fait peur à ceux-là même qui devrait vouloir faciliter et organiser l’intégration de ces autres dans notre si beau pays.

    "J’opposerai sur cette terre les pays entre eux,les hommes entre eux,les parents contre leurs enfants,les riches contre les pauvres et l’homme contre lui même" Parole de Lucifer

    "En France, la gauche trahit l’état et la droite trahit la nation " Charles de Gaulle.

    "Une nation est une âme, un principe spirituel.... L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis." Ernest Renan.

    Je préfère Renan et de Gaulle à Lucifer... ... et vous ?

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