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Les écrits de Lyndon LaRouche

Les cinquante prochaines années relèvent de notre responsabilité, alors au travail !

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Discours prononcé par Lyndon LaRouche lors du séminaire de l’Executive Intelligence Review à Berlin, le 12 janvier 2005.

Ce que je vais vous présenter contredit les hypothèses diplomatiques et autres habituellement discutées dans le monde aujourd’hui. D’ici peu, en raison de la désintégration financière en cours, désormais devenue inévitable, les gens ne croiront plus à ce qu’ils croient aujourd’hui. Le système monétaire et financier international actuel est fini et ne s’en remettra plus. On ne sait pas à quel moment son effondrement sera officiellement annoncé, mais c’est pour bientôt. Pour ce qui est du système lui-même, aucun remède ne lui permettra de se rétablir, en tant que système.

Nous entrerons alors soit dans une ère de chaos, pouvant évoluer vers un âge des ténèbres, soit dans une ère qui verra les présupposés des relations entre Etats, notamment économiques, changer pour toujours - pour le meilleur ou pour le pire et même au-delà.

Car, comme je l’ai dit, nous nous dirigeons peut-être vers un nouvel âge des ténèbres.

Ce processus a commencé à apparaître clairement au lendemain du 7 novembre 2000, après que le candidat présidentiel démocrate, Al Gore, ait perdu l’élection présidentielle à cause de sa propre stupidité, ouvrant la porte à un facteur très dangereux : pas simplement un Président, George Bush, mentalement malade et incompétent et qui agissant essentiellement comme une marionnette entre les mains de gens comme George Shultz et plus immédiatement, comme son vice-président Dick Cheney, mais plus encore, un vice-président et un Shultz attachés à une politique prévoyant l’utilisation de nouvelles armes nucléaires dans le contexte d’une guerre préventive et globale, la première nation visée - dès le moment où Cheney prêta serment comme vice-président - étant l’Irak.

Et de tout ce qui a pu se passer par la suite, rien n’a pu influer sur cette décision d’envahir l’Irak. Elle était prédéterminée, défendue par Cheney depuis qu’il avait été secrétaire à la Défense sous Bush senior. Il n’a jamais abandonné cet objectif, auquel il travaillait sans cesse, soutenu par un groupe international de « néo-conservateurs »

La montée du fascisme

On peut dire - et je n’exagère en rien - que la force derrière Cheney et Shultz est ce que nous appelions autrefois l’Internationale nazie. Ce n’est pas une comparaison., c’est un fait ! Les mêmes groupes, tel Lazard Frères à Paris et d’autres qui furent impliqués dans le traité de Versailles, étaient partie prenante d’un plan britannique visant à mettre Mussolini au pouvoir en Italie, par l’intermédiaire de Volpi di Misurata, le véritable père du fascisme italien, dirigé depuis Londres.

Ce plan consistait à utiliser les réparations de guerre imposées à l’Allemagne pour casser l’Europe. En clair, l’Allemagne ne serait pas en mesure de verser intégralement les sommes réclamées, mais il était prévu que cet argent aille d’abord directement à la France et à l’Angleterre, insolvables suite à la Première Guerre mondiale. Ceci devait amener à une situation d’effondrement du système monétaire - celui de Versailles - et c’est bien ce qui arriva. Par la suite, ils créèrent une nouvelle institution monétaire, ce qui fut fait en 1931 avec la Banque des règlements internationaux (BRI), qui existe encore aujourd’hui. Une des figures de proue de la BRI était Hjalmar Schacht, l’un des parrains du régime d’Hitler et agent britannique ou, plus précisément, du directeur de la Banque d’Angleterre.

Ainsi, leur plan consistait à créer un nouveau système monétaire, basé sur un cartel financier international. Composé d’intérêts financiers privés de style vénitien, ce cartel allait faire office de gouvernement de l’Europe. Il prévoyait de mobiliser l’Europe - en mettant Hitler au pouvoir en Allemagne comme son instrument - pour mener une guerre qui, au départ, devait être dirigée contre l’Union soviétique. Mais suite aux discussions entre les gouvernements soviétique et allemand, débouchant sur les accords Ribbentrop-Molotov, les Britanniques durent modifier leur programme. Au départ, ils souhaitaient que l’Allemagne attaque les Soviétiques et s’embourbe sur leur territoire, loin de ses frontières ; les Français et les Britanniques auraient alors attaqué les Allemands par derrière (tactique préférée des Britanniques).

Mais il en fut autrement. L’échec de la mission du maréchal Toukhatchevski en France annonçait le changement futur, avant même la signature du pacte Ribbentrop-Molotov. Dès lors, Britanniques et Français comprirent qu’il fallait faire appel aux Américains. Au départ, ils y étaient hostiles, parce qu’ils craignaient que les Etats-Unis, en s’engageant dans la guerre, n’en sortent comme puissance dominante. C’est pourquoi, jusqu’au milieu des années 30, ils ne voulaient pas des Américains.

Après qu’Edouard VIII ait été obligé d’abdiquer en 1936 parce qu’il était trop proche d’Hitler, d’autres Anglo-Américains qui le soutenaient également furent amenés peu à peu à changer d’attitude, mais pas tous. Lord Beaverbrook était toujours favorable à Hitler en mai 1940, de même que Lord Halifax. Beaverbrook sera nommé ministre de la Propagande pendant la Deuxième Guerre mondiale et Lord Halifax envoyé à Washington comme ambassadeur britannique auprès de l’administration Roosevelt.

Ensuite, la clique new-yorkaise qui soutenait Hitler, dont la famille Harriman et Joe Kennedy, le père de l’actuel sénateur Ted Kennedy, fit volte-face pour s’opposer au Führer. Mais ils faisaient toujours partie du cartel financier international à l’origine de l’invasion nazie de l’Europe et de la guerre.

Au lendemain de la mort de Roosevelt, la politique des Etats-Unis changea, dans l’absolu, sur le plan stratégique. Roosevelt prônait une politique de décolonisation du monde après guerre - non seulement une décolonisation, mais un programme visant à transformer les anciennes colonies en Etats-nations modernes. Il l’avait proposée, par exemple, lors d’une réunion avec Churchill, qui fut ahuri en apprenant les projets que le gouvernement des Etats-Unis comptait mener à bien après guerre, en Afrique, notamment en Afrique du Nord. Il existait des programmes similaires pour l’Inde et d’autres pays.

En gros, Roosevelt prévoyait d’utiliser la puissance militaire et économique que les Etats-Unis avaient développée pendant la mobilisation de guerre. Les industries actives dans la production de guerre devaient être converties en industries favorisant la formation de capital dans les pays en voie de développement. Il s’agissait de créer un ordre mondial entre Etats-nations souverains, remplaçant le système à dominante européenne qui avait existé jusque-là.

C’était en quelque sorte la vision d’un deuxième traité de Westphalie, allant au-delà de ce que le premier avait accompli en mettant fin aux Guerres de religion en Europe, et créant un système de nations dont chacune s’engageait à défendre en premier lieu le bien commun de toutes les autres avant le sien propre. Un tel engagement permet de créer sur la planète un ordre d’Etats-nations souverains assurant la sécurité mutuelle et promouvant la croissance économique, y compris pour la postérité.

L’après-guerre

Au lendemain de la mort de Roosevelt, donc, Harry Truman, un homme petit, stupide et méchant, un instrument de Harriman et compagnie, arriva [à la présidence des Etats-Unis]. J’ai, en Italie, un ami qui a été impliqué, par l’intermédiaire du Bureau des affaires extraordinaires du Vatican alors dirigé par le cardinal Montini, le futur Paul VI, dans les négociations avec les Etats-Unis et d’autres pays pour le compte de l’empereur du Japon, en vue d’aboutir à un traité de paix. Ce traité devait reconnaître l’empereur comme le chef de l’Etat après la guerre. Selon ce raisonnement, l’empereur serait ainsi en mesure d’empêcher l’éclatement du Japon, ce qui apparaissait comme une solution viable.

La mort de Roosevelt mit fin à cette perspective. Le gouvernement Truman rejeta cet accord, négocié par l’intermédiaire du Bureau des affaires extraordinaires du Vatican, afin de pouvoir lâcher, tout à fait inutilement, des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Le but était d’instaurer un empire mondial, basé sur l’affirmation du contrôle anglo-américain sur les arsenaux nucléaires. Cette politique avait été conçue par ce grand « pacifiste » de Bertrand Russell, qui était en réalité un ennemi de l’humanité, prônant l’utilisation des armes nucléaires dans des guerres préventives afin d’établir un gouvernement mondial, un empire mondial.

Cette politique de Russell, mise en œuvre par Truman, a perduré par la suite. Que s’est-il passé ? La Guerre de Corée ne s’est pas déroulée comme prévu par les Américains. On découvrit que l’Union soviétique disposait d’une arme thermonucléaire opérationnelle, alors que les Etats-Unis n’en possédaient pas encore. Il fallut donc annuler la guerre nucléaire préventive... pour un temps. On adopta à la place la « dissuasion nucléaire », un concept développé, encore une fois, sous la direction de Bertrand Russell, qui allait donner la doctrine de la destruction mutuelle assurée [acronyme MAD, en anglais, signifiant « fou »]. Plus tard, j’ai tenté, avec un certain succès, de mettre fin à cette politique, mais sans y parvenir totalement.

Si bien qu’au moment de la dissolution de l’Union soviétique, on n’a proposé aucun arrangement correspondant aux objectifs de l’Initiative de défense stratégique (IDS). Malgré tous ses défauts, le président Reagan croyait fermement en cette perspective parce qu’en dépit de nombreux problèmes, il demeurait attaché à la tradition de Franklin Roosevelt. C’était son sentiment et il l’exprimait sincèrement et honnêtement. J’avais conceptualisé cette politique de défense stratégique en détail, et il l’adopta telle quelle.1

Cependant, Andropov refusa cette offre et l’on assista alors à un brutal retour de bâton. Y compris à mon égard, car ce que j’avais accompli avait tellement bousculé l’appareil qu’on était déterminé à se débarrasser de moi, par tous les moyens.

Pour revenir à la chute de l’Union soviétique, qui se profilait déjà en 1989, elle les a tous pris de court ; ils ne l’avaient pas prévue, même s’ils prétendent le contraire aujourd’hui. Ils ne comprenaient pas la situation, aveuglés qu’ils étaient par leurs propres idées préconçues.

Redéploiement de l’Internationale nazie

Ils réagirent sans tarder en réactivant l’internationale nazie. Non qu’il fallût la sortir du tombeau, l’internationale nazie n’a jamais cessé d’exister. Le cas de Pinochet le démontre. Je mentionnerai brièvement l’importance de ce facteur particulier pour le sujet de notre discussion d’aujourd’hui : Allen Dulles et son frère John Foster jouaient un rôle important dans le soutien international apporté aux nazis, de même que leur frère cadet, le cardinal Avery Dulles, qui siège aujourd’hui à Rome et n’est pas étranger à la corruption qui règne dans l’Eglise.

Après la mort de Roosevelt, ils ont incorporé dans le système anglo-américain des pans entiers du système nazi, qui ont fini par faire partie intégrante de l’OTAN. On estimait que ces anciens nazis étaient les meilleurs combattants anti-communistes et qu’il fallait les coopter pour cette raison - tout en détournant les yeux au moment d’examiner leur identité. Nombre d’entre eux ont été dirigés vers l’Amérique du Sud, à travers la « filière des rats » organisée par Dulles, par l’intermédiaire du gendre de Schacht.

Nous en arrivons maintenant à 1971 : George Shultz est alors un membre éminent du gouvernement Nixon, un des contrôleurs du Président avec Henry Kissinger et Paul Volcker, entre autres. En août 1971, ils lancent la première étape de la désintégration du système de Bretton Woods conçu par Roosevelt, le FMI originel. L’année suivante, alors que Shultz est aux Açores, luttant contre Pompidou, ils imposent au monde un changement fondamental du système monétaire international : des taux de change flottants au lieu de taux fixes.

C’est au Chili que s’est manifesté l’un des premiers effets de ce changement. En fait, il y avait deux groupes qui faisaient partie de l’internationale synarchiste. D’une part, Fidel Castro, qui était en réalité un type de droite, pour ceux qui connaissent son passé, et qui est passé à gauche pour l’occasion. Il fut utilisé, avec le régime Allende (à qui il offrit sa kalachnikov personnelle), afin de donner aux forces réactionnaires mondiale l’impression qu’il y avait une « menace communiste », que les communistes étaient sur le point de prendre le pouvoir partout en Amérique latine. Et qu’on réglerait bel et bien le problème, en commençant par le Chili.

Ils ont donc fait assassiner Allende par Pinochet et sa clique et ont fait de ce dernier un dictateur ; ensuite, ils ont utilisé l’internationale nazie - les première et deuxième générations de SS - pour mener à bien l’Opération Condor, un massacre de masse dans tout le cône sud de l’Amérique du Sud.

Cela s’intégrait dans une « stratégie de tension ». Nous l’avons vu aussi en Italie avec le déclenchement du terrorisme, perpétré par des nazis - les successeurs du général SS Karl Wolff qui dirigeaient Gladio pour le compte de l’OTAN. Ce sont eux qui ont commis la vague d’assassinats et d’attentats terroristes en Italie, en Allemagne et ailleurs, au début des années 70.

C’est le même type de réseau, avec Shultz, que l’on retrouve derrière l’administration Bush actuelle. Dès le milieu des années 80, Shultz s’est efforcé d’élaborer la structure qui allait devenir l’administration Bush, dont Dick Cheney était la tête de file. Shultz représente la finance internationale, il représente les mêmes intérêts que ce cartel financier privé qui nous a donné le système nazi et autres, dans les années 20 et 30. Ils sont de retour !

Mon intervention

Le président des Etats-Unis est un malade mental. Ceci n’est pas une appréciation, mais un diagnostic clinique : cet homme est mentalement malade ! Mais c’est une marionnette. Il est dangereux d’avoir un malade mental à la tête d’une nation puissante, même si ce n’est qu’une marionnette, surtout s’il est contrôlé par des gens comme Shultz et Cheney.

Nous sommes donc dans une période imprévisible, où l’on ne peut plus se fier aux mécanismes politiques habituels. Mais cela ne veut pas dire que nous soyons sans ressources : comme en temps de guerre, nous avons des options stratégiques, comme celle que nous offre, par exemple, l’effondrement imminent du système.

Où en sommes-nous à présent ? J’ai soulevé ces questions avec un groupe de démocrates et autres, juste après [l’élection présidentielle du] 7 novembre 2000. Nous avons ainsi enclenché un processus qui a mené, plus ou moins directement, aux circonstances dont nous discutons aujourd’hui. Assez vite, certaines parties de l’establishment tombèrent d’accord avec moi, notamment dans l’entourage de l’ancien président Clinton, qui m’écoute de plus en plus avec le temps. Nous avons engagé de nombreuses batailles pour tenter de rebâtir le Parti démocrate, bien que rencontrant une forte opposition au sein même du parti, qui a ses propres sympathisants nazis, ainsi que de la part des républicains.

Nous avons également tissé un réseau de personnalités républicaines, venant principalement de cercles militaires, du renseignement ou de la diplomatie, dont certains n’exercent plus mais restent influents, par exemple comme enseignants, dans cette partie de notre système présidentiel.

Peu à peu, les idées soulevées dans nos discussions ont circulé. Au moment de lancer la campagne présidentielle de 2004, certains étaient bien déterminés à m’en écarter, dans la mesure du possible, mais cela n’a pas marché. Lors de la Convention démocrate de Boston [juillet 2004], nous avons décidé de travailler ensemble. Après le 1er septembre, Clinton a signifié à Kerry que sa campagne n’était pas sérieuse, qu’il devait changer de tactique et faire appel à moi pour le conseiller sur la façon de mener sa campagne.

Nous sommes ainsi parvenus à sauver une bonne partie de la campagne. Nous avons même, probablement, gagné la présidence, mais notre adversaire a eu recours à des malversations et comme c’est le parti au pouvoir, il est difficile de renverser la situation. La semaine dernière 2, cependant, nous avons mis cette question sur le tapis, privant en quelque sorte George Bush de toute légitimité avant même qu’il ne prenne ses fonctions. Nous avons amené certaines personnes à prendre position sur cette question.

Maintenant, nous avons environ mille cinq cent personnes qui forment un réseau - des démocrates, pour l’essentiel, mais également des républicains - avec qui je suis en relation tous les jours, directement ou indirectement. Le processus de discussion entre nous est très rapide, surtout grâce aux communications électroniques.

Nous n’avons pas encore consolidé notre contrôle sur le Parti démocrate, mais nous rencontrons beaucoup de républicains et de démocrates qui cherchent une solution. Et comme nous représentons les Etats-Unis, nous nous plaçons du point de vue de l’histoire américaine, de nos précédents, de nos capacités, de ce que nous pouvons et devons faire dans le monde.

Le problème est le suivant : le système monétaire et financier international est en plein effondrement. Il ne peut être sauvé, ce n’est plus qu’une question de temps. Quiconque comprend le fonctionnement de ce système en est convaincu - y compris mes ennemis, au plus haut niveau.

Beaucoup disent : « Le système financier ne peut pas s’effondrer ! S’il s’effondre, que deviendra mon argent ? » On touche là à une grande illusion de l’économie politique : l’argent n’existe pas en tant que tel ! Il est créé par quelqu’un, et quelqu’un d’autre l’accepte comme paiement, dès lors, il devient une devise. Mais l’argent n’a aucune valeur intrinsèque - on lui en octroie dans certaines conditions. Vous avez un groupe financier, comme la Banque des règlements internationaux ou les banquiers qui lui sont associés, à la tête des systèmes de banque centrale, qui sont plus puissants que les gouvernements.

Système américain contre système anglo-hollandais

Aucun gouvernement européen n’est plus puissant que sa banque centrale ! Le gouvernement est le laquais de sa banque centrale ! Et le mécanisme de contrôle baptisé accord de Maastricht de l’Union européenne enlève à tout pays membre, à tout gouvernement, sa souveraineté. Car dès lors que règne un système de banque centrale, indépendant de tout contrôle gouvernemental et soumis à celui d’un groupe d’oligarques financiers internationaux, qui dirige le monde ?

Bien entendu, le gouvernement a le pouvoir intrinsèque de retirer à la banque centrale ce pouvoir, mais au regard des systèmes politiques établis dans le monde, qui, parmi les hommes politiques, a les tripes de le faire, tout en risquant de se faire descendre le lendemain ? Où peut-on trouver un concert de forces politiques qui soient prêtes à défendre la souveraineté de leur nation, ou d’un groupe de nations, contre la tyrannie des systèmes de banques centrales ?
Les Etats-Unis sont la seule nation à posséder une constitution adéquate dans ce genre de situation. Ainsi, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les Etats-Unis étaient la seule nation dotée d’autorité en matière monétaire, de sorte qu’en 1944, à Bretton Woods, le président Roosevelt put imposer aux Britanniques, à Keynes et autres, le système américain d’économie politique - un système anti-britannique basé sur des taux de change fixes, à réserve or.

Tel était le pouvoir des Etats-Unis, inhérent à leur nature même. Il faut comprendre que ce pays est issu de la première révolution contre l’empire britannique, établi le 10 février 1763 lors de la signature du traité de Paris. Cet empire britannique, qui était à l’époque celui de la Compagnie britannique des Indes orientales et non celui de la monarchie britannique, profita ensuite du pouvoir qui lui remirent les pays soumis à la fin de la Guerre de Sept ans, guerre organisée par les Britanniques eux-mêmes, qui avaient dressé les puissances européennes les unes contre les autres afin de les affaiblir et d’imposer le système libéral anglo-hollandais.

La seule bataille contre ce nouvel empire fut engagée en territoire américain. Elle commença en fait pendant la Guerre de Sept ans, à une époque où certains Allemands, comme Kästner, étaient en relation avec Benjamin Franklin et où des Européens influents travaillaient avec des Nord-Américains, notamment autour de Franklin, pour bâtir une véritable alliance. Leur idée était que la création d’une république indépendante dans les colonies anglophones d’Amérique du Nord établirait un précédent, entraînant en Europe un effet similaire.

La Révolution française, si elle s’était développée dans le sens souhaité par Lafayette et Bailly, aurait pu constituer la deuxième étape pour libérer l’Europe de ce type de système. Mais les Britanniques se sont assuré du contraire, prenant la direction des opérations dès le 14 juillet 1789. Dès lors, des agents britanniques, dont Necker, ont orchestré la Révolution française, prétendant agir en son nom.

Il existait par ailleurs une opération du renseignement britannique, l’association martiniste franc-maçonne, qui contrôlait Napoléon. C’est Joseph de Maistre qui créa Napoléon, qui le façonna, sur le modèle du Grand Inquisiteur d’Espagne, Torquemada. A travers Napoléon, de Maistre dévasta l’Europe et conforta le pouvoir du système libéral anglo-hollandais. Les Habsbourg n’en avaient plus pour longtemps et ne seraient bientôt plus, du fait du contrôle financier, que de simples marionnettes de ce système.

Les Etats-Unis étaient encore faibles et assiégés, l’Espagne et la France s’en étant éloignées lors des traités de Versailles (1782-1783), suite à l’habileté des Britanniques sous Lord Shelburne (qui fut sans doute l’un des hommes les plus funestes de ce siècle) et à cause de la consolidation du système britannique. Dès lors, hormis la Révolution bolchevique et d’autres événements similaires, le continent européen n’a pas connu d’alternative, à ce jour, à l’impérialisme libéral anglo-hollandais.

Certes, il y a eu toutefois des initiatives dans ce sens. De Gaulle a tenté de le faire avec la Cinquième République, avec le franc lourd, qui était une action courageuse. Mais après l’assassinat de Kennedy, de Gaulle était plus ou moins isolé, sans allié américain valable sur lequel s’appuyer.

Ainsi, les Etats-Unis possèdent une tradition constitutionnelle compréhensible par ceux d’entre nous qui comprennent ce que sont les Etats-Unis. Il est possible de faire revivre le précédent de Franklin Roosevelt auquel je me réfère souvent. Lorsque se produira la désintégration de l’ensemble du système financier international, si les Etats-Unis sont alors dotés d’un bon gouvernement, il agira de manière préventive en agissant comme Roosevelt. Quand tous les systèmes monétaires s’effondreront, les Américains diront : « Nous répudions le FMI actuel, qui est en faillite, et nous revenons à un système de taux de changes fixes. » Dans ces conditions, nous pouvons trouver une solution, et les nations qui souhaitent se libérer de l’esclavage du système libéral anglo-hollandais pourront alors revendiquer cette liberté si longtemps attendue.

Globalisation et environnementalisme

Au cours des quarante dernières années, marquées par la décadence, le monde a connu des changements. En effet, l’Europe et les Amériques ont été minées par le processus « environnementaliste », la « globalisation », la haine contre le véritable progrès technologique. A la place, on a commencé à jouer (ou à se masturber) avec les ordinateurs, comme substitut au progrès technologique. On joue avec des nombres, on les déplace sans rien créer. C’est le système de Bertrand Russell.

Regardez ce que nous avons fait. A partir de 1971-72, on a utilisé le FMI pour appauvrir les pays. Regardez l’Amérique du Sud ! Regardez le Mexique ! Si l’on remonte à la période 1971-1982, on peut suivre l’évolution de la situation en Amérique centrale et du Sud. Nous les avons mis en faillite ! Comment ? En utilisant le système monétaire international des banquiers : depuis Londres, on a monté des attaques contre les monnaies nationales. Puis, on a dit aux gouvernements concernés : « Vous voulez qu’on arrête l’offensive ? Alors, vous feriez bien de demander conseil au FMI ou à la Banque mondiale, ou aux deux. » C’est ainsi que le FMI et la Banque mondiale, qui étaient à l’époque les « quarante voleurs » du monde, entrent en scène et conseillent au pays en question de dévaluer, arbitrairement, sa monnaie, après qu’elle ait subi la guerre financière menée depuis le marché de Londres. Et il dévalue.

Cependant, les exigences du FMI ne s’arrêtent pas là : « Vous allez devoir créer, sur papier, une nouvelle dette, pour compenser ce que vos créanciers vont perdre avec la dévaluation de votre monnaie. »

Aujourd’hui, les pays d’Amérique centrale et du Sud ont tous largement remboursé chaque centime qu’ils avaient emprunté ! Ils ne doivent rien, si ce n’est les conséquences de cette dette artificielle, surimposée, dictée.

Auparavant, l’Inde avait connu une attaque similaire, avec la dévaluation de la roupie, destinée à mettre le pays à genoux, à briser la volonté de Nehru. C’est à cela que Mme Gandhi était confrontée en permanence - jusqu’à ce qu’ils la tuent ! Son fils aussi ! Ils craignaient l’émergence d’une nation puissante capable de leur tenir tête.

Aujourd’hui, nous avons des nations désespérées, qui n’ont plus la capacité de développer leur propre économie. Nous leur demandons de nous fournir une force de travail bon marché, pour un salaire de misère. Nous leur demandons de nous laisser piller leurs ressources naturelles, ainsi que leurs peuples.

Regardez ce que nous faisons à l’Afrique. Prenons le Mémorandum de sécurité nationale 200 (NSM200), rédigé [en 1974] par Henry Kissinger, en sa qualité de conseiller à la sécurité nationale du Président. Il dit, en gros, que l’Afrique est surpeuplée et qu’elle est dotée de ressources naturelles, surtout dans le Sud, dont nous entendons nous emparer. Elles sont à nous ! Nous ne pouvons permettre à l’Afrique d’avoir une population nombreuse, car elle consommerait trop de ces ressources que nous convoitons. Nous ne pouvons permettre aux Africains de se développer, car ils auraient alors besoin de davantage de ressources naturelles, par tête. C’est inacceptable, nous devons imposer une politique de limitation des naissances en Afrique, surtout sub-saharienne. Cela a commencé dès le début des années 70, avec cette politique anglo-américaine du FMI et de la Banque mondiale. Ces deux institutions ont tué plus de gens qu’Hitler.

Voilà comment ça marche. Les banques arrivent dans un pays et convainquent le gouvernement de contracter des emprunts, jusqu’à ce qu’il devienne insolvable. C’est alors qu’arrive le FMI qui, par le biais de ses agents, contraint le gouvernement à accepter certains arrangements à cause des pressions exercées par la crise de la dette - comme en Indonésie, par exemple. Et si le gouvernement renâcle devant ces conditions, on envoie sur place des membres de l’Internationale nazie, deuxième ou troisième génération, pour assassiner le chef de l’Etat ou du gouvernement et d’autres personnalités considérées comme des obstacles aux intérêts bien compris du FMI et de la Banque mondiale. C’est comme ça que fonctionne ce système.

Et nous, qu’avons-nous fait ? L’Europe, par exemple, cette grande Europe, sage et indépendante ? Ou l’Amérique, ce grand pays sage et indépendant ? Nous nous sommes dit : « Ah ! là, il y a de la main-d’œuvre bon marché ! Ce n’est plus la peine de verser des salaires si élevés à nos concitoyens. Nous pouvons obtenir gratuitement ce qui nous coûte si cher aux Etats-Unis. Nous pourrons fermer nos usines et installer notre production dans des pays où le coût de travail est faible. Ainsi, nous aurons tous les objets que nous voulons consommer, grâce à la main-d’œuvre bon marché d’Amérique du Sud et d’Asie. »

Pour le moment, on constate un accroissement du niveau d’activité technologique dans les pays fournissant cette main-d’œuvre, qui se livrent en même temps à une concurrence sauvage pour réduire les coûts du travail. Il y a donc actuellement, en Asie, augmentation des emplois dans certaines catégories, ce qui peut paraître avantageux pour le moment, mais cela représente aussi une menace. On menace de faire subir à l’Asie le traitement que l’on a déjà appliqué à l’Amérique du Sud et à l’Afrique. L’Inde et la Chine en sont les principales cibles.

L’Europe est en plein effondrement. L’Allemagne a un bon programme d’exportations, mais il ne suffit pas à compenser la montée du chômage sur le plan intérieur. L’Allemagne est en faillite, l’Union européenne également. Elle parvient peut-être, grâce aux institutions politiques, à faire semblant de bien se porter, elle a peut-être des alternatives politiques, mais la banqueroute est là ! Les Etats-Unis, quant à eux, sont irrémédiablement en faillite !

Nous avons un système mondial dont le produit brut annuel est de l’ordre de 50 billions de dollars. C’est le produit brut net. Face à cela, nous avons un complexe de produits dérivés financiers représentant plusieurs milliers de billions de dollars. C’est une dette implicite.

Ce système est en faillite. Il est rigoureusement impossible de le réorganiser, dans le sens habituel. La seule chose que l’on puisse faire est de le mettre en redressement judiciaire, en répudiant les engagements. C’est là que l’Etat doit intervenir, suivant le principe de l’intérêt général (le principe européen du bien commun), et dire : « L’Etat doit défendre l’intérêt général, c’est-à-dire maintenir l’emploi, maintenir les institutions qui sont essentielles pour la population et pour l’avenir de la nation. Elles sont prioritaires. Tout le reste passe après - ou pas du tout. »
Un nouveau système monétaire, cela se crée. Voilà où je voulais en venir.

Réorganiser le système

Nous sommes au point où la décision s’impose : allons-nous créer un nouveau système monétaire, ce qui suppose qu’un concert d’Etats-nations souverains mette le système actuel du FMI - le système libéral anglo-hollandais - en redressement judiciaire ? Autrement dit, les gouvernements respectifs doivent mettre en redressement judiciaire les institutions bancaires et financières afférentes, comme ils le feraient pour toute autre entreprise, et les gérer de façon à favoriser, en priorité, l’intérêt général. Ensuite, s’il reste encore des ressources, les autres créanciers demandeurs recevront peut-être quelque chose. Mais on ne donnera rien pour les produits dérivés, parce que nous ne pouvons pas nous le permettre.

Aujourd’hui, comme le savent certains d’entre vous, la seule activité commerciale internationale d’une réelle ampleur concerne la spéculation sur les matières premières. Les Etats-Unis spéculent pour s’assurer le contrôle financier - donc la propriété - des matières premières.

L’Europe continentale - occidentale et centrale - joue le même jeu. Elle essaie de s’emparer de richesses, surtout minérales, dans différentes parties du monde. Le Commonwealth britannique, un prédateur spécial, joue son propre jeu, à l’intérieur du système européen. La Russie, ainsi que les pays de l’ancienne Union soviétique, représentent une grande puissance en termes de leurs matières premières et ressources intrinsèques.

Quant à la Chine, elle est très demandeuse de matières premières pour l’avenir. Elle a signé des contrats avec le Brésil et le Canada pour le développement de sables asphaltiques et vient en outre de conclure des accords avec l’Argentine, où la Patagonie recèle une grande réserve de ressources minérales. Elle a en fait l’un des plus grands potentiels de développement de la planète. Le Brésil possède de vastes ressources que les Britanniques et autres veulent l’empêcher d’exploiter.

Considérons maintenant le point suivant. La population mondiale est en expansion. Prenons les cas de l’Inde et de la Chine, représentées ici par des citoyens capables de défendre leurs intérêts et sensibilités. L’Inde compte plus d’un milliard d’habitants et la Chine se dirige probablement vers 1,5 milliard, ou peu s’en faut. La majorité de ces populations (cela concerne peut-être 700 millions de personnes en Inde) est extrêmement pauvre. En Chine, la société est peut-être plus discrète pour ce qui est de la pauvreté, mais ils sont aussi très nombreux. Ils n’ont pas encore atteint le stade de développement d’une société moderne et on trouve la même situation dans toute l’Asie du sud-est et du sud.

Protéger les ressources naturelles

Qu’allons-nous faire, face à ce problème de matières premières et à cette croissance démographique ? Pouvons-nous garantir à l’humanité qu’une quantité suffisante de ressources minérales et de matières premières sera disponible indéfiniment ? Oui, nous le pouvons, à condition de faire le nécessaire pour y arriver.

C’est très important, car il est de notre devoir de sortir ces populations démunies de la pauvreté extrême qui sévit en Inde ou en Chine, notamment. Pour avoir une société capable de se développer, de se protéger, on doit accroître la productivité du travail en développant les populations : en fournissant une meilleure éducation, en développant de nouvelles opportunités, en créant de nouveaux quartiers ou des villes où ils puissent vivre convenablement. Nous devons sortir les Asiatiques de la pauvreté !

Et nous devons le faire en une génération. Nous ne pouvons pas maintenir à niveau la planète avec autant de pauvreté. Nous devons nous y attaquer avec un véritable sens de mission.

Qu’est-ce que cela implique ? D’abord, les gouvernements doivent exercer leur pouvoir pour empêcher que les ressources minérales de la planète soient accaparées par des intérêts ou des groupes d’intérêt privés qui les utilisent à des fins spéculatives, au détriment des populations, puis qui s’appuient sur cet état de choses pour obliger les gouvernements spoliés à réduire leur démographie.

Les nations doivent donc conclure entre elles un accord reconnaissant que la question de la gestion des ressources minérales, pour la planète dans son ensemble et pour l’humanité future, relève d’un principe d’intérêt général et ne peut être une affaire d’intérêts privés. Les intérêts privés peuvent poursuivre leurs objectifs, mais en respectant la régulation. Cette même régulation doit garantir que chaque partie du monde ait accès aux matières premières dont elle a besoin pour sa population et son développement futur.

Dialogue eurasiatique des cultures

Maintenant, en termes de dialogue des cultures, le temps est désormais venu de rapprocher l’Asie et l’Europe. C’est inévitable. Il existe une division du travail - par exemple, le commerce entre l’Allemagne et la Chine, ou les échanges entre la Russie et la Chine et plus encore avec l’Inde - une division du travail entre l’Europe et les pays asiatiques, surtout ceux en voie de développement.

L’Eurasie est donc une réalité - une réalité économique émergente. Nous avons aussi en perspective une culture eurasiatique. La Russie, évidemment, est déjà une culture eurasiatique. Ailleurs, nous devons la développer.

Certains abordent ce problème en disant qu’il faut commencer par réunir les religions. Pour ma part, je dis « non ». Si vous essayez de mélanger les religions, vous aurez une guerre de religions. Oubliez cela ! Ne demandez pas aux gens d’abandonner leur foi et ne leur demandez pas non plus d’accepter un compromis en la matière.

Prenons une autre approche : celle de l’intérêt commun de l’humanité. Sur le plan culturel, ce que l’on cherche à définir, c’est l’idée de la nature de l’homme. Ainsi, tout individu humain a certains droits inhérents, correspondant à ce qui distingue l’homme de la bête. Au lieu d’épiloguer sur l’interprétation religieuse que l’on peut donner à cette différence, ne vaut-il pas mieux aborder le problème du point de vue politique, au niveau de ce qu’un gouvernement peut faire ? Autrement dit, en pratique, affirmons la responsabilité du gouvernement, sur les plans individuel et collectif, concernant la dignité de chaque individu, s’exprimant dans son droit à attendre, pour ses enfants et petits-enfants, de meilleures conditions de vie, un avenir digne et la reconnaissance de son identité en tant que personne ayant eu, pendant sa vie, l’opportunité de contribuer à l’avenir de l’humanité - en l’honneur du passé et pour le compte du futur.

En ce moment même, le système est en train de s’effondrer et le retour au « système américain » ou à un système à taux de change fixes, genre Bretton Woods, est parfaitement faisable. Seulement, cette fois, comme partie intégrante de ce système, nous devons reconnaître que nous sommes arrivés au point où, sans développer la gestion des ressources naturelles, nous ne pourrons pas faire face aux besoins et aux aspirations des peuples du monde.

Aussi devons-nous accepter le fait que nous avons atteint une condition-limite. En raison du manque de développement, nous sommes en train de stresser la planète. Nous avons d’une part une population en croissance, et d’autre part, un manque de développement. Nos amis russes, dans des institutions comme le Musée Vernadski, constituent une source d’expertise sur certains aspects asiatiques et autres du problème de la gestion des matières premières minérales au niveau de la planète. Le partenariat Russie-Inde-Chine est clé pour l’Asie, la Russie pouvant également coopérer avec l’Europe occidentale dans ces entreprises.

Apprendre à coopérer

N’y a-t-il pas là, sous des aspects différents, un intérêt commun ? Ne faudrait-il pas que l’Europe occidentale - dont l’Allemagne, qui nous accueille aujourd’hui - redevienne exportatrice de technologies de pointe et de biens à forte composante technologique ? Car l’Asie a besoin de ces technologies. Pourquoi l’Europe entrerait-elle en concurrence avec l’Asie pour lui reprendre des marchés ? C’est fou. Pourquoi l’Europe, ainsi que les Etats-Unis, ne prennent-ils pas la responsabilité de développer leurs populations et leurs capacités en vue de mettre au point de nouvelles technologies pionnières dont les peuples du monde ont besoin ?

Pourquoi ne pas penser en termes d’une division du travail constructive, et mutuellement bénéfique, plutôt qu’en termes de concurrence ? Pourquoi ne pas reconnaître qu’en contribuant au bien commun, à l’intérêt général d’abord, comme le prescrivent les traités de Westphalie, nous en tirons un plus grand avantage qu’en nous faisant mutuellement concurrence, les uns au détriment des autres, sur le marché mondial ?

Ne pourrions-nous pas apprendre à coopérer ?

Cela implique, bien sûr, de changer la conception que nous avons de l’individu dans la société. Cela implique la mort de ce qu’on a appelé « environnementaliste ». C’est cette arme, telle que définie par le Club de Rome et d’autres, qui a le plus contribué à pousser l’Europe et les Etats-Unis à s’autodétruire. Elle a également contribué à l’oppression que l’Europe et les Etats-Unis ont imposée aux pays dits en voie de développement. C’est un monument d’idiotie non scientifique et anti-scientifique. Nous devons y mettre fin, si nous voulons survivre.

Au contraire, nous devons penser à ce qui est bon pour la planète du point de vue d’un scientifique à pied d’œuvre, déterminé à trouver une solution à tout problème qui se présente à lui ou à l’humanité en général. Si nous sommes prêts à nous débarrasser du mysticisme, du culte satanique de l’écologie, pour revenir à ce que l’Europe a représenté de meilleur, c’est-à-dire une mine de progrès technologique et scientifique, alors nous pourrons assurer à nos populations une éducation adéquate. Dès lors, nous pourrons réaliser beaucoup de choses, créer de nouvelles industries, par exemple.

Dans cette nouvelle ère, nous aurons besoin d’accords à long terme, vingt-cinq ou cinquante ans, entre nations, permettant la formation de capital. Nous pourrons mobiliser ce capital en accordant, avec l’aide des gouvernements, des prêts à long terme à des entrepreneurs et autres qui produiront les biens d’équipement nécessaires. Les taux d’intérêt de ces prêts devant rester bas, il nous faudra un système à taux de change fixes. En effet, avec des taux flottants, on ne peut pas envisager d’accords à long terme. Nous avons besoin d’accords entre deux ou plusieurs Etats, à échéance de vingt-cinq ou cinquante ans, servant de cadre global et couvrant une multitude d’accords et de projets plus modestes.

Ces accords font alors pratiquement office d’institution bancaire, permettant d’octroyer des prêts destinés à encourager l’objectif défini, en favorisant tel projet ou tel autre.

Voilà, je pense, le défi. En tentant de rapprocher les nations, au lieu de discutailler de tel ou tel point culturel, nous devons allons droit à l’élément le plus fondamental. L’espèce humaine est en danger ! Nous avons un intérêt commun, qui réside avant tout dans le développement - dans le développement et la gestion des ressources minérales de la planète, entre autres. Nous arrivons peu à peu au point où il n’existe plus de terres vierges à piller : il nous faut désormais développer tout ce dont nous avons besoin, en termes de ressources minérales.

Acceptons enfin cette tâche comme une tâche commune et passons des accords, dans le cadre d’un nouveau traité monétaire, dédiés à ces objectifs. Puis, regardons chacun de nos pays et voyons comment il peut contribuer au bien commun. De quelle manière, par quelle production, etc. ? Remettons les Européens au travail, à produire ce dont ils sont capables à condition d’être sauvés à temps. Remettons-les au travail ! Surtout dans le domaine des technologies de pointe où ils pourront produire ce qui est utile pour les pays émergents.

Définissons ceci comme l’objectif commun de l’humanité. Et au lieu de vouloir imposer un modèle culturel à l’Eurasie et au reste du monde, prenons plutôt la question qui définit au mieux notre intérêt commun unifié et utilisons-la comme base pour nous rapprocher, à travers des entreprises de coopération. Nous devons penser en termes de deux générations. Nous ne pouvons pas hypothéquer indéfiniment l’avenir, mais la responsabilité des cinquante prochaines années nous incombe. A condition de commencer maintenant, je crois que c’est la bonne solution.

C’est à cela que je vais travailler, depuis les Etats-Unis. Je me battrai pour cela. Ce sera un grand combat éducationnel , mais je pense que pouvons le gagner. Nous pourrons le gagner, non pas parce que les gens veulent être persuadés, mais parce qu’ils en sont venus à reconnaître qu’ils n’ont pas d’autre choix.

Le jour où ils se rendront compte que le système s’écroule, que les institutions qu’ils considéraient comme sûres ne le sont plus, ils vont hurler ! Si nous leur donnons alors la réponse, ils l’accepteront sans doute, alors qu’ils l’auraient refusée auparavant. Mais si nous ne fournissons pas la réponse, c’est le diable qui le fera !


Notes

1. Pour sortir de la logique folle de la destruction mutuelle assurée, Lyndon LaRouche proposa dès 1982 que les Etats-Unis et l’Union soviétique coopèrent dans la mise au point d’un système de défense anti-missiles balistiques, basé sur de nouveaux principes physiques à la pointe de la recherche scientifique. Un tel système rendrait « obsolètes » et inefficaces les missiles nucléaires. En mars 1983, dans une allocution télévisée, le président Reagan fit une offre à l’Union soviétique, allant précisément dans ce sens, baptisée IDS.

2. Le 6 janvier, lors du débat au Congrès sur la certification du vote des Grands électeurs, des députés et une sénatrice ont contesté les résultats, en raison des milliers de plaintes pour obstruction et fraude électorales.

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