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Les analyses de Jacques Cheminade

Les faucons américains menacés de Watergate

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Les faucons américains menacés de Watergate

Nous publions exceptionnellement cette semaine une analyse d’Edward Spannaus sur le precessus de watergate en cours à Washington, tirée du journal Nouvelle Solidarité

Il apparaît chaque jour plus évident que les renseignements concernant l’Irak ont été grossièrement manipulés dans le but de justifier la guerre. Le cabinet du vice-président Cheney et le Bureau des plans spéciaux du Pentagone y ont joué un rôle central.

Le 30 mai, le général David McKiernan, commandant des forces terrestres américaines en Irak, a déclaré, lors d’une conférence de presse à Bagdad, que « la guerre n’est pas finie ». En effet, on continue à tirer sur des soldats américains et les retraits de troupes prévus ont été annulés. L’approvisionnement en nourriture et les services ne fonctionnent toujours pas, et l’ordre est loin d’être rétabli. Dans une interview au USA Today du 3 juin, l’ancien secrétaire de l’Armée, Thomas White, récemment remercié par Rumsfeld, a critiqué les dirigeants civils du Pentagone pour leur refus de regarder la réalité en face, car celle-ci contredit leurs prévisions !

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que les interrogations sur la planification et l’orchestration « politique » de la guerre se multiplient, d’autant plus que, onze semaines après le début de l’invasion, on n’a toujours pas trouvé d’armes de destruction massive. Cela fait des mois que Lyndon LaRouche dénonce la manipulation systématique des renseignements concernant l’Irak de la part de membres du parti de la guerre dans le gouvernement et dans les services secrets. Au lendemain de l’embarrassant discours prononcé par Colin Powell à l’ONU, le 4 février, LaRouche fit une déclaration diffusée à des centaines de milliers d’exemplaires à Washington, qualifiant les affirmations du secrétaire d’Etat de « pure désinformation » ;. Depuis, ce point de vue est soutenu par un nombre grandissant de journalistes, d’hommes politiques et de militaires.

Diverses enquêtes ont été ouvertes aux Etats-Unis et une action au parlement britannique risque même de faire chuter le Premier ministre Tony Blair. Divers médias font aussi état des mensonges délibérés utilisés par le gouvernement Bush. D’ailleurs, le numéro deux du Pentagone, Paul Wolfowitz, l’a confessé sans aucune gêne, précisant que la question des armes de destruction massive n’était qu’une « raison bureaucratique » !

Actuellement, le « contre-coup » dirigé contre la clique Rumsfeld-Wolfowitz s’intensifie au point que certains estiment que « des têtes vont tomber ». Il serait en effet temps de purger le gouvernement américain de cette faction « impériale » et néo-fasciste qui prône la guerre permanente.

Tripatouillage de renseignements

La principale cible des enquêtes est une unité de renseignement relevant du Pentagone, spécialement mise sur pied par Rumsfeld peu avant la guerre. L’autre cible est la CIA elle-même qui a subi des pressions intenses pour produire des dossiers conformes aux désirs des faucons de Washington. D’ailleurs, la plupart des révélations sur la manipulation proviennent d’officiers du renseignement américains et britanniques, furieux d’une politisation aussi sordide de leur métier.

Fin mai-début juin, trois grands magazines d’actualité américains ont consacré des dossiers à cette fraude.

US News & Word Report décrit comment le secrétaire d’Etat, Colin Powell, a rejeté la rédaction initiale du discours qu’il devait prononcer devant le Conseil de sécurité, le 4 février, jetant même plusieurs feuillets en l’air en s’exclamant : « Je ne vais pas lire ça. C’est de la foutaise ! » Le document en question avait été rédigé par Lewis Libby, secrétaire général du bureau de Cheney, un straussien pur et dur qui prône la guerre préemptive dès 1991. Le texte a donc été travaillé et retravaillé pendant six jours. Finalement, exaspéré et ne voulant laisser planer aucun doute sur le rôle de la CIA dans la rédaction du document, Powell insista pour que son directeur, George Tenet, l’accompagne à New York et se tienne à ses côtés pendant sa présentation - ce qui a provoqué la colère de nombreux officiers, anciens et actuels, de la CIA.

Pour le magazine Newsweek, une « guerre civile » fait rage dans le gouvernement à propos de la falsification des renseignements. Il cite des analyses de l’Armée et du département d’Etat selon lesquelles les informations en question était « de la m... ». Selon Time, un officier du renseignement a déclaré que « Rumsfeld déformait profondément, presque pathologiquement, le renseignement ». A tel point que certains ont baptisé les ADM « armes de disparition massive ».

Enfin, dans le Washington Post du 5 juin, Walter Pincus cite de hauts fonctionnaires des services secrets, à propos des pressions exercées en particulier par Wolfowitz, Doug Feith et Tenet. Selon Pincus, Dick Cheney et son chef de cabinet, Lewis Libby, se sont rendus à plusieurs reprises au quartier général de la CIA pour discuter de l’analyse sur l’Irak.

Enquêtes en cours

Actuellement, trois enquêtes sont en cours ou en préparation. Toutes pourraient mener à la démission de responsables gouvernementaux et peut-être même à des poursuites judiciaires au criminel.

  1. La CIA a ouvert une enquête interne. Il semble que George Tenet ait nommé une équipe d’anciens analystes de la Centrale pour comparer les rapports préparés avant la guerre d’Irak avec ce qu’on a effectivement trouvé sur le terrain. Cette enquête devrait remonter jusqu’au « Bureau des plans spéciaux » du Pentagone, relevant du sous-secrétaire à la Défense, Douglas Feith, et de son adjoint, William Luti, et dirigé par un autre straussien avoué, Abram Shulsky.
  2. Le Foreign Intelligence Advisory Board du président (PFIAB), dirigé par l’ancien conseiller à la Sécurité nationale, Brent Scowcroft, enquête lui aussi sur l’ensemble des renseignements concernant l’Irak. Cette enquête a été ouverte à la demande d’anciens analystes de la CIA qui avaient envoyé une lettre ouverte à Bush le 1er mai, citée dans l’éditorial du New York Times du 26 mai.
  3. Les commissions parlementaires de supervision planifient aussi des enquêtes. Au Sénat, les républicains John Warner et Pat Roberts, respectivement présidents de la commission du Service armée et de la commission du Renseignement, envisagent de tenir des auditions communes. De même, les dirigeants de la commission du Renseignement de la Chambre comptent ouvrir une autre enquête et ont transmis à Tenet une liste de questions sur les sources et les méthodes de collecte des informations sur les ADM.

L’Armée contre Rumsfeld

Chez les militaires en uniforme, la grogne s’intensifie à l’encontre de leur ministre de tutelle, en raison du fiasco irakien. Il a été annoncé que la troisième division d’infanterie devrait rester plus longtemps que prévu et pourrait même être redéployée dans certains « points chauds » à l’extérieur de Bagdad. On rapporte que le moral est en baisse et que la division manque de pièces détachées pour réparer les équipements endommagés.

En outre, Rumsfeld n’a toujours pas trouvé de remplaçant au chef d’état-major de l’Armée, le général Eric Shinseki, dont le mandat expire le 11 juin. Le ministre n’a pas caché son mépris pour ce dernier, ancien combattant décoré du Vietnam. De son côté, le vice-chef d’état-major de l’armée a démissionné sans qu’on ait pu lui trouver un remplaçant. Plusieurs officiers pressentis ont refusé les deux postes car ils ne veulent pas se retrouver entre le marteau Rumsfeld-Wolfowitz et l’enclume que sont les officiers en uniforme.

Edward Spannaus

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