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Editoriaux de Jacques Cheminade

Mais où est donc l’opposition ?

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Par Jacques Cheminade

Nous sommes plongés dans une « sale guerre » en Afghanistan, porteuse de morts et de deuils. Au sein d’une désintégration financière mondiale, nous sommes frappés de plein fouet par la hausse des prix alimentaires et des carburants. Notre Président ne nous dit pas la vérité et l’opposition se tait ou s’en tient à des généralités idéologiques. Les vingt-et-une contributions générales du Parti socialiste en vue du Congrès de Reims comportent souvent des critiques intéressantes, mais presque rien sur les défis de ce temps. Comme si le monde réel n’existait pas, ou n’existait que comme une somme de choses disparates réunies en 250 pages.

Je m’adresse ici aux militants de l’opposition qui souffrent de cette absence. A ceux qui aiment leur parti, mais qui ne trouvent ni tête, ni projet alternatif, ni même stratégie. La contribution de Martine Aubry et de Pierre Mauroy dit bien : « Nous donnons trop aujourd’hui l’image d’un Parti plus préoccupé de lui-même que de la détresse des gens. » Cependant, aucune voix forte ne s’élève pour relever le vrai défi, comme l’aurait fait un Jaurès.

Qui dénoncera l’opération anglo-américaine sans prendre de gants ? Qui osera dire que le géorgien Mikhaïl Saakachvili a été encouragé à bombarder les populations civiles d’Ossétie du Sud par l’oligarchie qui tient Londres et Washington ? Qui dénoncera George Soros et son associé financier Lord Malloch Brown, qui ont installé Saakachvili au pouvoir, après avoir promu Otpor en Serbie et la Révolution orange en Ukraine ? Qui dira que ces mêmes hommes ont organisé et soutenu financièrement la campagne de Barack Obama ? Qui rappellera à Nicolas Sarkozy qu’il a trahi sa promesse électorale de rappeler les forces françaises déployées en Afghanistan, mais qu’il a au contraire accru notre engagement, en l’annonçant à Londres ? Qui dira le risque d’une « crise des missiles de Cuba » en Europe si on laisse l’OTAN annexer militairement l’Ukraine et la Pologne ?

Dans toutes les contributions, la politique internationale n’est qu’un élément parmi d’autres. Surtout, aucune d’elles ne montre une compréhension de l’opposition entre gestion monétaire et développement de l’économie physique. C’est pourquoi les députés socialistes ont majoritairement dit « oui » à un Traité européen simplifié qui empêche toute initiative de rupture avec le capitalisme financier et bloque l’émission de crédit productif public permettant de financer de grands projets à l’échelle européenne et eurasiatique.

La contribution transcourant de Pierre Larrouturou est la seule qui parle de la réalité et propose un Nouveau Bretton Woods comme pilier d’un changement d’ordre international. « Changer ! », celle de Marie-Noëlle Lienemann, refuse la logique du système capitaliste financier transnational. « Reconstruire à gauche » de Laurent Fabius, « Reconquêtes » d’Hamon-Emmanuelli, « Réinventer la gauche » de Jean-Luc Mélenchon et « Combattre et prospérer » de Ségolène Royal portent des analyses utiles.

Cependant, personne n’offre aux militants ce en quoi Jaurès voyait l’essentiel : « Ce courage de chercher la vérité et de la dire. » Contre cette oligarchie qui porte la guerre, aujourd’hui comme en 1914.

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