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Les éditoriaux de Jacques Cheminade

Martine Aubry et la logique Kessler

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Ainsi, M. Jospin est intervenu auprès du baron Seillère, son camarade de promotion à l’ENA, et, dans le meilleur des mondes bureaucratiques, l’on est parvenu à un accord sur la nouvelle convention Unédic.

Cet accord n’est pas en lui-même désastreux, considérant d’où l’on était parti. Les emplois proposés au chômeur devront correspondre à « ses capacités professionnelles, à ses qualifications résultant de ses diplômes, de ses acquis ou de son expérience professionnelle », ce qui constitue une garantie acceptable contre toute tentative de déqualification. L’Etat devient seul maître des sanctions qui, le cas échéant, frapperont les chômeurs « ne justifiant pas d’actes positifs de recherche d’emploi ».

Cependant, l’engrenage dans lequel le gouvernement a accepté d’entrer est inadmissible. Tout d’abord, l’Etat (20 milliards), le patronat (22 milliards) et les salariés (21 milliards), sous forme de baisse de cotisations, se sont servis dans les caisses du régime. La réaffectation aux chômeurs n’a pas été le souci majeur des partenaires. Ensuite, la logique même du système se trouve bouleversée : on remplace un droit à l’indemnisation du fait du chômage, considéré comme une injustice, par un contrat assorti de conditions. Le chômeur doit en effet obligatoirement signer un plan d’aide au retour à l’emploi (PARE) pour bénéficier des allocations, sans que soit précisée la nature du contrat qui lui sera proposé : CDI, mais aussi un CDD ou un « contrat de mission » d’une durée de 18 mois à 5 ans, nouveauté introduite par le Medef. L’accord ne précise pas les institutions chargées de piloter le PARE et les entreprises de travail temporaire font valoir leurs prétentions et leur appétit. Enfin, bien que sous une forme atténuée, c’est bien la « logique Kessler » du Medef qui se met en place : ôter à l’Etat le rôle social qu’il avait acquis en 1936, lors des accords de Matignon.

Certes, Martine Aubry et ses collaborateurs ont chanté l’Internationale, mais Seillère et Kessler ont dû rire plus fort qu’eux. Surtout que les 35 heures, loi du marché oblige, ont abouti à la flexibilité du travail, à l’annualisation et à un gel des salaires : 47% des salariés sont sous le coup d’un blocage et 28% bénéficient d’augmentations modérées.

Aujourd’hui, ces salariés se révoltent. Si les employeurs cèdent, l’on aboutira à l’inflation. S’ils résistent, le pouvoir d’achat d’effondrera et la consommationne nourrira plus la machine.

Alors, comment sortir du dilemme ? Par le haut, c’est-à-dire par une politique de combat à l’échelle internationale et européenne, rétablissant les droits du travail et de la production. Martine Aubry, depuis Lille, deviendra-t-elle le symbole de cette politique ? Mènera-t-elle un combat contre les contraintes financières qui l’on tant frustrée quand elle était ministre ? Si elle en avait l’audace, elle pourrait être le troisième homme de la scène française.

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