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Les analyses de Jacques Cheminade

Nouvelle donne au PS : une promesse à tenir

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Dans un texte publié le 18 juillet dans Libération, onze ministres et dirigeants socialistes proches de Lionel Jospin ont présenté une contribution en vue du congrès de leur parti, promettant une « nouvelle donne », le renforcement et la réforme de l’Etat et « l’effort en faveur des plus démunis ». D’un point de vue stratégique, il s’agit d’un rejet clair et net de la « troisième voie » de Tony Blair, ainsi que du modèle néo-libéral présenté par les deux candidats « officiels » à l’élection présidentielle américaine, Al Gore et George Bush. Nous considérons que, malgré ses limites, il s’agit d’un document prometteur, d’autant plus qu’il faut le considérer dans le contexte actuel de tensions entre socialistes français et cercles « mondialistes » anglo-américains.

Le texte reconnaît que « le marché ne peut en aucun cas être le tout de l’économie » et « encore moins le tout de la société » car « les principes sur lesquels il se fonde imposent la loi du plus fort et excluent toute solidarité ». Il établit donc que « le rôle de l’Etat est fondamental et ne peut se résumer à celui de régulateur ou d’animateur. Il doit assurer ses missions fondamentales : la garantie de l’égalité des chances, de l’intérêt général, de la cohésion sociale, des nouvelles sécurités et de nouveaux droits. L’Etat et les services publics sont producteurs de lien social et créent un environnement favorable au développement économique ».

Certes, de telles affirmations auraient paru relativement banales pour un vrai socialiste d’il y a trente ans, mais aujourd’hui, elles tranchent sur le climat général de compromissions. D’autant plus que Martine Aubry et Laurent Fabius ont eu le courage de rejeter la convention d’assurance-chômage du Medef et de la CFDT-CFTC, contrecarrant un terrible recul social et montrant, sur le terrain, qu’ils entendaient faire prévaloir la loi de l’Etat sur un contrat inégal. Les cris d’orfraie de la droite financière, du RPR au RPF en passant par l’UDF, de Bayrou à Devedjian et de Devedjian à Pasqua, montrent bien que cette question représente un enjeu très important.

Le texte des amis de Lionel Jospin insiste également sur « l’effort en faveur des plus démunis » qui « doit demeurer le première priorité des socialistes et de la gauche ». Martine Aubry, en présentant « une stratégie de lutte européenne contre l’exclusion » et en défendant l’inclusion de droits économiques et sociaux dans la future charte européenne des droits fondamentaux, intégrée dans le traité de l’Union (UE), à l’opposé des thèses traditionnelles britanniques, met des actes derrière cet engagement. La lutte contre « les discriminations qui se manifestent dans nos pays » va dans le même sens.

Enfin, conformément à la proposition de taxe Tobin évoquée à nouveau par Lionel Jospin et Laurent Fabius, le texte souligne que « la nouvelle donne économique a mis aussi en lumière la nécessité de mieux contrôler les flux financiers et de les faire contribuer à une redistribution plus équitable de la richesse produite. C’est pourquoi nous devons, au niveau européen et international, trouver les moyens de mettre en place rapidement une taxe sur les mouvements financiers ».

Cela est d’autant plus intéressant, nous l’avons dit, que sur un sujet humainement et symboliquement fort, comme la peine de mort, près de deux cents députés, dans un texte inspiré par le socialiste André Vallini (Isère), ont adressé une lettre aux membres du Congrès américain leur demandant de « bannir ce châtiment ». Ce texte tranche sur les sinistres déclarations d’Al Gore et de George Bush, favorables, elles, à la loi du talion. De plus, dans une autre lettre adressée à Bill Clinton, la présidence française de l’UE a appelé les Etats-Unis à décider un moratoire sur les exécutions capitales fédérales.

Enfin, hommage du vice à la vertu, Margaret Thatcher s’en est virulemment prise à la France, dans une conférence donnée à la très droitière Hoover Institution de Stanford (Californie), en qui elle voit « l’origine de toutes les tentatives pour réduire l’influence américaine en Europe ». Elle a dénoncé « la folie de grandeur » qui inspirerait notre pays, pensant sans doute au « non » opposé à Varsovie par Hubert Védrine à sa collègue Madeleine Albright, du même tonneau oligarchique.

En conclusion, les amis de Lionel Jospin prennent un nouveau - et bon - départ, surtout si l’on compare leurs actes et leurs déclarations à celles d’une droite désormais à la remorque du capital financier. Cependant, pour réellement proposer une « nouvelle donne » (traduction française du « New Deal » de Roosevelt), il leur reste à mener leur combat sur le point fondamental, la mise en place d’un nouvel ordre économique et monétaire international, et affronter « les trafiquants d’argent » à visage découvert.

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