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Les interventions de Lyndon LaRouche

Obama/Santé : LaRouche en dialogue avec le Congrès

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3 août 2009 (Nouvelle Solidarité) – Après la campagne lancée par Lyndon LaRouche en mai, dénonçant le projet de triage humain derrière la réforme de la santé menée par la Maison Blanche, de nombreux élus, éditorialistes et citoyens ont repris ses arguments. A tel point que l’opinion américaine s’est subitement retournée contre Obama. Promouvoir l’euthanasie et le rationnement des soins alors que le Président a poursuivi la politique de renflouement de son prédécesseur (24 000 milliards de dollars distribués à Wall Street) n’était pas très malin. Avec ce revers institutionnel et la population qui gronde, il y a désormais la possibilité de changer du tout au tout l’orientation de l’administration américaine.

Lors de sa conférence internet de samedi, Lyndon LaRouche a poursuivi son dialogue avec les institutions. Nous publions ici sa réponse à une question venant de l’une des trois commissions de la Chambre des représentants chargées d’examiner le projet de loi sur la réforme de la Santé menée par la Maison Blanche.

Question : « Il ne fait aucun doute que le projet de Comité de contrôle médical [*] est une politique nazie. Nous pouvons débattre éternellement des avantages et des inconvénients de cette réforme, mais nous devons voir la réalité en face : l’intention de cette réforme n’a jamais été d’accorder à la majorité des Américains un accès adéquate aux soins. Le débat n’en est que plus grotesque. La proposition que nous voulons soulever au moment de la reprise des débats en septembre, même si je ne peux pas vous garantir qu’elle le sera, consiste à dire ouvertement mais avec diplomatie, que cette réforme, c’est de la foutaise. Pour résoudre la crise du système de santé, il n’y a qu’une seule solution viable : mettre en place une couverture maladie publique pour tous les américains. Le coût serait bien moindre que celui de la réforme actuelle et il n’y aurait pas besoin de rationner les soins. Qu’en pensez-vous ? »

LaRouche : « Il suffit de supprimer les HMO [**]
et de revenir à la politique de Hill-Burton [***] . Nous avons aujourd’hui besoin de construire des hôpitaux dans tout le pays, comme nous l’avons fait par le passé avec cette loi qui fixait des objectifs chiffrés en matière d’infrastructure médicale.

Sans être aussi violent que ce que tente de faire Obama, les HMO sont un système fasciste ayant confié la santé aux compagnies d’assurances pour qu’elles puissent traire les malades.

Le système Hill-Burton est bien moins coûteux et les hôpitaux publics sont bien plus efficaces qu’un système privé. A chaque fois que l’on met un tourniquet dans lequel il faut mettre de l’argent pour pouvoir passer, on diminue d’autant l’efficacité d’un dispositif. Le concept de la loi Hill-Burton, mise en place en 1946, s’est inspiré de l’expérience militaire de la deuxième Guerre mondiale, où il fallait dispenser des soins gratuits à une armée de 17 millions de personnes.

Les compagnies d’assurances, elles, ne font que piller les malades ; il faut s’en débarrasser ! Et aujourd’hui, la réforme Obama est un crime contre l’humanité, tout comme l’a été la réforme de la santé de l’Allemagne nazie. Même si l’activité des HMO est protégée par la loi, elles doivent être mises en examen pour pratiques frauduleuses. Ce n’est pas parce qu’une chose est légale qu’elle est forcément bonne. C’est le cas des loi Hitler sur la santé : elles étaient légales mais absolument néfastes, comme le projet de loi d’Obama.

Quoi qu’il en coûte, les standards Hill-Burton doivent être appliqués pour garantir l’infrastructure de santé sur tout le territoire. Chaque comté doit être équipé, car les gens doivent pouvoir être soignés près de chez eux, surtout si c’est une urgence, sans avoir besoin d’être transportés vers une autre ville.

Nous devons également avoir une ambition technologique dans le système de soin. Nous devons penser à l’avenir. La population mondiale s’accroît, de nouvelles maladies apparaissent, il y a grand besoin d’une médecine de pointe. Beaucoup de gens meurent alors qu’ils auraient tant à apporter ; nous devons faire en sorte que tout le monde se porte bien. Mais Obama ne comprend pas cela. Il n’a aucune idée de la valeur d’une vie humaine et il ne comprend pas que chaque personne a quelque chose à apporter. Les êtres humains sont ce qu’il y a de plus précieux sur cette terre. Plus il y a de gens, mieux c’est, à condition qu’ils puissent se développer, tant dans le corps que dans l’esprit. C’est notre responsabilité.

Chaque fois qu’une personne meurt, quelque chose disparaît avec elle. C’est une contribution de perdue pour la société. Certaines maladies rendent les gens incapables de participer socialement, seulement parce qu’ils n’ont pas reçu les soins médicaux adéquats ou que l’on n’a pas encore développé les techniques permettant de les soigner. A chaque fois, nous perdons un esprit et un savoir-faire. Ce n’est pas acceptable. Comme dans tout, nous devons nous tourner vers l’avenir : il faut penser 50 ans en avance.

Prenez l’exemple de l’espace. Le programme Apollo a permis de développer un très grand nombre de technologies et pour chaque dollar investis dans le programme spatial, il y avait 10 dollars de retombées dans l’économie civile. Nous devons donc penser la science et la médecine en nous projetant 50 ans en avant, et considérer les efforts nécessaires pour envoyer des hommes dans l’espace. Dans un environnement où les champs magnétiques et gravitationnels sont différents, les conditions de vie changent et deviennent relatives ; c’est dans ce type d’environnement que nous sommes à la frontière de la découverte et que nous pouvons donner une ambition à la médecine et à la science.

Cette orientation vers l’avenir définit la philosophie de notre politique de santé ici, que nous devons appliquer sous la forme des critères Hill-Burton garantissant le maillage sanitaire du territoire. Voilà la seule dépense qui vaille. »


Suivre : La révolution citoyenne qui nous arrive des Etats-Unis



[*« Conseil indépendant de médecins et d’experts de la santé », voulu et nommé par la Présidence, qui déciderait de l’accès aux soins en fonction de critères coût-efficacité. Cette mesure est une copie conforme du tristement célèbre Tiergarten-4 imposé en 1939 par Adolf Hitler et pour lequel les Nazis furent jugés à Nuremberg. (Plus de détails ici.)

[**Instauré en décembre 1973 sous l’administration Nixon, le système HMO (Health Maintenance Organization) visait à limiter les dépenses de santé tout en confiant la gestion, et donc le profit, aux assureurs privés. La rationalisation stricte des procédures médicales, visant à diminuer le nombre d’actes et donc les dépenses, a conduit à l’exclusion de millions d’américains du système d’assurance maladie. D’autre part, environ 30% du montant total des dépenses de ce système sont dus aux frais d’administration privée (procédures administratives, salaires et bonus des cadres exécutifs, dividendes des actionnaires).

[***Instaurée en 1946, la loi Hill-Burton était destinée à procurer les fonds nécessaires pour que chaque État atteigne 4.5 lits d’hôpitaux pour 1000 habitants. L’objectif fut finalement atteint en 1975, avant que le système dérégulé des HMO ne fasse le travail inverse, ramenant le nombre de lits à 3 pour mille aujourd’hui, avec 2000 hôpitaux de moins qu’en 1975.

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