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Les Editoriaux de Jacques Cheminade

On détruit la solidarité

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Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade-le-sursaut.org.


Le « trou » de la Sécurité sociale va plus que doubler cette année (23,5 milliards d’euros) et tripler en 2010 (30,6 milliards). Les collectivités locales limitent leurs dépenses et accroissent la pression fiscale. Le pouvoir laisse entendre que dans les deux cas il s’agit de surcoûts et de mauvaise gestion. Il tente de profiter de la situation pour imposer des « réformes » qui conduisent à détruire l’idée de solidarité et la conception du service public dans la politique de la santé et l’aménagement du territoire.

Que fait l’Etat pour combler le fameux « trou de la Sécu » ? En 2008, il a imposé les « franchises médicales », qui obligent les malades à rembourser 0,50 euro par boîte de médicament, 0,50 euro par acte infirmier et 2 euros par transport sanitaire. S’ajoutent 1 euro de « participation » sur les consultations, le forfait de 18 euros pour les actes techniques dont la valeur dépasse 91 euros, le forfait hospitalier à 16 euros et les déremboursements de médicaments. En 2009, le gouvernement ajoute encore l’augmentation du tarif hospitalier de 16 à 18 euros et le déremboursement des médicaments considérés comme à efficacité « faible ou insuffisante ».

Tout cela est scandaleux. En effet, le total ainsi économisé pour 2008 est de 2460 millions d’euros auxquels s’ajouteront quelques centaines de millions en 2009, ce qui n’est rien par rapport aux déficits prévus de 23,5 et 30,6 milliards ! Un médicament comme le paracétamol, préconisé pour le traitement de la grippe A, sera déremboursé ! On marche sur la tête… des malades. Car le déficit de la Sécu est dû fondamentalement à deux choses : le chômage, qui signifie moins de rentrée de cotisations, et les exonérations de charges sociales accordées aux entreprises. Celles-ci s’élèvent à 20 milliards d’euros chaque année, soit l’équivalent du déficit de la Sécu en 2009. L’Etat s’était engagé à compenser cette perte par le produit de taxes. Il ne l’a presque jamais fait. Alors, ce gouvernement met les malades à l’amende et inflige des souffrances indues au bénéfice de qui ? Des intérêts financiers que par ailleurs il renfloue sans vergogne : les assurances complémentaires bénéficieront ainsi du marché des « malades rentables ».

Que fait l’Etat pour les collectivités locales, qui représentent près des trois quarts (73%) de l’investissement public ? Comme la Sécu et les malades, il les étrangle. Il se décharge sur elles de pans entiers de ses responsabilités, qu’il compense financièrement au départ mais sans leur transférer par la suite ce qui correspond à une hausse des charges (plus de RMI, plus de dépenses sociales). Il va même jusqu’à ne plus payer ses dettes et, en supprimant la taxe professionnelle, il va les priver d’une recette majeure. Les conseils généraux, qui ne peuvent recourir à une fiscalité supplémentaire, devront tailler dans les dépenses. Le gouvernement joue ainsi sur l’impopularité qui en découlera aujourd’hui pour eux, tout en instaurant demain un suffrage à un tour qui, espère-t-il, favorisera la droite.

Pendant ce temps, l’Etat se fait rembourser par la BNP-Paribas, qu’il a renflouée, au prix le plus bas de ses actions, enregistrant ainsi un manque à gagner de 6,5 milliards par rapport à leur prix actuel. Il ouvre à la concurrence les jeux et paris en ligne, rompant avec la tradition mutualiste du PMU pour introduire le système britannique du bookmaker, l’opérateur définissant la « cote fixe » à son gré vis-à-vis des joueurs. Nous devons arrêter la farce.

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