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Les éditoriaux de Jacques Cheminade

Par delà le CPE

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Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade2007.org, et consitutent le principal regard du candidat à la présidentielle de 2007 sur l’actualité française et internationale.

« Retrait du CPE, retrait du CPE ! » clamaient les manifestants de ce beau samedi de mars. Parents, professeurs et enfants se sont ainsi mobilisés contre un discours politique qui considère les jeunes comme une charge pour la société, une variable d’ajustement du marché du travail, et non une ressource d’avenir.

Il est nécessaire, en effet, de dire « non ». Il est inadmissible que des éditoriaux comme celui du Figaro magazine puissent assimiler la défense d’un emploi qualifié et sûr à un « conservatisme » ou à un « rancissement ». Il est inadmissible que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal fassent l’éloge de Tony Blair alors qu’il cherche à enterrer l’éducation publique de son pays. Cependant, il faut tout de suite aller plus loin. Le CPE est le résultat d’une histoire : sa matrice est la faillite de la politique économique et sociale de la droite, mais aussi de la gauche, de ces trente dernières années.

C’est cette politique qu’il faut changer, jusque dans ses axiomes de base, en France, en Europe et dans le monde. La France a besoin d’un projet mobilisateur, qui réoriente l’argent vers l’équipement et l’investissement productif dans la recherche, l’éducation et la santé publique. Ce projet doit conjuguer une politique étrangère de développement mutuel de tous, pays et peuples, à une politique intérieure fondée sur l’essor des facultés créatrices de chacun.

Il suppose une rupture, pas vers un libéralisme musclé rallié à un « ordre impérial », mais pour une réorientation de l’argent vers l’équipement économique et la justice sociale. Pas la rupture de MM. Sarkozy, Villepin, Baverez ou Morseille, mais celle que nous proposons ici.

Les signes que l’enjeu dépasse de loin le CPE sont partout : Outreau, les procès des HLM de Paris et de la MNEF montrent que notre justice opère sous la règle du deux poids deux mesures, frappant les faibles et épargnant les politiques. La fusion Suez-GDF signale que le gouvernement s’assoit sur la promesse inscrite dans la loi d’août 2004 selon laquelle 70 % de GDF resteraient publics. Il est vrai que dans sa gestion de GDF, M. Gadonneix s’est déjà comporté en opérateur privé, ne renouvelant pas comme prévu les canalisations en fonte, comme en témoignent les morts de Dijon et de Mulhouse. Tant pis si M. Messier revient sur la scène sans la moindre gêne, si François Roussely a accumulé 5 milliards de pertes dans la filiale d’EDF au Brésil et si Anne Lauvergeon gère Areva avec les néo-conservateurs américains : tous occupent des emplois protégés, sous réserve de complicité financière.

Ce monde se défendra, il va jouer le pourrissement et le chaos. C’est pourquoi il ne faut pas tomber dans la provocation de la violence et du sujet en lui-même, que ce soit le CPE ou tout autre. Il nous faut un monde sans CPE, ni FMI, ni Banque centrale européenne, avec un horizon positif rassemblant les efforts de tous ceux qui veulent servir le bien commun et les générations futures. Cela s’appelle l’espoir, et c’est le pire ennemi d’une oligarchie financière qui nous voudrait pessimistes et haineux, c’est-à-dire impuissants.

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