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« N’ayez pas peur » de l’Europe, nous a lancé Jacques Chirac dans son intervention télévisée du 14 avril. Ce faisant, il a volontairement confondu l’Europe dans son sens historique et culturel avec l’Europe de la « Constitution », et pour défendre cette dernière, il a fait lui-même de la peur son premier argument. Le chantage est clair : si nous votions non, la France cesserait d’exister politiquement, il n’y aurait plus de politique agricole commune et une Europe désintégrée ne pourrait pas se défendre vis-à-vis des Etats-Unis.

Nous avons vu (cf. analyses de Jacques Cheminade, « Dix arguments du oui face aux faits ») que ces considérations sont sans objet. Les partisans du non, de leur côté, perdent souvent toute crédibilité en ne présentant aucune alternative. Nous l’avons fait dans nos numéros précédents. Ici, nous entendons rappeler quatre points fondamentaux :

  1. Pour le long terme, l’Europe doit construire un espace européen de recherche, en multipliant les coopérations dans tous les domaines de pointe.
  2. Pour se donner une substance, l’Europe doit s’engager dans une politique de grands travaux. Afin de les mettre en oeuvre, en évitant les dilutions de pouvoir, des délégations de souveraineté doivent être consenties au cas par cas en faveur d’un responsable unique. Il ne s’agit pas d’une martingale institutionnelle, mais d’une organisation des pouvoirs en vue de travailler à des projets réels, dans un espace politique et culturel homogénéisé par eux.
  3. Pour bâtir ce socle européen, des moyens financiers adéquats sont nécessaires, de l’ordre de 200 milliards d’euros pour faire décoller la recherche et de 1000 milliards d’euros par an pour les grands travaux. Afin de mobiliser de telles sommes, l’impôt et l’emprunt sont insuffisants. Des crédits productifs publics sont donc nécessaires, engageant l’Etat et les banques nationales. Le remboursement sera gagé sur les gains de productivité induits dans le futur par les grands travaux eux-mêmes. (C’est la notion de « paiements différés » du plan Marshall.)
  4. Dans la phase terminale actuelle de la crise financière et monétaire internationale, l’Europe doit faire du nouveau Bretton Woods sa grande cause, faute de quoi elle ne serait pas en mesure de se constituer ellemême dans un environnement hostile.

Sans ces quatre engagements, étroitement reliés entre eux, l’Europe ne peut exister. Or la Constitution européenne empêche de les mettre en oeuvre. Par ses articles III-181 et III-188, elle interdit en effet deux choses essentielles : l’émission de crédit public productif, en reprenant les articles 104 et 109 de Maastricht, et l’intervention des institutions de l’Union européenne et des Etats membres auprès de la Banque centrale européenne et des banques centrales « nationales ».

Nous n’avons pas peur de l’Europe. Au contraire. C’est pourquoi nous voterons non à cette pseudo-Constitution castratrice, en exigeant l’extension des pouvoirs de la puissance publique, européenne et nationale, pour susciter, animer et défendre la raison d’être de notre continent.

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