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Les analyses de Jacques Cheminade

Politisation des retraites : le baron Seillière contre l’Etat-nation

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L’accord sur les retraites conclu entre le Medef et la CFDT-CFTC n’est, dans la stratégie du baron Seillière et de Denis Kessler, son Leporello, qu’une étape dans une « refondation sociale » visant à saper les fondements même de l’Etat-nation républicain, pour lui substituer un « ordre paritaire » contrôlé par les féodalités de la bancassurance.

Dans la formulation de son texte du 10 février sur les retraites, le Medef « mouille » les syndicats signataires dans son bras de fer avec les pouvoir publics en leur faisant signer une liste de « principes » sur lesquels devrait reposer la « réforme du régime de base par le législateur » :

1) Il n’y aura pas un sou de plus pour les retraites. Le principe est de « stabiliser les taux de cotisation pour les dix ans à venir ».

2) La prolongation des durées de cotisation et de l’âge de la retraite est établie. Le principe est de « privilégier la variable de la durée de cotisation pour l’accès à la retraite à taux plein ».

3) Certes, le Medef reconduit l’ASF et les pensions à taux plein seront assurées jusqu’au 31 décembre 2002. Le pouvoir d’achat des retraités est garanti. Mais les « concessions » (qui, en fait, ne font qu’entretenir l’acquis) sont à double ou triple tranchant :

  • l’accord, à peine signé, va devoir être rediscuté, juste après les présidentielles ;
  • l

  • e texte prévoit « la nécessité de chercher un traitement équitable avec tous les salariés » - ce qui vise à faire passer de 37 ans et demi à 40 ans le régime des fonctionnaires ;
  • les entreprises garderont dans leurs poches l’équivalent des 9 milliards de francs de cotisations non versées à l’ASF pendant le premier trimestre 2001 ;
  • en admettant que le financement des retraites pose problème, Nicole Notat s’est érigée en auxiliaire du Medef pour vendre les retraites par capitalisation (cf. le numéro précédent de Nouvelle Solidarité).

Bref, les thèses patronales rejetées lors de la mobilisation du 25 janvier figurent dans cette injonction au gouvernement, que la CGC, FO, et la CGT ont eu totalement raison de ne pas signer.

Cependant, plutôt que de s’en tenir au sujet lui-même, il faut voir, au-delà, le contexte dans lequel il s’inscrit. En s’appuyant sur les « syndicats collaborateurs », le Medef invoque le « paritarisme » pour mieux combattre l’Etat. Le baron Seillière a clairement dit, le 6 février, dans un salon de l’hôtel Royal-Monceau, à Paris, qu’ « il y a en France trop de politique, trop d’Etat, trop de réglementations, trop de prélèvements ». Le relais « intellectuel » de cette philippique se trouve assuré dans Notre Etat, le livre vérité de la fonction publique, par Roger Fauroux, Bernard Spitz et quelques « gens majoritairement de gauche », de Pierre Joxe à Francis Lorentz. Fauroux nous dit clairement dans Le Figaro magazine du 10 février : « Nous souhaitons voir intégrer la réforme de la fonction publique dans l’extraordinaire mouvement de modernisation (sic) qui a touché pratiquement tous les secteurs de notre société durant ces dernières décennies ».

Retraites, retraites de la fonction publique, fonction publique : ici, l’objectif est clair. Pour l’atteindre, Seillière passe par dessus la tête de l’Etat et des syndicats, et s’adresse à la vox populi du pays. Au « pays réel » par-delà le « pays légal » : on connaît la chanson. Elle se chante dans les périodes de crise monétaire et financière, pour substituer les féodalités à l’Etat. Kessler et Notat, même combat. Pour eux, c’est aux partenaires sociaux de tout régler, en dehors de l’Etat, dans la société civile : le meilleur des mondes d’un fascisme à la carte et new look.

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