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Les éditoriaux de Jacques Cheminade

Puanteurs cruelles

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« Loft Story » sur M6 : cinq femmes et six hommes vivant ensemble pendant soixante-dix jours, « coupés du monde et sous les yeux des téléspectateurs et des internautes. Les téléspectateurs décideront de l’élimination progressive des candidats, le « couple » vainqueur remportant une maison d’une valeur de 3 millions de francs : vox populi, pouces abaissés et cupidité à tout va. » On peut éteindre la lumière dans les chambres, mais grâce aux caméras à infrarouge, on ne ratera rien des nuits calmes ou agitées. « Les réactions des familles seront abondamment mises à contribution », ajoute le présentateur avec une bouche gourmande. Chacun chez soi, le sexe par procuration et l’argent à la clé.

Le pire est que, pour trouver des candidats-cobayes, le producteur n’a rencontré aucune difficulté : trente huit mille personnes, entre 18 et 35 ans, ont souhaité participer à ce « jeu ». Le jeudi 26 avril, ils ont été vus par 5,2 millions de personnes représentant 26,1% des parts de marché.

En même temps, la fiction contaminant la réalité, c’est un autre jeu qui se met en place pour avril 2002. Dans celui-ci aussi, les candidats se bousculent au portillon pour « émerger dans les médias ». Le vainqueur recevra les clefs de la maison-France. Les coups sont portés au-dessous de la ceinture et il est prévu de laisser les idées au vestiaire.

Donner à voir son meilleur profil, bien communiquer en savonnant la planche des autres sont les règles du jeu.

A ma droite, celui qu’on appelle « Chirac » joue à fond « l’extrême-gauche »pour priver son adversaire d’un segment de marché. C’est le pâle imitateur d’un prédécesseur plus inventif, connu sous le nom de « Mitterrand », qui promouvait le Front national au beau temps des roses parfumées. A ma gauche, celui qu’on appelle « Jospin »joue la carte surannée de l’honnêteté, du devoir et de la rigueur, en espérant gagner « au centre »et ne pas perdre « à gauche ». Sa position est incommode.

Divers autres rôles de composition alimentent la scène, sur laquelle chacun espère devenir « le troisième homme », en se positionnant suivant l’opinion des électeurs. Les juges sont chargés d’accrocher les casseroles, et les journalistes de les faire tinter.

Pendant ce temps, le Titanic de l’économie mondiale s’est mis à couler, les quinze « maintiennent leur optimisme réaliste sur la croissance européenne », mais cet autre spectacle est jugé sans intérêt en termes d’audimat. On a éteint les lumières dans les chambres, et les acteurs - ceux qui sont dans la boîte comme ceux qui sont au dehors - ne voient pas l’eau monter. C’est cependant elle qui sera bientôt juge. L’avenir appartient à ceux qui annoncent la fin de séance, montrant la sortie de secours et apprêtant les canots de sauvetage.

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