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Les écrits de Lyndon LaRouche

Rétablir la Constitution irakienne

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La Constitution de 1958


L’histoire des constitutions irakiennes remonte aux années 1920. Après avoir rejeté le mandat britannique et s’être libérés du colonialisme dans les années 50, les Irakiens ont établi une nouvelle Constitution en 1958.

L’Irak moderne a connu plusieurs constitutions. La première, en 1925, établit une monarchie constitutionnelle. En 1958, suite à la révolution du mouvement des officiers libres, dirigé par le général Abd el-Karim Kassem, la monarchie est renversée, la République proclamée et une nouvelle constitution adoptée. En 1963, suite à un coup d’Etat du parti Baas, Kassem est renversé et assassiné et, cinq ans plus tard, l’Irak adopte une autre constitution. Une nouvelle version de celle-ci est rédigée en 1990, donnant le pouvoir au Conseil du commandement de la Révolution, dont le président devient automatiquement Président de la République. Mais ce projet ne sera jamais ratifié et le référendum constitutionnel prévu pour le début des années 90 est annulé à cause de la guerre et de ses suites. Un référendum a bien lieu en 1995, élisant Saddam Hussein à la présidence.

C’est à la constitution de 1958, « forgée dans la lutte contre l’oppression » et établissant la République, que se réfère LaRouche dans son appel du 28 novembre reproduit ci-dessus. Les 29 articles de ce document établissent les bases de la République :

On peut y lire : « L’Etat irakien est une République souveraine indépendante [et] fait partie intégrante de la nation arabe. (...) La structure de l’Irak se fonde sur la coopération mutuelle entre tous ses citoyens, le respect de leurs droits et la protection de leur liberté. » Il y est notamment spécifié : « Les Arabes et les Kurdes sont considérés comme partenaires dans cette Nation et leurs droits nationaux à l’intérieur de l’unité irakienne sont reconnus par cette Constitution. » Il est précisé que l’islam est la religion de l’Etat.

Après avoir défini la capitale, le drapeau, etc., le texte stipule : « Le peuple est la source de tous les pouvoirs. (...) Les citoyens sont égaux devant la loi dans leurs droits et obligations publiques et aucune distinction entre eux n’est admise pour des raisons de race, d’origine, de langue, de religion ou de croyance. » Concernant les libertés civiles : « La liberté de pensée et la liberté d’expression sont garanties et doivent être définies par la loi. (...) La liberté individuelle et l’inviolabilité du domicile sont sauvegardés et ne pourront être enfreintes que suivant les nécessités de sécurité publique. (...) La liberté religieuse est sauvegardée et les rites religieux doivent être respectés, à condition qu’ils ne troublent pas l’ordre public ou ne soient pas contraires à la morale publique . »

Puis viennent les questions économiques et de défense : « La propriété privée est sauvegardée. Son rôle social est défini par la loi et elle ne doit pas être saisie, sauf en cas d’intérêt public et contre compensation équitable prévue par la loi. (...) La propriété agricole doit être limitée et régulée par la loi. (...) La défense nationale est un devoir sacré et le service militaire est une source de fierté nationale. Ceci est régulé par la loi. (...) Les forces militaires de la République d’Irak appartiennent au peuple et ont pour fonction la sauvegarde de la souveraineté du pays et la défense de son territoire. (...) Seul l’Etat peut établir les forces armées et nulle organisation ou groupe n’a le droit de créer d’unité militaire ou paramilitaire . »

La nature du gouvernement est précisée comme suit : « La présidence de la République est exercée par un "Conseil présidentiel" composé d’un président et de deux membres. (...) Le pouvoir législatif est exercé par le conseil des ministres, soumis à l’approbation du Conseil présidentiel. (...) Les juges sont indépendants. (...) Ils ne sont soumis à aucune autorité autre que celle de la loi. Aucune autorité individuelle ne doit porter atteinte à l’indépendance des affaires judiciaires ou juridiques. (...) . »

Le gouvernement de la nouvelle république, qui jouit d’un soutien populaire, accomplit en peu de temps une véritable révolution. L’une de ses premières mesures consiste à quitter la Fédération arabe, pro-britannique, avec la Jordanie (établie début 1958). Il annule ensuite son traité de sécurité avec la Grande-Bretagne et rompt toutes relations bilatérales avec ce pays. Fin mai 1959, toutes les troupes britanniques ont quitté le pays. Il dénonce aussi l’accord d’équipement et de coopération militaire conclu par la monarchie avec les Etats-Unis en 1954-55 et s’engage à adhérer aux principes des Nations unies et de la Conférence de Bandung du Mouvement des non-alignés.

En Irak même, cette nouvelle liberté se fait vite ressentir. Les prisonniers politiques sont libérés, ainsi que des professeurs et des étudiants renvoyés à cause de leurs opinions politiques. Des Kurdes exilés sont autorisés à rentrer, dont Mustafa al-Barzani qui s’était réfugié en Union soviétique. L’article de la Constitution définissant les Kurdes comme des « partenaires » est réellement mis en œuvre, y compris par la promotion de la langue kurde dans les publications et les écoles.

Plus généralement, la vie intellectuelle connaît alors un essor considérable, marqué par la création de dizaines de nouveaux journaux et magazines, 45 rien qu’à Bagdad et 20 ailleurs. L’édition prolifère et l’on estime que plus de livres ont été publiés en une seule année de la nouvelle république qu’en 30 ans de monarchie.

Muriel Mirak-Weissbach

Lyndon LaRouche, le deuxième candidat à l’investiture présidentielle démocrate en termes de soutien financier populaire, a publié le 28 novembre la déclaration suivante sur le retrait des forces américaines d’Irak, où la situation se détériore de manière catastrophique.

Le galimatias de mes rivaux putatifs sur la question du désengagement militaire américain d’Irak m’incite à faire cette déclaration. Elle devrait les aider à clarifier les attitudes confuses qu’ils ont presque tous exprimées à ce sujet, jusqu’à présent, et devrait aussi indiquer au président George W. Bush quelques-unes de ses options immédiates pour se libérer du bourbier dans lequel les bévues anticonstitutionnelles grossières et les interventions frauduleuses du vice-Président Cheney ont plongé la nation et ses forces militaires.

  1. Ma proposition
  2. Je propose que les Etats-Unis prennent immédiatement trois mesures claires en direction du retrait de leur position actuellement indéfendable et qui ne cesse de s’aggraver, non seulement en Irak mais dans tout le Moyen-Orient.

    1. Déclarer que le président des Etats-Unis a l’intention de cesser l’occupation militaire américaine du pays dans les plus brefs délais possibles et de notifier au Conseil de sécurité des Nations unies son intention de rouvrir la question du rétablissement imminent de la souveraineté irakienne, et de solliciter l’aide du Conseil de sécurité pour parvenir à cette situation.
    2. Abandonner les tentatives absurdes de créer une nouvelle Constitution pour l’Irak. Promouvoir le rétablissement de la Constitution historique de cette nation, prévoyant la mise en place d’un gouvernement provisoire, en vertu de cette Constitution, le plus rapidement possible. Des concoctions « novatrices », influencées par Chalabi, n’apporteront pas la paix, elles ne pourront que favoriser des guerres asymétriques sans fin et de nombreuses morts inutiles parmi les forces américaines déployées comme autant de cibles dans un champ de tir ouvert 24 heures sur 24.
    3. Libérer immédiatement Tarek Aziz de sa captivité, pour qu’il puisse tenir le rôle influent internationalement respecté qui lui revient en tant que représentant symbolique de l’esprit œcuménique de la souveraineté constitutionnelle irakienne.
  3. La situation actuelle des Etats-Unis en Irak
  4. Tout espoir d’éviter l’escalade de la guerre asymétrique, récemment menée par la population, a été brisé lorsque l’ordre fut donné de cesser toute coopération avec l’armée irakienne dans la nécessaire reconstruction du pays. Par l’effort coûteux pour remplacer le rôle stabilisateur et d’ingénierie de cette force militaire en déversant des dizaines de milliards de dollars dans les caisses des amis de George Shultz et du vice-président Cheney, combiné aux perpétuels petits jeux avec le notoire Chalabi, le gouvernement américain a détruit tout espoir de réussite de la mission nouvellement confiée à l’époque à Paul Bremer.

    En abandonnant l’obligation qui revient à la force d’occupation de reconstruire le pays qu’elle a conquis, les Etats-Unis ont, pour l’heure, perdu par défaut toute crédibilité dans la direction des affaires internes de la nation occupée. En transformant l’occupation de l’Irak en opération de pillage à la fois du Trésor américain et de l’Irak même, le rôle des Etats-Unis, sous l’influence dominante du vice-président Cheney, est passé du pathétique à l’émétique.

    Désoramis, en raison des politiques imposées à l’administration Bush par un vice-président usurpateur, la haine à l’égard des Etats-Unis est devenue une force de ralliement pour la guerre asymétrique, non seulement en Irak, mais dans l’ensemble de la région. Rien n’a contribué davantage à la croissance rapide du terrorisme dans la région que les folies dues à l’influence démesurée de Cheney dans cette situation. En principe, cette situation est bien pire que le fiasco subi par les Etats-Unis dans la guerre d’Indochine de 1964-72. Par conséquent, nous devons retirer les forces militaires américaines qui servent actuellement, futilement, de cible à cette haine. Nous devons les retirer, et sans délai !

    Si j’étais actuellement Président des Etats-Unis, les peuples du monde arabe auraient confiance en une proposition raisonnable émanant de la Maison-Blanche. Malheureusement, je ne suis pas encore Président. Sous le gouvernement actuel dominé par Cheney, ou sous celui d’un de mes rivaux, il n’y a aucune chance que le gouvernement américain puisse se maintenir en tant que force d’occupation. Par conséquent, en l’absence de Président qualifié, nous devons nous retirer et laisser entrer le Conseil de sécurité des Nations unies là où le gouvernement actuel et le Comité national démocrate ont si tragiquement échoué.

    L’on doit prendre en compte cette évaluation de la situation.

    A un moment donné de la récente guerre américaine contre l’Irak, le militaire irakien disparut des champs de bataille, se retirant, comme une milice nationale sans uniforme, en position d’attente. En cessant de vouloir coopter cette milice pour qu’elle tienne le rôle qui lui revient, en tant que force de reconstruction de cette nation ravagée par la guerre, le gouvernement américain en fit le noyau d’un mouvement de résistance engagé dans une guerre asymétrique contre les forces d’occupation américaines et contre toute entité coopérant avec elles.

    Les spécialistes américains devraient étudier la résistance yougoslave à l’occupation nazie, pour avoir une idée des complexités que les forces militaires américaines ont rencontrées au cours de leurs malheureux efforts d’occupation de l’Irak. Le général barboteur Wesley Clark, par exemple, ou encore Madeleine Albright, n’ont toujours pas compris cette leçon.

    C’est pour cela qu’aujourd’hui, non seulement des millions de réservistes irakiens bien entraînés sont en passe d’être mobilisés contre notre occupation, mais une armée grandissante de volontaires venus de l’extérieur aussi, à telle enseigne que le vice-président Cheney, qui a pour ainsi dire usurpé la fonction de Président, représente aujourd’hui la principale source de l’incitation au terrorisme et de sa propagation dans l’Asie occidentale et au-delà.

  5. La constitution irakienne existante
  6. La nation irakienne moderne se forgea dans sa lutte populaire contre la persistance de l’occupation impériale britannique. L’unité forgée au cours de ces guerres successives contre des forces d’occupation impériales, fournit le fondement de la Constitution actuelle du pays. Les membres du Congrès américain, entre autres, feraient bien de lire cette Constitution et de chercher à comprendre un résumé raisonnablement succinct de la résistance armée qui amena le peuple irakien à unifier sa nation autour d’une telle Constitution.

    La tendance actuelle du gouvernement américain, marquée par Cheney, visant à fragmenter la nation irakienne en divers micro-Etats rivaux et misérables, ne peut qu’engendrer haine et mépris vis-à-vis des Etats-Unis, dans toute la région et au-delà. Nous constatons ce type de réaction dans l’aggravation de la situation stratégique, découlant de l’œuvre des assassins israéliens du Premier ministre israélien Rabin et du fait qu’ils soient tolérés.

    La constitution d’une nation a autant d’autorité que l’histoire de la lutte ayant conduit à son adoption. La continuité de cette autorité doit être sans cesse renouvelée en amenant la base de la population, y compris les couches les plus démunies, à réaffirmer les principes cruciaux contenus dans cet accord. Par exemple, dans le passé, lorsque les Etats-Unis avaient une milice nationale et la conscription universelle, ces relations affirmaient et renforçaient les liens réciproques entre l’accord constitutionnel et la population dans son ensemble.

    Pour un Etat-nation républicain moderne, une constitution viable n’est pas un contrat financier à faire rédiger par un cabinet juridique sans scrupule, associé à des institutions financières vénales, elle doit représenter, comme la Constitution fédérale des Etats-Unis, l’affirmation des principes universels de la loi naturelle. L’Irak possède une telle Constitution, forgée dans la lutte contre l’oppression et dans la recherche de l’unité autour de l’intérêt commun entre les communautés composant cette nation en lutte.

    Les difficultés auxquelles cette Constitution se heurtait, jusqu’au récent éclatement de la guerre américaine en Irak, comprenaient non seulement les tentatives internes d’usurper les pouvoirs de l’Etat, mais aussi les ingérences de puissances internationales dans les affaires non seulement irakiennes, mais régionales. Aux Etats-Unis, depuis le 11 septembre 2001, certaines forces au Congrès, dans les partis politiques et dans la branche exécutive ont exploité ce climat de crise afin de miner et, pratiquement, d’annihiler certains aspects cruciaux de notre propre Constitution, ce au nom d’une prétendue « situation d’urgence ». Qu’est-ce qui autorise ces éléments du gouvernement et des partis à adopter une attitude « de petit saint » envers le gouvernement récemment renversé d’Irak ? Le spectacle d’une telle hypocrisie donne envie de vomir.

    Aujourd’hui, l’Irak est confronté aux mêmes types de défis constitutionnels que lorsque fut rédigée l’actuelle Constitution. Par conséquent, il serait stupide pour le gouvernement américain de vouloir, comme il le fait maintenant, réparer ce qui n’est pas cassé en voulant remplacer une véritable Constitution, forgée dans l’histoire, par un pacte rédigé par des avocats marrons. Rien n’est mieux adapté à la situation actuelle en Irak que la Constitution existante. Tel devrait être l’avis du gouvernement des Etats-Unis.

    Parfois, l’humiliation de son propre gouvernement, si elle permet de le sauver de l’autodestruction, est le plus patriotique des actes. Nous ne devons pas nous laisser impressionner par des escrocs qui, comme le vice-président et son (richement doté) I. Lewis Libby, couvrent leurs méfaits du label « patriotisme ».

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