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Les éditoriaux de Jacques Cheminade

Rigor mortis

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La politique économique du gouvernement Raffarin oscille entre désarroi et thatchérisation molle.

Au lieu de s’affranchir des contraintes imbéciles imposées par Bruxelles, M. Raffarin accepte le corset du pacte de stabilité et s’engage dans un processus durable de négociations avec la Commission européenne, à laquelle il devra sans cesse donner de nouveaux gages. Il a d’ores et déjà reconnu que les dépenses de l’Etat qui seront engagées dans le budget 2004 enregistreront « une croissance proche de zéro en volume ». Pierre Méhaignerie, président de la commission des Finances, veut, lui, « une croissance zéro du budget pendant trois ans ».

Ce choix est aussi absurde que celui de Brüning dans l’Allemagne de 1931 ou de Laval dans la France de 1935, dont on a pu mesurer alors les conséquences. L’on coupe partout dans les dépenses, sans distinction aucune, alors que de l’aveu même du Premier ministre, « nous sommes face à une rupture de croissance comme nous n’en avons jamais connu dans notre histoire récente ». C’est à la fois absurde et tragique.

Car les dépenses publiques ne sont pas un fardeau stérile ; bien au contraire, c’est une partie du chiffre d’affaires du secteur privé. Si vous réduisez ces dépenses, vous réduisez ce chiffre d’affaires et donc les rentrées fiscales : un cercle autodestructeur se met ainsi en place, euthanasiant le service public, paralysant les énergies et instaurant le chaos social.

La logique actuelle de réduction des crédits est littéralement folle : réduction des dépenses d’éducation (suppression de 9800 emplois), réduction des dépenses de recherche (suppression des programmes de recherche fondamentale au CNRS, à l’Inserm, au CEA, au CNES...), réduction des dépenses de santé publique (« la Sécurité sociale a été créée pour répondre aux accidents de la vie. Le vieillissement n’en est pas un », assène un Jean-François Mattéi saisi par l’ultra-libéralisme). Bref, on réduit stupidement tout ce qui assure l’avenir de notre pays. Réduction également du nombre de fonctionnaires, réduction des retraites, vente en catastrophe de l’immobilier de l’Etat, bradage de GIAT-Industries, fleuron de notre production militaire, avec 3750 employés licenciés sur 6250 !

Il est clair que les plus ardents partisans de ces choix suicidaires, dans la majorité, sont ceux-là mêmes - n’est-ce pas, M. de Courson ? - qui affirment le plus ardemment leur soumission vis-à-vis des faucons américains.

Si elle continuait, la rigueur que pratiquent aujourd’hui MM. Raffarin et Chirac deviendrait donc mortelle, car elle tuerait le nécessaire retour de l’Etat-nation France sur la scène internationale . Etre en conformité avec la mission que nous assigne notre histoire, c’est-à-dire inspirer une politique de paix par le développement économique mutuel, exige le changement radical de perspective pour lequel nous nous battons ici.

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