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Les analyses de Jacques Cheminade

Socialisme suicidaire et après

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par Jacques Cheminade

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai suivi le congrès de Reims, le conseil national et l’élection de Martine Aubry premier secrétaire du Parti socialiste. Le pire moment fut pour moi la bise de la nouvelle élue à Ségolène Royal, triste répétition de celle administrée par Nicolas Sarkozy à Cécilia lors de son entrée à l’Elysée. Même hypocrisie, après tant de haines cuites et recuites entre hommes et femmes qui, tout à leurs débats internes, ont été incapables de mesurer ce qui se passe réellement en France et dans le monde.

C’est bien cependant la tristesse qui me domine, en voyant le parti de Jaurès et de Blum se faire hara-kiri et exhiber sans retenue son usure et sa corruption. Les uns et les autres ont en effet affiché leurs tricheries sans pudeur ni volonté manifeste de les corriger, d’un côté le Nord, le Pas-de-Calais et la Martinique, de l’autre l’Hérault, les Bouches-du-Rhône, la Réunion et la Guadeloupe. Celle qui prétend représenter un ancrage à gauche et celle qui annonce un renouveau moral ont bel et bien également fréquenté, avec le même cynisme, ce que l’une d’elles a appelé « les vingt fédés qui truandent dans tous les sens ». Ceux qui attendaient encore un sursaut militant ne peuvent qu’en être écoeurés.

Aujourd’hui, j’ai sans aucun doute plus de respect pour le Parti socialiste que ses propres dirigeants, car je me sens plus près de son histoire et de sa base qu’ils ne le sont eux-mêmes.

C’est donc la volonté de renouveau émanant de la base qui représente pour moi une espérance, et c’est la manifestation de cette volonté qui est le seul élément positif qui soit apparu. Elle se trouve dans tous les courants, car aucun ne l’a prise en compte.

Le dirigeant qui saura lui donner une forme politique, un projet correspondant aux défis de ce temps, laissera un nom dans l’histoire, et sa chance d’imposer un changement est paradoxalement plus grande après Reims et les pantalonnades de la commission de récolement.

Sans doute Laurent Fabius, après le 29 mai 2005, a-t-il laissé, faute de caractère, échapper sa chance de devenir cet homme-là.

Maintenant, s’il laisse de côté les querelles d’appareil et les logiques de positionnement bureaucratique – le kamasoutra de l’impuissance politique – Benoît Hamon a une chance d’éveiller une dynamique nouvelle. Paradoxalement, des échos apparaissent également autour de Ségolène Royal et de Martine Aubry, parmi ceux qui ont choisi l’une ou l’autre en croyant éviter le pire – un dérapage à droite du parti ou la mainmise des vieux chevaux de retour mitterrandiens agglomérés par leur goût du pouvoir.

Le Parti socialiste ne continuera réellement à exister, par rapport à la mission que lui transmet le meilleur de son passé, que s’il se donne un projet. La protection du peuple, face à l’effondrement du système financier, monétaire, social et culturel mondial, lui en offre l’occasion.

Cela s’appelle une grande politique de crédit productif public, en revenant à une banque nationale au service des citoyens et en rejetant toutes les compromissions monétaristes de droite ou de gauche de ces quarante dernières années.

Et surtout, d’être ferme sur une politique étrangère combattant le fascisme financier qui vient, celui de la City de Londres et de son appendice à Wall Street, avec lequel Dominique Strauss-Kahn se montre, sans doute sous divers chantages, si complaisant.

Jaurès disait qu’un peu d’internationalisme éloigne de la patrie et beaucoup en rapproche. Je le crois, je l’ai toujours cru avec lui. Ceux qui, au cours de ces dernières années, se sont laissés aller à une complaisance douteuse avec les intérêts financiers qui aujourd’hui manifestent clairement leur volonté de domination et leur culture de la mort, peuvent se redresser à condition qu’on leur donne à voir avec les yeux du futur. L’essentiel du défi est là : mettre en banqueroute organisée les faux bilans et les fausses croyances, et réinvestir dans la cause de la création humaine pour les générations futures.

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