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Les analyses de Jacques Cheminade

Socialistes, encore un effort...

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par Jacques Cheminade

23 juillet 2008 — Le Parti socialiste ne peut plus être, comme on dit, le cul entre deux chaises, c’est-à-dire dans la position mitterrandienne, entre supplément d’âme et fréquentation financière. Il doit choisir, non en fonction d’hommes ou de femmes, mais d’une politique, d’un programme et de valeurs partagées.

Il ne peut en rester à des déclarations de principes mêlant « l’héritage de la Commune (...) les grandes conquêtes sociales du Front populaire, de la Libération » et « une économie sociale et écologique de marché ». Le mariage de la carpe et du lapin n’a jamais favorisé que les pêcheurs en eau trouble. Aujourd’hui, Sarkozy et Besancenot, demain peut-être pire.

L’on ne peut laisser un Henri Weber dire (Enjeux, mai 2008) que « nous sommes entrés dans une longue période d’expansion économique très puissante. La croissance mondiale n’a jamais été aussi forte... », alors que le système financier et monétaire international s’effondre, que le krach se manifeste dans notre nourriture, dans le prix des logements et le coût de l’essence et du gazole.

Nous ne prenons ici Henri Weber qu’à titre d’exemple révélateur. Il y en aurait bien d’autres rue de Solférino. Ségolène Royal a pour principaux conseillers économiques Matthieu Pigasse, de la banque Lazard et des Gracques réunis, et le harvardien Philippe Aghion, fan de Schumpeter et de la concurrence mal tempérée. Ne parlons pas de Dominique Strauss-Kahn, qui a accepté de diriger le FMI et recueille également les amis d’Aghion, ni de Laurent Fabius, qui donne le tournis à tout le monde en mettant toute son intelligence à changer plus vite que son ombre. Quant à Bertrand Delanoë, il égrène « compétitivité internationale », « compétition », « goût du risque » et même « flexibilité », endosse le libéralisme mais récuse la main invisible d’Adam Smith et se réclame de John Locke, l’homme qui inspira la constitution esclavagiste de la Virginie occidentale contre les pères fondateurs des Etats-Unis, et de Salvador Allende, dont l’esprit n’en peut mais.

Delanoë fait si fort que le tout-Paris prétend qu’il continue à se croire de gauche. Reste Benoît Hamon et ses jeunes socialistes sans formation, Henri Emmanueli à la tour abolie et à l’autre extrême (du parti), un Manuel Valls ou un Pierre Moscovici cherchant l’aile protectrice des barons provinciaux.

Disons-le crûment : à part Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini, qui ont bien géré leur affaire, la Nouvelle Gauche de Paul Quilès et Marie-Noëlle Lieneman, qui s’efforce de vertébrer quelque chose, et Pierre Larrouturou, qui traite des vrais enjeux avec courage, le reste n’est que... littérature post marxiste et post-Tonton.

Alors ? Alors, enfin, qu’au moins un socialiste se lève pour attaquer la City de Londres et Wall Street, qu’il mette vulgairement les pieds dans le plat et donne substance à l’appel du 22 mai paru dans Le Monde — « la finance folle ne doit pas nous gouverner » — avec un projet clair de développement mutuel contre le fascisme financier qui vient et est même déjà venu.

Il y a un « mal d’empire » chez nos amis socialistes, qui après Jaurès et Blum se sont adaptés au vice financier anglais de la France. Celui qui aujourd’hui rompra avec cette attitude et proposera une alternative positive, sera non seulement le bienvenu ici, mais aussi parmi les militants du Parti, dans le peuple français, dans le tiers monde, en Amérique latine et jusqu’en Chine et en Russie !

Existe-t-il ? Nous voulons encore le croire, mais il y a urgence et l’histoire ne peut attendre longtemps.

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