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Traité européen simplifié : Une ratification honteuse, une très faible espérance de vie

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Déclaration de Jacques Cheminade

Paris, le 9 février 2008

Ainsi, le Traité européen simplifié a été ratifié par les deux chambres, après que la Constitution ait été modifiée par le Parlement réuni en Congrès afin qu’elles puissent le faire. Faut-il être démoralisé ? Non, mais indigné en attendant la fin de la farce.

Indigné, car c’est le jour le plus sombre depuis l’élaboration du traité de Rome pour l’Europe, pour les élites et pour notre démocratie républicaine. Voilà en effet que le Parlement a défait, sans débat de fond, ce que le peuple avait décidé par referendum. C’est peut-être légal, mais c’est se moquer du peuple. Les élites financières ont pris ainsi leur revanche, avec le soutien de ce qu’il faut bien appeler le crétinisme parlementaire. A un moment où la Ve République dérive vers un régime monarchique du bon plaisir, et a besoin des contrepoids et de la réflexion de ses élus, voir les Assemblées se déconsidérer de cette manière est un drame.

Pire encore, cette décision paralyse le combat des pays européens contre l’injustice et le chaos de la mondialisation financière. En effet, elle consacre l’interdit jeté contre le recours au crédit productif public, seul fondement possible, par delà l’impôt et l’emprunt, pour lancer une politique de grands projets sortant l’économie mondiale de sa désintégration financière et monétaire. Elle confirme la politique absurde d’une Banque centrale européenne qui sert les intérêts des spéculateurs en leur avançant de l’argent contre la garantie de titres toxiques, et ne peut pas même être un prêteur en dernier ressort pour protéger les producteurs et les travailleurs européens. Enfin, elle accorde de nombreuses exceptions et des privilèges injustifiables à la Grande Bretagne, dont les gouvernements sont les complices ou les émanations de la politique destructrice de la City de Londres.

S’il fallait une preuve de ce nous affirmons, la récente déclaration faite à Bruxelles par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, la fournit : « Il ne faut pas céder à la tentation du protectionnisme ni se lancer dans des choses aussi vaines que d’essayer d’arrêter la mondialisation financière ou de mettre en place des stimulants artificiels ». En d’autres termes, toutes les mesures comme celles que M. Sarkozy voudrait faire prendre en faveur de l’aciérie de Gandrange sont en contradiction avec l’objectif même de l’Europe pour laquelle M. Sarkozy a fait voter !

Jamais l’Europe n’a ainsi paru plus éloignée du citoyen ordinaire, qui au mieux y voit une bureaucratie méprisante, au pire une machinerie infernale.

Alors, pourquoi annoncer la fin de la farce ? Parce que cette Europe-là ne peut tenir. Il reste deux voies : celle d’un fascisme financier, avec une société quadrillée et policière, ou bien celle du retour à un ordre financier et monétaire international refondé sur les principes du Global New Deal de Roosevelt et de la politique de reconstruction de l’Europe de l’après-guerre. Là est le vrai combat, pour lequel nous devons nous mobiliser sans plus attendre. La farce est sur le point de se terminer, avec la crise de la société italienne, de l’immobilier en Espagne et en Grande Bretagne et, bien plus généralement, avec la désintégration en cours de l’ordre monétaire et financier dominant. L’Europe du Traité simplifié sera mort-née, en tant que telle. La vraie Europe sera celle de nouveaux grands projets, de l’Atlantique à la mer de Chine, la vraie Europe ne peut se définir qu’à l’échelle d’un développement eurasiatique. Autrement, « Europe » ne sera qu’un mot, désignant un retour des années quarante, une course aux bas salaires, une marche vers l’austérité sociale et la guerre de tous contre tous. Notre combat est de la refonder, pour qu’elle renaisse au sein d’une alliance de patries en vue de coopérations renforcées et avancées, dans un ordre monétaire et financier enfin redéfini.

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Extraits des statuts - Article 2 - Objet