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Un nouvel élan en Bretagne

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Au cours de mon bref séjour en Bretagne, j’ai vu là-bas comme ailleurs en France se lever un nouvel élan. Ceux que l’on rencontre manifestent une volonté de savoir et de comprendre ce qui arrive dans le monde et dans leur pays, ils sont en quête de repères. Car ils voient bien que les institutions existantes, en particulier les partis politiques, sont de plus en plus fossilisés et donc incapables de répondre à leur attente. Ce qui est propre à la Bretagne et que j’ai pu constater dans chacune de nos rencontres et de nos réunions, est à la fois la volonté de redéfinir une identité régionale et de s’intégrer à un niveau supérieur, en faisant davantage entendre à la fois sa différence et son accord. Paraphrasant Jaurès sur l’internationalisme et le patriotisme, je dirais qu’un peu de régionalisme y éloigne du patriotisme et que beaucoup, au contraire, y rapproche de la France et de l’Europe. Ce qui rend particulièrement intéressants et amicalement polémiques les débats publics et les discussions en tête à tête.

A notre réunion de militants à Rennes, nous étions une trentaine. Abonnés de plus ou moins longue date, bénévoles très engagés et nouveaux arrivants amenés par leurs amis ont débattu avec nous pendant trois heures, trouvant là un espace de discussion qui, comme me l’a dit plus tard un maire, n’existe plus ailleurs. La première question posée, après ma brève introduction sur la gravité de la situation politique mondiale et l’impératif pour chacun d’entre nous de faire plus, fut sur la décroissance. Ce qu’elle révèle est en réalité une interrogation sur la nature de la croissance : est-ce gagner plus d’argent et faire augmenter le produit intérieur brut tel qu’il est défini (la somme des valeurs ajoutées évaluée en monnaie), ou bien est-ce autre chose ? Ma réponse est que nous sommes pour la décroissance des bulles financières et la mise en faillite ordonnée des créances qui ne sont rien que de l’argent fait avec de l’argent, mais pour la croissance physique, qui applique les découvertes humaines afin d’améliorer les conditions de vie de l’humanité. Nous sommes responsables du bien commun, des générations futures et de l’état de la biosphère, ce qui ne veut pas dire que cela doit se faire au détriment de la nature, comme en Chine, ou en abandonnant la nature, ce qui entraînerait des catastrophes, comme en témoigne le cas du lac Tchad en Afrique. En Bretagne, cela signifie reprendre la tradition optimiste des abbés démocrates, de la JAC, de la JOC et du socialisme breton, et non céder à un écolo-pessimisme ou à une course effrénée au profit financier à court terme. Le défi de « penser long », en sortant de l’économie de pillage financier actuelle, provoqua une discussion passionnante sur le type d’agriculture à encourager et le type d’énergie nucléaire à mettre en place. Sortir des sectarismes stériles est la condition pour un nouveau penser long et le combat politique à mener en profondeur est à l’opposé du triste spectacle donné par la campagne européenne. De nombreux engagements furent pris par les assistants, que nous espérons voir se concrétiser à notre Assemblée générale du 27 juin.

A Redon, nous étions une dizaine pour la réunion de campagne d’Alexandre Noury, où une discussion enthousiaste dura près de deux heures et demie, portant sur les raisons de la crise, l’aéroport qu’on veut construire dans la région, l’opportunité d’une liaison Maglev reliant la Bretagne à l’Europe, comment susciter ailleurs des candidatures comme la sienne. A la fin de la réunion, une jeune femme dit que là les échanges avaient été si passionnants et respectueux qu’elle avait renoncé à se rendre à une réunion sur la décroissance. Le lendemain, elle distribuait des tracts avec nous. Un assistant révéla qu’aux réunions du candidat officiel, pour lequel les gens allaient voter par habitude, il y avait une seule personne, lui-même, pour lui porter la contradiction !

A Brest, nous étions une quinzaine. Là une très vive polémique se déclencha sur la question fondamentale de l’art, de la science et de la politique, une participante soutenant que ces choses n’avaient rien à voir et qu’en matière d’art, on ne peut pas porter de jugement. Elle m’accusa de ne pas m’être identifié, alors que la réunion était de toute évidence une réunion de militants politiques et qu’elle avait en main notre journal. Elle se lança alors dans une défense effrénée d’Andy Warhol, ce qui provoqua la réaction de militants socialistes écoeurés par la culture bobo à la Jack Lang. Grâce à cela, après le départ de la perturbatrice, nous pûmes débattre plus en profondeur et envisager la création d’une Association d’amis de notre mouvement à Brest.

Entre Rennes et Brest, nous avons rencontré des maires, qui sont devenus des amis abonnés, et visité quelques enclos paroissiaux. Là, et on en discuta à Brest, nous vîmes la terrible « culture Louis XIV », tombée sur la Bretagne au XVIIe siècle, et la résistance par l’humour des sculpteurs bretons, comme dans la création de la femme, exubérante et picaresque, que l’on peut admirer sous le porche de Guimiliau, près de la date 1606. Il est vrai qu’on était alors sous Henri IV !

C’est cet humour militant qui, dans l’histoire tragique d’aujourd’hui, est notre arme de dissuasion massive.

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